Attention, ce post pourrait bien changer votre vie. Il fait suite à [ce post](https://www.reddit.com/r/france/comments/s8gcyc/quest_ce_que_le_bonheur_et_comment_latteindre/) mais également à des dizaines d’autres questions en tout genre que je vois passer sur ce sous ou dans mon quotidien d’ailleurs

J’ai suivi il y a plus d’un an déjà le cours [The Science of well being](https://www.coursera.org/learn/the-science-of-well-being) produit par [Laurie Santos](https://en.wikipedia.org/wiki/Laurie_R._Santos), chercheuse en science cognitive, qui est un gros résumé de ce que les scientifiques savent du bonheur et ce qui rend vraiment heureux. Je vous fait ici un résumé rapide du cours mais je vous invite à le suivre car il sera mieux expliqué que mon post et est bien sourcé.

# Partie 1 – Le bonheur est en grosse partie génétique

**50% de notre bonheur vient de nos gènes**. Peu importe ce qui vous arrive ou ce que vous ferez, 50% de votre ressenti du bonheur est déjà écrit dans votre corp et est immuable. Ensuite, **10% de notre bonheur seulement vient de ce qui nous arrive dans la vie** (les bonnes et les mauvaises choses, comme un accident ou une invitation par la famille). Il reste donc **40% de notre bonheur qui dépend purement de ce que nous faisons dans la vie**. 40% que nous pouvons donc maitriser. C’est sur ça qu’il faut jouer.

# Partie 2 – Nos biais cognitif nous empêchent d’être heureux:

1. Nous ne sommes pas capable de savoir ce qui nous rendra heureux. Ex: vouloir absolument le nouvel objet XXX incroyable qu’on remplacera dans 2 ans ou qu’on aura oublié.
2. La comparaison social – Nous nous comparons en permanence aux autres, même s’ils n’ont aucun rapport avec nous. Ex: être triste de ne pas chanter aussi bien qu’un super chanteur ou car un collègue gagne 10% de plus que nous même s’il est plus vieux ou fait un travail différent.
3. L’adaptation Hédonique, c’est à dire qu’on s’adapte aux bonnes et au mauvaises choses. Ex: si perdre un bras vous semble horrible aujourd’hui, les études montrent que les gens qui perdent un membre sont aussi heureux avant l’accident que 2 ans après l’accident.
4. Nous surestimons l’impacte des choses qui peuvent nous rendre heureux/malheureux. La raison c’est que lorsqu’on se projette, on ne pense qu’à cette chose et pas à tout le reste. Ex: si vous devez noter sur 10 le malheur que ça serait de perdre un bras, vous allez dire 9 ou 10 car vous n’allez pas pensé à toutes les conséquences ni aux autres chose de la vie (comme par exemple rencontrer des gens super dans un groupe de parole ou juste que votre femme tombe enceinte en même temps)

# Partie 3 – Ce qui ne rend pas heureux.

La partie qui pique un peu ! Puisque nos cerveaux ne sont pas capable de bien prévoir ce qui nous rendra heureux, nous avons bâti une société qui ne rend pas heureux. Les sources sont dans le cours mais voilà en gros ce qui est prouvé par la science comme n’étant pas une source de bonheur, voir même une source de malheur:

* Les objets – Les gens matérialistes sont en moyenne plus malheureux que les autres, ont plus de dépression et d’autres maladie dans le genre. Les objets donnent un boost de bonheur très localisé dans le temps, puis un sentiment de vide et de tristesse qu’on essaye de combler avec un autre objet. On cours derrière un bonheur fictif.
* Le grand amour – N’existe pas. Les relations se construisent au fur et à mesure. Le mariage par exemple ne rend heureux que quelques mois. DIt autrement, votre niveau de bonheur sera le même avant votre mariage que 2 ans après.
* Avoir un corps parfait (adaptation hédonique -> ex: une fois qu’on a de gros muscles, on s’y habitue, et ça devient la norme. On a donc un bonheur qui s’estompe très rapidement).
* Avoir “un bon travail” – Peu importe le travail que vous faites, il n’existe pas de correlation entre le métier effectué et le niveau de bonheur (encore l’adaptation hédonique…)
* L’argent – Là, c’est plus compliqué. En gros, l’argent contribue pour ~10% du bonheur d’un humain. Cependant, ce niveau maximum de bonheur est très rapidement atteint et ne semble donc pas être une variable très importante dans les pays riche. Dit autrement, si vous vivez en inde dans un bidonville, oui, plus d’argent vous rendra ~10% plus heureux. Mais en France, si on ne compte pas les SDF, on a tous accès au chauffage, à l’eau courante, aux toilettes, etc… donc gagner 100 ou 200€ de plus ne permettra de faire que +0.5%, voir même ne changera rien, ou seulement un bonheur ponctuel (rappel, adaptation hédonique).

