Il se compare à un militaire russe à l’uniforme bardé de médailles, collectionnant les mentions les plus élevées dans les filières les plus prestigieuses. Julien Nguyen Dang n’a que 26 ans et une page LinkedIn déjà longue comme le bras : deux ans de classe préparatoire aux grandes écoles au lycée Janson-de-Sailly, à Paris ; deux ans du cursus hybride CPES, pour « cycle pluridisciplinaire d’études supérieures », de Paris Sciences et lettres (PSL), avec des cours au lycée Henri-IV ou à l’Ecole des mines ; un an de master recherche en histoire à l’université Paris-Diderot ; un programme d’été à New York University, aux Etats-Unis ; deux ans de master recherche, toujours en histoire, mais à Sciences Po ; deux ans de master en alternance, en journalisme, de nouveau à Sciences Po. Soit un total de neuf années d’études supérieures, dont cinq en master.
« C’est un condensé rapide d’un long parcours de doutes et d’hésitations. Mais, heureusement, ce n’est pas ce qu’on voit sur un CV », souligne celui qui est aujourd’hui en CDD à l’Agence France-Presse, où il rêve de faire carrière. Car, s’il admet avoir « toujours eu de l’ambition », Julien Nguyen Dang a battu des records d’abord parce qu’il a mis du temps à trouver sa voie. Après trois ans d’histoire, il connaît un « passage à vide », incapable de se projeter dans une thèse ou dans la préparation de l’agrégation, ni dans une vie d’enseignant-chercheur. « J’avais l’impression d’être un très bon élève, une sorte de machine de guerre particulièrement redoutable, mais je n’arrivais pas à voir le côté pratique que j’allais pouvoir vendre à un employeur », raconte-t-il. D’où son ultime master – en alternance, donc plus professionnalisant – pour apprendre le métier de journaliste. Et l’effort semble payer. « Ça suscite une interrogation positive chez les recruteurs qui préfèrent des profils variés, alors que ce n’est pas ce à quoi nous encourage l’université. J’ai fait beaucoup de recherche et, en même temps, je suis très ancré dans l’actualité : ça me permet de me distinguer. »
*Une course aux diplômes*
La distinction. C’est ce que recherchent ces surdiplômés qui décident de ne pas s’arrêter au bac + 5. Dans un contexte de massification de l’enseignement supérieur, il s’agit de sortir du lot : entre 2005 et 2010, le nombre de diplômés de master à l’université a été multiplié par deux, passant de 57 000 à 104 000 selon les chiffres de l’Insee. Et ce score continue d’augmenter : ils étaient 131 000 en 2017. « Face à la quantité d’étudiants et à l’incertitude sur les marchés du travail, le phénomène est classique : on cherche différentes façons de se prémunir », observe François Sarfati, professeur de sociologie à l’université Paris-Saclay et chercheur affilié au Centre d’études de l’emploi et du travail.
Malgré la crise, les diplômés d’un master continuent de bénéficier d’un temps d’insertion professionnelle plus court que les non-diplômés, d’emplois plus qualifiés et de niveaux de rémunération supérieurs. « D’où cette course aux diplômes, derrière laquelle une nouvelle distinction s’est imposée. Jadis, c’était le niveau d’études. Dorénavant, cela passe aussi par la valeur du titre : “J’ai fait telle prépa, telle grande école”, etc. », poursuit le sociologue, qui relève aussi une « mise en concurrence » des établissements et des formations.
