« J’aimerais renouer le dialogue avec vous » : le communiste Léon Deffontaines s’adresse aux électeurs du RN

by OrdinaryMidnight5

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  1. > La séquence est devenue virale sur les réseaux sociaux. Devant le téléphone d’un journaliste de TF 1 info, Colombes, une électrice du RN venue assister au meeting de Jordan Bardella et Marine Le Pen pour les élections européennes, le mercredi 1er mai à Perpignan (Pyrénées-Orientales), y témoigne de ses difficultés pour finir les mois et trouver du travail. « Je suis au RSA. On a du mal à vivre. On vote tous RN ici. On est tous en colère », fond en larmes la sexagénaire au micro de Paul Larrouturou.
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    > Un témoignage auquel a décidé de répondre Léon Deffontaines, la tête de liste du PCF et de la Gauche unie aux élections européennes, dans une lettre, consultée par Le Parisien-Aujourd’hui en France. Le jeune communiste s’y adresse directement à cette électrice. « Chère Colombe, débute-t-il, (…) Comme beaucoup de mes camarades, j’ai été très touché par votre témoignage, noble et émouvant, emblématique du désarroi social qui frappe des millions de femmes et d’hommes dans notre pays (…) Vos paroles ne me quittent plus. »
    > https://twitter.com/PaulLarrouturou/status/1785648403210182758
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    > « Vos mots frappent de plein fouet »
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    > Avant de pointer ce que le disciple de Fabien Roussel estime être un « échec collectif de la gauche ». « (La gauche) vous a oubliée et méprisée, soit par désintérêt des classes populaires, soit au fallacieux prétexte que vous ne faites pas partie d’un hypothétique peuple de gauche, chimiquement pur. Vos mots frappent de plein fouet ceux qui se réfugient, avec une sincérité que je ne conteste pas, dans des postures moralistes pour expliquer la montée en puissance de l’extrême droite », écrit Léon Deffontaines, dans une forme de remontrance adressée à ses concurrents d’EELV, du PS comme de ceux de La France insoumise.
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    > « Je ne suis pas de ceux-là », se targue le jeune homme, qui se lance ensuite dans une opération conviction, pour tenter de ramener ces électeurs dans le camp de la gauche. Il cible ainsi le RN, qualifié de « faussaire de la question sociale ». « À l’Assemblée nationale où ses élus sont dûment représentés, le RN vote main dans la main avec la majorité actuelle dès qu’il s’agit de s’opposer à des mesures susceptibles d’améliorer la vie des Françaises et des Français, en particulier les plus modestes », argue le communiste, qui ajoute que « Madame Le Pen et ses députés ont voté contre l’augmentation du smic, contre l’indexation des salaires sur l’inflation, contre le blocage des prix, contre le gel des loyers, contre le rétablissement de l’ISF, contre une loi de lutte contre les déserts médicaux ».
    > Renouer le dialogue
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    > Il poursuit sa charge contre les villes gérées par les troupes de Marine Le Pen, accusées de « s’en prendre régulièrement » aux plus modestes. « C’est le cas, à Beaucaire, où son maire, le dénommé Julien Sanchez, a déclaré que : Si on arrêtait un peu avec l’assistanat, les Français chercheraient un peu plus de travail. Alors, je vous le demande Colombe, est-ce parce que vous touchez le RSA que ne vous trouvez pas de travail ? » interroge Deffontaines.
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    > Le communiste n’oublie pas d’égratigner la majorité présidentielle. « Au fond, vous le voyez bien, Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont en partage une même vision du monde : celle de la concurrence de tous contre tous et de la destruction du tissu de fraternité que vous mettez en œuvre dans votre activité bénévole aux Restos du cœur », poursuit-il.
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    > Lors des dernières semaines de campagne, le candidat du PCF promet donc de « relayer » cette colère. « J’aimerais dans un premier temps renouer le dialogue avec vous et avec celles et ceux qui estiment que le RN est aujourd’hui le plus à même de comprendre cette colère grandissante, déplore Léon Deffontaines en conclusion. C’est notre travail. Il y a urgence, car, depuis de trop nombreuses années, nous les avons laissés prendre nos mots, ceux du Front populaire et du Conseil national de la résistance, pétrifiés d’avoir à mener bataille sur un terrain social duquel nous avons parfois été délogés. »
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    > Cette lettre sera notamment envoyée à toutes les fédérations communistes ce vendredi matin.

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