Clément Viktorovitch : le “wokisme”, une arme de disqualification massive

13 comments
  1. Clément Viktorovitch: Arrêtons de se jeter des concepts au visage, nous valons mieux que ça, parlons plutôt des idées.

    r/france: 3 points, 58% de votes positifs…

  2. Dieu sait quelle définition le mot a actuellement dans les esprits. Mais quand il est apparu sur le web français que je fréquentais (autour de 2014 effectivement), sur des forums généralistes et plutôt à gauche d’ailleurs, il était d’emblée utilisé de manière ironique et amusée, afin de désigner une mise en scène narcissique de son propre éveil social, ou une lecture superficielle des enjeux de sociétés via le manuel ikea des dominants/dominés… En gros, c’était pas très loin du sens de “Social justice warrior”. Mais aucune idée de si c’était représentatif de son utilisation sur le net français en général, et il semble que de toute façon ce ne soit plus le sens qu’on y accroche aujourd’hui…

    Cela dit, au-delà de ce qu’expose C.V. ici, et avec quoi on ne peut qu’être d’accord (argumenter sur les idées plutôt que sur des concepts vagues), j’ai quand même l’impression que cette injonction au “c’est plus compliqué / c’est pas rigoureux et basta” sert aussi parfois d’esquive pour une partie de la gauche pour ne pas observer ses propres angles morts. “Islamogauchisme”, par exemple, est en effet un mot débile (pas plus malin que “merdias” ou “journalope”), et de toute façon assez foireux à partir du moment où les personnes ne l’utilisent pas pour se qualifier elles-mêmes. Il reste que se contenter de rejeter ce mot d’un revers de main, ce fut aussi une bonne façon pour l’extrême gauche de ne pas s’interroger sur le malaise qu’il recouvre, à savoir le soupçon d’une complaisance de la gauche envers les mouvements religieux réactionnaires dès que ceux-ci concernent des personnes socialement dominées. Mot pourri ou pas, c’est à ce soupçon qu’il aurait fallu répondre.

    En gros : oui, ces concepts valises et insultants sont inutilisables en débat, inopérants. Mais en rire pour se décharger de ce qu’ils trimballent ne suffit pas, et les réduire à une instrumentalisation du pouvoir politique (qui est réelle mais qui arrive très tard dans l’histoire de ces deux mots) me semble être une manière un peu rapide de se rassurer sur leur artificialité.

  3. Le nommage n’est pas une chose facile, mais comment alors appeler la gauche culturelle progressiste intersectionelle/critique?

    Il y a déjà eu pas mal de tentatives (qui se souvient de “successor ideology”?), et les intéressés sont tactiquement opposés à la cristallisation d’un label.

    Mais c’est trop tard, je pense que c’est woke qui sera dans les livres d’histoire.

  4. Franchement je reste dubitatif, si c’était juste un épouvantail que l’opposition utilise au gré du vent tu n’aurais pas ce genre d'[article](https://www.lepoint.fr/monde/new-york-le-retrait-de-la-statue-de-thomas-jefferson-a-ete-vote-19-10-2021-2448308_24.php#xtor=CS1-32-%5BEchobox%5D) ? … Bientôt au tour du Mont Rushmore?

    Comme les profs qui se font dégager/menacer par les élèves… Les exemples ne manquent pas.

    Bref, c’est sans aucun doute un argument politique mais ce n’est pas que ça.

  5. Il a rien compris au terme “woke” le mec, il est complétement à coté de la plaque, en même temps, si il l’avait compris, ce serait plus dur d’en faire une tirade wokiste qui passe bien sur Franceinfo.

    Et puis franchement, la gauche qui se plaint d’être cible d’un terme “disqualifiant” quand elle a qualifiée l’opposition de, entre autre, “fachos”, “nazis”, “extrême droite”, “misogynes”, voire “terroristes” pendant des décennies, à forcer les castors à faire barrage via un chantage moral pour les résultats qu’on connait, c’est pas très glorieux.

  6. Ah super, les extremes qui se batent en duel. Ils se battent tous les deux contre des hommes de pailles et s’arrete jamais de caricaturer l’un l’autre n’adressant bien sur jamais les points souleves par l’un ou l’autre , et ignorant tous les deux les faits qui les contredits.

  7. Viktorovitch dit des choses très vraies, mais il serait plus crédible s’il ne passait pas son temps à débunker uniquement les fourberies de droites. Un peu d’autocritique de l’autre côté de l’hémicycle ferait pas de mal.

