Election présidentielle 2022 : à Béziers, Eric Zemmour propose d’« enlever le pouvoir » aux « contre-pouvoirs »

30 comments
  1. “Dans un meeting exaltant « l’autorité », l’essayiste en précampagne a
    exposé sa conception d’un « Etat fort » en critiquant la justice, les
    médias et les minorités. ”

    Bon bon bon …

  2. Je suis surpris qu’il tombe le masque de son potentiel fasciste aussi clairement et explicitement – stratégiquement, c’est très bizarre. Ça peut clairement faire “tilt” chez beaucoup de français qui auraient été tentés de voter pour lui, et condamner son élection.

    Bon, ou alors il considère que les français sont mûrs pour avoir leur propre Trump/Boslonaro/Duterte, et ça va pas faire tilt du tout chez une population déjà chaude pour un tel pouvoir…

  3. L’extrême droite est incapable de tenir 2 semaines sans afficher son autoritarisme.

    Et le pire c’est que chez une bonne partie des zemmouristes au cerveau mal monté, “supprimer les contre-pouvoirs” = “plus de démocratie”.

  4. Plus ça avance, plus je me dis que ce mec est la plus grosse blague du groupe Canal, pour finir sur une chute du genre «Vous êtes vraiment trop cons» et pour partir en claquant la porte.

    Il est en train de cocher absolument toutes les cases du crible d’Umberto Eco.

  5. Ce qui est fantastique avec nos démocraties, c’est qu’elles sont un terreau propice à leur propre extinction. Ca doit être l’un des rares systèmes à tolérer l’existence de moyens pour le détruire de l’intérieur.

  6. Amis de droite.

    On peut quand même s’entendre sur le fait que Mélenchon est pas aussi mauvais que ce faschiste (là c’est pas moi qui le dit mais c’est lui même)

  7. 2016 : Hon Hon les ricains ces débiles qui élisent un abrutis fabriqué médiatiquement

    Bolloré : tenez mon verre de vin

    2022 : …

  8. **Election présidentielle 2022 : à Béziers, Eric Zemmour propose d’« enlever le pouvoir » aux « contre-pouvoirs »**

    Par Ivanne Trippenbach

    Le rituel est rodé. A Béziers (Hérault), Eric Zemmour fait languir son public. Même Robert Ménard, le maire de la ville, qui l’accueille samedi 16 octobre, fait les cent pas d’exaspération. Les notes électro du titre *Platscher*, de Paul Kalkbrenner, retentissent dans les haut-parleurs : il arrive enfin, fendant une haie d’honneur de plusieurs dizaines de bénévoles de Génération Z, ses « helpers » identifiables à leur tee-shirt « Zemmour 2022 », leur badge bleu et leur houppe juvénile. Il salue la foule – 1 200 participants – les bras en « V », puis déroule son discours, démonstration de force lorsqu’il répond aux questions de la salle, partie de jeu lorsqu’il prend celles de la presse. Avant de dédicacer son livre, sous l’œil alerte de six agents de sécurité.

    La mécanique de ces meetings huilée, après un mois de tournée, Eric Zemmour mord davantage dans la politique. Après un rendez-vous médiatisé à l’hôtel de ville de Béziers, Robert Ménard a appelé son « *ami Eric* » à ne pas insulter l’avenir pour préserver l’option d’une alliance hypothétique avec Marine Le Pen. Chantre de l’union des droites, le maire de Béziers admet avoir fait « *une connerie* » en sous-estimant le polémiste au profit de la candidate du Rassemblement national. Il appelle « *celui qui sera derrière l’autre en février* » à se retirer. Qui, à l’extrême droite, jouera le François Bayrou d’Emmanuel Macron ?

    Eric Zemmour pouffe et esquive. « *Dire que Marine Le Pen ne peut pas gagner, c’est dire la vérité aux gens* », balaie-t-il pour mieux exposer sa vision du rôle présidentiel. « *Ce n’est pas une élection pour être le premier ministre. C’est la volonté pour le général de Gaulle que le président se tienne à un certain niveau et qu’il embrasse le sort du pays, a-t-il esquissé. Je ne suis pas candidat au poste de premier ministre.* » Lui, brosse un projet en réaction aux acquis de Mai 68, au nom de « *tout un ordre à restaurer* » dans la société française.