A entendre les jeunes qui choisissent de s’inscrire dans un second master, tant qu’à s’ajouter une année, autant aller dans la filière la plus renommée (et souvent privée) pour embellir son CV. C’est la stratégie qu’a suivie Francesco Delorenzi, qui, après sept années de médecine à l’Université catholique de Louvain, en Belgique, a opté pour « la carte de visite » de la grande école de commerce HEC. Son master of science (MSc) « strategic management » lui a coûté autour de 30 000 euros, qu’il a financés avec des bourses et un emprunt : « C’est probablement le meilleur investissement de ma vie », répète-t-il à l’envi, embauché tout de suite dans un cabinet de conseil à Londres, spécialisé dans l’accompagnement d’entreprises qui œuvrent à l’innovation dans le monde de la santé. « J’avais un profil assez étroit, très scientifique et académique, j’avais besoin d’acquérir des compétences en business et de rencontrer des gens d’autres horizons. »
A 23 ans, Albane Macé voit aussi son master spécialisé « marketing management et digital » à l’Essec comme « un cadeau » qu’elle se fait à elle-même. « La renommée de l’Essec me faisait rêver, c’est vraiment un tremplin génial », dit-elle. Vingt-deux mille euros qu’elle paye avec ses propres économies et un emprunt – « zéro problème puisque les banques viennent carrément à nous, et ça me fait plaisir d’investir mon argent de manière intelligente » –, ses deux parents ingénieurs ayant déjà sponsorisé ses années d’études en agronomie à l’école d’ingénieurs de Purpan, à Toulouse. Après une alternance dans un vignoble en Gironde, la Bordelaise cherchait « plus de légitimité » pour se pencher sur des stratégies marketing, ainsi que « le tampon d’une école de commerce » pour élargir son « profil technique » – désormais « atypique » : « Je sais que la double compétence est très recherchée, ça va m’aider à me démarquer. »
Parmi l’ensemble de la gamme masters de l’Essec, les candidats formés en France ayant déjà un master 2 sont passés de 56 % en 2017 à 67 % en 2021. « Cette idée d’hybridation est en constante évolution depuis quelques années, c’est devenu une tendance du marché de l’enseignement en France, analyse Felix Papier, directeur général adjoint de l’école. On fait en sorte de recruter des étudiants qui ont des backgrounds très différents : on accueille beaucoup de profils ingénieurs, mais aussi des diplômés en pharmacie, en droit, en architecture, etc., qui souhaitent se former en management pour comprendre leurs futurs clients. »
A HEC, l’orientation est la même : on insiste sur la « polyvalence ». Sophie Dimich-Louvet, directrice du recrutement étudiant à HEC, met en avant un « placement carrière très important », de même qu’une « évolution salariale forte dans les trois années après le diplôme ». Traduction : les jeunes sont assurés de trouver du travail dès leur sortie, tout en étant augmentés rapidement.
*Une baisse de 10 % du salaire moyen*
Bien sûr, cette stratégie qui consiste à prendre le temps d’ajouter une corde à son arc n’est réservée qu’à une poignée de privilégiés qui, ainsi, vont augmenter encore leurs chances et leurs privilèges, que ce soit par l’hybridation ou par la professionnalisation de leur parcours. « A l’inverse, dans la majorité des milieux, les parents, principaux financeurs, finissent par dire à leurs enfants qu’il ne faut pas traîner, qu’ils doivent rentabiliser leur investissement et valoriser leur diplôme dans le monde professionnel », rappelle la sociologue et directrice de recherche au CNRS Monique Dagnaud, coautrice de Génération surdiplômée. Les 20 % qui transforment la France (Odile Jacob, 2021).
D’après les chiffres du ministère de l’enseignement supérieur, seuls 5 % des titulaires d’un master universitaire en 2014 entraient sur le marché du travail en 2016 avec un deuxième master. Par ailleurs, le taux de poursuite d’études reste stable ces dernières années : un diplômé sur trois prolonge après le master – qu’il s’agisse d’un doctorat, d’un diplôme universitaire ou de toute autre formation complémentaire. « Lorsque la conjoncture est favorable sur le marché du travail, il y a moins de poursuites d’études. On peut donc envisager que cette tendance augmente avec la crise sanitaire, avance Boris Ménard, chargé d’études sur les parcours et la réussite des étudiants au ministère de l’enseignement supérieur. En attendant que la situation s’améliore, il existe un phénomène de rétention. »
Les parcours à double master (et autres) n’existent que parce que certaines universités/grandes écoles le rendent possible, grâce à des aménagements horaires, des bourses, et une certaine latitude à l’évaluation.
