Les espaces « no kids » se multiplient : pourquoi ne supporte-t-on plus les enfants ?

by Wertherongdn

16 comments
  1. Article (partie 1) : Un « cauchemar ». Un « enfer ». La « galère ». Ces propos d’usagers de la SNCF ne font pas référence à la grève qui a entraîné l’annulation de la moitié des trains le premier week-end des vacances scolaires. Le « cauchemar », ici, c’est l’enfant assis sur le siège d’à côté ou le bébé qui nous fait face dans le carré où nous avons pris place. Depuis plusieurs années, dans la presse et sur les réseaux sociaux, les témoignages de voyageurs incommodés par la présence (bruyante, forcément) de la progéniture des autres prolifèrent.

    Dans son dernier livre, Vivre sans. Une philosophie du manque (Climats, 320 pages, 21 euros), paru le 24 janvier, Mazarine Pingeot porte une réflexion sur la notion marketing du « sans » et dénonce cette tendance où l’absence devient un argument commercial, une manière aussi de masquer les vices cachés de notre société. Après le « sans gluten », le « sans sucre », le « sans contact » ou le « sans alcool », assiste-t-on aux prémices du « sans enfant » ?

    Un phénomène déjà étudié par Corinne Maier dans No Kid (Michalon, 2007) : de plus en plus de Français revendiquent ne pas vouloir se reproduire (13 % déclarent même regretter d’avoir enfanté, selon une étude YouGov de 2022). Sur les réseaux sociaux, les « dinks » (dual income, no kids, « deux revenus, pas d’enfants ») affichent fièrement les avantages d’une vie de couple sans descendance, quand les « ginks » (green inclination, no kids), engagés pour l’écologie, imaginent sauver la planète en faisant une croix sur la procréation. De fait, depuis 2010, la natalité a chuté de presque 20 % dans l’Hexagone. Ce qui a incité Emmanuel Macron à lancer un appel solennel au « réarmement démographique », le 16 janvier.

    D’évidence, un malaise existe et son expression est suffisamment désinhibée pour qu’ait émergé le marché des activités « no kids ». Aux Etats-Unis, la tendance est ancienne et a pris une ampleur telle que même Disney a adapté une partie de son offre. De plus en plus fréquentées par des adultes affublés de serre-tête Mickey, certaines activités du géant mondial du divertissement se sont mises au diapason du « kids free ». Ses énormes navires de croisière qui écument les Caraïbes commencent ainsi à être structurés en zones « adults only » et « kids only », rigoureusement hermétiques.

  2. C’est pas tellement les enfants que je ne supporte plus, mais les parents qui ne sont pas fichus de les eduquer correctement.

  3. Si j’ai partagé cet article c’est qu’il m’a rendu étrangement triste. Je sais que la question des enfants est de plus en plus touchy (et depuis que Macron a politisé le truc c’est encore pire), mais j’ai une petite choute toute minuscule et me dire que les espaces publics ou les lieux de vie lui sont de plus en plus fermés parce qu’elle peut être bruyante (c’est une enfant quoi) me met un peu mal. J’ai vécu 35 ans sans enfants et s’il m’est arrivé d’etre un peu saoulé par les pleurs d’un gamin, il ne me serait jamais traversé l’esprit de vouloir exclure les enfants des espaces en commun (encore moins des réunions de famille). Ça me semble un peu flippant et pas très tolérant comme société, déjà qu’ils sont de moins en moins dehors….

    Enfin bon, juste un ressenti, si la société doit aller vers ça elle le fera que je le veuille ou non.

  4. Clairement si les gosses etaient mieux eduques ca se passerait mieux…je suis certain que quand ils deviennent parents ils perdent 20 db en ouie. Impossible de laisser un gosse gueule autant(rue/appart/hotel) sans se poser de question sur la gene occasionnee…

  5. C’est bien que l’offre existe, mais ça deviendrait une dérive si ça venait à se généraliser. Les enfants sont les victimes de parents médiocres, et les adultes deviennent victimes collatérales.

  6. Bah y a pas le temps, faut bosser faut produire, faudrait quand même pas Impacter négativement le temps de repos de la force de production avec des cris d’enfants.

  7. Parce que quand tu n’en as pas , ou tu n’en as pas eu depuis longtemps tu es plus intolérant au bruit d’un enfant , c’est pas beaucoup plus compliqué.

