Mépris de la gauche, critique contre l’exécutif, sympathie pour Eric Zemmour : une semaine en immersion sur CNews
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Entre le 3 et le 7 janvier, la chaîne de Vincent Bolloré a été la seule source d’information de notre journaliste.
La polémique du drapeau européen sous l’Arc de triomphe, au menu du lundi 3 janvier 2022, dans l’émission « Face à l’info » de Christine Kelly. CAPTURE D’ECRAN CNEWS
Et si 2022 se jouait à la télé ? Avec les restrictions liées à la pandémie de Covid-19, il y aura moins de terrain, moins de grands meetings. Les chaînes d’information en continu joueront un rôle fondamental. Aux côtés de LCI, de BFM-TV et de Franceinfo, CNews tient une place particulière. Vincent Bolloré, propriétaire de la chaîne, veut en faire un fer de lance de la campagne, pour diffuser un discours politique réactionnaire et conservateur. Et cela semble fonctionner : selon [les chiffres de Médiamétrie](https://www.mediametrie.fr/sites/default/files/2022-01/2022%2001%2003%20M%C3%A9diamat%20Annuel%202021_0.pdf “Nouvelle fenêtre”), CNews est passée de 1,4 % de part d’audience nationale à 2 % entre 2020 et 2021. Ces chiffres sont tout de même bien inférieurs aux principales chaînes comme TF1 et France 2 qui réunissent respectivement 19,7 % et 14,7 % des parts d’audience sur l’année.
En outre, l’une de ses principales têtes d’affiche, le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour, est candidat, souvent placé en quatrième place dans les études d’opinion. Un rôle de premier plan, donc, pour l’ancien coprésentateur de « Face à l’info ». La question arrive logiquement : CNews fait-elle campagne pour l’ancien chroniqueur du *Figaro* ?
Pour y répondre, nous avons regardé du lundi au vendredi, de 9 heures à 21 heures (avec une pause entre 14 heures et 16 heures), la chaîne de Vincent Bolloré. Entre le 3 janvier et le 7 janvier, elle fut notre seule source d’information. L’auteur de ces lignes n’a lu aucun journal, n’a consulté aucun site d’actualité, n’a pas écouté de radio ou regardé d’autres chaînes de télévision. Nous n’avons pas consulté les réseaux sociaux à part pour relever des messages privés.
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L’un des slogans de la chaîne est *« Venez avec vos convictions, vous vous ferez une opinion »*. L’équivalent télévisuel du *« venez comme vous êtes »* de McDonald’s. Cette formule résume la grille des programmes : des débats censés réunir des gens de tous les avis, qui virent souvent au clash. La « liberté d’opinion » est constamment mise en avant. Sauf qu’elle est biaisée. En général, il y a quatre invités plus le journaliste-animateur. Très souvent, trois des participants penchent fortement à droite. Reste donc celui ou celle censée être le représentant du « progressisme » : souvent un membre de La République en marche (LRM) ou proche de cette dernière. Beaucoup plus rarement de gauche. Dans l’univers de CNews, d’ailleurs, la gauche n’existe pas ou presque. Elle est systématiquement moquée, notamment Anne Hidalgo, la candidate socialiste à la présidentielle. Surnommée « Madame 4 % », une blague est répétée : *« Elle aura plus de parrainages que de voix. »* En revanche, le candidat communiste Fabien Roussel est souvent cité en exemple, notamment parce qu’il assume un discours considéré comme plus sécuritaire que les autres candidats de son camp politique.
La gauche est également résumée à une survivance du passé *« déconnectée du terrain »,* quand elle n’est pas le bras armé du « wokisme », l’une des obsessions de la chaîne. Signifiant littéralement « être éveillé » aux discriminations, le terme « woke » est utilisé sur CNews comme un fourre-tout de la pensée critique, accusée d’être racialiste*,* prominorités, « islamo-gauchiste », promouvant la culture de l’effacement et la théorie du genre. Les représentants de la gauche présents en plateau servent ainsi de caution à un faux pluralisme. Il y a même un jeu de rôle. Ils sont les indignés systématiques, ceux qui râlent, pestent, se plaignent d’être caricaturés quand les autres invités déroulent leur discours. Ceux, aussi, contre qui tout le monde se ligue dans une étonnante complicité.
Car CNews assume son message politique. On le voit dans le choix des sujets développés tout au long de la semaine. La politique nationale occupe tout l’espace, l’actualité internationale est presque ignorée. Pour cette rentrée politique, ce sont les mesures contre la pandémie qui ont été le plus traitées, ainsi que les débats parlementaires sur le passe vaccinal ou encore la disparition d’Igor Bogdanoff, quelques jours après son frère Grichka, tous deux morts du Covid-19. De même, les déclarations d’Emmanuel Macron dans *Le Parisien* ont été largement évoquées, ainsi que les réactions. Face à des lecteurs, le chef de l’Etat a affirmé : *« Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder ».* Puis : *« Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen. »* Enfin, l’interview d’Eric Zemmour sur Europe 1 où il souligne le risque qu’il n’ait pas ses signatures a été le grand thème de la fin de semaine.