# Partie 4 – ce qui rend heureux.

Roulement de tambour…

* Investir dans des expériences, pas dans des objets.
* L’adaptation hédonique ne s’attaque pas aux évènement ponctuel, on ne s’habitue pas à faire plein de choses différentes.
* L’anticipation d’un évènement rend déjà heureux.
* Les expériences ne sont pas sujettes à la comparaison social. On peu comparer des aspirateurs, pas le fait d’être sorti avec sa mère au cinéma.
* Casser l’adaptation hédonique
* Faire de nouvelles choses en permanence.
* Casser les habitudes (ne pas toujours prendre le même plat au restaurant par exemple).
* Savourer les choses. Il faut savourer se forcer à savourer le moment présent. Quand on fait un truc, s’arrêter 5 min pour se dire consciemment qu’on aime ce qu’on fait. Mais il faut également savourer le passé en se rappelant qu’on a déjà fait des choses bien.
* La visualisation négative – S’imaginer ce qui se serait passé si on avait pas fait un truc (que serait ma vie sans mon chien ? Que serait ma vie sans ma femme ?)
* Faire de chaque expérience la possibilité que ça soit la dernière. Ex: Si vous allez voir un ami, il faut se dire que c’est peut être la dernière fois que vous allé le voir pour encore plus savourer le moment présent.
* La gratitude. Il faut se forcer à dire merci, à tout le monde, pour tout et n’importe quoi car rendre les autres heureux nous rend plus heureux que de chercher à se rendre soit même heureux.
* Réinitialiser nos points de référence
* Au lieu de se comparer aux autres, se comparer à un nous du passé (ne pas se dire “patrick il gagne 10% de plus que moi”, mais “je gagne 5% de plus que dans mon dernier job”)
* Observer concrètement. Au lieu de se comparer, il faut se mettre à la place des gens. (patrick il a une super voiture car il gagne 10% de plus que moi, mais si j’étais Patrick, je serais célibataire car sa vie c’est son travail).
* Éviter la comparaison social. Il faut éviter les réseaux sociaux Il faut se moquer des autres et de ce qu’ils font.
* Choses simple qui rendent heureux selon la science et qu’il est bon de pratiquer au quotidien:
* Faire du sport
* Bien dormir (au moins 4 fois par semaines plus de 7 heures
* Méditer
* La gentillesse envers les autres (faire une chose désinteressé envers quelqu’un, que ça soit de faire un gateau à un voisin ou faire le repas pour votre moitié)
* Les connections social. Même parler 2 minutes à un inconnu dans la rue permet d’être heureux.

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En espérant que vous suiviez ce cours. J’ai changé mon mode de vie au fur et à mesure des leçons et je peux dire que ça a plutôt fonctionné sur moi. Bonne journée et soyez heureux 🙂

27 comments
  1. Tu sais que tu peux devenir coach de vie et gagner 300 balles par cours de 40 minutes au lieu d’écrire un post sur reddit ?

  2. Hyper interessant, merci !

    J’ai le sentiment que beaucoup de points vont dans le sens de ce que je ressens déjà : je dois avoir la jauge des 50% génétiques au taquet 😃

  3. Chercher pas pour être heureux y’a qu’une seule solution efficace, vivre avec moi. Du coup moi j’suis heureux toute l’année.

    Par contre dommage pour vous je suis totalement misanthrope donc n’espérer pas venir vivre avec moi.