    Les seuls qui m’ont fait une remarque sur le bruit sont des vieux ou des jeunes la vingtaine perso , jamais des 30/40.

    Et je doute que même avec la meilleure éducation du mondes on empeche des cris / crises / pleurs de temps en temps chez les 2/3/4 ans , après aucune idée pour le moment.

  8. >convaincue que « la pédagogie positive a poussé le curseur trop loin et ne permet pas à l’enfant d’apprendre à gérer ses frustrations » (…)

    >A force de ne plus avoir mis de règles, ils sont devenus les seuls à pouvoir supporter leur progéniture et le découvrent avec amertume » (…) on a laissé s’installer une carence éducative en étant trop permissif », renchérit Didier Pleux, docteur en psychologie du développement, auteur du controversé L’Education bienveillante, ça suffit ! (Odile Jacob, 2023).

    l’éducation bienveillante c’est pas laisser l’enfant sans limites, c’est pas les laisser sans cadre et sans règle et faire tout ce qu’ils veulent. Mais si un “docteur en psychologie du développement” ne comprend pas l’éducation bienveillante, comment un parent moyen (et donc non outillé comme l’expert du domaine) peut il non seulement comprendre, mais aussi appliquer cette méthode éducative ?

    >le succès du « no kids » traduit la montée de l’individualisme, une forme d’égoïsme des adultes, une conséquence du relâchement des liens familiaux

    traduction : c’était mieux avant, seule la famille nucléaire sauvera notre société, comment osez vous penser à vous bande d’égoistes ?, etc….La culpabilisation des adultes actuels est bien plus facile que de regarder d’une part les carences éducatives que ces memes parents ont du subir, mais aussi les énormes problèmes de cette société. Je ne parle meme pas d’objectifs à moyen terme tel que l’écologie. Je parle de maintenant, du nombre de francais qui arrivent plus à se chauffer et à manger, du nombre croissant de facon affolante de personnes qui ont un travail mais pas de logement. Mais c’est égoiste de pas pondre de mome, de ne pas réarmer la nation. C’est égoiste de ne pas procréer quand tu dors dans la rue la faim au ventre

  9. J’ai l’impression au contraire que les gens sont assez tolérants avec les pleurs/cris, surtout si les parents sont attentifs et font leur possible pour calmer le bébé. Pour ma part je suis surtout irrité lorsque des enfants un tout petit peu plus grands sont bruyants et/ou courent partout et que les parents ne lèvent pas un oeil, et/ou n’ont rien prévu pour occuper leurs enfants (dans le train par exemple).

  10. Je trouve ça personnellement hyper triste. Il y trois semaines encore j’étais dans le train, en face il y avait une maman avec une petite fille et un bébé, j’avais pratiquement pas dormi, j’ai des problèmes de santé et les transports en commun c’est déjà difficile de base pour moi et ça me serait pas venu à l’idée d’exclure les gosses ou de faire une remarque à la mère, j’ai pris sur moi comme n’importe quelle adulte devrait le faire.

    Il y a déjà beaucoup de commentaires qui parlent de l’éducation des enfants et j’en passe, poster ça ici va juste rameuter les gens qui pensent que leurs hypothétiques futurs enfants seront tout beaux et tout parfait par ce que eux alors qu’ils n’ont strictement aucune expérience en la matière détiennent la méthode d’éducation parfaite qui fera de Timéo 3 ans le Mozart de son village.

  11. J’imagine que dans une société où de toute manière la natalité chute, et où le fait d’avoir des enfants devient une chose à éviter absolument, faut pas s’attendre à ce que la tolérance (que ce soit envers les enfants ou les parents) s’améliore des masses.

    Ça rejoint exactement tous les problèmes qui sont en train de ronger notre pays et qui sont aussi inhérents au capitalisme. Le court terme et l’individualisme, voilà ce qui prévaut de plus en plus.

    Bonne chance à ceux qui ont des enfants qui regorgent d’énergie et sont difficiles à canaliser.

