Un bénéficiaire du RSA conditionné sur deux retrouve-t-il un emploi comme l’affirme Gabriel Attal ?

by I_poop_on_people

10 comments
  1. > Ainsi, les documents fournis à franceinfo par ces quatre conseils départementaux laissent entendre qu’un peu moins d’un bénéficiaire sur trois retourne à l’emploi pour l’ensemble des 18 territoires pilotes, toutes durées d’accompagnement confondues. Un chiffre moins important que celui d'”un bénéficiaire sur deux” avancé par Gabriel Attal.

  2. En tous cas bravo à tous ceux qui ont retrouvé un emploi

  3. Il faut voir la qualité de l’emploi aussi : les secteurs qui recrutent le plus sont les plus mal payés en regard des risques psycho sociaux (ex :burnout) et des maladies pro (ex: de l’arthrose induit par les gestes répétitifs au cancer de la femme de ménage exposée aux produits chimiques).

    Emploi durable ? Pas si sur.

    Ce qui est con avec cette loi sur les RSA, c’est que nous avions une dynamique de pénurie de main d’œuvre qui était favorable à une hausse des salaires et une amélioration des conditions de travail.

    On sent bien que l’étta, au sevrice des riches, cherche à rétablir un rapport de force favorable aux employeurs en mettant un max de monde sur le marché du travail : allongement départ retraite, +++ d’apprentis et de stagiaires, chômage et RSA plus difficiles à toucher => tout ça, c’est des salariés qui se font concurrence les uns les autres.

  4. Ce qui me frappe c’est surtout ça :
    “Les bénéficiaires du RSA qui sont volontaires pour rentrer dans des programmes de formation et d’insertion [tels que ceux proposés par le nouveau dispositif] n’ont pas les mêmes caractéristiques que la moyenne des allocataires, estime Yannick L’Horty. Ils sont plus jeunes, ont moins d’ancienneté dans le dispositif, ont davantage d’expériences professionnelles dans les dernières années et ont une recherche d’emploi plus active, autant de caractéristiques individuelles qui les distinguent et qui vont contribuer à accélérer leur accès à l’emploi”, relève l’économiste.

    Échantillon non représentatif -> résultat non représentatif, c’est la base des stats

  5. L’article est bien foutu :
    – Attal dit un sur deux mais c’est plutôt 35% des bénéficiaires (même si ça change d’un département à l’autre) pour 30.5% dans le cas général

    – Les bénéficiaires volontaires pour l’expérience n’ont pas le même profil que les autres et sont plus proches de l’emploi, pas étonnant qu’ils retrouvent plus aisément
    – Le calcul pour l’insertion dans l’emploi est fait à 7 ans dans le cas général, après seulement 5 mois dans l’expérimentation (pour en moyenne seulement 8% d’emplois stables).

    Bref, rien ne permet de comparer les deux situations, les calculs ne sont pas faits aux mêmes échéances, les populations ne sont pas les mêmes, rien ne dit que dans 6 ans et demi, ces mêmes personnes seront encore en emploi…

    Cela ne va pas empêcher notre Agnan de premier ministre de claironner son succès. C’est ubuesque.

  6. En gros, si ce dispositif était basé sur le volontariat et sans conditionner le RSA, pourquoi pas.

  7. C’est quoi l’alternative? Soit ils ont une activité, soit ils perdent l’alloc et leur seule source de revenue. “Bonjour, faites ceci ou mourrez, certains choisissent de ne pas mourir, bravo à moi”.

    La question c’est plutôt combien quittent ces sytèmes d’accompagnement et sortent des jolies stats gouvernementales? Combien ne demandent plus le RSA et se retrouvent à la rue? Combien de personnes à la rue auraient droit au RSA mais n’ont pas la possibilité de faire la demande à cause d’une situation instable? Combien de temps dure le travail trouvé? Tout le monde n’est pas aussi bien né que notre premier ministre en héritant de 200 ans de RSA sans travailler. Bizarrement quand c’est par les inégalités de naissance ça pose 0 soucis, là on débat pas de “la valeur travail c’est la meilleure”, mais quand c’est par la solidarité nationale à laquelle tout le monde a droit ça pose problème. Faut peut-être que ceux qui gagnent des millions d’euros sans travailler soient plus solidaires de ceux qui gagnent à peine de quoi survivre sans travailler, ou alors faut pas prétendre défendre la valeur travail si tout le monde n’est pas égal dans le sans-travail.

    C’est très facile d’avoir moins de personnes au RSA. Le faire sans drame social c’est beaucoup plus compliqué. Le RSA, le chômage etc. c’est des dispositifs de solidarité contre la précarité. Evidemment que tous ceux qui peuvent doivent trouver un travail mais si ça se fait en menaçant les gens de mort par fin de solidarité nationale c’est inefficace et immonde vu les richesses du pays et la précarité existante, et si simultanément quand on le fait on regarde pas [les chiffres de la précarité](https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/la-fondation-abbe-pierre-estime-a-330-000-le-nombre-de-personnes-sans-domicile-fixe-en-france-7900230906) alors on se plante juste sur l’intérêt de ces dispositifs.

  8. Comme l’ont démontré Esther Duflo (nobel d’économie 2019) et al. toute intervention auprès d’une partie d’une population sans emploi se traduit par une retour à l’emploi des personnes dans le dispositif [au dépens de celles qui ne le sont pas](https://cepr.org/voxeu/columns/job-placement-and-displacement-evidence-randomised-experiment). En identifiant des candidats prometteurs, l’expérience oriente un “pool” d’emplois plus ou moins fixe vers ces candidats.

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