Finalement il y a peut-être de mauvaises situations.
Je n’y comprends rien, il ne se reconnait pas dans ces accusations mais présente ses excuses. Encore une histoire de dualité entre l’homme et le comédien qui ne seraient pas les mêmes personnes ?
Oh non pas ça, pas aujourd’hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait
Quelqu’un a un résumé?
Pourquoi préciser que la moitié des femmes qui ont témoigné sont afro-descendante ? C’est plus ou moins honteux ?
Punaise Edouard, sérieux mec 🙁
> Dans une enquête conjointe de Mediapart et de Cheek, six femmes décrivent des faits de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle. Le comédien Édouard Baer ne se “reconnaît pas” dans ces accusations et présente “toutes [s]es excuses”.
Dimanche 12 mai, Édouard Baer, invité de Laurent Delahousse sur France 2, est interrogé sur le mouvement #MeToo. Confus et visiblement mal à l’aise, le comédien fronce les sourcils, bafouille et s’embourbe. Lui, le pro de l’impro, apparaît soudainement déstabilisé.
Questionné sur le manque de soutien des hommes à la prise de parole des femmes, le comédien commence par mettre en cause la presse : “Vous vous rendez compte qu’il y a 12 sujets en un, 12 prises de parole différentes, il y a des scandales, tout est différent, y a des saloperies, y a des malentendus, je pense que c’est les médias qui réunissent tout ça dans une grande cause d’époque.”
Lorsque Laurent Delahousse évoque “le climat de suspicion” qui règnerait actuellement et lui demande s’il est “terrible”, Édouard Baer acquiesce : “Oui c’est terrible, parce que tout est lié, le fait de ne plus passer par les tribunaux fait que toute parole serait bonne à dire, à répandre. […] Avant, la parole des hommes était dominante et aujourd’hui, il y a une sorte d’inversion, avant qu’il y ait un rééquilibrage.”
Cette intervention n’a pas échappé à plusieurs des six jeunes femmes dont Mediapart et Cheek ont recueilli les témoignages au cours de ces derniers mois, lors d’une enquête conjointe. “Lunaire”, nous ont-elles écrit.
Elles livrent le récit de faits de harcèlement et d’agressions sexuelles sur une période s’étalant de 2013 à 2021. Aucune n’a porté plainte à ce jour contre Édouard Baer. Les récits de ces femmes, toutes âgées d’une vingtaine d’années au moment des faits, et pour la moitié d’entre elles afrodescendantes, s’inscrivent majoritairement dans des contextes professionnels : elles ont croisé sa route dans les médias dans lesquels il a officié ou bien au théâtre.
Contacté par nos deux rédactions, le comédien s’était engagé à répondre avant de renoncer et de nous adresser le message suivant : “C’est avec stupeur et une grande tristesse que je découvre les témoignages que vous me rapportez, nous a-t-il écrit. Je ne me reconnais pas dans les mots ou les gestes qui me sont attribués, mais je ne peux qu’exprimer mes regrets que mon comportement ait mis mal à l’aise ou blessé ces femmes. Je n’ai pas eu l’intelligence de le percevoir. J’en suis profondément désolé. Je n’ai jamais cherché à les heurter intentionnellement. Je leur présente toutes mes excuses.”
Lors de nos brefs échanges téléphoniques, l’acteur a soutenu qu’il n’avait jamais eu “de retours de femmes qu’[il a] croisées qui [lui] ont dit ‘tu es allé trop loin’ : ça ne m’est pas arrivé dans la vie, ce n’est pas du tout la nature de mes rapports, ni aux hommes ni aux femmes ni aux gens en général”.
Raphaëlle*, 26 ans, a l’habitude de publier des poèmes sur les réseaux sociaux. En avril 2021, elle reçoit un message élogieux d’Édouard Baer sur Instagram. C’est le début d’un échange qui dure plusieurs jours. Le comédien et animateur propose une rencontre : un café rapide dans son bureau situé dans le 1er arrondissement de Paris. La jeune femme est en confiance : son père et l’oncle du comédien se connaissent.
Sur la route, la jeune femme se souvient avoir craint un “malentendu”. Elle se rappelle avoir renoncé à porter une jupe pour préférer un jean, avec un haut décolleté devant et un dos nu, dissimulé sous une veste en cuir noir.
Arrivée sur les lieux, elle évoque avec Édouard Baer le lien qui existe entre son père et lui, puis, selon son récit, échange sur ses écrits. Soudainement, le comédien aurait cessé de la vouvoyer et lui aurait dit : “Tu as l’air d’avoir un très joli téton.”
Sur le ton de l’humour, la jeune femme lui aurait demandé de “se calmer”. “Désolé d’insister, mais t’as l’air vraiment d’avoir un très joli téton”, aurait-il répété quelques minutes plus tard.
À nouveau, Raphaëlle* lui aurait demandé d’arrêter. Le comédien aurait alors entrepris de déboutonner sa propre chemise : “Non mais si tu veux je peux te montrer les miens aussi.” Encore une fois, la jeune femme lui aurait demandé de stopper son geste, ce que l’acteur aurait fini par faire.
