Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez dit réfléchir à démissionner, après l’annonce d’une enquête contre sa femme pour corruption

by Valonash

7 comments
  1. Quand tu vois qu’en France, tu peux être ministre de la culture avec des affaires en cours

  2. Alors attention, c’est pas aussi simple que ça. La droite et l’extrême-droite harcèlent judiciairement des membres du PSOE, invantant bcp de fake news sur la femme de Sanchez notamment.

    > Manos limpias, collectif fondé en 1995, a été à l’origine ces dernières années de plusieurs poursuites judiciaires et s’est portée partie civile dans de nombreux procès pour des affaires de corruption. Elle est considérée comme proche de l’extrême droite, en raison notamment de la personnalité de son fondateur, Miguel Bernad, ancien responsable du parti Frente nacional, dissous en 1993.

    > Accusé d’être impliqué dans un réseau d’extorsion de fonds, M. Bernad avait été condamné à quatre ans de prison en juillet 2021, mais a été finalement relaxé en appel le mois dernier, faute de preuve selon le tribunal.

  3. « Je ne suis pas naïf », dit-il, « je suis conscient du fait qu’ils portent plainte contre Begoña, non pas parce qu’elle a fait quelque chose d’illégal, car ils savent bien que cela n’est pas vrai, mais parce qu’elle est mon épouse ».

    Voilà c’est légal, le mode de défense Fillon est activé. On verra si ça marche mieux pour lui.

  4. Pedro Sanchez vendrait son père et sa mère pour rester en place. Alors, démissionner pour cette histoire, personne ne le croit.

    Bon, un peu de contexte: peu après qu’il soit devenu premier ministre, sa femme, pourtant très maigrement qualifiée, a été nommée à la direction d’un « Centre d’Etudes sur l’Afrique » d’une grande école de commerce privée, très proche de l’équivalent espagnol du MEDEF, ainsi que directrice d’un master. A ce poste, elle a eu des nombreux contacts avec les patrons de la compagnie aérienne Air Europa. Cette compagnie, qui piquait déjà gravement du nez avant le Covid, a été poussée au bord de la faillite par celui-ci. Mais elle a été sauvée de la faillite par les fonds de soutien Covid. En fait, elle a bénéficié, à elle seule, de plus de 600 millions d’euros de ces fonds, ce qui fait une assez large proportion de tous les fonds déboursés en Espagne à ce titre…

    Bon, ceci sentirait un peu moins le soufre si un autre personnage n’avait pas participé à ces réunions: Koldo Garcia. Ex-garde du corps (et avant ça, portier de bordel, paraît-il), il a fait carrière en tant qu’homme de confiance d’importants politiciens. Un peu un Benalla à l’espagnole, disons. Et là où ça se corse, c’est qu’il a aussi fait l’intermédiaire, au plus fort du Covid, dans une très sombre histoire d’achat, par les pouvoirs publics, de masques défectueux. Il est actuellement mis en examen. Sa chute a aussi entraîné la déchéance politique de son principal mentor, l’ex-ministre des Transports.

    Il faut aussi ajouter qu’à droite, on est fort contents d’exploiter ce filon. Et personne ne l’est plus que la très médiatique et droitière présidente régionale de Madrid, Isabel Diaz Ayuso. Il faut dire qu’elle a quelques comptes à régler avec Sanchez: De loin la figure la plus charismatique (et controversée) de l’opposition, elle s’est prise l’année dernière en pleine gueule un campagne de presse au sujet…d’une supposée implication de son frère dans une *autre* histoire de masques. Surtout, même après que son frère ait été blanchi, Sanchez a trouvé opportun de le rappeler lors d’une intervention au Parlement. Moment auquel on a entendu Diaz Ayuso très clairement prononcer un « hijo de puta » bien senti. Lequel elle a troqué, avec un sourire, par « me gusta la fruta » (« j’aime les fruits ») quand les journalistes lui ont demandé de répéter. Bien sûr, « me gusta la fruta » est depuis devenu un slogan très populaire dans la droite espagnole.

    Du coup, quand l’ « affaire Koldo » et la possible implication de la femme de Sanchez sont parues dans la presse, Diaz Ayuso a profité pour prendre sa revanche…et s’est presque immédiatement pris un retour de bâton quand procureur et fisc ont filtré à la presse un dossier concernant maintenant sont compagnon. Du coup elle doit aimer les fruits plus que jamais…

    Ce qui n’est pas non plus étranger à cette mise en examen: en effet, pour compenser justement le manque d’indépendance des procureurs par rapport à l’exécutif, le système juridique espagnol permet à des tiers se constituer « accusation populaire » dans des affaires pénales, indépendamment du procureur. Et c’est justement une telle « accusation populaire », exercée par un pseudo-syndicat d’extrême droite spécialisé dans le « lawfare » , qui a mené la femme de Sanchez devant le tribunal…

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