
“Ouest-France ne participera pas à la grande manip, ne réalisera aucun sondage politique avant la présidentielle et évitera de perdre du temps à commenter ceux des autres. Nous nous consacrerons au reportage, à l’enquête, au plus près de celles et ceux qui ont des choses à dire.”
Ouest-France ne participera pas à la grande manip, ne réalisera aucun sondage politique avant la présidentielle et évitera de perdre du temps à commenter ceux des autres. Nous nous consacrerons au reportage, à l’enquête, au plus près de celles et ceux qui ont des choses à dire. https://t.co/6ZYo2b6syg
— FX Lefranc (@fx_lefranc) October 23, 2021
21 comments
A la limite ils peuvent faire des sondages si ils veulent mais qu’ils incluent TOUS les candidats déclarés de façon indifférenciée et pas juste les gens qu’ils veulent avec le duo qu’ils veulent au second tour
Et puis ils devraient faire des sondages sur les propositions des candidats plutôt que sur les candidats. Je sais qu’on est malade de culte de la personnalité mais à un moment ce qui compte c’est le fond
Du coup tant mieux qu’au moins un grand média gueule sur le sujet
Si c’est vrai c’est bien.
Traduction : on aime pas trop la gueule des sondages à l’heure actuelle donc on va faire comme si de rien n’était.
Et si notre manœuvre grossière vous fait penser qu’on se fou de votre gueule, on vous dénoncera à la maitresse, NA !
halleluja laïc
Respect si ils s’y tiennent.
C’est pas une décision qui doit être facile pour un journal.
Je me disais récemment pourquoi ne pas interdire les sondages liés à la présidentielle dans les 6-8 mois précédant l’élection… puis là de suite je me suis dit : “Mais à quoi servent vraiment les sondages, en fait”
Pas pour quelqu’un en particulier, hein, rien ne vous empèche de commander une enquête ou un sondage à titre d’entreprise ou de particulier, mais pourquoi ne pas interdire la publication de ces trucs en général ?
Après tout, on sait à quel point c’est facilement biaisable par les questions posées, à quel point de nombreuses personnes sont influençables et n’iront jamais vérifier la source/les questions exactes posées.
En fait, en comparaison de toute la merde que ça apporte, l’influençage, le “vote utile” (pardon j’ai vomi un peu), le bourrage de crâne médiatique et le renforcement de biais cognitifs, j’essaye de comprendre quels bénéfices ces conneries apportent à la société. (encore un fois, pas à titre d’études réelles, scientifiques ou pas, juste leur **publication**)
Assez d’accord avec ce tweet en réponse
>Le terme de grande manip, qui sous-entend un complot pour être clair, est très décevant de la part de la rédaction de Ouest France. Vous pouvez considérer et expliquer que ce ne sont pas des infos pertinentes, ce n’est pas une manipulation.
Et la réponse du rédac chef, pas convaincante selon moi :
>Je n’ai pas parlé de complot mais de manipulation, ce qui n’est pas la même chose. Ce n’est pas les sondeurs que je mets en cause (ce sont des gens sérieux), mais la manipulation des sondages commentés, tordus, martelés et repris en boucle sans aucun recul. Et c’est grave!
Il se raccroche aux branches en jouant sur le double sens de manipulation : complot / manutention.
On aime pas la température donc on casse le thermomètre.
Enfin un média responsable.
Et les gens qui ne votent pas ils sont manipulés par quel sondage ?
Comme ca ceux qui ne veulent pas de sondages pourront aller les lire et arrêter de saouler ceux qui s’y intéressent avec des messages type « y’en a trop marre ~~que mon candidat y perd~~ des sondages! »
Les Jours, fabuleux journal indépendant, consacre en de moment une enquête sur l’obsession des politiques pour les sondages. Voilà ce qu’il écrit :
“En vingt ans, d’une présidentielle à l’autre, leur nombre a presque triplé. La Commission des sondages a fait le décompte dans son rapport final publié après l’élection d’Emmanuel Macron : elle avait recensé 193 sondages en 2002, puis 293 en 2007, 409 en 2012 et… 560 en 2017.”
