Dégradation de la note de la France : «Il faut relancer le Logement pour sauver notre pays»

by chou-coco

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  1. *Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances, de la Souveraineté industrielle et numérique, a beau dire que cela ne changera rien,* [l’abaissement par l’agence Standard and Poor’s de la note souveraine](https://www.capital.fr/economie-politique/dette-l-agence-de-notation-sp-abaisse-la-note-de-la-france-de-aa-a-aa-1497618) *de notre pays est une bien mauvaise nouvelle. Elle a d’abord une origine peu flatteuse : le regard porté par des experts indépendants sur la gestion des finances publiques de la France est sévère et il révèle une impéritie coupable. Non, nos exécutifs successifs n’ont pas fait les choix qui eussent conduit à un meilleur équilibre et ont à la fois trop dépensé et pas assez créé les conditions de création de la richesse.*

    *Certes, l’actuel locataire de Bercy s’inscrit à cet égard dans une longue lignée, mais il est aux affaires depuis sept ans, en charge de ce portefeuille, d’ailleurs à cet égard détenteur du record de longévité. Il aura du mal à faire accroire que sept années aux commandes ne lui ont pas permis de redresser les torts attribués à ses prédécesseurs.*

    *Et puis Bruno Le Maire aura été le plus dépensier de tous les grands argentiers français pour des raisons circonstancielles exceptionnelles : l’arrêt de l’économie au moment de la pandémie, menaçant les entreprises et les ménages d’asphyxie, l’a placé devant l’obligation d’user de moyens inédits pour mettre sous perfusion les organismes affaiblis. Selon sa propre expression, le* [quoi qu’il en coûte](https://www.capital.fr/economie-politique/le-fmi-demande-a-la-france-darreter-le-quoi-quil-en-coute-1452524) *aura eu un prix exorbitant.*

    *Olivier Dussopt, alors ministre des Comptes publics, évaluait la facture à 424 milliards d’euros. Des observateurs avisés vont jusqu’à 600 milliards.*

    *Qui reprocherait à Monsieur Le Maire d’avoir largement ouvert l’armoire à pharmacie pour sauver le patient ? On peut néanmoins se dire avec le recul qu’un peu plus de discernement dans la distribution des aides eût été plus responsable. Soit, et on donnera crédit au médecin de l’économie atteinte par le Covid-19 de n’avoir pas lésiné.*

    *C’est peut-être sur les moyens de la croissance que le jugement doit être plus sévère, le budget de la Nation s’équilibrant sur les charges et les recettes. Et là, à ne regarder qu’un secteur clé de l’activité du pays, le logement, le compte n’y est pas.*

    *Le budget du Logement fond comme peau de chagrin*

    *On en vient d’ailleurs à la seconde raison pour laquelle la dégradation est une nouvelle catastrophique : elle va accréditer la thèse, déjà tellement ancrée au sommet de l’Etat, qu’il faut serrer les boulons et* [réaliser des économies](https://www.capital.fr/economie-politique/baisse-de-la-note-sp-bruno-le-maire-compte-reduire-davantage-les-depenses-publiques-1497637)*. A ce jeu-là, les ministères qualifiés historiquement de dépensiers, c’est-à-dire pourvus d’enveloppes budgétaires importantes, risquent fort de faire les frais de l’austérité annoncée.*

    *Après près d’un milliard et demi confisqués dans l’urgence à la rénovation environnementale des logements, alors que les crédits en avaient été votés par le Parlement pour 2024, on entend que le gouvernement pratiquerait encore une coupe sombre de deux milliards de plus. Tout cela fait suite à la réduction de l’ordre de deux milliards par an du budget du Logement depuis que le Président Macron a été élu.*

    *Bruno Le Maire, on peut le redouter, en cela encouragé par le Chef de l’Etat, va enlever de l’oxygène au logement. Seulement voilà : le logement, par la production et par les travaux, constitue le plus puissant et le plus rapide levier de croissance. Et l’inverse est vrai, la preuve en est malheureusement administrée : les* [logements non construits](https://www.capital.fr/immobilier/logements-neufs-le-nombre-de-constructions-degringole-a-vitesse-grand-v-1496093)*, non vendus, non achetés en 2023, les rénovations non engagées ont coûté aux finances publiques de l’ordre de 12 milliards d’euros en coût direct.*

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