Violences sexuelles et sexistes : le déni organisé du secteur des colos | Le Journal de l’Animation

by aladagebord

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  1. L’article date un peu, mais pour ce que j’en sais rien n’a changé. Les tendances se poursuivent pour le pire (effondrement des départs, donc organisateurs toujours plus fébriles sur ce qui peut etre dit des colos en général et de leurs colos en particulier).

    En matière de prévention des violences sexuelles, tout ce que j’ai toujours entendu, lu et vu, c’est qu’il ne faut pas laisser un adulte homme avec un enfant (quel que soit son genre), pour éviter les accusations. Pas les violences, les accusations de violences. Ce qui va ironiquement renforcer les normes de genre, les animateurs déléguant sous ce prétexte aux animatrices les soins à donner aux enfants dans des lieux (infirmerie) qui par nécessité ou par habitude sont isolés du reste de la colonie. Idem pour les changements de vetements et douches suite à des accidents d’incontinence.

    Sur un autre versant, j’entends et je lis des discours et des consignes de plus en plus fréquents qui trouvent normal de proscrire explicitement les rapports sexuels entre mineurs. Au motif affiché que “c’est pas le lieu” (on se demande bien quel serait le lieu, du coup), et au motif caché que personne n’a envie de devoir assumer devant les parents que oui c’est quelque chose qui peut arriver, et que si vous aviez correctement préparé vos enfants à avoir une vie affective et sexuelle on n’envisagerait meme pas que ce soit un problème. Ce qui transparait dans la non-gestion de ce sujet, c’est avant tout la gene des adultes vis à vis de la sexualité.

    Sans rire, j’ai vu des anims s’emparer de ces questions auprès des jeunes en étant incapable de prononcer le mot “vagin”, se réfugiant dans une vulgarité et une attitude faussement cool, ou en dispensant des leçons de morale absurdes. J’ai été traité de pervers pour avoir suggéré qu’on dispose de préservatifs et de protections périodiques. J’ai été mis à la porte d’organismes parce que j’ai questionné cette interdiction faite aux jeunes d’entretenir des rapports sexuels (ou plutot l’absurdité matérielle à la faire respecter in situ… j’veux dire : quand on a 16 ans, qu’on est en vacances et qu’on est amoureux, on a de la ressource, encore plus quand les adultes nous disent que c’est interdit).

    Bref tout ça pour dire : si vous envoyez vos enfants en colo (et faites-le, c’est cool), méfiez-vous des discours rassuristes et posez des questions concrètes quand on vous sort des trucs tels que “tout est fait pour que”. Pas que pour les VSS d’ailleurs. Globalement, les organisateurs font trop de relations publiques et pas assez d’accompagnement auprès des équipes (rarement professionnel.le.s, mais ça c’est un autre sujet). Sans tomber dans le cliché des parents sur-angoissés à l’idée de se séparer de l’enfant, c’est sain de poser des questions basiques, et de porter une attention à la qualité des réponses : si vous sentez qu’on vous dit ce que vous avez envie d’entendre, ça devrait vous alerter. J’ai été organisateur, il y a des questions très concrètes auxquelles j’étais incapable de répondre, mais j’étais en mesure de le dire et d’expliquer pourquoi je ne savais pas ce que les enfants mangeraient le cinquième jour au diner. Et à mon sens c’est plus rassurant d’entendre que mon enfant pourra s’il le veut participer à l’élaboration des menus et aux courses que de savoir que le menu est décidé deux mois avant le départ

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