  12. Pourquoi ?
    Parce qu’on s’habitue vite à une vie sans pleurs, sans cris. Je dis pas que c’est inacceptable que des enfants fassent du bruit, c’est même normal, et on est tous passé par là.
    Mais dans ma vie, n’ayant pas d’enfant, et personne dans mon entourage n’en ayant pour l’instant, y’a jamais de pleurs, jamais de hurlements.
    Et quand j’y suis confronté, vu que j’ai pas l’habitude, je vis ça comme une agression sonore. Ça me tends direct, et j’ai aucune capacité à relativisé en me disant que c’est normal, l’enfant fait pas exprès… Ça me fait physiquement mal, leurs cris, donc forcément les espaces sans enfants je trouve ça agréable.
    Et puis les enfants ça sait pas s’arrêter de parler, à un niveau bien trop élevé en plus.

    J’ai été comme ça, et je me demande par quel miracle mes parents m’ont pas abandonné sur une aire d’autoroute un midi en août.

    Et surtout, les enfants ne savent plus s’ennuyer donc ils veulent tout, tout de suite, et ils hurlent si leur cerveau est pas stimulé. C’est épuisant.

  13. Je ne vois pas le problème, on parle d’espaces dédiés aux adultes et ça toujours existé. Je ne comprends en revanche pas pourquoi ce besoin de parents de se plaindre que cela existe.

    Je trouve ça triste cette intolérance aux faits que des personnes n’ont pas envie, dans certains moments, de se voir imposer les enfants des autres.

    Je n’ai pas de problèmes avec les enfants, s’ils courent, pleurent et font du bruit en général ça ne me gêne pas plus que ça. En revanche je ne vois pas quoi cet état de fait justifie que des parents s’insurgent que l’on puisse vouloir passer des moments sans leurs enfants. Si je veux faire une séance de cinéma sans des enfants en quoi est-ce un problème tant qu’il en existe pour eux ?

    Vivre en société ce n’est pas qu’exiger que les autres acceptent les contraintes, il faut en accepter aussi pour sa propre situation.

  14. J’aimerai bien aller dans ces espaces “no kids” y a un endroit pour déposer ses enfants avant ?

  15. Je comprends pas cette mode du sans enfant : mariage child free, restau sans enfant, wagon sans enfant, etc etc.

    Oui ils peuvent faire du bruit, oui ils courent partout, oui ça peut pleurer fort. Mais c’est la vie quoi.

    Je trouve ça bien d’être capable d’emmener ses enfants dans des endroits différents, de les faire voyager, goûter des choses.

    Mes parents n’avaient quasi aucun ami et ne faisaient rien je me suis ennuyé comme jamais, j’ai joué aux jeux vidéos et maintenant je suis un informaticien trentenaire qui traîne sur reddit. C’est quand même dommage.

    Je sais pas si un jour j’aurai des enfants, mais dans tous les cas je n’accepterai jamais d’interdire les enfants dans les événements où je participe. J’ai de plus en plus d’amis avec des enfants et s’organiser pour pouvoir continuer à les voir avec leurs enfants est essentiel pour moi.

  16. J’ai déjà mis se commentaire sur le r/parent mais quand l’article parle de collectif pour l’éducation, en mode les gens qui quand le gamin fait un caprice en extérieur vont lui dire de se taire. Mon expérience c’est qu’il y a un gros overlap entre le type de parent qui vont laisser hurler leur enfant dans le train sans rien faire et le type de parent qui vont vous insulter si vous tenter de canaliser leur enfant. Et peut être que je n’ai ps envie de risquer de me faire insulter pour avoir tenter d’éduquer un enfant qui considère que hurler a travers la cabine est un moyen acceptable de communication. Donc je choisi l’évitement je paye plus cher des place en cabine calme, je vais au cinéma à la séance du soir, je vais au restaurant en semaine le soir. Et je choisi toujours les option sans enfant si elles existent.

    Et ici je fait bien la distinction entre un bébé qui pleure, et un enfant qui fait du bruit. Il y a bien une différence entre un bébé qui n’a qu’un seul moyen de communication et à qui on ne peux ps expliquer la situation. Et un enfant de 5 ans qui ne sais juste pas se tenir.

    Je comprend que se voir refuser certin endroit ça peut être frustrant. Mais à la fin de la journée faire un enfant c’est un choix. Et il serai injuste d’imposer les conséquences de se choix à ceux qui ne l’on pas fait.

    Et je sais pas trop comment je doit prendre de me faire traiter d’égoïste/ individualiste parce que j’ai pas d’enfant…

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