    Peut être que je pourrais vous vendre des petits bout de moi (rognure d’ongles, poil perdu, peau morte,…) pour que mon bonheur rayonne chez vous.

  4. Merci beaucoup pour ce poteau positif.
    Je suis hyper déprimée en ce moment et ça fait du bien d’avoir une piqûre de rappel sur les choses qui comptent réellement :/ il n’y a rien de révolutionnaire, mais qu’est-ce que c’est important de garder tout ça à l’esprit…

  5. Si on ne sait pas soi-même ce qui nous rend heureux et qu’on le demande à un tiers, déjà, je pense qu’il y a un problème quelque-part mais ça n’engage que moi.

    Si le tiers en question est “sain”, pas de soucis…

    Si ce n’est pas le cas…

    Je pense qu’un titre de topic plus précis aurait dû être:

    “Ce qu’est le bonheur et comment l’atteindre, selon [untel]”

  6. Pour être honnête, l’idée de consciemment chercher le bonheur de cette manière optimisée et mécanique ne me paraît pas être la meilleure manière de l’obtenir. C’est une grille d’analyse assez Américaine et « self-help ». On y retrouve notamment les concepts du Stoïcisme comme la visualisation négative qui sont ré-empaquetés (CBT notamment) pour aider l’employé à tolérer son quotidien, être plus productif pour l’entreprise, et gommer ses velléités politiques.

    Dans l’ensemble les moments où je me suis senti le plus heureux ont étés ceux où je me sentais exister en tant que personne, où mes choix et mes actions avaient un impact quelconque qu’il soit bon ou mauvais. La méthode stoïcienne a pour défaut d’être anti-humaine et de remplacer les passions et le libre arbitre par une idée abstraite d’harmonie intérieure et de résignation. La vraie valeur de l’argent consiste à octroyer plus de liberté et d’autonomie pour exister.

  7. > “50% de notre bonheur vient de nos gènes”50% de notre bonheur vient de nos gènes.”

    Merci de faire figurer ça au début, comme ça je sais que je n’ai pas besoin de perdre mon temps avec ces inepties.

  8. Salut! Merci pour ce partage.
    Je suis pas d’accord pour le boulot. Pour moi ça a un impact énorme ! Même si oui, on se lasse de tout et à force de faire un taff on en trouve des points négatifs et ça peut nous souler, mais quand on rentre chez soi et qu’on se rend compte qu’on fait un métier qui nous correspond, qui nous passionne à tel point de vouloir aller au taff le lundi matin avec le sourire, pour moi c’est une part énorme au bonheur.
    Même si le boulot en question n’est pas celui de nos rêves, même si le salaire n’est pas très juste, même si il y a des hauts et des bas et que rien n’est jamais facile, on y trouve son compte 🙂

  9. *Mais en France, si on ne compte pas les SDF, on a tous accès au chauffage, à l’eau courante, aux toilettes, etc…*

    Il y a quand même 5 millions de ménages en situation de précarité énergétique en France selon l’Ademe.

  10. Pour l’argent, pas sûre franchement. Il y a plein de soins médicaux qui, sans argent, sont compliqués (par ex : le dentiste) et la douleur rend malheureux. Pour faire des expériences, il faut de l’argent en général tout le monde n’a pas les moyens de dépenser dans un voyage, un saut en parachute et beaucoup survivent. Je l’ai remarqué dans mon entourage : ceux qui ont beaucoup d’argent ont toujours été beaucoup plus heureux. Je me souviens d’une amie du lycée très riche qui culpabilisait d’être heureuse et de ne pas avoir de problèmes justement parce que la thune peut régler énormément de problèmes, icompris les soucis mentaux. Tu peux investir dans beaucoup plus de choses pour ta santé mentale que si tu n’as pas d’argent, c’est indéniable.

  11. >Casser les habitudes (ne pas toujours prendre le même plat au restaurant par exemple)

    Moi qui depuis presque 20 ans prend toujours le même burger au Mcdo être comme : pikachuface.jpg

    Plus sérieusement, je trouve que c’est un post intéressant. Toutefois, ça me parait toujours curieux cette idée d’expliquer le plus rationnellement possible un concept aussi particulier que le bonheur.

