Les deux tiers des femmes cadres considèrent que la grossesse a freiné leur évolution de carrière

by chou-coco

12 comments
  1. *Une mauvaise nouvelle », « une trahison », « un contretemps »… Pour beaucoup de femmes cadres, l’annonce de leur grossesse à leur employeur a des airs de chemin de croix. Et la situation ne s’améliore pas par la suite, au contraire.*

    *Les deux tiers (69 %) des cadres, hommes et femmes confondus, considèrent en effet que le congé maternité ralentit la progression hiérarchique des femmes pendant plusieurs années, révèle une étude de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) publiée ce jeudi. Elles sont près de la moitié (47 %) à considérer que leur retour a été « difficile ».*

    *L’enquête, réalisée auprès de 12 400 cadres du privé, met en lumière la situation difficile de ces femmes qui occupent des postes à responsabilité. « Alors que leur enfant devient une priorité […], elles sont en parallèle dans la nécessité d’assumer leur statut de cadre en étant toujours aussi disponibles et prêtes à relever de nombreux défis professionnels », décrivent les auteurs de l’étude.*

    *Les problèmes arrivent dès l’annonce de la grossesse, une étape considérée comme génératrice de stress pour la majorité des interrogées. « J’ai mis du temps à annoncer que j’étais enceinte, j’avais l’impression de leur faire un truc pas bien », raconte une consultante en recrutement de 31 ans.*

    ***« Une absence pénalisante »***

    *Pendant le congé maternité, leur absence est parfois mal anticipée, conduisant les jeunes mères à rester connectées avec leur entreprise pendant cette période, contrairement à l’obligation légale. « Je n’ai jamais déconnecté pendant mon congé. Ce n’était simplement pas possible, surtout quand je pensais à tout ce qui m’attendait au retour », dépeint ainsi une manager de 40 ans, employée dans le secteur des transports. « Le congé maternité pose une difficulté dans leur carrière alors qu’il n’est qu’une étape normale et très prévisible », observe Gaël Bouron, responsable adjoint à la direction des études de l’Apec.*

    *Enfin, le retour au bureau est une étape souvent mal vécue. Sur place, la vie a suivi son cours pendant les mois d’absence. Si la jeune mère a été remplacée, il existe un risque de ne pas récupérer son poste initial à son retour. À l’inverse, si son emploi a été laissé vacant, elle peut se retrouver avec une surcharge de travail. « En résulte parfois pour la mère cadre un sentiment d’être devenue une étrangère dans son entreprise », conclut l’étude.*

    *Les mères cadres sont nombreuses (71 %) à constater avoir eu des difficultés à faire face à la charge de travail avec la fatigue. « Elles jugent que les entreprises ont beaucoup de progrès à faire pour aménager le retour de ce congé », ajoute Gaël Bouron. 44 % des femmes cadres ont ainsi eu du mal à retrouver leur place après un congé maternité et 56 %, à être considérées comme « engagées » dans leur travail.*

    ***Une carrière sur pause***

    *Plus généralement, 74 % des femmes cadres ont le sentiment que la grossesse ralentit leur progression hiérarchique, et ce, pendant plusieurs années. Certaines ont même le sentiment que leur carrière a été « mise sur pause » après cet événement.*

    *« Je voudrais faire évoluer ma carrière, mon salaire, mon expertise au sein du groupe mais, post-grossesse, mon projet professionnel a été impacté car je n’ai plus la même mobilité », estime ainsi une responsable d’activités bancaire, mère de deux enfants. « Elles ont le sentiment que le regard sur elles a changé à la suite de cet événement », décrypte le responsable des études à l’Apec.*

  2. Pour information, il y a eu une forte baisse des naissances 🚼 en France en 2023.

    /s

  3. Mmmh je me demande pourquoi on a un problème de natalité en France.

  4. Mec ayant pris son congés pater étendu (parti 3 mois), et étant en temps partiel pour s’occuper du petiot, oui la carrière en souffre, et ça n’est pas du sexisme, c’est juste que monter une carrière ça demande quelques sacrifices – comprenez par là que ça ne se fait pas aux 35h pépouze.

  5. Tant qu’on obligera pas les hommes à prendre autant de congé que les femmes a la naissance d’un enfant, il y aura un plus fort impact sur la carrière des femmes et les femmes seront le parent par défaut.

  6. Le titre :

    > **Les deux tiers des femmes cadres** considèrent que la grossesse a freiné leur évolution de carrière

    L’article :

    > **Les deux tiers (69 %) des cadres, hommes et femmes confondus,** considèrent en effet que le congé maternité ralentit la progression hiérarchique des femmes

    ???

  7. Oh wow, une absence de plusieurs semaines à freiné la carrière de quelqu’un ?

  8. Peut-etre qu’il faut aussi accepter que c’est tres difficile de tout avoir: Une bonne vie familiale et conjugal, une carriere de cadre de sup, des hobbies, des amis …
    Je dis ca pour les femmes ET les hommes. Combien d’hommes on du sacrifie leur vie famillal en echange de leur carriere?
    Je me souviens d’une etude qui montrait que les adultes avaient souvent des relations beaucoup moins bonnes, voire nulle, avec leur peres, plutot qu’avec leur meres

  9. En tant que femme cadre la trentaine sans enfant, j’ai parfois l’impression que la potentialité que je fasse prochainement un enfant est un frein à l’embauche. Pour des postes où je pense, en toute humilité, avoir le profil, j’ai des refus qui me paraissent assez bizarres (et je vois sur le poste ensuite un homme, plus jeune et moins expérimenté). Sur les 3 dernières périodes de candidatures où j’ai fais des entretiens, j’ai eu au moins trois fois “vous prévoyez de faire des enfants bientôt” en entretien…

  10. Je trouve ça profondément ironique la situation dans laquelle la société plonge certaines femmes. Je parle de celles qui ont pour but de s’émanciper par la carrière pour ensuite fonder une famille.

    Selon le point de leur carrière auxquelles elles s’y prennent, un piège différent leur est dressé. Trop tôt, leur émancipation matérielle prend un gros coup de frein, et les incite à ne pas avoir d’enfants. Trop tard, et elles ne trouvent plus de partenaires.

    Et ne parlons pas du cas des hommes, dont la situation s’effondre depuis des décennies, et ne fait que s’accélerer.

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