Le gouvernement veut revoir l’organisation par catégories des fonctionnaires

by ryt1820

11 comments
  1. > **Le gouvernement veut revoir l’organisation par catégories des fonctionnaires**
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    > Il s’est battu pour garder un ministère de plein exercice lors du dernier remaniement. L’enjeu en est décuplé pour Stanislas Guerini. L’ancien patron du parti présidentiel va porter la deuxième grande réforme de la fonction publique d’Emmanuel Macron.
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    > La première a tapé fort. La loi de transformation de la fonction publique du 6 août 2019 a acté la suppression de l’ENA, remplacé par l’Institut national du service public ainsi que la fusion des grands corps administratifs de l’Etat.
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    > **Un projet de loi « pour l’efficacité de la fonction publique »**
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    > C’est un autre bouleversement que Stanislas Guerini prépare avec la seconde. Ce mardi matin, il réunit les syndicats de fonctionnaires et les représentants des employeurs publics pour lancer les travaux qui doivent aboutir à la rentrée à un projet de loi « pour l’efficacité de la fonction publique ».
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    > Pas question de risquer une flambée sociale. Le document diffusé aux syndicats que « Les Echos » se sont procurés est catégorique : « Le statut [de la fonction publique] est un socle, garant des principes démocratiques du service public : impartialité, neutralité, probité, égalité de traitement des citoyens, adaptabilité, continuité. » Mais « statut ne veut dire ni statu quo […] ni absence d’efficacité et de performance », est-il ajouté, en renvoyant au leader communiste d’après guerre Maurice Thorez. Celui-ci vantait à l’époque (à propos du statut) l’intérêt d’« étendre les primes de rendement individuelles et collectives qui permettront de ‘proportionner’ la rémunération du fonctionnaire ou d’un groupe donné de fonctionnaires à l’intensité et à l’efficacité de l’effort ».
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    > **Rémunération au mérite**
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    > Parmi les six grandes questions que pose le document du ministère, figure bien sûr plusieurs sujets sensibles comme la rémunération au mérite ou la notation des agents. Mais une autre attire particulièrement l’attention tant elle touche à un élément structurant de la fonction publique : « comment mieux prendre en compte les logiques professionnelles propres aux grands domaines d’activité dans la construction des parcours de carrière ? »
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    > Le constat est dressé de la « constitution des corps et cadres d’emploi en référence aux seules catégories administratives transverses A, B, C », des catégories définies par « le seul niveau théorique de diplôme et de recrutement, quel que soit le métier exercé » : A pour le personnel de direction et d’encadrement supérieur ainsi que d’enseignement à bac+3, B pour les postes d’encadrement intermédiaire et d’application à bac+2, et C pour les postes d’exécution.
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    > Le document pointe aussi leur « décalage croissant avec la réalité des niveaux et des contenus de qualifications nécessaires pour l’exercice des métiers » et la prise en compte insuffisante des compétences acquises et de la progression des responsabilités dans la carrière.
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    > **Au coeur du logiciel de la gestion des fonctionnaires**
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    > Suit une interrogation sur les « bénéfices [à] attendre d’une gestion des ressources humaines centrée d’abord sur l’appartenance à une filière professionnelle ». Une autre façon de poser la question de la suppression des catégories qui sont au coeur du logiciel de la gestion des fonctionnaires aujourd’hui.
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    > Ce sujet hautement polémique ne vient pas de nulle part. Pendant la dernière campagne présidentielle, il avait déjà été évoqué par le chef de l’Etat. « La catégorisation C, B et A, la manière dont on a cloisonné les choses, n’est plus adaptée à la réalité, ce qui fait que l’on a complètement écrasé la courbe des rémunérations entre les catégories », avait affirmé Emmanuel Macron lors de la présentation de son programme, en mars 2022.
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    > **« Plafonds de verre »**
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    > « C’est une question qu’on va mettre sur la table. Il faut beaucoup plus de fluidité. Les catégories sont parfois aujourd’hui pour les agents de la fonction publique des plafonds de verre », a déclaré Stanislas Guerini le 22 mars dernier sur Sud Radio, affirmant vouloir s’attaquer « au système qui empêche les mobilités ».
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    > « Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir, je vais concerter, pour réorganiser, pour pouvoir bouger plus facilement », avait ajouté le ministre.
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    > Les discussions s’annoncent denses. Un premier cycle de rencontres bilatérales se conclura par une réunion commune le 14 mai. Puis sera lancé un second cycle de rendez-vous débouchant sur une nouvelle multilatérale le 20 juin. En parallèle Stanislas Guerini va multiplier les déplacements sur le terrain et des parlementaires seront désignés comme ambassadeurs pour aller eux aussi au contact des fonctionnaires.
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    > **Deux rendez-vous sur les rémunérations**
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    > En outre, deux autres dossiers vont avancer en parallèle : celui des rémunérations avec deux réunions programmées dans le cadre de la nouvelle négociation salariale annuelle, ainsi qu’une négociation sur l’organisation et les conditions de travail.
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    > L’objectif est la présentation du projet de loi à l’automne, ce qui enjambera donc les Jeux Olympiques de cet été. C’est effectivement prudent tant le sujet est sensible, et ce même si la dernière grève à laquelle ont appelé unitairement les syndicats de fonctionnaires, le 19 mars, sur les salaires n’a pas eu un grand succès.
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    > Les fédérations ont pour leur part pris date à leur façon: elles ont publié un communiqué commun affirmant que «l’exemple du projet de loi Fonction publique dont nos organisations ne sont pas demandeuses est le reflet d’un projet qui n’est que dogmatique et ne répond à aucune des préoccupations exprimées par les agents publics». Voilà qui promet des discussions animées.

