L’extrême droite prône une relance de la natalité pour « la perpétuation de notre civilisation »

by Folivao

32 comments
  1. **Le natalisme, incarné en Europe par le Hongrois Viktor Orban et l’Italienne Giorgia Meloni, est un thème majeur du lepénisme depuis les origines. Le Rassemblement national y voit un moyen d’éviter le recours à l’immigration.**

    Quelque part dans sa tête, Marine Le Pen tient à jour une liste des sujets dont elle estime qu’ils ont été inspirés au président de la République par le Rassemblement national (RN). C’est un inventaire à la Prévert qui s’allonge dans le temps, et auquel elle ajoutera désormais la question de la natalité. Abandonnée par la gauche depuis plusieurs décennies, la question nataliste est restée une priorité de la droite qui, dans l’opposition à François Hollande et à Emmanuel Macron, a déposé plusieurs propositions de loi visant à relancer la politique familiale. En Europe, le sujet a été préempté par les droites radicales et incarné par Viktor Orban en Hongrie et, plus récemment, par Giorgia Meloni en Italie.

    En France, le natalisme est un pilier des programmes lepénistes depuis sa première campagne présidentielle, en 1974. Il est à la jonction de deux courants du parti d’extrême droite, les catholiques traditionalistes et les identitaires, inquiets pour le substrat ethnique de la France. Dans le logiciel de l’extrême droite, relancer la natalité française est un moyen de sauver l’identité européenne et d’éviter le recours à l’immigration.

    Ces dernières années, seules les motivations économiques et sociétales sont toutefois mises en avant par l’état-major du RN. Le reste de l’extrême droite assume plus franchement les motivations ethniques, en agitant comme un chiffon rouge la vitalité démographique du Nigeria (il pourrait devenir en 2050, selon les projections, le troisième ou quatrième pays le plus peuplé au monde) ou la fécondité des femmes africaines ou nord-africaines en France.

    **« Un service rendu à la nation »**

    Caroline Parmentier, députée du Pas-de-Calais et amie de Marine Le Pen, s’est saisie avec entrain du sujet à l’Assemblée nationale : elle fut longtemps journaliste au quotidien national-catholique Présent et disciple du pétainiste et maurrassien Jean Madiran. Si elle n’est pas conquise par le terme « réarmement démographique » employé par Emmanuel Macron, elle souscrit aux ambitions présidentielles : « Qu’il se réveille après sept ans, c’est bien, mais on veut des actes ! La France entre dans un hiver démographique, une société de l’enfant unique, et ça change tout. »

    La réforme des retraites, en 2023, fut l’occasion pour le RN de mettre en avant ses propositions pour relancer la natalité française – et non la natalité en France. Les propositions du RN sont pour beaucoup inspirées du programme de Viktor Orban, comme l’octroi d’un prêt à taux zéro jusqu’à 100 000 euros pour le projet immobilier d’un jeune couple, le capital restant dû se transformant en don au troisième enfant – le RN estime son coût à 2 milliards d’euros annuels. D’autres ressemblent à des mesures déjà proposées par Les Républicains (LR) lors des dernières mandatures.

    Le RN, à la différence de LR, restreint toute politique familiale aux enfants nés de Français. La preuve que derrière l’équilibre des comptes sociaux, la motivation véritable reste d’assurer « la perpétuation de notre civilisation », comme l’écrit Marine Le Pen dans son programme présidentiel de 2022. Comme une lointaine paraphrase édulcorée du secrétaire général de l’Alliance nationale pour l’accroissement de la population française, le conservateur Fernand Boverat, l’un des plus vigoureux défenseurs de la natalité qui menaçait, il y a près d’un siècle, d’une « race blanche en danger de mort ».

    Comme le formule Cécile Alduy, professeure à l’université Stanford (Californie) et spécialiste du discours de l’extrême droite, « c’est une vision globale : l’individu est soumis à la cellule familiale, elle-même soumise à la cellule du peuple natif. La fécondité est un service rendu à la nation ».

    Interrogée sur le risque, pour la natalité française, de supprimer les allocations familiales aux familles étrangères, Caroline Parmentier répond : « Nous ne sommes pas pour l’immigration de peuplement. » Quant à l’infertilité, elle n’est qu’« une partie du problème », insiste la députée d’extrême droite, pour qui le frein est essentiellement économique. Le RN est d’ailleurs très peu concerné par la lutte contre les pesticides et la pollution atmosphérique, soupçonnés d’alimenter l’infertilité.

  2. Entre le président qui propose de “réarmer” et les délires ethno-nationalistes et racistes de l’extrême-droite, ça coupe l’envie de faire des gosses ces conneries.