Lors de l’émission de Pascal Praud, « L’heure des Pros », le mercredi 5 janvier 2022. CAPTURE D’ECRAN CNEWS
> Mépris de la droite, critique contre l’exécutif, sympathie pour Anne Hidalgo : une semaine en immersion dans Le Monde
Sinon :
> Pour y répondre, nous avons regardé du lundi au vendredi, de 9 heures à 21 heures (avec une pause entre 14 heures et 16 heures), la chaîne de Vincent Bolloré. Entre le 3 janvier et le 7 janvier, elle fut notre seule source d’information. L’auteur de ces lignes n’a lu aucun journal, n’a consulté aucun site d’actualité, n’a pas écouté de radio ou regardé d’autres chaînes de télévision. Nous n’avons pas consulté les réseaux sociaux à part pour relever des messages privés.
Ah oui il faut aimer souffrir
Le probleme c’est uniquement que cnews n’affiche pas ou cache sa ligne éditoriale’
Après c’est le contraire de l’huma ou mediapart., voir de radio France.
C’est quoi le problème avec un Média partisan au final. On a bien le quotidien, kTo et bien d’autres chaînes orientées politiquement ou religieusement. Les gents ne sont pas aussi stupides qu’ils en ont l’air.
Puis il jette sa télé et prend un livre…
la vraie question est: qui regarde encore CNews?
80% des élèves d’écoles de journaliste déclarent voter à gauche
les autres vont travailler chez cnews
On a la chance que nos impôts subventionnent le monde et payent ses journalistes pour regarder cnews à notre place et nous dire quoi en penser
Ca nous évite d’aller nous même faire cette sale besogne
8 comments
Mépris de la gauche, critique contre l’exécutif, sympathie pour Eric Zemmour : une semaine en immersion sur CNews
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Entre le 3 et le 7 janvier, la chaîne de Vincent Bolloré a été la seule source d’information de notre journaliste.
Par [Abel Mestre](https://www.lemonde.fr/signataires/abel-mestre/)
Publié aujourd’hui à 04h03, mis à jour à 10h22
Temps de Lecture 12 min.
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La polémique du drapeau européen sous l’Arc de triomphe, au menu du lundi 3 janvier 2022, dans l’émission « Face à l’info » de Christine Kelly. CAPTURE D’ECRAN CNEWS
Et si 2022 se jouait à la télé ? Avec les restrictions liées à la pandémie de Covid-19, il y aura moins de terrain, moins de grands meetings. Les chaînes d’information en continu joueront un rôle fondamental. Aux côtés de LCI, de BFM-TV et de Franceinfo, CNews tient une place particulière. Vincent Bolloré, propriétaire de la chaîne, veut en faire un fer de lance de la campagne, pour diffuser un discours politique réactionnaire et conservateur. Et cela semble fonctionner : selon [les chiffres de Médiamétrie](https://www.mediametrie.fr/sites/default/files/2022-01/2022%2001%2003%20M%C3%A9diamat%20Annuel%202021_0.pdf “Nouvelle fenêtre”), CNews est passée de 1,4 % de part d’audience nationale à 2 % entre 2020 et 2021. Ces chiffres sont tout de même bien inférieurs aux principales chaînes comme TF1 et France 2 qui réunissent respectivement 19,7 % et 14,7 % des parts d’audience sur l’année.
En outre, l’une de ses principales têtes d’affiche, le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour, est candidat, souvent placé en quatrième place dans les études d’opinion. Un rôle de premier plan, donc, pour l’ancien coprésentateur de « Face à l’info ». La question arrive logiquement : CNews fait-elle campagne pour l’ancien chroniqueur du *Figaro* ?
Pour y répondre, nous avons regardé du lundi au vendredi, de 9 heures à 21 heures (avec une pause entre 14 heures et 16 heures), la chaîne de Vincent Bolloré. Entre le 3 janvier et le 7 janvier, elle fut notre seule source d’information. L’auteur de ces lignes n’a lu aucun journal, n’a consulté aucun site d’actualité, n’a pas écouté de radio ou regardé d’autres chaînes de télévision. Nous n’avons pas consulté les réseaux sociaux à part pour relever des messages privés.
L’obsession du « wokisme »
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En 2004, le réalisateur américain [Morgan Spurlock](https://www.lemonde.fr/une-abonnes/article/2004/05/20/morgan-spurlock-ce-cineaste-irresponsable-qui-ne-mangeait-que-des-mcdo_365522_3207.html) avait décidé de manger trois fois par jour au McDonald’s, en acceptant à chaque fois les menus XL. Il s’agissait de démontrer par l’absurde les conséquences d’une alimentation déséquilibrée. L’idée est la même ici : quelle vision du monde avons-nous quand nous nous informons uniquement sur une seule chaîne ?
