> A la veille de l’ouverture de la 77e édition du Festival de Cannes, le magazine Elle publie, lundi 13 mai, les témoignages de neuf femmes à l’encontre du producteur Alain Sarde détaillant des comportements déplacés, des agressions sexuelles ou même des viols. Ces faits seraient survenus entre 1985 et 2003.
(…)
Pas “ou même des viols” : 3 viols dont 2 sur mineures.
Il y a aussi un article de 1998 mis en lien, intéressant à lire également :
>Au cours de son enquête, classée « sensible » à la chancellerie, le magistrat a mis en cause d´éminentes personnalités du golfe Persique. Certains émirs auraient d´ailleurs gelé de juteux contrats avec la France pour manifester leur mauvaise humeur. Le juge s´est également mis à dos le showbiz français en mettant en examen le producteur Alain Sarde. Car en marge du réseau de proxénétisme, Frédéric N´Guyen a établi des faits de « viols et d´agressions sexuelles », objets d´une instruction distincte.
>Au total, une quarantaine de jeunes femmes, actrices de X mais surtout simples mannequins, étudiantes, sans emploi ou apprenties comédiennes ont témoigné devant le juge des violences sexuelles qu´elles ont subies. Principal accusé, Christian Bourgeois. Ce dernier, chargé de recruter des filles pour les intégrer au réseau dirigé par « Mme Anika », aurait abusé d´un certain nombre d´entre elles.
J’ajoute que par ailleurs, l’affaire Boutannat n’a toujours pas été jugée, les manifestations continuent et Libération a publié il y a peu un dossier paywallé mais dont l’anecdote du début donne sans doute le ton :
>Depuis plusieurs jours, certains médias, y compris sérieux, évoquent l’existence d’une supposée « liste » d’auteurs présumés de violences sexuelles, que Mediapart s’apprêterait à publier. C’est faux, évidemment. À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, le spectacle médiatique est pathétique.
(…)
>Mais le délire collectif a pris une nouvelle ampleur sur une autre antenne, celle de Franceinfo TV, lors d’un JT matinal au cours duquel il a été prétendu qu’« une liste de personnalités […] devrait être publiée demain dans une enquête de Mediapart ».
(…)
>Les autres s’en sont allègrement dispensées, à l’image de cet article du Progrès et du Dauphiné libéré commençant par ces mots : « Lundi 6 mai. L’auteure de ces lignes reçoit un SMS : “Une grande enquête de Mediapart doit sortir à l’ouverture du Festival de Cannes sur le #MeToo français, avec de nouveaux noms de comédiens-réalisateurs. Ça te dit quelque chose ?” Oui […]. »
(…)
> la généalogie de cette fausse information est bavarde : elle est née d’un tweet d’un compte complotiste, elle a ensuite été relayée par les médias de la sphère Bolloré (C8 et Cyril Hanouna en tête), puis par des journaux assumant une ligne anti-#MeToo (comme Le Figaro).
>Ce bruissement indigent permet aux un·es et aux autres de proclamer tranquillement (dans L’Opinion par exemple) que #MeToo va « trop loin », que « l’air du temps » est irrespirable, tant la « délation » et le « tribunal médiatique » ont provoqué des « morts sociales » en pagaille.
(…)
>La rumeur, elle, offre une esquive à celles et ceux qui ne veulent entendre ni Judith Godrèche, ni Adèle Haenel, ni Isild Le Besco et tant d’autres.
Allô l’Arcom, allô le CDJM, allô les syndicats de journalistes ? Faut partir là.
“Avant on ne parlait que de cinéma, on a décidé de faire un festival sans polémiques pour remettre le cinéma au centre du jeu”.
Il faut partir, monsieur.
“Je sors la carte Prescription”
*yugioh_card draw.jpg*
Il a 72 ans : j’ai l’impression que ça ne sort que parce que des journalistes cherchent vraiment à convaincre les plaignantes de témoigner et aussi que celles-ci ont moins peur de la puissance d’un homme dont la longue et prolifique carrière est en train de s’achever.
Je me souviens, il y a peut-être 20-25 ans (voir plus), qu’une actrice porno (enfin il me semble) avait clamé haut et fort qu’elle avait subit du harcèlement sexuel de la part de Sarde.
Et à l’époque personne, mais vraiment personne, ne l’avait crue au prétexte qu’elle faisait du porno.
J’ai pas suivi la suite de l’actu, mais du coup, la plupart de ceux repris par la liste ne sont pas concernés en fait?
8 comments
C’est paywallé (et c’est normal, elles ont travaillé…) mais voici France Info qui reprend l’information :
[MeToo dans le cinéma : le producteur Alain Sarde mis en cause par neuf femmes pour des viols, des agressions sexuelles ou des comportements déplacés](https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/metoo-dans-le-cinema-le-producteur-alain-sarde-mis-en-cause-par-neuf-femmes-pour-des-viols-des-agressions-sexuelles-ou-des-comportements-deplaces_6542018.html)
> A la veille de l’ouverture de la 77e édition du Festival de Cannes, le magazine Elle publie, lundi 13 mai, les témoignages de neuf femmes à l’encontre du producteur Alain Sarde détaillant des comportements déplacés, des agressions sexuelles ou même des viols. Ces faits seraient survenus entre 1985 et 2003.