“Le phénomène inflationniste nourrit la polémique : à quoi bon tester l’opinion alors que la liste des candidats est loin d’être définitive ? Que représentent des intentions de vote exprimées des mois avant de se rendre dans l’isoloir ? En novembre 2016, Emmanuel Macron, futur vainqueur du scrutin, était donné battu dès le premier tour dans toutes les enquêtes d’opinion. Plusieurs mois ou semaines en amont, les sondages ont (très) souvent dressé un tableau (très) différent du résultat final. Lors de la présidentielle de 1995, à droite, Édouard Balladur a longtemps fait la course en tête, avant que Jacques Chirac ne finisse par l’emporter. En 2002, aucun n’avait mesuré la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour. Ils n’avaient pas non plus anticipé la victoire du « non » au référendum sur la ratification du traité sur l’Union européenne en 2005. Plus récemment, en juin dernier, pendant la campagne des régionales, le Rassemblement national était le favori des sondages, avant d’obtenir des scores très en retrait par rapport à ceux enregistrés six ans auparavant, dans un scrutin marqué par une forte abstention.
Pour le professeur de sciences politiques et créateur de l’Observatoire des sondages Alain Garrigou, « les intentions de vote, ça n’existe pas ! Elles s’apparentent à de fausses nouvelles, dont Éric Zemmour sait parfaitement se servir », déclare-t-il aux Jours. Il poursuit : « Les sondages ne sont pas assez encadrés et les règles ne sont pas appliquées. La législation doit être revue. » Avant de se retrancher derrière sa réserve de membre de la Commission des sondages. Face aux critiques, la réponse des sondeurs est invariablement la même : les études d’opinion mesurent un rapport de force à un instant précis, qui ne préjuge pas du résultat final d’un scrutin. « Les sondages disent simplement qu’Éric Zemmour est à 15 % début octobre, alors qu’il était à 7 ou 8 % un mois auparavant. Ils ne disent pas où en sera Éric Zemmour dans trois ou six mois », défend Mathieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos
Il n’empêche, évaluer les intentions de vote est devenu une gageure au regard de l’évolution du comportement des électeurs. Très difficile à mesurer, l’abstention représente un casse-tête pour les instituts. « Nous posons des questions supplémentaires pour sonder la certitude d’aller voter, l’intérêt accordé à la campagne, l’intérêt pour la politique et l’actualité ou encore pour mesurer si les sondés estiment que l’élection va changer quelque chose pour eux », explique Mathieu Gallard aux Jours. Les sondeurs tentent de rassurer en avançant que le scrutin présidentiel est celui qui enregistre la plus forte participation. Mais le choix des électeurs est aussi beaucoup plus volatile. La « cristallisation du vote » – comme disent les spécialistes – s’opère beaucoup plus tard dans une campagne. Les votants ne se fixent plus sur un parti des mois avant le scrutin, comme dans les années 1960 et jusque dans les années 1980. Pas de quoi remettre en cause les recettes du métier. Pour Bruno Jeanbart, vice-président de l’institut OpinionWay, « cela ne change pas la méthode d’un sondage ». Cette volatilité légitimerait presque des études plus régulières : « À partir de janvier prochain, nous allons mesurer l’opinion en continu, mais en lissant les données pour corriger les effets médiatiques ultra-puissants », explique-t-il aux Jours.
Au-delà du comportement des électeurs, c’est la méthode même des sondages qui pose question. Aujourd’hui, les études sont réalisées en ligne. Tous les votants n’ayant pas de connexion internet ou n’étant pas également à l’aise devant un ordinateur, le procédé tend à exclure les plus fragiles économiquement ou les plus âgés. À l’inverse, ceux qui sont très connectés expriment souvent des opinions plus radicales, à l’image de la tonalité qui prévaut sur les réseaux sociaux. Tous ces biais sont connus et devraient conduire à la plus grande prudence dans la présentation, comme dans la lecture ou l’utilisation des résultats. C’est sans compter le rôle central occupé par les études d’opinion dans le modèle économique des instituts. Si elles ne représentent qu’une petite part de leur chiffre d’affaires – moins de 10 % dans la plupart des instituts, un peu plus à l’Ifop, qui en produit historiquement le plus –, elles sont une vitrine précieuse en direction des entreprises, qui constituent leurs principaux clients pour des études produits ou marketing. Un sondage politique permet, lui, d’être abondamment repris dans les médias.
