Claire Lejeune, figure des marches pour le climat: «Je me sentais incapable de faire cette campagne avec Yannick Jadot»

4 comments
  1. >_par Rachid Laïreche, publié le mardi 25 janvier 2022_

    > La militante rejoint Jean-Luc Mélenchon pour cette campagne, jugeant que c’est là que se situe la seule possibilité de voir la gauche sociale et écologique figurer au second tour de la présidentielle.
    >Une chasse aux verts. Jean-Luc Mélenchon aime ce petit jeu. Après avoir convaincu Alma Dufour, ancienne porte-parole des Amis de la Terre, et Aymeric Caron , à la tête du petit parti Révolution écologique pour le vivant, c’est au tour de Claire Lejeune de rejoindre le candidat à la présidentielle. Qui est-ce ? Une militante qui se trouve souvent au premier rang des marches pour le climat. Elle a été secrétaire fédérale des Jeunes écologistes de 2018 à 2019 ; elle a soutenu Sandrine Rousseau durant la primaire écologiste.
    >Claire Lejeune a longtemps poussé des deux mains pour l’union des gauches et des écologistes. Un échec comme pour tous ceux qui ont essayé de recoller les morceaux d’une gauche éparpillée. La militante a tenté de se faire une place dans la campagne de Yannick Jadot. En vain. Elle ne se sentait pas à sa place. Une aubaine pour les insoumis qui cherchent à grossir les troupes de l’Union populaire. Elle explique les raisons de son transfert chez Jean-Luc Mélenchon.

    >**On s’est croisés en septembre, le jour de la victoire de Yannick Jadot à la primaire écologiste, vous aviez l’air heureuse…**
    >Effectivement, l’ensemble du processus de la primaire des écologistes s’est très bien déroulé et ça a été une satisfaction collective, quel qu’en soit le résultat. Par ailleurs le très bon score de Sandrine Rousseau indiquait une vraie demande de radicalité dans le mouvement et, même si elle n’a pas remporté la primaire, ce qu’elle incarne traduit une évolution du mouvement écologiste qui ne pouvait que me réjouir.

    >**Comment jugez-vous la campagne de Yannick Jadot ?**
    >C’est une bonne campagne. Elle reprend des marqueurs de l’écologie politique et mobilise l’électorat habituel d’Europe Ecologie-Les Verts (EE-LV). Aujourd’hui je ne suis pas sûre que cela suffise. Et je n’ai pas réussi à m’y impliquer. Mais je garde beaucoup d’estime pour l’ensemble des camarades qui la font exister, ainsi que pour le candidat.

    >**Qu’est-ce qui ne va pas à vos yeux?**
    >C’est une question de centre de gravité politique et de divergences de choix stratégiques. >Je ne vois pas ce départ comme une rupture mais comme la mise en cohérence de valeurs et d’idées avec l’espace politique dans lequel j’évolue. L’écologie doit forcément partir d’un mouvement populaire. Elle doit être solidement ancrée dans la gauche qui rompt avec le capitalisme et le tout marché.

    >**Vous avez officiellement quitté EE-LV??**
    >J’ai transmis ma volonté de me mettre en retrait en détaillant les raisons. J’ai beaucoup de respect pour les militants que j’ai eu la chance de rencontrer ces dernières années. Je suis certaine de les retrouver sur des combats communs. Mais une présidentielle permet de clarifier les positions des uns et des autres ; elle permet de voir plus distinctement quelle direction prend un mouvement. Je me sentais incapable de faire cette campagne. Je me suis longtemps interrogée : quel serait mon vote si le scrutin avait lieu demain ? J’en ai tiré les conséquences.
    Les conséquences, c’est de rejoindre la campagne de Jean-Luc Mélenchon??
    Oui. C’est probablement la décision la plus difficile que j’ai jamais eu à prendre. Je l’ai très longuement mûrie mais elle s’imposait.

    >**Pourquoi??**
    J’ai un accord global avec la ligne politique et stratégique défendue par les insoumis et Jean-Luc Mélenchon. Elle est compatible avec ce que beaucoup d’écologistes portent. Il ne suffira pas de parler du climat et des rapports du Giec pour mobiliser toute une société autour de l’immense transformation qu’il nous faut opérer dans des délais très resserrés.
    Cette élection présidentielle est cruciale parce qu’elle s’inscrit dans la décennie critique nous séparant du chaos climatique et parce qu’on y voit la montée effrayante du péril fasciste. Face à cette situation, je décide de jeter l’ancre à l’endroit le plus stratégique et où la dynamique est la plus porteuse d’espoir. Je crois sincèrement que l’espace le plus à même de fédérer aujourd’hui – celui qui peut servir de centre de gravité afin d’atteindre le second tour puis la victoire finale – se trouve là : c’est la campagne de l’Union populaire.
    **Tout au long du quinquennat, la jeunesse était dans la rue pour défendre le climat. A moins de trois mois de la présidentielle, les actions sont moins visibles. Où est passée la jeunesse verte ?**

    >La pandémie a eu un effet dévastateur sur toutes les formes de militantisme et de mobilisation. Mais le mouvement climat est bien présent et reste fort. Je suis convaincue qu’il pourra se mobiliser autour de l’échéance présidentielle si une dynamique monte clairement en puissance. La situation est trop grave pour qu’il ne s’en mêle pas. Il ne faut pas oublier que la jeunesse, verte ou pas, est actuellement en train de galérer à cause de la gestion catastrophique de la pandémie par ce gouvernement. Tout ça doit nous rappeler notre objectif dans les semaines à venir: empêcher un nouveau quinquennat d’Emmanuel Macron et le passage de l’extrême droite. C’est cela qui guide mon choix pour cette présidentielle.

  2. Il n’y a que moi que ça choque ? Si j’ai bien compris le processus des primaires c’est on choisit un candidat à la majorité et après on le soutient tous ? Non ? Je veux dire Jadot fait une bonne campagne d’après elle, il a donc pas radicalement changer d’idées entre son programme de primaire et son programme de candidat. J’ai juste l’impression que c’est pas sa place qu’elle n’a pas trouvé mais une place. Tourner sa veste aussi vite… C’est presque du Valls.

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