Fillette blessée par un tir de LBD à Chanteloup-les-Vignes : un policier admet avoir menti dans un compte rendu

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  1. **Fillette blessée par un tir de LBD à Chanteloup-les-Vignes : un policier admet avoir menti dans un compte rendu**

    La famille de la petite fille de 5 ans grièvement blessée en avril 2020 lors d’échauffourées dans la cité porte plainte pour faux en écriture publique aggravé et demande le dépaysement du dossier. Un policier intervenu ce soir-là a reconnu avoir fourni une information erronée à propos de l’un de ses tirs.

    *Par Jean-Michel Décugis Le 14 janvier 2022 à 18h17, modifié le 15 janvier 2022 à 07h09*

    « Mon dernier tir a été effectué au moment de notre repli, je me suis décalé pour éviter le nuage de gaz et j’ai tiré en direction d’un individu de type africain qui essayait de nous déborder par la droite en nous lançant une pierre. Le tir a impacté l’individu. » Voici ce que déclare le 8 avril 2020 le gardien de la paix David D. dans le compte rendu de traitement informatique relatif au suivi de l’usage des armes (TSUA), sorte de fiche d’après-tirs.

    Le policier, porteur d’un lanceur de balles de défense (LBD), fait partie des onze fonctionnaires intervenus quatre jours plus tôt dans la cité de la Noé à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) pour un vol de moto. Intervention qui a entraîné des échauffourées au cours desquelles Meryem, une fillette de cinq ans, a grièvement été blessée à la tête par un tir de LBD. Elle fait l’objet d’un suivi médical et psychologique et risque des séquelles à vie.

    Auditionné une semaine plus tard par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, le gardien de la paix livre une version à peu près identique. Mais, le 30 avril 2020, volte-face devant l’IGPN, le policier reconnaît avoir menti.

    Entre-temps, le fonctionnaire est apparu dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux en train de tirer au LBD dans un fourgon de police à l’arrêt, portière ouverte. Or l’existence de ce tir n’a jamais été signalée par le policier, qui aurait, selon lui, fait usage de son arme à sept reprises.

    **« J’ai préféré dire que j’étais à l’extérieur du véhicule »**

    « Pourquoi ce tir n’apparaît pas dans vos auditions ou votre TSUA ? » interroge un agent de l’lGPN. « Je me suis posé la question de savoir si mon tir à l’intérieur du véhicule était réellement réglementaire et j’ai dû prendre une décision rapidement et j’ai donc déclaré que j’avais effectué ce tir debout. »

    « S’agit-il d’un huitième tir ? » insiste le même enquêteur.

    « Non, c’était mon septième et dernier tir. J’ai préféré dire que j’étais à l’extérieur du véhicule ».

    Ce tir peut-il être à l’origine de la grave blessure de la fillette de 5 ans ? Impossible à dire, aucune investigation n’a été diligentée. L’enquête préliminaire a été classée par le parquet de Versailles en avril 2021 faute de pouvoir identifier l’auteur.

    En décembre 2021, comme le Parisien Aujourd’hui en France l’a révélé, Nordine B, le père de Meryem a porté plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d’instruction près le tribunal judiciaire de Versailles pour « violences volontaires sur mineur de 15 ans avec usage d’une arme par personne dépositaire de l’autorité publique ».

    La famille de la fillette reproche au parquet de Versailles de ne pas avoir diligenté un certain nombre d’investigations, susceptibles d’identifier le tireur de LBD, à commencer par une analyse génétique sur une trace ADN masculine exploitable, identifiée sur le projectile ayant frappé la victime. Une seconde plainte avec constitution de partie civile vient d’être déposée par Me Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille, du chef de « faux en écriture publique aggravé ».

    **L’existence d’images signalée plus tard**

    La vidéo de 24 secondes qui a mis en lumière le mensonge présumé du policier avait été tournée le soir même des échauffourées depuis le portable d’un des fonctionnaires présents et postée sur un groupe WhatsApp des forces de l’ordre avant d’atterrir sur les réseaux sociaux.