Certes, les diplômés cherchent un bonus pour leurs CV, mais il faut toujours garder à l’esprit que les universités cherchent à “vendre” leurs diplômés. ça veut dire plus de diplômes, avec une meilleure réputation, et des formations pour apprendre à se vendre, justement. C’est la règle à science po depuis plusieurs années, tout comme les stages à l’étranger (la dernière fois que j’ai checké, c’était la mode aux pays scandinaves).
Bien sûr il y a toujours des étudiants brillants qui parviennent à mener de front plusieurs masters en même temps, ou qui sont addicts aux études et qui n’en sortent plus. Mais je pense qu’il est important de distinguer les deux cas. Parce qu’en pratique, les premiers ont un avantage énorme à l’emploi, alors que les seconds pourront avoir plus de mal à convaincre. Un double master commerce ou science po + autre chose, ça n’a rien à voir avec un double master math/informatique ou lettres/philo.
Mouai. J’ai l’impression qu’on demande plus de diplôme ( il y a plus de potentiel comme on dit) mais parce que justement ils font de longues études on a baissé également le salaires des juniors (parce que tu n’es pas opérationnel). Donc, in fine ils se font baiser quand même.
Ensuite on parle souvent de Master. J’ai pas la prétention de tous les connaître, mais certains Masters payant, c’est clairement pour la ligne de CV, parce qu’on y apprend queudale (ou rien que 3 mois dans un boulot n’apprend pas déjà).
C’est beaucoup de gâchis imho.
Petits joueurs. Les vrais cumulent les doctorats.
“deux masters” “les jeunes”, t’as fait deux master, tu n’es plus “jeune”…
*les jeunes*: on a des diplômes mais on trouve pas de boulot
*aussi les jeunes*: on a qu’à avoir plus de diplômes !?
Eh bah moi j’ai, en plus de mon master recherche, un master pro en “Expérimentation et analyse des problèmes scientifiques et techniques”, alors que je n’ai aucune idée de ce que c’est, ne m’y suis jamais inscrit, n’ai suivi aucun cours ni subi aucune épreuve en ce sens.
C’est ça la puissance intellectuelle, double bac+5 les enfants !
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Il se compare à un militaire russe à l’uniforme bardé de médailles, collectionnant les mentions les plus élevées dans les filières les plus prestigieuses. Julien Nguyen Dang n’a que 26 ans et une page LinkedIn déjà longue comme le bras : deux ans de classe préparatoire aux grandes écoles au lycée Janson-de-Sailly, à Paris ; deux ans du cursus hybride CPES, pour « cycle pluridisciplinaire d’études supérieures », de Paris Sciences et lettres (PSL), avec des cours au lycée Henri-IV ou à l’Ecole des mines ; un an de master recherche en histoire à l’université Paris-Diderot ; un programme d’été à New York University, aux Etats-Unis ; deux ans de master recherche, toujours en histoire, mais à Sciences Po ; deux ans de master en alternance, en journalisme, de nouveau à Sciences Po. Soit un total de neuf années d’études supérieures, dont cinq en master.
« C’est un condensé rapide d’un long parcours de doutes et d’hésitations. Mais, heureusement, ce n’est pas ce qu’on voit sur un CV », souligne celui qui est aujourd’hui en CDD à l’Agence France-Presse, où il rêve de faire carrière. Car, s’il admet avoir « toujours eu de l’ambition », Julien Nguyen Dang a battu des records d’abord parce qu’il a mis du temps à trouver sa voie. Après trois ans d’histoire, il connaît un « passage à vide », incapable de se projeter dans une thèse ou dans la préparation de l’agrégation, ni dans une vie d’enseignant-chercheur. « J’avais l’impression d’être un très bon élève, une sorte de machine de guerre particulièrement redoutable, mais je n’arrivais pas à voir le côté pratique que j’allais pouvoir vendre à un employeur », raconte-t-il. D’où son ultime master – en alternance, donc plus professionnalisant – pour apprendre le métier de journaliste. Et l’effort semble payer. « Ça suscite une interrogation positive chez les recruteurs qui préfèrent des profils variés, alors que ce n’est pas ce à quoi nous encourage l’université. J’ai fait beaucoup de recherche et, en même temps, je suis très ancré dans l’actualité : ça me permet de me distinguer. »
*Une course aux diplômes*
La distinction. C’est ce que recherchent ces surdiplômés qui décident de ne pas s’arrêter au bac + 5. Dans un contexte de massification de l’enseignement supérieur, il s’agit de sortir du lot : entre 2005 et 2010, le nombre de diplômés de master à l’université a été multiplié par deux, passant de 57 000 à 104 000 selon les chiffres de l’Insee. Et ce score continue d’augmenter : ils étaient 131 000 en 2017. « Face à la quantité d’étudiants et à l’incertitude sur les marchés du travail, le phénomène est classique : on cherche différentes façons de se prémunir », observe François Sarfati, professeur de sociologie à l’université Paris-Saclay et chercheur affilié au Centre d’études de l’emploi et du travail.
