Il était le garde du corps le plus proche d’Emmanuel Macron. Le plus fidèle aussi. Depuis la campagne victorieuse de 2017 à l’Élysée, il a accompagné le président de la République dans chacun de ses déplacements. Mais il ne terminera pas le quinquennat à ses côtés.
Christian Guédon, l’ancien gendarme dont Mediapart avait raconté le parcours pendant l’affaire Benalla, a discrètement quitté les rangs du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), le 15 septembre 2021, selon nos informations.
À certains de ses proches, cet officier de sécurité expérimenté avait porté, ces derniers mois, un regard sévère sur la protection du chef de l’État, de nouveau questionnée par deux événements récents : la gifle infligée par un militant royaliste le 8 juin, lors d’une visite dans la Drôme ; et l’œuf lancé le 27 septembre, au Salon international de la restauration, de l’hôtellerie et de l’alimentation (SIRHA), par un jeune homme, ensuite interné en psychiatrie.
En janvier 2020, déjà, des critiques sur les failles de la sécurité présidentielle avaient été formulées à la suite de l’exfiltration de Brigitte et Emmanuel Macron du théâtre parisien des Bouffes du Nord, dans le Xe arrondissement de la capitale. Le couple présidentiel, venu assister à une pièce, avait dû quitter la salle en catastrophe pour échapper aux quelques dizaines de manifestants qui s’étaient rassemblés sur place.
L’ancien conseiller présidentiel, Alexandre Benalla, avait alors publiquement jugé cette image « catastrophique », en taclant ouvertement les équipes élyséennes sur les réseaux sociaux : « On exfiltre un président de la République en cas de menaces imminentes d’atteinte à sa vie ou à son intégrité physique. Pour l’ordre public, on prend des mesures en amont, on se renseigne, on mobilise, on tient la position ! L’image de la fuite est toujours catastrophique… »
Après la gifle reçue le 8 juin, c’est plutôt l’attitude du chef de l’État qui a suscité des interrogations. Comme à son habitude, Emmanuel Macron avait ce jour-là subitement quitté le dispositif de sécurité pour aller serrer les mains des curieux coincés par une barrière de protection. Si l’initiative n’avait pas franchement surpris ses équipes, coutumières du fait, elle avait beaucoup étonné les professionnels.
L’ancien directeur du Service de protection des hautes personnalités (SPHP, devenu SDLP en 2013), René-Georges Querry, avait ainsi invité le président de la République à « perdre cette manie d’être physiquement au contact des gens ». « Pour moi, il n’y a pas objectivement eu de raté parce que les mesures en amont avaient déjà été prises, avait-il développé sur LCI. Le groupe de personnes n’était ni important, ni hostile. Il était composé de personnes d’âge mûr, contenues derrière une barrière avec des policiers qui ont manifestement, au préalable, contrôlé qu’elles n’étaient pas armées. »
Pour René-Georges Querry, la responsabilité reposait donc sur le seul comportement du chef de l’État : « Je pense que, désormais, la précaution sera de ne pas être au contact direct des gens mais d’avoir un recul d’un mètre pour éviter de prendre une gifle. » À l’Élysée, où l’on rappelle que le « risque zéro n’existe pas », en renvoyant aux précédents sous Nicolas Sarkozy et François Hollande, une réflexion a toutefois été engagée à la suite de cet événement.
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D’un côté je comprends bien que le GSPR s’arrache les cheveux avec des décisions prises a l’arrache dans les prévenir, mais en même temps… Si on en arrive a un point où quelqu’un essaie activement de buter Macron, le problème il est pas au niveau de la sécurité, mais du climat social. Oui, il a pris un oeuf, une claque, et c’est des risques que tu prends quand tu es impopulaire, est ce que ça justifie la sortie d’un gilet pare balles ?
Oui, c’est une figure de l’état importante, mais le GSPR fait suffisamment pour avoir évité et arrêté les cinglés avec une arme (le dernier vraiment chaud que j’ai en tête c’est Chirac en 2002 avec l’extrême-droite qui a vraiment tenté de le buter, mais il y a peut être plus récent?) depuis des années. Si tout ce qu’il reste c’est des gifles tellement molles que ma grand mère tape plus fort, c’est pas exactement dramatique.
Je l’ai déjà vu lors d’un passage dans ma ville, la sécurité est zéro et c’est vrai qu’il est un peu taré. Il entre au milieu de la foule, tu peux le toucher etc. Il y a une zone bouclée dans laquelle tu dois être fouillé pour entrer, mais les types à l’entrée ont l’air de faire à moitié leur job en ne fouillant pas un bon paquet de monde, et de toute façon, le président sort de cette zone laissant alors ouverte pour n’importe qui la possibilité de s’approcher sans fouille. Ensuite, il fait coucou à tout le monde en restant statique à l’entrée de sa voiture pendant assez longtemps.
Je me suis dit, il y a peut-être des tireurs d’élite sur les toits, mais s’il y en avait, ils étaient bien cachés.