À la fin de l’entretien, et avant de quitter l’appartement, Édouard Baer présente à Raphaëlle* son assistante, qui se trouvait dans une autre pièce. Jointe par téléphone, celle qui a travaillé durant plus de dix ans pour le comédien assure ne pas avoir entendu leur conversation mais nous confirme se souvenir de la jeune femme et pointe sa tenue, qu’elle qualifie de “peu conventionnelle” : “Je ne me souviens plus si elle avait le ventre à l’air ou un énorme décolleté mais c’était remarquable au sens propre du terme.”
Édouard Baer et Raphaëlle* auraient ensuite pris l’ascenseur : “Il était tellement minuscule. J’étais hyper mal à l’aise”, se souvient-elle. Il lui aurait à nouveau parlé de ses seins. Puis, selon son récit, il aurait pris son “sein gauche avec sa main”. Elle l’aurait “repoussé en criant le prénom de [son] père”. “Je me suis dit que c’était ma porte de sortie.” Édouard Baer aurait lâché sa prise en rétorquant qu’il pourrait prévenir une avocate : “Et ça va bien se passer”, aurait-il ajouté.
Interrogé sur tous les aspects de ce témoignage, le comédien n’a pas donné suite.
Connu pour sa répartie et son style fantasque, Édouard Baer est un artiste éclectique qui a d’abord commencé à la radio avant de s’illustrer à la télévision – il a eu sa propre émission sur Canal+ pendant trois ans –, et au cinéma, notamment grâce à son monologue improvisé et devenu culte dans le film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre en 2002.
Certains semblent n’avoir pas vu passer ce billet récent, en lien avec le sujet :
est ce que c’est le premier (seul ?) qui s’excuse dès les accusations ? ça n’enlève pas la gravité des faits, mais c’est assez rare pour le souligner, j’ai l’impression.
Je suis déçu. Mais le pire, c’est que je l’imagine volontiers sortir la réplique du satyre.
C’est une bonne situation, agresseur de femmes?
“témoignages”.
Voila notre pauvre Édouard Baer qui disparaitra lui aussi sur la base de témoignage. Mediapart et la justice populaire a encore frappé
Mais meeeerdheuh ! N’y a-t-il donc *personne* qui sait se tenir parmi les hommes de ce milieu ?!
Il reste encore des acteurs sans casseroles?
Pourquoi afrodescendante? C’est devenu méchant de métisse ?
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Finalement il y a peut-être de mauvaises situations.
Je n’y comprends rien, il ne se reconnait pas dans ces accusations mais présente ses excuses. Encore une histoire de dualité entre l’homme et le comédien qui ne seraient pas les mêmes personnes ?
Oh non pas ça, pas aujourd’hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait
Quelqu’un a un résumé?
Pourquoi préciser que la moitié des femmes qui ont témoigné sont afro-descendante ? C’est plus ou moins honteux ?
Punaise Edouard, sérieux mec 🙁
> Dans une enquête conjointe de Mediapart et de Cheek, six femmes décrivent des faits de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle. Le comédien Édouard Baer ne se “reconnaît pas” dans ces accusations et présente “toutes [s]es excuses”.
Dimanche 12 mai, Édouard Baer, invité de Laurent Delahousse sur France 2, est interrogé sur le mouvement #MeToo. Confus et visiblement mal à l’aise, le comédien fronce les sourcils, bafouille et s’embourbe. Lui, le pro de l’impro, apparaît soudainement déstabilisé.
Questionné sur le manque de soutien des hommes à la prise de parole des femmes, le comédien commence par mettre en cause la presse : “Vous vous rendez compte qu’il y a 12 sujets en un, 12 prises de parole différentes, il y a des scandales, tout est différent, y a des saloperies, y a des malentendus, je pense que c’est les médias qui réunissent tout ça dans une grande cause d’époque.”
Lorsque Laurent Delahousse évoque “le climat de suspicion” qui règnerait actuellement et lui demande s’il est “terrible”, Édouard Baer acquiesce : “Oui c’est terrible, parce que tout est lié, le fait de ne plus passer par les tribunaux fait que toute parole serait bonne à dire, à répandre. […] Avant, la parole des hommes était dominante et aujourd’hui, il y a une sorte d’inversion, avant qu’il y ait un rééquilibrage.”
Cette intervention n’a pas échappé à plusieurs des six jeunes femmes dont Mediapart et Cheek ont recueilli les témoignages au cours de ces derniers mois, lors d’une enquête conjointe. “Lunaire”, nous ont-elles écrit.
Elles livrent le récit de faits de harcèlement et d’agressions sexuelles sur une période s’étalant de 2013 à 2021. Aucune n’a porté plainte à ce jour contre Édouard Baer. Les récits de ces femmes, toutes âgées d’une vingtaine d’années au moment des faits, et pour la moitié d’entre elles afrodescendantes, s’inscrivent majoritairement dans des contextes professionnels : elles ont croisé sa route dans les médias dans lesquels il a officié ou bien au théâtre.
