A l’orée des beaux jours, une pointe d’inquiétude envahit Christophe Mathon. Pour le maire du village de Saint-Montan, une cité médiévale de 180 habitants nichée dans les confins de l’Ardèche, les prochains mois ne s’annoncent pas de tout repos. Entre avril et octobre, chaque week-end et lors des vacances scolaires, un flot ininterrompu de véhicules se déverse sur sa région, prisée des touristes.
A la sortie de l’A7, à hauteur de Montélimar, nombre d’automobilistes à destination des gorges de l’Ardèche empruntent ensuite la départementale D262, une route qui passe par la place principale du village. *« A cette période, on peut observer jusqu’à 1 000 voitures par jour,* jure Christophe Mathon. *Nos rues ne sont pas adaptées pour recevoir une telle circulation. Des bus, des semi-remorques se sont déjà retrouvés coincés et ont été obligés de faire marche arrière. Ces manœuvres créent des bouchons monstres. Les habitants subissent la situation, et certains d’entre eux partent même dès le début de la saison estivale. Sur la route menant au village, des panneaux indiquent pourtant d’autres itinéraires mais les gens se laissent guider aveuglément par leur GPS. Tout ça pour gagner une poignée de minutes. »*
Proposer l’itinéraire le plus rapide, c’est exactement la mission que s’est fixée l’application Waze. La devise de la firme créée en 2008 en Israël est claire : *« Outsmart traffic together »* (« déjouons le trafic ensemble »). A la différence de ses concurrents TomTom, Sygic ou Plans, Waze repose sur un système participatif de mise à jour des cartes. Une idée d’Ehud Shabtai, un chercheur israélien qui piratait des systèmes GPS pour améliorer la cartographie de son pays et qui décida de créer une application open source, capable de combiner toutes les informations envoyées par les automobilistes (accident, travaux, bouchon, présence de radar, etc.) et de faire évoluer la carte en temps réel. En une quinzaine d’années, Waze a ringardisé la concurrence. En 2013, il a été racheté par Google pour 966 millions de dollars (soit près de 905 millions d’euros) et compte aujourd’hui près de 140 millions d’utilisateurs dans le monde, dont 17 millions en France.
# Effets pervers
Reconnues comme des outils pratiques pour trouver facilement son chemin, les applications GPS ne sont pas dénuées d’effets pervers. C’est ce que révèlent les recherches menées par l’Institute of Transportation Studies de l’université de Californie à Berkeley, publiées en 2018. Passé le seuil des 20 % d’automobilistes utilisant des applications GPS pour emprunter des itinéraires bis, l’étude montre qu’une congestion se forme au niveau des bretelles d’accès, créant finalement davantage de difficultés de circulation sur l’autoroute. Pire : un flux continu et massif déferle sur les routes secondaires, lesquelles ne disposent pas des infrastructures suffisantes pour y faire face.
Étant moi-même féru de ce genre d’applications, je me suis rendu compte qu’elles me faisaient souvent passer par des endroits incongrus en marge des grands axes pour me faire gagner 1 ou 2 minutes.
Je propose qu’on règle ça démocratiquement: les 180 habitants du village contre les 14 000 conducteurs qui ont gagné du temps
r/EnculerLesVoitures
La solution idéale, ce n’est pas de créer plus de routes, c’est de diminuer le nombre de véhicules en circulation. Malheureusement, pour ça, il faudrait une volonté politique globale, et on est tout sauf près d’y arriver.
Waze fait des calculs chelou, genre prendre le périphérique de ma petite ville jusqu’à chez moi 30 min, passer par la ville 15 min. Waze veut toujours que je passe par le périphérique.
J’imagine que c’est l’algorithme qui est devenu bien naze.
Je n’ai jamais aimé Waze, j’ai toujours l’impression qu’il va me faire passer par les endroits les plus merdiques juste pour te faire gagner 15 Secondes (si tout va bien) sur ton temps de trajet.
“Tiens au lieu de prendre cette voie rapide qui est toute droite, ça te dirais pas de passer par le centre ville, et si tout les feux sont verts, que personne ne veut traverser et que tu roules exactement à 50km/h tout le temps, tu devrais gagner 10 secondes… Let’s go”
Ce que Google maps fait moins voir pas du tout j’ai l’impression.