  2. Ouais, je ne sais pas où ils vont avec ça et ça me fait peur. Ça ne veut pas non plus dire que la situation actuelle est parfaite. Peut-être qu’elle satisfait les catégories A, mais ma mère qui a passé toute sa vie pro en catégorie C a beaucoup souffert du salaire bas (surtout qu’elle était seule) et du peu de reconnaissances (surtout que les secrétaires sont souvent en place au même endroit plus longtemps que les catégories supérieures et se retrouvent souvent à faire une bonne partie du boulot normalement réservé à ces personnes bien payées qui viennent de débarquer et resteront pour 5 ans max). Il y a des concours internes pour changer de catégories mais ils sont difficiles pour des gens qui n’ont pas les conditions optimales pour les préparer, et demandent souvent… Ben d’être bon au concours et une bête de bachotage, pas d’être bon dans le boulot lui-même.

    Mais de toutes façons je doute que ce gouvernement tentera quoique ce soit pour améliorer leur situation.

  3. Allez hop, tout le monde grade D rémunération en visibilité et congés sans solde illimités

  4. Les profs vont enfin devenir les mieux payés de leur catégorie !! (La B bien entendu). De toute façon les catégories ça sert à rien si ce n’est à borner les salaires. Maintenant avec la contractualisation des métiers on se retrouve avec un nivellement par le bas des salaires dans chaque catégorie et on ne s’y retrouve plus. À quoi bon d’être en Cadre A avec un salaire d’intermédiaire en Cat B ? Pour s’en vanter ?

  5. Quand le gouvernement veut changer un truc que tu veux changer : 😀

    Quand tu te rappelles que c’est Macron et que ça ne peut que changer pour le pire : 🫨

  6. Une chose est sûre, la finalité de tout cela sera le nivellement par le bas tout en nous faisant croire que c’est positif. Ils sont passés maître dans cet art 👌🏻

  7. Pour le coup je suis plutôt d’accord avec l’idée

    D’autant plus que le sujet est en discussion avec les syndicats

    Je pense que ca se passera bien

    Lisez l’article

  8. Le constat de base n’est pas idiot — je parle en tant que fonctionnaire territorial — et c’est vrai que le système actuel est sclérosé et craque de partout, surtout autour des catégories C (pour les rémunérations) et B (le technicien/rédacteur étant de facto devenu un cadre A mais sans la rémunération dans énormément de collectivités), sans parler du recours généralisé aux contractuels, mais j’ai vraiment pas confiance dans le contexte actuel (i.e je suis pas sûr que notre cher gouvernement voie tout ces éléments — C payés au lance-pierre, B débordant sur A, contractuels pour boucher les trous — comme des mauvaises choses, au contraire.)

  9. Je me méfie toujours quand quelqu’un lance qu’on va “rémunéré au mérite, à l’efficacité et au rendement”, quand je vois comment les stats sur notre travail sont fait (c’est-à-dire 40% non comptabilisé donc invisible).

  10. L’idée est en fait de créer une nouvelle catégorie la D. Comme les fameux classe D, ces feignants du rsa de verront charger de tout le travail pénible, pour un repas par jour. /s

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