    La dernière chose dont les Français ont besoin, c’est d’imaginer Emmanuel Macron et Marine Le Pen les regarder quand ils font des galipettes.

  3. Mais du coup, si je suis descendant d’immigré mais que je veux pas faire de gosse, c’est une bonne ou une mauvaise chose ? Où je me case moi ?

  4. Rappel, ce n’est pas parce que l’ED dit qu’il faut faire quelque chose pour une raison complétement pété qu’il ne faut pas faire cette chose. C’est un piège.

  5. >L’extrême droite prône une relance de la natalité pour « la perpétuation de notre civilisation »

    et l’extrême centre legetimise cette position, la fait rentrer dans l’arc républicain…

  6. Je vais C/C un commentaire que j’avais fais sur un sujet presque similaire:

    Bon courage à eux parce que c’est un sujet bien complexe.

    Il y a évidemment la question économique: certaines personnes sont simplement incapables d’avoir un enfant pour des questions de coûts, notamment le logement.

    Mais certains diraient assez vite que dans les pays pauvres, la natalité est forte, et c’est vrai car:

    – un enfant est vu comme un investissement rentable assez vite, car il travaillera pour amener de l’argent au foyer.

    – dans certains pays, un enfant qui souffle sa première bougie est un véritable miracle. Avec une mortalité infantile élevée, et en revenant à mon premier argument, c’est pas une mauvaise idée de faire beaucoup d’enfant.

    – l’éducation des femmes et la nécessité d’avoir deux salaires pour vivre dans la plupart des pays très matures est non négociable. De ce fait, en ayant les deux parents qui doivent bosser, c’est incompatible avec une société axée sur le travail: il faut être à 100% tous les jours ouvrés; une entreprise techniquement se fou bien de savoir que ton nouveau né a pleuré la nuit dernière parce qu’il faisait ses dents. Ça n’est pas du tout le cas dans les pays plus pauvres, où l’un des meilleurs contraceptifs est justement l’éducation des femmes.

    Donc en occident, pourquoi les gens font un enfant finalement ? Je dis ça vraiment de manière ouverte, car les réponses varieront beaucoup.

    Je suis trentenaire et la question me taraude pas mal: j’essaie d’avoir 8 heures de sommeil, pour ensuite travailler 8 heures. Il me reste donc 8 heures de temps libre. Sauf qu’il faut y soustraire le temps pour aller au travail, s’occuper de la maison, du dîner, et évidemment de manger. Je fais du sport tous les jours pour palier à ma sédentarité, il me reste en gros 2-3 heures de vrai temps libre.

    Mais avec un enfant, il faut rajouter l’école et tout ce que ça implique, et bien sûr s’occuper de son enfant.

    C’est un choix vraiment difficile je trouve.

    Et enfin, pour répondre à cet argument de “sauver la civilisation”: voilà le résultat de décennies d’individualisme: personnellement, et je pense que beaucoup me rejoindront, je m’en tartine le cul. Vous vouliez que les gens ne pensent qu’à leur gueule, c’est gagné, et on est au pinacle des décisions individuelles (si ce n’est l’euthanasie, mais ça viendra): on décide quand on donne la vie, ou pas, et lorsque l’on veut mourir. C’est presque Leopardsatemyface à ce stade.

  7. Quand t’as pas de programme ni de réussites flagrantes à montrer, tu en appelles à la sauvegarde de la civilisation. Un classique

  8. Mais qu’ils aillent se faire frire la rondelle les fachos de l’ED et les bourgeois héritiers du gouvernement qui nous regardant depuis leur tour d’ivoire.

    Pour paraphraser notre banquier en chef ça coûte un pognon de dingue. C’est sûr quand on commence dans la vie active avec ce contexte économique c’est pas simple de faire des gosses.

  9. Trop tard Marine : je me suis faite stériliser.

    Je suis une femme blonde aux yeux bleus, avec la peau blanche, dont les ancêtres n’ont quasiment pas bougé géographiquement depuis des centaines d’années. Et je n’aurai jamais d’enfant, par choix.

    Mais j’imagine que ce n’est pas grave parce que je ne voterai pas pour toi, de toute façon.

  10. Donc si je comprends bien, il faut virer les noirs et les arabes parce qu’ils nous prennent nos emplois et que y’en a pas assez pour tout le monde, onvapasaccueuillirtoutelamisèredumondetoutça.

    Mais en même temps faut repeupler la France et donc faire des petits… chômeurs ?

  11. C’est “marrant” que ce soit cette angle là en particulier qui soit choisi et pas qu’on s’interroge un peu plus sur [l’émigration grandissante qui nous touche](https://atlantico.fr/article/decryptage/la-france-nouvelle-terre-d-emigration-diplomes-contexte-economique-departs-immigration-marche-du-travail-activite-jeunes-etudiants-crise-francais-etudes-europe-formation-foi-en-l-avenir-jean-paul-gourevitch).