Malgré la crise, les diplômés d’un master continuent de bénéficier d’un temps d’insertion professionnelle plus court que les non-diplômés, d’emplois plus qualifiés et de niveaux de rémunération supérieurs. « D’où cette course aux diplômes, derrière laquelle une nouvelle distinction s’est imposée. Jadis, c’était le niveau d’études. Dorénavant, cela passe aussi par la valeur du titre : “J’ai fait telle prépa, telle grande école”, etc. », poursuit le sociologue, qui relève aussi une « mise en concurrence » des établissements et des formations.
A entendre les jeunes qui choisissent de s’inscrire dans un second master, tant qu’à s’ajouter une année, autant aller dans la filière la plus renommée (et souvent privée) pour embellir son CV. C’est la stratégie qu’a suivie Francesco Delorenzi, qui, après sept années de médecine à l’Université catholique de Louvain, en Belgique, a opté pour « la carte de visite » de la grande école de commerce HEC. Son master of science (MSc) « strategic management » lui a coûté autour de 30 000 euros, qu’il a financés avec des bourses et un emprunt : « C’est probablement le meilleur investissement de ma vie », répète-t-il à l’envi, embauché tout de suite dans un cabinet de conseil à Londres, spécialisé dans l’accompagnement d’entreprises qui œuvrent à l’innovation dans le monde de la santé. « J’avais un profil assez étroit, très scientifique et académique, j’avais besoin d’acquérir des compétences en business et de rencontrer des gens d’autres horizons. »
A 23 ans, Albane Macé voit aussi son master spécialisé « marketing management et digital » à l’Essec comme « un cadeau » qu’elle se fait à elle-même. « La renommée de l’Essec me faisait rêver, c’est vraiment un tremplin génial », dit-elle. Vingt-deux mille euros qu’elle paye avec ses propres économies et un emprunt – « zéro problème puisque les banques viennent carrément à nous, et ça me fait plaisir d’investir mon argent de manière intelligente » –, ses deux parents ingénieurs ayant déjà sponsorisé ses années d’études en agronomie à l’école d’ingénieurs de Purpan, à Toulouse. Après une alternance dans un vignoble en Gironde, la Bordelaise cherchait « plus de légitimité » pour se pencher sur des stratégies marketing, ainsi que « le tampon d’une école de commerce » pour élargir son « profil technique » – désormais « atypique » : « Je sais que la double compétence est très recherchée, ça va m’aider à me démarquer. »
Parmi l’ensemble de la gamme masters de l’Essec, les candidats formés en France ayant déjà un master 2 sont passés de 56 % en 2017 à 67 % en 2021. « Cette idée d’hybridation est en constante évolution depuis quelques années, c’est devenu une tendance du marché de l’enseignement en France, analyse Felix Papier, directeur général adjoint de l’école. On fait en sorte de recruter des étudiants qui ont des backgrounds très différents : on accueille beaucoup de profils ingénieurs, mais aussi des diplômés en pharmacie, en droit, en architecture, etc., qui souhaitent se former en management pour comprendre leurs futurs clients. »
A HEC, l’orientation est la même : on insiste sur la « polyvalence ». Sophie Dimich-Louvet, directrice du recrutement étudiant à HEC, met en avant un « placement carrière très important », de même qu’une « évolution salariale forte dans les trois années après le diplôme ». Traduction : les jeunes sont assurés de trouver du travail dès leur sortie, tout en étant augmentés rapidement.