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L’un des slogans de la chaîne est *« Venez avec vos convictions, vous vous ferez une opinion »*. L’équivalent télévisuel du *« venez comme vous êtes »* de McDonald’s. Cette formule résume la grille des programmes : des débats censés réunir des gens de tous les avis, qui virent souvent au clash. La « liberté d’opinion » est constamment mise en avant. Sauf qu’elle est biaisée. En général, il y a quatre invités plus le journaliste-animateur. Très souvent, trois des participants penchent fortement à droite. Reste donc celui ou celle censée être le représentant du « progressisme » : souvent un membre de La République en marche (LRM) ou proche de cette dernière. Beaucoup plus rarement de gauche. Dans l’univers de CNews, d’ailleurs, la gauche n’existe pas ou presque. Elle est systématiquement moquée, notamment Anne Hidalgo, la candidate socialiste à la présidentielle. Surnommée « Madame 4 % », une blague est répétée : *« Elle aura plus de parrainages que de voix. »* En revanche, le candidat communiste Fabien Roussel est souvent cité en exemple, notamment parce qu’il assume un discours considéré comme plus sécuritaire que les autres candidats de son camp politique.
Lire notre enquête : [Comment Vincent Bolloré mobilise son empire médiatique pour peser sur la présidentielle](https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/11/16/l-opa-de-vincent-bollore-sur-la-presidentielle_6102316_4500055.html)
La gauche est également résumée à une survivance du passé *« déconnectée du terrain »,* quand elle n’est pas le bras armé du « wokisme », l’une des obsessions de la chaîne. Signifiant littéralement « être éveillé » aux discriminations, le terme « woke » est utilisé sur CNews comme un fourre-tout de la pensée critique, accusée d’être racialiste*,* prominorités, « islamo-gauchiste », promouvant la culture de l’effacement et la théorie du genre. Les représentants de la gauche présents en plateau servent ainsi de caution à un faux pluralisme. Il y a même un jeu de rôle. Ils sont les indignés systématiques, ceux qui râlent, pestent, se plaignent d’être caricaturés quand les autres invités déroulent leur discours. Ceux, aussi, contre qui tout le monde se ligue dans une étonnante complicité.
Car CNews assume son message politique. On le voit dans le choix des sujets développés tout au long de la semaine. La politique nationale occupe tout l’espace, l’actualité internationale est presque ignorée. Pour cette rentrée politique, ce sont les mesures contre la pandémie qui ont été le plus traitées, ainsi que les débats parlementaires sur le passe vaccinal ou encore la disparition d’Igor Bogdanoff, quelques jours après son frère Grichka, tous deux morts du Covid-19. De même, les déclarations d’Emmanuel Macron dans *Le Parisien* ont été largement évoquées, ainsi que les réactions. Face à des lecteurs, le chef de l’Etat a affirmé : *« Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder ».* Puis : *« Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen. »* Enfin, l’interview d’Eric Zemmour sur Europe 1 où il souligne le risque qu’il n’ait pas ses signatures a été le grand thème de la fin de semaine.
Lors de l’émission de Pascal Praud, « L’heure des Pros », le mercredi 5 janvier 2022. CAPTURE D’ECRAN CNEWS
Lire aussi [Présidentielle 2022 : Eric Zemmour bute sur les parrainages](https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2022/01/08/presidentielle-2022-eric-zemmour-bute-sur-les-parrainages_6108676_6059010.html)
La semaine prochaine sur CNews:
> Mépris de la droite, critique contre l’exécutif, sympathie pour Anne Hidalgo : une semaine en immersion dans Le Monde
Sinon :
> Pour y répondre, nous avons regardé du lundi au vendredi, de 9 heures à 21 heures (avec une pause entre 14 heures et 16 heures), la chaîne de Vincent Bolloré. Entre le 3 janvier et le 7 janvier, elle fut notre seule source d’information. L’auteur de ces lignes n’a lu aucun journal, n’a consulté aucun site d’actualité, n’a pas écouté de radio ou regardé d’autres chaînes de télévision. Nous n’avons pas consulté les réseaux sociaux à part pour relever des messages privés.
Ah oui il faut aimer souffrir
Le probleme c’est uniquement que cnews n’affiche pas ou cache sa ligne éditoriale’
Après c’est le contraire de l’huma ou mediapart., voir de radio France.
C’est quoi le problème avec un Média partisan au final. On a bien le quotidien, kTo et bien d’autres chaînes orientées politiquement ou religieusement. Les gents ne sont pas aussi stupides qu’ils en ont l’air.
Puis il jette sa télé et prend un livre…
la vraie question est: qui regarde encore CNews?
80% des élèves d’écoles de journaliste déclarent voter à gauche
les autres vont travailler chez cnews
On a la chance que nos impôts subventionnent le monde et payent ses journalistes pour regarder cnews à notre place et nous dire quoi en penser
Ca nous évite d’aller nous même faire cette sale besogne