  12. Tu exagères l’adaptation hédonique. Je pense qu’il y a des choses qu’on pourra faire encore et encore sans se lasser et qui nous donnerons toujours du bonheur, on appelle ça des passions. Pour certains c’est le sport ou la musique, pour d’autres c’est le saucisson

  13. Post très intéressant à lire.

    Bon je trouve toujours ça chiant de négliger autant l’argent dans le bonheur, qu’on me fasse pas croire que je serais “juste” 10% plus heureux avec 10 millions qui tombent sur mon compte. C’est un poids insoutenable que d’être à 200e sur le compte une semaine après avoir reçu son salaire, et de tenir les 3 autres semaines du mois en faisant le moins de choses possible vu que de toute manière on a pas de tune.

    ​

    Tu me donnes 10 millions, d’une je quitte mon job de merde alimentaire, de 2 je fais tout ce que je ne pourrais jamais faire, rien que voyager déjà.

    ​

    Donc 10% de bonheur ? non on serait clairement à la limite du 35 sur 40% de la part influencable.

  14. Il y a juste un truc qui me chagrine dans tout ça : elle est où, exactement, la définition/quantification de ce “bonheur” ? C’est quoi ? Ces statistiques (“50% génétique, 10% externe, 40% de choix”) elles sortent d’où ?

    Si l’on n’a aucune clarté là-dessus, tout le reste prend le risque de juste sonner comme de la pseudo-science new age, avec tous ses grands objectifs arbitraires et son petit jargon sortis du fond d’un chapeau magique.

    Et c’est dommage, parce que dans tout ça il y a énormément de bon sens, et je suis “d’accord” avec les bénéfices de nombreux points mentionnés.

    Mais on pourrait juste appeler l’ensemble “Comment prendre soin de sa santé mentale ?”, plutôt que le rattacher au “bonheur”, ce concept flou et bidon qui ressemble à une page de pub idiote.

    Je ne suis ici absolument pas surpris que la théorie derrière tout ça vienne des Etats-Unis, on sent derrière tout ça un côté “Je viens de me réveiller après des décennies d’une vie ultra-matérialiste dénuée de sens, et du coup je vais apprendre au monde entier ce qu’il sait déjà, en me trompant comme un débutant simpliste sur certains points”.

    Les points en question :

    – Avoir “un bon travail” – Peu importe le travail que vous faites, il n’existe pas de correlation entre le métier effectué et le niveau de bonheur (encore l’adaptation hédonique…)

    Faux. Avoir un travail qui nous convient n’est certes pas une recette miracle qui rendra tout merveilleux ; mais avoir un “mauvais travail”, à savoir un emploi qui ne nous est *pas* adapté, ou qui nous pèse sur le physique et/ou le moral etc. est un facteur indéniable dans la dégradation de la santé mentale.

    – Éviter la comparaison sociale.

    Cet élément est tellement insisté avec des gros sabots qu’on croirait l’ensemble du programme écrit par un aristocrate / une grosse feignasse de rentier. Se comparer *tout le temps* à tout le monde est évidemment nocif, mais comparer la situation sociale de gens semblables est *absolument* indispensable pour étudier les problèmes d’inégalité des chances etc et ainsi permettre un progrès social. Être en colère parce que le fils à machin gagne 3 fois plus que toi avec des capacités clairement inférieures, c’est peut-être un obstacle au bonheur cosmique hédonique transcendental, mais c’est surtout parfaitement sain.

    Bref. Mais merci pour la piqûre de rappel sur le reste. En particulier le sommeil. Dormez avant minuit les gens, c’est le moment du cycle le plus réparateur.

  15. L’acte de gentillesse désintéressé est impossible.

    L’altruisme est égoïste et est un des 4 principaux plaisirs de l’être humain, mais cela n’en fait pas pour autant une mauvaise chose.

  16. Au risque de passer pour une nunuche, les gens qui disent que le grand amour n’existe pas, j’ai deux théories là-dessus, soit ils n’ont pas rencontré la bonne personne, soit il y a quelque-chose (de génétique ? ) qui fait que certaines personnes peuvent avoir un “grand amour” et d’autres non.

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