    C’est le chef du service d’ordre public des Yvelines qui a signalé l’existence de ces images, qui avait été cachée à l’IGPN. « C’est très regrettable (…) d’autant qu’elle leur est favorable, à mon sens (le tir a été effectué de la voiture arrêtée) », explique-t-il aux enquêteurs. « Je pense qu’il s’agit de bons policiers qui n’ont pas mesuré la portée de cette omission. »

    Cette attitude est d’autant « plus incompréhensible » de la part des fonctionnaires, selon leur patron, que la vidéo aurait été montrée aux enquêteurs de la Section de nuit départementale (SND). Sans conséquences. Une photographie d’un individu caillassant le véhicule de police en avait même été extraite pour appuyer la plainte d’un des policiers blessés.

    **Des « doutes » sur l’enquête, selon l’avocat de la famille**

    Me Yassine Bouzrou a demandé auprès du procureur général de Versailles le dépaysement de toute la procédure, dans la mesure « où plusieurs fonctionnaires impliqués dans l’instruction travaillent au quotidien avec les magistrats du tribunal judiciaire de Versailles » et que, selon lui, « des doutes existent quant à la manière dont le procureur de la République, Maryvonne Caillibotte, a mené l’enquête ».

    Sollicitée précédemment, la magistrate s’est refusée à rentrer dans le secret de l’enquête, mais dit assumer la décision de classement de son parquet. « C’est une décision qui peut être contestée, elle est remise en cause par la famille, c’est son droit. L’enquête doit maintenant se dérouler dans le cadre d’une information judiciaire avec le respect du contradictoire et non sur la place publique. »

  2. 7 tirs (s’il ne ment pas) de LBD pour un lancer de caillou (s’il ne ment pas).

    Proportionné et réglementaire. Et la fille de 5 ans blessée à vie à la tête par une arme de guerre ? Les parents n’ont plus d’autorité dans ces quartiers et laissent traîner leurs gamins, alors même qu’une opération de police est en cours.

    J’ai bon ?

  3. Ils sont pas d’accord pour se faire filmer mais ils filment eux mêmes leurs conneries maintenant, bravo les gars.

  4. Je suppose que le policier devra se justifier de son aveu au commissariat parce que c’est grave quand même qu’il n’arrive pas a respecter l’omerta.

  5. Si le mec a menti dans un PV ou autre déposition officielle du style (faux en écriture publique), il a commis selon moi l’un des pires crimes qu’un flic puisse commettre.
    L’autre teubé en chef parle des antivaxx comme étant trop irresponsables pour être des citoyens, mais s’il était cohérent il conspuerait ce genre de flic qui pour le coup s’attaque *vraiment* à ce qui permet à la police de se prétendre républicaine.

    Pour moi un flic qui se rend coupable de ça, en plus de la peine pénale (de mémoire 15 ans d’emprisonnement et 225k€ d’amende), devrait être éjecté de la police, de la fonction publique, ne plus pouvoir la rejoindre, et toutes les condamnations prononcées sur la « seule » base de ses PV devraient être annulées (il a menti une fois, il a pu mentir toutes les fois précédentes).
    Et si ça fout le bordel au niveau administratif, c’est tant mieux : ça rend la hiérarchie d’autant plus susceptible de faire comprendre que ce genre de comportement est inacceptable si elle craint un énorme capharnaüm.

    Franchement je me répète mais c’est clairement l’un des pires trucs que puisse faire un flic.

  6. On ne va pas se mentire, ils envoient en cité des profils de policiers qu’ils savent vicieux, racistes et qui aiment la violence. Et les bons policiers non racistes ils les envoient loin de toute violence. Alors que c’est l’inverse qu’il faut faire.

  7. Personne n’a parlé de la chose la plus importante qui ressort de cette histoire : nous avons maintenant un précédent concret de policier qui ment à propos d’une faute grave qu’il a commit, qui s’est fait couvrir par son escouade et dont la faute n’a pas été relevé par l’IGPN.

  8. LBD “Lanceur de balles de défense”, c’est déjà du foutage de gueule dans les définitions si on veut être honnête.

    Et les manifestants violents lancent des PISP, des “paquets d’interpellation sociopolitique.”

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