(…)
Pas “ou même des viols” : 3 viols dont 2 sur mineures.
Il y a aussi un article de 1998 mis en lien, intéressant à lire également :
[Un juge, des stars et des prostituées](https://www.leparisien.fr/faits-divers/un-juge-des-stars-et-des-prostituees-13-05-1998-2000065506.php)
(…)
>Au cours de son enquête, classée « sensible » à la chancellerie, le magistrat a mis en cause d´éminentes personnalités du golfe Persique. Certains émirs auraient d´ailleurs gelé de juteux contrats avec la France pour manifester leur mauvaise humeur. Le juge s´est également mis à dos le showbiz français en mettant en examen le producteur Alain Sarde. Car en marge du réseau de proxénétisme, Frédéric N´Guyen a établi des faits de « viols et d´agressions sexuelles », objets d´une instruction distincte.
>Au total, une quarantaine de jeunes femmes, actrices de X mais surtout simples mannequins, étudiantes, sans emploi ou apprenties comédiennes ont témoigné devant le juge des violences sexuelles qu´elles ont subies. Principal accusé, Christian Bourgeois. Ce dernier, chargé de recruter des filles pour les intégrer au réseau dirigé par « Mme Anika », aurait abusé d´un certain nombre d´entre elles.
[BFM relaie aussi](https://www.bfmtv.com/people/cinema/le-producteur-de-cinema-alain-sarde-accuse-de-viols-et-agressions-sexuelles-par-plusieurs-femmes_AD-202405130881.html)
J’ajoute que par ailleurs, l’affaire Boutannat n’a toujours pas été jugée, les manifestations continuent et Libération a publié il y a peu un dossier paywallé mais dont l’anecdote du début donne sans doute le ton :
[Dans le milieu du cinéma, «personne n’a une image digne de Dominique Boutonnat, c’est ça le problème»](https://www.liberation.fr/culture/cinema/dans-le-milieu-du-cinema-personne-na-une-image-digne-de-dominique-boutonnat-cest-ca-le-probleme-20240509_NJMKE6O6SFBRJNYGMGD3VJ45EA/)
J’ajoute, enfin, l’édito de Lenaïg Bredoux, dans Mediapart :
[#MeToo : la force tranquille de l’information](https://www.mediapart.fr/journal/france/130524/metoo-la-force-tranquille-de-l-information)
En accès libre.
>Depuis plusieurs jours, certains médias, y compris sérieux, évoquent l’existence d’une supposée « liste » d’auteurs présumés de violences sexuelles, que Mediapart s’apprêterait à publier. C’est faux, évidemment. À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, le spectacle médiatique est pathétique.
(…)
>Mais le délire collectif a pris une nouvelle ampleur sur une autre antenne, celle de Franceinfo TV, lors d’un JT matinal au cours duquel il a été prétendu qu’« une liste de personnalités […] devrait être publiée demain dans une enquête de Mediapart ».
(…)
>Les autres s’en sont allègrement dispensées, à l’image de cet article du Progrès et du Dauphiné libéré commençant par ces mots : « Lundi 6 mai. L’auteure de ces lignes reçoit un SMS : “Une grande enquête de Mediapart doit sortir à l’ouverture du Festival de Cannes sur le #MeToo français, avec de nouveaux noms de comédiens-réalisateurs. Ça te dit quelque chose ?” Oui […]. »
(…)
> la généalogie de cette fausse information est bavarde : elle est née d’un tweet d’un compte complotiste, elle a ensuite été relayée par les médias de la sphère Bolloré (C8 et Cyril Hanouna en tête), puis par des journaux assumant une ligne anti-#MeToo (comme Le Figaro).
>Ce bruissement indigent permet aux un·es et aux autres de proclamer tranquillement (dans L’Opinion par exemple) que #MeToo va « trop loin », que « l’air du temps » est irrespirable, tant la « délation » et le « tribunal médiatique » ont provoqué des « morts sociales » en pagaille.
(…)
>La rumeur, elle, offre une esquive à celles et ceux qui ne veulent entendre ni Judith Godrèche, ni Adèle Haenel, ni Isild Le Besco et tant d’autres.
Allô l’Arcom, allô le CDJM, allô les syndicats de journalistes ? Faut partir là.
[Thierry Fremaux](https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/l-info-de-france-inter-4629870) :
“Avant on ne parlait que de cinéma, on a décidé de faire un festival sans polémiques pour remettre le cinéma au centre du jeu”.
Il faut partir, monsieur.
“Je sors la carte Prescription”
*yugioh_card draw.jpg*
Il a 72 ans : j’ai l’impression que ça ne sort que parce que des journalistes cherchent vraiment à convaincre les plaignantes de témoigner et aussi que celles-ci ont moins peur de la puissance d’un homme dont la longue et prolifique carrière est en train de s’achever.
Je me souviens, il y a peut-être 20-25 ans (voir plus), qu’une actrice porno (enfin il me semble) avait clamé haut et fort qu’elle avait subit du harcèlement sexuel de la part de Sarde.
Et à l’époque personne, mais vraiment personne, ne l’avait crue au prétexte qu’elle faisait du porno.
J’ai pas suivi la suite de l’actu, mais du coup, la plupart de ceux repris par la liste ne sont pas concernés en fait?