« No parking, no business » en centre-ville : un mythe à déconstruire

by RueDeLaSoiff

4 comments
  1. > Enfin, et c’est sans doute le constat le plus important pour comprendre la teneur des débats, les études révèlent que les commerçants surestiment largement la part de clients qui viennent en voiture.
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    > À cet égard, l’exemple le plus frappant est celui de Nancy, où les commerçants interrogés croyaient que 77 % de leurs clients venaient en voiture : c’est en réalité le cas de… 35 % d’entre eux. Ils imaginaient également que les piétons ne représentaient que 11 % de leur clientèle, contre 39 % dans les faits, et que 1 % s’y rendaient à vélo, alors que les cyclistes composent 13 % de leurs acheteurs.
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    > Cette surestimation a pu être observée dans beaucoup d’autres villes. Dans ce contexte, il est peu surprenant que les commerçants craignent plus que tout les projets de réduction de la place de la voiture.
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    > Les raisons de ce biais sont diverses. En France, les commerçants font partie de la catégorie socioprofessionnelle qui utilise le moins les mobilités alternatives. Eux-mêmes se déplaçant beaucoup en voiture, ils semblent calquer leur cas personnel sur l’ensemble de leur clientèle.
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    > Autre explication à ce biais : les automobilistes sont globalement assez « râleurs » et expriment fréquemment leur mécontentement auprès des commerçants vis-à-vis des conditions de circulation ou de stationnement. Nous avons tous déjà entendu un client annoncer « on ne peut plus se garer dans le quartier » à peine la porte du commerce poussée. Les commerçants l’entendent cinq fois par jour.
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    > A contrario, les piétons formulent bien moins souvent ce genre d’agacement, alors même que les cheminements sur les trottoirs laissent bien souvent à désirer (présence d’obstacles, de poubelles… voire d’automobilistes stationnés sur le trottoir !).
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    > Enfin, cette surestimation peut comporter une part de bluff : surjouer le rapport de force dans l’espoir d’obtenir des compensations de la part de la municipalité. À Madrid, les commerçants ont dénoncé lors de l’instauration d’une ZFE une perte de chiffre d’affaires consécutive de 15 %. Après analyse des données réelles, le chiffre d’affaires du quartier avait en fait augmenté de 8,6 % au bout d’un an.
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    > Un chiffre qui invite à faire preuve de recul vis-à-vis du discours commerçant, et qui souligne la nécessité de mener des études préalables aux projets de transformation de l’espace public. C’est ce qu’a fait la ville de Cahors, qui souhaitait réduire l’emprise de la voiture sur l’une de ses places : l’étude de terrain réalisée en amont a permis de désamorcer les craintes des commerçants.

    Passage intéressant sur le pourquoi les commerçants ont peur des projets de piétonisation en général, qui indique l’importance des études de terrain réalisées en amont, même si on peut aussi arguer que simplement regarder les projets de piétonisation précédents donne un indice sur le potentiel résultat à venir, si le projet est mené “normalement”.

  2. Intéressant, mais par exemple à La Rochelle, le centre ville piéton à tué beaucoup de petits commerces, laissant la place à des bars, des banques et des agences immobilières.

  3. Possible mais depuis qu’ils réduisent les places, je vais plus en ville. Ni ici ni en France.

  4. J’ai l’impression que ca fait des années que les élus de grande villes se battent pour que les habitants de la périphérie n’aient pas d’accès facile et peu cher au centre ville par voiture, et qu’ils y arrivent très bien pour la plupart.

    Résultat, la plupart des nouveaux commerces sont désormais créés en périphérie de la ville, et c’est là que la majorité des gens vont désormais pour faire des courses importantes. Pas sûr que l’environnement s’y retrouve, mais les bourgeois du centre ville sont contents, c’est l’essentiel.

    Par exemple, à Nantes que tu cites, si je ne fait pas des courses “touristiques”, je ne vais pas au centre ville, je vais à Atlantis où la plupart des commerces se sont déjà délocalisés alors que c’est plus loin pour moi parce que les parkings nantais sont hors de prix et qu’il m’est pénible d’y circuler.

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