Éclairages – Déontologie et relations police-population : Les attitudes des gendarmes et des policiers | Défenseur des Droits

by Physical-Stress4023

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  1. *La collection Éclairages se propose de mettre à disposition des spécialistes, des décideurs, des professionnels comme du public le plus large, les synthèses des travaux menés par des équipes de recherche pluridisciplinaires et indépendantes pour le compte de l’institution. Elle a vocation à éclairer le débat public et documenter les enjeux de l’intervention du Défenseur des droits.*

    Résumé :

    La présente enquête propose un portrait
    actualisé des attitudes des policiers et
    gendarmes vis-à-vis du public et de leur
    organisation, documente leurs expériences,
    bien-être et satisfaction au travail. La
    recherche décrit aussi leurs attitudes par
    rapport au contrôle interne des inspections
    et externe du Défenseur des Droits. Enfin,
    elle cherche à définir les déterminants des
    attitudes des agents.

    Elle repose sur l’analyse d’un questionnaire
    adressé entre juin 2022 et mars 2023 aux
    gendarmes et aux policiers (respectivement
    976 et 655 réponses valides) dans 7
    départements de France métropolitaine.
    Parallèlement, une enquête qualitative par
    immersion et entretiens a eu lieu en zone
    gendarmerie uniquement (pendant l’été 2022).
    Les résultats montrent que policiers et
    gendarmes affichent une satisfaction globale
    du métier et une relation plutôt positive,
    mais complexe, à la hiérarchie ; ils rapportent
    faire l’objet de traitements perçus comme
    défavorables à leur encontre, notamment
    en raison du genre. Par ailleurs, ils ont une
    confiance limitée dans les mécanismes de
    signalement en place.

    En matière de formation, ils indiquent être peu
    formés à la gestion de la relation au public,
    et font l’expérience de tensions régulières
    de basse intensité. Exprimant une confiance
    assez faible dans le public, ils manifestent
    une conception principalement répressive
    du métier et des conceptions variables quant
    à l’utilité de l’écoute et de la redevabilité aux
    élus d’une part et aux habitants d’autre part.
    Enfin, les attitudes révèlent un rapport au droit
    ambivalent et un rapport à la force contrasté.
    Il est à noter des écarts réguliers,
    généralement entre 10 et 20 points de
    pourcentage, entre police et gendarmerie : les
    gendarmes expriment plus de satisfaction
    vis-à-vis de leur métier et de leur hiérarchie,
    ont une conception moins répressive,
    subissent moins de tensions, estiment
    plus souvent que rendre des comptes est
    nécessaire ou encore ont un rapport plus
    restreint à l’usage de la force.

    La légitimité du contrôle de l’action est
    mieux enracinée chez les personnels de la
    gendarmerie que de la police. Les gendarmes
    trouvent, plus que les policiers, leur Inspection
    Générale mais aussi le Défenseur des droits
    efficaces et justes. Les policiers, au contraire,
    voient davantage le code de déontologie
    comme un outil de contrôle et un texte qui ne
    les aide pas.

    Les agents qui donnent le moins de légitimité
    aux organismes de contrôle interne ont
    davantage un statut hiérarchique d’exécutant,
    pensent ne pas avoir de garanties
    vis-à-vis des décisions disciplinaires de leur
    hiérarchie à leur encontre, ont une formation
    professionnelle plus limitée en matière de
    droits des citoyens, mais encore ont des
    contacts tendus avec le public, et éprouvent
    plus fréquemment un malaise psychique.
    Enfin, la légitimité du Défenseur des droits est
    renforcée chez les agents ayant un statut élevé
    (uniquement chez les gendarmes, les cadres
    policiers ne se démarquant pas de la base),
    qui pensent avoir des garanties vis-à-vis des
    décisions disciplinaires de leur hiérarchie, qui
    ont bénéficié d’une formation professionnelle
    plus étendue en matière de droits, et qui sont
    en bonne santé psychique.

    Les résultats indiquent que les attitudes sont
    globalement plus favorables au respect, à
    l’écoute et à la justification en gendarmerie
    (notamment dans le rapport aux élus locaux)
    qu’en police.

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