Autre facteur poussant à la démultiplication : le monde politique est particulièrement friand de sondages. Les cabinets ministériels commandent des études qualitatives et quantitatives sur l’action du ministre. Celui du chef de l’État aussi. Parfois, des questions portent directement sur l’image du ministre ou du président… ou de ses concurrents. Ces dépenses sont longtemps passées sous les radars, même lorsqu’elles servaient les ambitions personnelles d’un élu ou d’un futur candidat. Jusqu’en 2009, au début du mandat de Nicolas Sarkozy, où la Cour des comptes a pointé les sommes pharaoniques versées par l’Élysée pour l’achat de sondages.”
“Le grand appétit des politiques remonte donc à cette époque du début des années 1980, où les agences de com se structurent et vendent leurs services aux politiques, fondés sur les études d’opinion, souvent conçues selon les règles des études marketing consacrées aux produits de grande consommation. “
Je ne suis pas fan de toutes ces attaques envers les sondages. Ça flirte un peu trop avec ces idées de complotisme et de grande manipulation. Un sondage se base sur une méthode scientifique, on peut critiquer la méthode (qui ne sera de toute façon jamais parfaite et il y a une marge d’erreur qui est précisée) mais y voir une sorte de malhonnêteté ou de manipulation derrière, ça ressemble fort à du complotisme.
Je rêve d’un mouvement global de boycott des sondages. Si une partie significative des électeurs refusent de répondre les sondages ne sont plus représentatifs et on recommencera peut être à débattre des programmes.
A minima on devrait avoir un débat sur la façon dont les sondages sont réalisés. Mode de contact: internet, téléphone fixe, téléphone portable, porte à porte, etc.
Marge d’erreur.
Représentativité globale.
Combien faut il interroger de personnes pour savoir comment vote les électeurs de Fillon, Macron, Harmon, Melenchon 2017? Comment les chiffres bruts sont ils modifiés pour tenir compte des variations entre sondages et résultats cf 2002?
Qui commande le sondage?
Traduction : « on a fait élire Macron grâce aux sondages il y a 5 ans mais vu que la même méthode fait monter Zemmour on va arrêter »
La technique leur plaît un peu moins car c est gargamel qui sort du lot sinon ils s en priveraient pas
C’est une bonne chose, et il faut bien un journal pour lancer ce mouvement.
Tous continuent à faire des sondages continuellement et à les commenter en se cachant derrière l’excuse que les autres le font. Du coup, personne ne veut se priver de ces articles en laissant la place aux autres.
Qu’un journal comme Ouest-France est le courage de faire cela en premier peut amener d’autres à s’engager dans ce mouvement.
Fini les sondages et les articles racoleurs, place aux enquêtes et à des sujets plus poussés sur les idées. C’est un grand oui !
« On exècre Zemmour & la droite donc on trouve une raison bidon pour ne pas couvrir cette montée explosive dans les sondages »
Perso je suis pas trop clair de pourquoi on célèbrerai ca. Les sondages nous protègent de l’extrême plus que l’inverse. Je vois pas comment éviter les sondages peut aider la gauche . Le seul impact serait qu’une partie du vote Macron se retrouverait sûrement chez les verts pour un deuxième tour Zemmour le Pen.
Oh tiens, Ouest France et le complotisme latent, quelle surprise
Ça vaut ce que ça vaut mais Kriss Papillon que je trouve toujours assez intéressant à fait une vidéo assez tranchée sur le sujet qui va dans le sens des discussions que je vois ici :
https://youtu.be/OB6s44bdA8I