7 comments
A l’orée des beaux jours, une pointe d’inquiétude envahit Christophe Mathon. Pour le maire du village de Saint-Montan, une cité médiévale de 180 habitants nichée dans les confins de l’Ardèche, les prochains mois ne s’annoncent pas de tout repos. Entre avril et octobre, chaque week-end et lors des vacances scolaires, un flot ininterrompu de véhicules se déverse sur sa région, prisée des touristes.
A la sortie de l’A7, à hauteur de Montélimar, nombre d’automobilistes à destination des gorges de l’Ardèche empruntent ensuite la départementale D262, une route qui passe par la place principale du village. *« A cette période, on peut observer jusqu’à 1 000 voitures par jour,* jure Christophe Mathon. *Nos rues ne sont pas adaptées pour recevoir une telle circulation. Des bus, des semi-remorques se sont déjà retrouvés coincés et ont été obligés de faire marche arrière. Ces manœuvres créent des bouchons monstres. Les habitants subissent la situation, et certains d’entre eux partent même dès le début de la saison estivale. Sur la route menant au village, des panneaux indiquent pourtant d’autres itinéraires mais les gens se laissent guider aveuglément par leur GPS. Tout ça pour gagner une poignée de minutes. »*
Proposer l’itinéraire le plus rapide, c’est exactement la mission que s’est fixée l’application Waze. La devise de la firme créée en 2008 en Israël est claire : *« Outsmart traffic together »* (« déjouons le trafic ensemble »). A la différence de ses concurrents TomTom, Sygic ou Plans, Waze repose sur un système participatif de mise à jour des cartes. Une idée d’Ehud Shabtai, un chercheur israélien qui piratait des systèmes GPS pour améliorer la cartographie de son pays et qui décida de créer une application open source, capable de combiner toutes les informations envoyées par les automobilistes (accident, travaux, bouchon, présence de radar, etc.) et de faire évoluer la carte en temps réel. En une quinzaine d’années, Waze a ringardisé la concurrence. En 2013, il a été racheté par Google pour 966 millions de dollars (soit près de 905 millions d’euros) et compte aujourd’hui près de 140 millions d’utilisateurs dans le monde, dont 17 millions en France.
# Effets pervers
Reconnues comme des outils pratiques pour trouver facilement son chemin, les applications GPS ne sont pas dénuées d’effets pervers. C’est ce que révèlent les recherches menées par l’Institute of Transportation Studies de l’université de Californie à Berkeley, publiées en 2018. Passé le seuil des 20 % d’automobilistes utilisant des applications GPS pour emprunter des itinéraires bis, l’étude montre qu’une congestion se forme au niveau des bretelles d’accès, créant finalement davantage de difficultés de circulation sur l’autoroute. Pire : un flux continu et massif déferle sur les routes secondaires, lesquelles ne disposent pas des infrastructures suffisantes pour y faire face.
J’en avais parlé[ il y a peu de temps](https://www.reddit.com/r/france/comments/1c20qw9/comment/kz75vss/) et je n’imaginais pas que Le Monde allait faire un article sur le sujet.
Étant moi-même féru de ce genre d’applications, je me suis rendu compte qu’elles me faisaient souvent passer par des endroits incongrus en marge des grands axes pour me faire gagner 1 ou 2 minutes.
Je propose qu’on règle ça démocratiquement: les 180 habitants du village contre les 14 000 conducteurs qui ont gagné du temps
r/EnculerLesVoitures
La solution idéale, ce n’est pas de créer plus de routes, c’est de diminuer le nombre de véhicules en circulation. Malheureusement, pour ça, il faudrait une volonté politique globale, et on est tout sauf près d’y arriver.
Waze fait des calculs chelou, genre prendre le périphérique de ma petite ville jusqu’à chez moi 30 min, passer par la ville 15 min. Waze veut toujours que je passe par le périphérique.
J’imagine que c’est l’algorithme qui est devenu bien naze.
Je n’ai jamais aimé Waze, j’ai toujours l’impression qu’il va me faire passer par les endroits les plus merdiques juste pour te faire gagner 15 Secondes (si tout va bien) sur ton temps de trajet.
“Tiens au lieu de prendre cette voie rapide qui est toute droite, ça te dirais pas de passer par le centre ville, et si tout les feux sont verts, que personne ne veut traverser et que tu roules exactement à 50km/h tout le temps, tu devrais gagner 10 secondes… Let’s go”
Ce que Google maps fait moins voir pas du tout j’ai l’impression.