Contacté par nos deux rédactions, le comédien s’était engagé à répondre avant de renoncer et de nous adresser le message suivant : “C’est avec stupeur et une grande tristesse que je découvre les témoignages que vous me rapportez, nous a-t-il écrit. Je ne me reconnais pas dans les mots ou les gestes qui me sont attribués, mais je ne peux qu’exprimer mes regrets que mon comportement ait mis mal à l’aise ou blessé ces femmes. Je n’ai pas eu l’intelligence de le percevoir. J’en suis profondément désolé. Je n’ai jamais cherché à les heurter intentionnellement. Je leur présente toutes mes excuses.”
Lors de nos brefs échanges téléphoniques, l’acteur a soutenu qu’il n’avait jamais eu “de retours de femmes qu’[il a] croisées qui [lui] ont dit ‘tu es allé trop loin’ : ça ne m’est pas arrivé dans la vie, ce n’est pas du tout la nature de mes rapports, ni aux hommes ni aux femmes ni aux gens en général”.
Raphaëlle*, 26 ans, a l’habitude de publier des poèmes sur les réseaux sociaux. En avril 2021, elle reçoit un message élogieux d’Édouard Baer sur Instagram. C’est le début d’un échange qui dure plusieurs jours. Le comédien et animateur propose une rencontre : un café rapide dans son bureau situé dans le 1er arrondissement de Paris. La jeune femme est en confiance : son père et l’oncle du comédien se connaissent.
Sur la route, la jeune femme se souvient avoir craint un “malentendu”. Elle se rappelle avoir renoncé à porter une jupe pour préférer un jean, avec un haut décolleté devant et un dos nu, dissimulé sous une veste en cuir noir.
Arrivée sur les lieux, elle évoque avec Édouard Baer le lien qui existe entre son père et lui, puis, selon son récit, échange sur ses écrits. Soudainement, le comédien aurait cessé de la vouvoyer et lui aurait dit : “Tu as l’air d’avoir un très joli téton.”
Sur le ton de l’humour, la jeune femme lui aurait demandé de “se calmer”. “Désolé d’insister, mais t’as l’air vraiment d’avoir un très joli téton”, aurait-il répété quelques minutes plus tard.
À nouveau, Raphaëlle* lui aurait demandé d’arrêter. Le comédien aurait alors entrepris de déboutonner sa propre chemise : “Non mais si tu veux je peux te montrer les miens aussi.” Encore une fois, la jeune femme lui aurait demandé de stopper son geste, ce que l’acteur aurait fini par faire.
À la fin de l’entretien, et avant de quitter l’appartement, Édouard Baer présente à Raphaëlle* son assistante, qui se trouvait dans une autre pièce. Jointe par téléphone, celle qui a travaillé durant plus de dix ans pour le comédien assure ne pas avoir entendu leur conversation mais nous confirme se souvenir de la jeune femme et pointe sa tenue, qu’elle qualifie de “peu conventionnelle” : “Je ne me souviens plus si elle avait le ventre à l’air ou un énorme décolleté mais c’était remarquable au sens propre du terme.”
Édouard Baer et Raphaëlle* auraient ensuite pris l’ascenseur : “Il était tellement minuscule. J’étais hyper mal à l’aise”, se souvient-elle. Il lui aurait à nouveau parlé de ses seins. Puis, selon son récit, il aurait pris son “sein gauche avec sa main”. Elle l’aurait “repoussé en criant le prénom de [son] père”. “Je me suis dit que c’était ma porte de sortie.” Édouard Baer aurait lâché sa prise en rétorquant qu’il pourrait prévenir une avocate : “Et ça va bien se passer”, aurait-il ajouté.
Interrogé sur tous les aspects de ce témoignage, le comédien n’a pas donné suite.
Connu pour sa répartie et son style fantasque, Édouard Baer est un artiste éclectique qui a d’abord commencé à la radio avant de s’illustrer à la télévision – il a eu sa propre émission sur Canal+ pendant trois ans –, et au cinéma, notamment grâce à son monologue improvisé et devenu culte dans le film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre en 2002.
Certains semblent n’avoir pas vu passer ce billet récent, en lien avec le sujet :
[#MeToo : la force tranquille de l’information](https://www.mediapart.fr/journal/france/130524/metoo-la-force-tranquille-de-l-information)
est ce que c’est le premier (seul ?) qui s’excuse dès les accusations ? ça n’enlève pas la gravité des faits, mais c’est assez rare pour le souligner, j’ai l’impression.
Je suis déçu. Mais le pire, c’est que je l’imagine volontiers sortir la réplique du satyre.
C’est une bonne situation, agresseur de femmes?
“témoignages”.
Voila notre pauvre Édouard Baer qui disparaitra lui aussi sur la base de témoignage. Mediapart et la justice populaire a encore frappé
Mais meeeerdheuh ! N’y a-t-il donc *personne* qui sait se tenir parmi les hommes de ce milieu ?!
Il reste encore des acteurs sans casseroles?
Pourquoi afrodescendante? C’est devenu méchant de métisse ?