*Une baisse de 10 % du salaire moyen*
Bien sûr, cette stratégie qui consiste à prendre le temps d’ajouter une corde à son arc n’est réservée qu’à une poignée de privilégiés qui, ainsi, vont augmenter encore leurs chances et leurs privilèges, que ce soit par l’hybridation ou par la professionnalisation de leur parcours. « A l’inverse, dans la majorité des milieux, les parents, principaux financeurs, finissent par dire à leurs enfants qu’il ne faut pas traîner, qu’ils doivent rentabiliser leur investissement et valoriser leur diplôme dans le monde professionnel », rappelle la sociologue et directrice de recherche au CNRS Monique Dagnaud, coautrice de Génération surdiplômée. Les 20 % qui transforment la France (Odile Jacob, 2021).
D’après les chiffres du ministère de l’enseignement supérieur, seuls 5 % des titulaires d’un master universitaire en 2014 entraient sur le marché du travail en 2016 avec un deuxième master. Par ailleurs, le taux de poursuite d’études reste stable ces dernières années : un diplômé sur trois prolonge après le master – qu’il s’agisse d’un doctorat, d’un diplôme universitaire ou de toute autre formation complémentaire. « Lorsque la conjoncture est favorable sur le marché du travail, il y a moins de poursuites d’études. On peut donc envisager que cette tendance augmente avec la crise sanitaire, avance Boris Ménard, chargé d’études sur les parcours et la réussite des étudiants au ministère de l’enseignement supérieur. En attendant que la situation s’améliore, il existe un phénomène de rétention. »
Les parcours à double master (et autres) n’existent que parce que certaines universités/grandes écoles le rendent possible, grâce à des aménagements horaires, des bourses, et une certaine latitude à l’évaluation.
Certes, les diplômés cherchent un bonus pour leurs CV, mais il faut toujours garder à l’esprit que les universités cherchent à “vendre” leurs diplômés. ça veut dire plus de diplômes, avec une meilleure réputation, et des formations pour apprendre à se vendre, justement. C’est la règle à science po depuis plusieurs années, tout comme les stages à l’étranger (la dernière fois que j’ai checké, c’était la mode aux pays scandinaves).
Bien sûr il y a toujours des étudiants brillants qui parviennent à mener de front plusieurs masters en même temps, ou qui sont addicts aux études et qui n’en sortent plus. Mais je pense qu’il est important de distinguer les deux cas. Parce qu’en pratique, les premiers ont un avantage énorme à l’emploi, alors que les seconds pourront avoir plus de mal à convaincre. Un double master commerce ou science po + autre chose, ça n’a rien à voir avec un double master math/informatique ou lettres/philo.
Mouai. J’ai l’impression qu’on demande plus de diplôme ( il y a plus de potentiel comme on dit) mais parce que justement ils font de longues études on a baissé également le salaires des juniors (parce que tu n’es pas opérationnel). Donc, in fine ils se font baiser quand même.
Ensuite on parle souvent de Master. J’ai pas la prétention de tous les connaître, mais certains Masters payant, c’est clairement pour la ligne de CV, parce qu’on y apprend queudale (ou rien que 3 mois dans un boulot n’apprend pas déjà).
C’est beaucoup de gâchis imho.
Petits joueurs. Les vrais cumulent les doctorats.
“deux masters” “les jeunes”, t’as fait deux master, tu n’es plus “jeune”…
*les jeunes*: on a des diplômes mais on trouve pas de boulot
*aussi les jeunes*: on a qu’à avoir plus de diplômes !?
Eh bah moi j’ai, en plus de mon master recherche, un master pro en “Expérimentation et analyse des problèmes scientifiques et techniques”, alors que je n’ai aucune idée de ce que c’est, ne m’y suis jamais inscrit, n’ai suivi aucun cours ni subi aucune épreuve en ce sens.
C’est ça la puissance intellectuelle, double bac+5 les enfants !