    Mais bon, c’est tellement plus simple de taper sur les jeunes que d’essayer de les écouter…

  12. Ouai ben peut-être que le jour ou en travaillant comme un connard on peut gagner de quoi accéder à la propriété et arrêter de recevoir des leçons des fils de pute d’héritiers sur la valeur travail on envisagera de faire des gosses.

    Faire des gosses pour en faire de la chair à canon pour des bourgeois facistes, non merci.

  13. Ça m’étonne pas. Leur système de Ponzi se casse la gueule s’il y a pas assez de travailleurs. Pour ça il y a deux solutions, soit on ouvre les vannes à l’immigration soit on fait plus de gosses. Ou alors on repense le système mais bon…

  14. C’est quoi “notre civilisation”? La France en tant qu’état nation? La Gaule antique et ce qu’il en reste? L’Europe? L’Occident? Le “Judéo-Christianisme” a l’americaine? Aucun facho sera jamais capable de donner une definition sensée.

  15. Personne en France pour juste évoquer la possibilité d’être en faveur d’une politique qui vise à garder notre population ? C’est à dire pas décroître, ni croître. 

    Ça parrait pas deconnant non ? J’ai l’impression sur ce coup là comme d’autres que plus la “gauche” ferme sa gueule sur le sujet, ou prends une posture caricaturale “faut baisser la population” plus elle perd. Car les gens ont en majorité envie que ce soit un objectif politique.

    Quand à l’hypocrisie de “c’est pas au gouvernement de décider”, réveillez-vous : tous les états, les cultures et les religions ont toujours eu un rôle dans la natalité du pays.

    Par exemple en Allemagne où être une femme, avoir un enfant, et une carrière, est très mal vu. C’est une politique anti-nataliste, ou anti-féministe (la femme au foyer). Je ne connais pas assez bien l’exemple pour savoir si l’État a un rôle dans cela.

  16. Cette volonté de sauvetage est synonyme d’une mort déjà établie. Quand on l’accepte, l’existence devient bien plus douce.

  17. Non merci j’aime pas les enfants, et je suis pas asser cruel pour participer à la création d’un gosse, qui devra vivre dans ce monde de taré cupide, dirigé par des mégalomane totalement à côté de la plaque.

  18. Je leur dirais bien d’aller se faire foutre, mais ça serait jouer leur jeu.

  19. Ils auront beau faire des discours, implorer, ils ne pourront pas agir sur la natalité. Tout le monde connaît les raisons de la baisse. Le logement, le coût de la vie (2 revenus), l’école publique qui s’écroule, etc…

    Le libéralisme qui privatise semble signer sa propre mort. Une société qui ne se renouvèle pas meurt. On peut y remédier à court terme avec l’immigration. Mais quand ces individus devront à leur tour faire le choix de se reproduire, ils feront face aux mêmes difficultés que leurs prédécesseurs. Bref, ce n’est pas une solution durable. Et de toute façon cela ne guérit pas les causes mais les symptômes.

    Tant que les changements quasi-structurels nécessaires ne seront pas faits, la natalité continuera à baisser (cf les autres pays du monde sauf Afrique).

  20. J’aimerais vraiment voir la gauche s’emparer de ce sujet plutôt que de laisser l’extrême-droite et la Macronie être les seuls sur ce terrain politique.

  21. Comment on est censés faire des gosses et les faire vivre correctement quand le marche de l’immobilier est saturé dans les grandes villes et qu’il y a peu de jobs (attirants) en Province? Quand les salaires ne sont absolument pas indexés sur le coût de la vie? Avoir une fille dans une société qui encense Depardieu? Non merci!

    Comment on est censés faire des gosses quand ils dépeignent le monde comme dangereux? Quand le climat nous défonce et que Macron n’a aucune politique écologique concrète? Mettre mes gosses à 40 degrés l’été dehors? Non merci! et pourtant, va bien falloir les occuper!

    Cette capacité de l’ED à vouloir des objectifs rendus impossibles par le nombre de factors non pris en compte pour leur réalisation c’est magnifique. Il faut pas être excessivement éduqué ou intelligent pour prendre en compte tous les facteurs que j’ai énoncé, comment ça peut leur échapper?

  22. Vous sentez le danger sur la loi Veil ?

    Si vous ne le sentez pas, il faut commencer à le faire. Et vite.

  23. Comme quoi certaines idées qui faisaient fureur en 39-45 n’ont jamais changées.

  24. Voilà une piqûre de rappel: l’ED est un libéralisme extrême qui ne croit en rien, et sûrement pas à notre civilisation.

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