François Bayrou ouvre une crise au sein du camp présidentiel, en plein remaniement gouvernemental

by Folivao

16 comments
  1. **Le centriste affirme avoir envisagé de rejoindre l’équipe de Gabriel Attal à l’éducation ou à l’aménagement du territoire, avant de renoncer faute d’« accord profond ». Devant les députés du MoDem, il a dénoncé « une démarche d’humiliation qu’on nous impose », et la question de la participation de son parti au gouvernement a été évoquée.**

    C’était il y a quelques mois à peine. En petit comité, le président du MoDem, François Bayrou, reconnaissait ne pas être toujours entendu par Emmanuel Macron. Mais, disait-il, j’ai « cette faiblesse » d’apprécier le chef de l’Etat. Cette complicité intellectuelle, peut-être affective, nouée depuis le soutien du centriste à Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017, s’est soudain abîmée dans la soirée du mercredi 7 février.

    Coup de sang ou coup politique, François Bayrou a fait savoir qu’il refusait d’entrer au gouvernement de Gabriel Attal par une déclaration à l’Agence France-Presse. « Le premier ministre m’a proposé le ministère des armées, mais la défense est le secteur qui, dans la politique française, se porte le mieux à mes yeux », a-t-il précisé. « Il y avait deux domaines qui me paraissaient mériter un engagement plein : le ministère de l’éducation, qui connaît aujourd’hui une crise de confiance qui vient de loin et que je croyais que l’on pouvait corriger. Mais de nombreuses discussions m’ont fait conclure à une différence d’approche sur la méthode à suivre qui me paraît rédhibitoire », a expliqué le maire de Pau, l’autre domaine étant « le gouffre qui s’est creusé entre la province et Paris ». Mais, « sans accord profond sur la politique à suivre, je ne pouvais pas accepter d’entrer au gouvernement ».

    « Après sept ans de soutien inconditionnel à Emmanuel Macron, M. Bayrou découvre soudainement qu’il est en désaccord avec la politique hors sol du gouvernement », moque, sur X, Olivier Marleix, le président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale.

    **« Humiliation »**

    Dans la soirée, lors d’un dîner au ministère de l’agriculture, dirigé par Marc Fesneau, proche de François Bayrou, le Béarnais s’est fait plus cinglant, dénonçant devant une quarantaine de députés MoDem « une démarche d’humiliation qu’on nous impose ». Complétant : « Ce qui se joue là est plus profond que d’habitude. Plus ça avance, plus je vois s’éloigner l’idéal d’un rapprochement entre gouvernants et gouvernés. » Le patron du parti centriste, qui estime qu’Emmanuel Macron lui doit sa victoire en 2017, juge que son parti n’est pas traité à sa juste valeur. La question du maintien des représentants du MoDem au gouvernement aurait été évoquée, mercredi soir, laissant présager l’ouverture d’une crise politique sans précédent au sein d’un camp présidentiel déjà fracturé depuis le vote de la loi « immigration » en décembre 2023.

    « Il y a toujours du rapport de force dans ce genre de choses », relativise-t-on à l’Elysée, où l’on imagine François Bayrou cherchant à peser au sein d’un gouvernement qui présente pour l’heure des accents très droitiers. Face à cet événement, Emmanuel Macron lui-même garde un « sang froid » couplé à « la volonté de solidité gouvernementale », selon l’un de ses conseillers.

    **« Le premier ministre en première ligne »**

    Le nom de François Bayrou était cité ces derniers jours pour occuper le ministère de l’éducation, des sports, de la jeunesse et des Jeux olympiques en remplacement d’Amélie Oudéa-Castera, assommée par une succession de polémiques. Le septuagénaire, locataire de la Rue de Grenelle de 1993 à 1997, relaxé « au bénéfice du doute », lundi 5 février, dans le procès des assistants parlementaires du MoDem, n’avait pas caché son appétit pour le poste.

    « La place dans un gouvernement, ça dépend du choix que font le premier ministre et le président de la République », expliquait-il sur RMC, mardi, ajoutant : « Je ne me suis jamais dérobé à aucune demande de service pour notre pays, jamais ! » Emmanuel Macron s’était entretenu dès le lundi après-midi avec son éphémère garde des sceaux de mai-juin 2017. L’Elysée concédait que l’arrivée du centriste à l’éducation nationale était « une option », sans rien affirmer.

    Emmanuel Macron, qui n’avait laissé que peu de marge de manœuvre à son premier ministre pour la nomination, le 11 janvier, des quatorze ministres de plein exercice, voulait laisser, cette fois-ci, « le premier ministre en première ligne », signale un conseiller présidentiel. François Bayrou qui revendique être en ligne directe avec le chef de l’Etat a pu s’offusquer de devoir se soumettre aux desiderata d’un premier ministre de 34 ans. Dans un entretien au Parisien le 10 janvier, il avait fait part de ses « interrogations » sur « l’expérience nécessaire pour être à la tête d’un pays qui traverse de si profondes difficultés », doutant explicitement que Gabriel Attal ait les épaules pour la fonction.

