Pesticides : « Nous, chercheurs et chercheuses, dénonçons une mise au placard des connaissances scientifiques »

by LaQuequetteAuPoete

8 comments
  1. “Ouais mais les connaissances scientifiques qui vont pas dans le sens du profit ça nous intéresse pas trop”

  2. Les tribunes se succèdent. J’avais posté hier [cette autre tribune](https://www.nouvelobs.com/opinions/20240206.OBS84126/normes-ecophyto-les-reponses-du-gouvernement-a-la-colere-agricole-risquent-d-etre-contreproductives.html), également par des scientifiques. Plus sur l’aspect sociétal cela dit, et essentiellement signée par des SHS (géographes, sociologues, anthropologues, etc.), agroécologues et quelques écologues.

    Edit: après lecture de la liste des signataires de cette tribune-ci, le profil penche plus vers l’écotox, pharmacie, génétique, épidémio, modélisation et agronomie. Mais il est vrai que cette tribune est plus centrée sur le cas des pesticides proprement dits.

  3. **Pesticides : « Nous, chercheurs et chercheuses, dénonçons une mise au placard des connaissances scientifiques »**

    Des scientifiques soulignent, dans une tribune au « Monde », combien la mise en pause du plan Ecophyto, annoncée le 1ᵉʳ février par le premier ministre, Gabriel Attal, contredit l’objectif de réduction de l’usage des pesticides.

    En 2021 et en 2022, nous avons présenté les conclusions de trois synthèses des connaissances scientifiques sur les impacts des produits phytopharmaceutiques (« pesticides ») et les solutions alternatives. Conduits dans le cadre du plan Ecophyto à la demande du gouvernement pour éclairer sa prise de décision, ces travaux, coordonnés par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) sont inédits par la centaine d’experts mobilisés et les plus de 11 000 publications analysées.

    Nos expertises scientifiques collectives ont démontré l’ampleur des impacts des pesticides sur la santé humaine et l’environnement, et mis en évidence des alternatives agroécologiques capables de répondre aux enjeux environnementaux tout en préservant la production agricole. Nos travaux ont aussi identifié les verrous socio-économiques et institutionnels qui limitent le déploiement des alternatives, et les leviers pour les dépasser. Nos conclusions ont alimenté des travaux parlementaires soulignant le besoin de renforcer le plan Ecophyto, car il n’a pas permis de réduire l’usage des pesticides. Pourtant, le gouvernement a choisi de suspendre ce plan pour apaiser le conflit avec une partie du monde agricole.

    Nous, chercheurs et chercheuses, manifestons ici notre inquiétude face à cette décision, symptomatique du traitement disjoint des enjeux agricoles et environnementaux. Nous dénonçons une mise au placard des connaissances scientifiques et réaffirmons la nécessité d’une politique multisectorielle d’envergure et de long terme, en faveur d’une agriculture économiquement viable et respectueuse de la santé et de l’environnement.

    **Enjeux de santé publique et animale**

    Tous les milieux (sols, eau, air), même éloignés des zones d’application, sont contaminés par des pesticides. Des liens existent entre pesticides et santé humaine chez les agriculteurs, les autres professionnels manipulant ces produits, et les enfants exposés pendant la grossesse : maladies respiratoires, troubles cognitifs, maladie de Parkinson, troubles du développement neuropsychologique et moteur, cancers. L’usage généralisé de pesticides favorise les résistances chez les organismes qu’ils sont censés éliminer – compromettant l’efficacité des produits à plus long terme – et chez des organismes responsables de maladies – soulevant de nouveaux enjeux de santé publique et animale.

    Les pesticides contribuent à l’effondrement de la biodiversité : déclin des invertébrés terrestres (vers de terre, insectes…) et aquatiques, des oiseaux, etc. Ils altèrent certains processus naturels, tels que la pollinisation, la régulation des ravageurs et des maladies des cultures. Or, ces services que la biodiversité rend gratuitement aux agriculteurs leur sont essentiels pour gagner en durabilité et en autonomie.

    Des solutions existent pour protéger les cultures autrement : semer des mélanges variétaux, cultiver plusieurs espèces dans un même champ, allonger les rotations ou encore pratiquer l’agroforesterie. Toutes ces pratiques concourent à contrôler les ravageurs et les maladies des cultures.

  4. C’est triste, depuis quelques années, les opinions personnelles et le bon sens ont remplacé la Science.

  5. Heureusement que Macron a un grand placard pour y mettre toutes les connaissances scientifiques dont il se fout.

  6. Le jour où ils auront des tracteurs pour bloquer le pays, on les écoutera

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