Vous ne le savez peut être pas, mais le chef du gouvernement danois va faire ses courses tout seul dans les supermarchés. C’est pas vraiment la même philosophie…
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Il était le garde du corps le plus proche d’Emmanuel Macron. Le plus fidèle aussi. Depuis la campagne victorieuse de 2017 à l’Élysée, il a accompagné le président de la République dans chacun de ses déplacements. Mais il ne terminera pas le quinquennat à ses côtés.
Christian Guédon, l’ancien gendarme dont Mediapart avait raconté le parcours pendant l’affaire Benalla, a discrètement quitté les rangs du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), le 15 septembre 2021, selon nos informations.
À certains de ses proches, cet officier de sécurité expérimenté avait porté, ces derniers mois, un regard sévère sur la protection du chef de l’État, de nouveau questionnée par deux événements récents : la gifle infligée par un militant royaliste le 8 juin, lors d’une visite dans la Drôme ; et l’œuf lancé le 27 septembre, au Salon international de la restauration, de l’hôtellerie et de l’alimentation (SIRHA), par un jeune homme, ensuite interné en psychiatrie.
En janvier 2020, déjà, des critiques sur les failles de la sécurité présidentielle avaient été formulées à la suite de l’exfiltration de Brigitte et Emmanuel Macron du théâtre parisien des Bouffes du Nord, dans le Xe arrondissement de la capitale. Le couple présidentiel, venu assister à une pièce, avait dû quitter la salle en catastrophe pour échapper aux quelques dizaines de manifestants qui s’étaient rassemblés sur place.
L’ancien conseiller présidentiel, Alexandre Benalla, avait alors publiquement jugé cette image « catastrophique », en taclant ouvertement les équipes élyséennes sur les réseaux sociaux : « On exfiltre un président de la République en cas de menaces imminentes d’atteinte à sa vie ou à son intégrité physique. Pour l’ordre public, on prend des mesures en amont, on se renseigne, on mobilise, on tient la position ! L’image de la fuite est toujours catastrophique… »
Après la gifle reçue le 8 juin, c’est plutôt l’attitude du chef de l’État qui a suscité des interrogations. Comme à son habitude, Emmanuel Macron avait ce jour-là subitement quitté le dispositif de sécurité pour aller serrer les mains des curieux coincés par une barrière de protection. Si l’initiative n’avait pas franchement surpris ses équipes, coutumières du fait, elle avait beaucoup étonné les professionnels.
L’ancien directeur du Service de protection des hautes personnalités (SPHP, devenu SDLP en 2013), René-Georges Querry, avait ainsi invité le président de la République à « perdre cette manie d’être physiquement au contact des gens ». « Pour moi, il n’y a pas objectivement eu de raté parce que les mesures en amont avaient déjà été prises, avait-il développé sur LCI. Le groupe de personnes n’était ni important, ni hostile. Il était composé de personnes d’âge mûr, contenues derrière une barrière avec des policiers qui ont manifestement, au préalable, contrôlé qu’elles n’étaient pas armées. »
Pour René-Georges Querry, la responsabilité reposait donc sur le seul comportement du chef de l’État : « Je pense que, désormais, la précaution sera de ne pas être au contact direct des gens mais d’avoir un recul d’un mètre pour éviter de prendre une gifle. » À l’Élysée, où l’on rappelle que le « risque zéro n’existe pas », en renvoyant aux précédents sous Nicolas Sarkozy et François Hollande, une réflexion a toutefois été engagée à la suite de cet événement.
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D’un côté je comprends bien que le GSPR s’arrache les cheveux avec des décisions prises a l’arrache dans les prévenir, mais en même temps… Si on en arrive a un point où quelqu’un essaie activement de buter Macron, le problème il est pas au niveau de la sécurité, mais du climat social. Oui, il a pris un oeuf, une claque, et c’est des risques que tu prends quand tu es impopulaire, est ce que ça justifie la sortie d’un gilet pare balles ?
Oui, c’est une figure de l’état importante, mais le GSPR fait suffisamment pour avoir évité et arrêté les cinglés avec une arme (le dernier vraiment chaud que j’ai en tête c’est Chirac en 2002 avec l’extrême-droite qui a vraiment tenté de le buter, mais il y a peut être plus récent?) depuis des années. Si tout ce qu’il reste c’est des gifles tellement molles que ma grand mère tape plus fort, c’est pas exactement dramatique.
Je l’ai déjà vu lors d’un passage dans ma ville, la sécurité est zéro et c’est vrai qu’il est un peu taré. Il entre au milieu de la foule, tu peux le toucher etc. Il y a une zone bouclée dans laquelle tu dois être fouillé pour entrer, mais les types à l’entrée ont l’air de faire à moitié leur job en ne fouillant pas un bon paquet de monde, et de toute façon, le président sort de cette zone laissant alors ouverte pour n’importe qui la possibilité de s’approcher sans fouille. Ensuite, il fait coucou à tout le monde en restant statique à l’entrée de sa voiture pendant assez longtemps.
Je me suis dit, il y a peut-être des tireurs d’élite sur les toits, mais s’il y en avait, ils étaient bien cachés.
Vous ne le savez peut être pas, mais le chef du gouvernement danois va faire ses courses tout seul dans les supermarchés. C’est pas vraiment la même philosophie…