    Le chef du gouvernement, qui a reçu le maire de Pau mercredi après-midi, a étudié l’hypothèse d’une entrée du patron du MoDem au gouvernement, sans prendre ombrage des propos désobligeants du centriste à son égard. Mais une proposition a-t-elle été explicitement formulée au patron du MoDem pour l’éducation nationale ? L’Elysée signale que le nom de François Bayrou était en concurrence avec un autre. Et Nicole Belloubet, ancienne garde des sceaux (2017-2020) pourrait bien, in fine, rafler la mise. Le poste des armées n’a lui jamais été évoqué par le président de la République auprès de François Bayrou. Sollicité, Matignon n’a pas confirmé avoir émis une telle proposition.

  2. Il y a vraiment si peu de gens que ça qui veulent bosser pour ce gouvernement que ça fait quasi un mois qu’ils galèrent à le boucler et qu’un mec qui refuse déclenche obligatoirement “une crise” ?

    ​

    Après je pense que globalement le job est pas enviable, que Macron est un manager ultra-toxique et que l’ambiance à l’assemblée doit pas aider mais quand même !

  3. Ah il commence à se rendre compte que Macron, comme l’ensemble de la classe politique, rigole de lui et de son parti minable.

  4. Comment ça doit lui faire tout drôle d’être à l’origine d’un truc d’importance !

  5. L’article est limite déjà dépasssé quand on regarde [le direct de FranceInfo](https://www.francetvinfo.fr/en-direct/)…

    Certains cadres du MoDem taclent Bayrou, Bayrou qui dit qu’ils restent bien membres de la majorité…

    Quel fiasco…

  6. Lui qui avait mis 4,5 ans avant de lâcher Sarko (genre six mois avant les présidentielles), il est en avance là…
    EURÊKA ! Il essaie de se positionner pour 2027 immédiatement pour ne pas se faire doubler par Xavier Bertrand qui vient d’annoncer sa candidature. Pas vrai ? Hein ? Et enlevez-moi cette camisole, c’est super chiant pour taper au clavier !

  7. Connaissant la côte têtu du garçon il est capable de faire sauter la législature. Ça pourrait être une pas si mauvaise idée que ça d’ailleurs.

  8. Macron prétendait rassembler la droite et la gauche, il a réussi à diviser le centre.

  9. Le mec toujours aussi aigri de ne jamais être passé au second tour des présidentielles. Comment est-il encore pertinent ?

    (Et je ne suis pas fan du Président…)

  10. Je suis quand même attéré par la non-news et les réactions ici. La presse a vraiment le chic pour transformer la moindre opinion divergente ou vague critique au sein d’un parti ou coalition comme un match de boxe. Et le lecteur abonde ! 

    Après on déplore la politique politicienne de parti, mais personne, ni la presse ni les citoyen, n’ont l’air de vouloir laisser vivre un truc aussi mineur sans crier à la manoeuvre pour fracturer le centre et se positionner pour les présidentielle. Le mec dit vaguement qu’on lui a proposé l’éducation, mais qu’à entendre les objectifs de Macron et Attal, il pensait pas pouvoir s’aligner. Je comprends que Bayrou comprend ça, et que probablement quand il lâche “démarche d’humiliation”, il sait ce qu’il fait. Encore que, on a zero contexte sur la petite phrase (parce que pourquoi faire après tout). 

    La “crise” la plus tiède de l’histoire quoi, deux politiques qui sont d’accords 90% du temps en désaccord sur quelques points -> fracture au centre, nous dit Ego1111 et la presse. “Fiasco” quand derrière ça doit préciser que quelques vagues critiques veulent pas dire que soudainement ils sont dans l’opposition, nous dit UristMcUselessNoble, et Olivier Marleix de LR. 

    On s’étonne et se plaint que y a de la discipline de parti et de la politique partisane après ça…

  11. On vit vraiment dans un monde où le gouvernement se fout de ce que pense la majorité des français, mais est en PLS quand Bayrou éternue ?

    C’est pas la bonne timeline là !

  12. L’intervieweuse a demandé à Bayrou s’il ne faisait pas juste un ”caca nerveux”. Je ne l’ai jamais entendue se moquer d’un invité comme ça quand c’était un représentant du gouvernement qui pestait contre l’opposition. Elle mériterait bien sa laisse d’or.

  13. MAIS CHUTTT BANDE D’INCONSCIENTS

    vous allez invoquer Manuel Valls avec ces conneries

  14. Et bien si un jour on m’avait dit qu’il allait servir à quelque chose.

  15. Tous les néolibéraux n’ont pas exactement les mêmes intérêts.

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