    **« Quand on a le pouvoir, il faut l’imposer »**

    La veille, en meeting à Nîmes, il a abordé l’éducation comme l’instrument d’une « *guerre de civilisation* ». Cette fois, il file le thème de l’école pour dire que l’ordre y prend racine, dans le lien du maître à l’élève, qu’il exalte en glorifiant les Anciens, ces « *géants* » dans le langage du philosophe médiéval Bernard de Chartres qu’il paraphrase. Pour « *relégitimer l’autorité et la discipline* », l’Etat de Zemmour s’inviterait dans les foyers, comme dans le choix des prénoms, en supprimant les allocations aux parents qui « *ne sanctionnent pas leur enfant* » perturbateur. « *Nous devons renverser cela* », englobe-t-il contre le progressisme traduit en « *idéologie antiraciste, LGBT et islamogauchiste* » qui aurait « *noyauté* » l’éducation, l’université et la culture.

    Tout, dans le tableau d’un Etat fort destiné à « *civiliser les barbares* », semble destiné à « relégitimer » une autorité au service de sa conception du pouvoir. Au point que, entre autorité et autoritarisme, il n’y a qu’un pas qu’Eric Zemmour paraît prêt à franchir, au cours de son échange avec le public. « Quand on a le pouvoir, il faut l’imposer », a plaidé l’essayiste qui se prépare à la présidentielle, avant de prétendre régénérer la démocratie depuis le sommet de l’Etat : « Aujourd’hui, nous avons des contre-pouvoirs qui sont devenus le pouvoir, c’est-à-dire la justice, les médias, les minorités. Nous devons enlever le pouvoir à ces contre-pouvoirs. »

    Vendredi, il a promis à un auditoire enfiévré, issu de la droite et sensible à l’extrême droite, « une justice qui sanctionne ceux qui détestent la France mais ne s’immisce pas dans la présidentielle pour vous voler l’élection ». Le lendemain, il explicitait le moyen d’agir : le référendum, comparé aux lits de justice sous l’Ancien Régime permettant au roi de mettre en œuvre sa « *volonté réformatrice* ». Deuxième contre-pouvoir : Eric Zemmour souhaite supprimer la redevance audiovisuelle, ressource principale de France Télévisions et de Radio France, qualifiées de « *machine de propagande inouïe, au service d’une idéologie qui déteste la France et les Français* ». « *Ces gens-là, payés avec vos impôts vous crachent dessus en permanence*, a-t-il harangué à Béziers, acclamé. *Ils crachent sur le peuple français… qu’ils veulent aussi voir disparaître !* »

    **Mettre fin à la parité en politique**

    Enfin, il applique à la politique mémorielle l’idée que les minorités auraient pris « *en otage* » la majorité. Interrogé sur la tuerie des manifestants algériens le 17 octobre 1961, il a critiqué une «* manifestation interdite* », une « *offensive de force du FLN* » qui aurait provoqué « *des réponses* » de la police française. A rebours des historiens, il a soutenu qu’il n’y avait « *pas eu les centaines de morts dont on a parlé* », et insisté sur « *une cinquantaine* » de policiers tués entre 1958 et 1961. « *Il faut arrêter de battre sa coulpe* », a-t-il achevé à propos d’Emmanuel Macron, qu’il accuse de « *refaire l’histoire de France toujours au détriment de la France* ».
    Vis-à-vis des femmes, l’ex-chroniqueur voudrait mettre fin à la parité en politique, pourtant inscrite dans la Constitution depuis 1999 : « S’il y a plus de femmes compétentes, il y aura plus de femmes. Ce que femme veut, Dieu le veut. » Indifférent au risque de nourrir les accusations de misogynie, Eric Zemmour a promis de ne pas adoucir son projet dans la course à la présidentielle. Le public s’est levé pour l’applaudir.
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    *Ivanne Trippenbach*

  9. Un ramassis de poncifs réactionnaires qui mettent en lumière les velléités totalitaires de l’extrême-droite. Zemmour, petit personnage frustré qui assène ses approximations historiques comme de soi-disantes “vérités” rappellerait presque un autre petit personnage frustré.

    Son slogan me semble tout trouvé “travail famille patrie” (et avec sa comparse, on chantera Maréchal nous voilà)

  10. Le nombre de bien pensants en PLS qui découvrent ce qu’est la droite qui s’assume sans complexe et s’en battant royalement les couilles de ce que peut penser les gauchos est assez marrant

  11. Non, c’est le même délire. Ils fonctionnent tout les deux par punchlines, se présentent comme des anti-systèmes (alors qu’ils en sont directement le produit), et réécrivent l’histoire si elle va pas dans leur sens. La seule différence c’est que le statut de milliardaire de Trump lui donne un crédit aux US que Zemmour a plutôt par une fausse image de “culture” littéraire.

  12. C’est marrant que les fachos obnibulés par la force et la virilité se rallient derrière une tête de rat que je pourrais démonter en deux secondes avec mon poids 65 kilos

  13. Sa commance a ressembler au élection allemande du début du siècle dernier, après il va proposer d’enfermer le musulman dans des ghettos …

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