  8. > meurtre de Michael Brown abattu par la Police

    Ce qu’il faut pas entendre putain. Michael Brown était un voleur, un criminel violent qui a tenté de buter le flic et a été défendu par des débiles. Toutes les preuves sont contre lui, les vidéos sont contre lui, les analyses post-mortem sont contre lui, les témoignages des débiles qui l’ont défendus ne tiennent pas debout. Que ce putain de mensonge soit encore répété de façon aussi éhontée presque 7 ans après me fout les nerfs.

    Et vu que je n’aime pas avancer des trucs dans le vent, vous pouvez lire vous même le compte rendu détaillé de ces preuves qui sont implacables : https://www.justice.gov/sites/default/files/opa/press-releases/attachments/2015/03/04/doj_report_on_shooting_of_michael_brown_1.pdf
    Non Michael Brown n’a jamais dit “Hands up don’t shoot.” Non Michael Brown n’était pas un “gentil géant” mais un salopard qui profitait de sa taille pour agresser et voler les gens, tels que le montre les vidéos de surveillance visible sur Youtube. Oui, le mouvement Black Lives Matter s’est encore ridiculisé avec cette histoire en se basant sur des faits inventés où la victime des “violences policières” n’a eu que ce qu’elle méritait.

    Et je pense que c’est cette envie idéologique de faire une bataille sociale de ce qui ne devrait pas en être une qui peut nous apporter un très bon élément de réponse sur ce qu’est le “wokisme”.

  9. J’avoue être assez fasciné par le fait qu’un chroniqueur qui baigne pourtant dans l’actualité internationale 24h/24 feigne de ne pas comprendre ce que recouvrent ces termes, et aille jusqu’à tenter une inversion consistant à affirmer qu’ils ne sont que des fourre-tout qui ne désignent rien, et sont juste une façon de discréditer le camp d’en face.

    Ces termes (comme beaucoup d’autres) n’ont pas de définition a priori, et encore moins de “définition scientifique”. La seule chose qui importe vraiment c’est de considérer ces étiquettes (aussi floues et imprécises soient elles) pour ce qu’elles sont – des points d’entrée qui permettent de designer des événements qui méritent bien qu’on s’y intéresse.

    On peut prétendre haut et fort que “l’islamogauchisme n’est pas un concept scientifique”, cela n’empêchera pas quelqu’un qui suit un peu l’actualité de remarquer qu’un député LFI se demande, au sujet de la décapitation de Paty, si “n’y a t-il pas là dedans des dessins qui ne sont pas fait pour des adolescents ?”

    On peut hurler sur tous les toits que le terme “woke” ne sert qu’à discréditer les gentils-qui-n’aiment-pas-les-méchants-racistes, ça n’empêche pas Audrey Pulvar de dire que “s’il se trouve que vient à cet atelier une femme blanche, un homme blanc, etc., j’aurais tendance à dire qu’il n’est pas question de le ou la jeter dehors, en revanche on peut lui demander de se taire, on peut lui demander d’être spectatrice ou spectateur silencieux”

    Bordel. Le vrai épouvantail rhétorique c’est d’agiter un dictionnaire par ici, au lieu d’avoir l’honnêteté de reconnaître l’existence de trucs qui puent par là.

  10. Video qui vise à disqualifier tout usager du mot “woke” comme si ça n’était jamais raisonnable de balayer des discours fallacieux avec un terme les désignant. Il dit “disqualifier des lutes anti-racistes et féministes” comme si c’était fondamentalement mal de le faire, comme si ces choses là n’étaient jamais dans le tord.

    Pour moi un woke c’est quelqu’un qui va appliquer à tord et à travers des concepts sociologiques intersectionnelles. Exemple tout con: “ton avis ne compte pas car t’es cis homme blanc, et c’est pas raciste ni sexiste vu que c’est impossible de l’être envers les cis hommes blancs”. La sociologie intersectionnelle c’est dans le contexte de populations entières. Et qui va justifier touts ses mauvais arguments et sophismes par le fait que sa quête est plus noble et moralement justifiée.

    BLM est un bon exemple. La violence policière est un problème statistiquement masculin (je parle de statistique proportionnelle à la population dans ce paragraphe). Les hommes noirs ont statistiquement le plus de problème mais les femmes noires sont pas particulièrement plus affectées que les femmes d’autres ethnicités, qui sont toutes bien moins affectées que les hommes en général. Mais puisqu’il est impossible d’après leur idéologie que les hommes et les blancs soient victime de discrimination ou d’oppression systémique, alors ça s’est recadré sur le groupe qui est considéré “minorité” en sociologie: les noirs.

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