Sonnés par la dissolution, les milieux patronaux cherchent à tisser au plus vite des liens avec le parti de Jordan Bardella. Entre « le cauchemar » de l’extrême droite et « le chaos » d’une chambre ingouvernable, ils optent pour le premier, avec l’espoir de tenir la main du RN sur l’économie.
Les dernières digues n’ont pas tenu une semaine. Sonné par la dissolution de l’Assemblée, le monde des affaires se retrouve plongé dans un inconnu qu’il déteste. Alors que le Rassemblement national (RN) se retrouve aux portes du pouvoir, le choix des dirigeants d’entreprise, qu’elle soit grande et petite, éliminant d’emblée le Nouveau Front populaire (NFP), est vite fait. *« Entre le cauchemar* [d’une majorité d’extrême droite – ndlr] *et le chaos* [d’une chambre ingouvernable – ndlr] *»*, comme le définit un connaisseur du monde des affaires, beaucoup estiment que le *« cauchemar »* est l’option préférable.
Depuis le 9 juin, tous se précipitent pour trouver les canaux, les relais, les réseaux qui leur permettent d’atteindre l’entourage de Marine Le Pen et, dans une moindre mesure, celui de Jordan Bardella, afin de faire passer les bons messages. De peser sur le programme économique et de le réécrire, en fermant les yeux sur tout le reste. *« Ils pensaient avoir trois ans pour sensibiliser le RN aux questions économiques et aux intérêts des entreprises, ils n’ont que trois semaines »*, constate un observateur, qui, comme toutes les personnes interrogées, a requis l’anonymat.
*« Bien sûr que les patrons du CAC 40 discutent avec le RN. Il est aux portes du pouvoir. Les groupes ont besoin de discuter avec le gouvernement, quel qu’il soit »*, confie un conseiller. *« Nous avons à veiller sur l’intérêt social de nos entreprises. Nous ne pouvons pas les ignorer »*, poursuit un dirigeant d’un grand groupe. *« Je ne pensais dire cela un jour, mais nous n’avons pas le choix »*, poursuit un autre.
Si des contacts anciens existent avec la Confédération des petites et moyennes entreprises (CGPME), ou avec les commerçants, sensibles aux discours « nationalistes », voire poujadistes du RN, le débat a déchiré pendant un certain temps les responsables du Medef.
D’un côté, il y avait ceux qui, emmenés par Pierre Gattaz (patron du Medef entre 2013 et 2018), soutenaient qu’il fallait parler avec le RN, de l’autre, une majorité qui refusait tout contact. Le débat s’est installé au sein même des groupes, comme chez Safran, où Olivier Andriès, directeur général du groupe aéronautique, prônait la discussion avec le RN, tandis que Ross McInnes, président du conseil, s’y opposait.
« Depuis l’automne, le veto est tombé, des passerelles ont été instituées », raconte un familier du monde patronal. C’est à cette époque que Marine Le Pen fait une entrée remarquée chez Laurent, un des restaurants du CAC 40, pour s’installer à la table d’Henri Proglio, ancien PDG de Veolia puis d’EDF. Ce déjeuner, raconté par Le Nouvel Obs, est vu comme un des marqueurs symboliques du basculement patronal à l’égard du RN.
Noooon ? Le patronat serait compatible avec les fachos ? Coloriez moi surpris
Ils le font déjà .
Au delà du titre putaclic typique de Mediapart, l’article est vraiment intéressant avec de bons témoignages.
Petit reminder que le bullshit RSE, l’humain d’abord, ensemble pour un monde meilleur ne vaut que pour ceux qui y croient.
La seule raison d’exister d’une entreprise à but lucratif est de générer de l’argent, et seule la loi permet de fixer des lignes rouges.
Je trouve qu’il y a beaucoup de parallèle avec la république de Weimar (malheureusement)
Le grand patronnat et la bourgeoisie prêt à vendre la france au RN pour pouvoir continuer de s’engraisser sur le dos des francais tel les gros porcs qu’ils sont. Rien de surprenant. Des parasites.
Pour eux, partager c’est pas possible. Ils feraient n’importe quoi pour y échapper.
Mais pourtant, on m’a dit sur airfrance que le rapprochement entre bourgeoisie et fascisme, c’est une analyse marxiste erronée.
Y’a un moment où va falloir que le patronat perde cette habitude de collaborer avec les fachos, je pense qu’ils ont pas compris quand on leur a collé la sécu et deux trois nationalisations, je pense qu’il faudrait recommencer.
« Nous avons à veiller sur l’intérêt social de nos entreprises ». Drôle de façon de dire : « on va pas lâcher une thune parce qu’on est des gros rats alors plutôt collaborer avec les fascistes que de faire baisser les dividendes. »
N’oubliez jamais les enfants : si un patron pouvait faire travailler gratuitement un nouveau né il le ferait.
Les patrons c’est comme les cochons.
Les patrons préfère les fachos a la gauche qui veux plus d’égalité.
Pikachu_surpris.jpg
Marion Marechal nous voilà !
“Plutôt Jordan que le Front Populaire” citeront les historiens dans les livres d’histoire pour expliquer cette période.
17 comments
# Le patronat se prépare à collaborer avec le RN
Sonnés par la dissolution, les milieux patronaux cherchent à tisser au plus vite des liens avec le parti de Jordan Bardella. Entre « le cauchemar » de l’extrême droite et « le chaos » d’une chambre ingouvernable, ils optent pour le premier, avec l’espoir de tenir la main du RN sur l’économie.
[Martine Orange](https://www.mediapart.fr/biographie/martine-orange)
20 juin 2024 à 19h39
Les dernières digues n’ont pas tenu une semaine. Sonné par la dissolution de l’Assemblée, le monde des affaires se retrouve plongé dans un inconnu qu’il déteste. Alors que le Rassemblement national (RN) se retrouve aux portes du pouvoir, le choix des dirigeants d’entreprise, qu’elle soit grande et petite, éliminant d’emblée le Nouveau Front populaire (NFP), est vite fait. *« Entre le cauchemar* [d’une majorité d’extrême droite – ndlr] *et le chaos* [d’une chambre ingouvernable – ndlr] *»*, comme le définit un connaisseur du monde des affaires, beaucoup estiment que le *« cauchemar »* est l’option préférable.
Depuis le 9 juin, tous se précipitent pour trouver les canaux, les relais, les réseaux qui leur permettent d’atteindre l’entourage de Marine Le Pen et, dans une moindre mesure, celui de Jordan Bardella, afin de faire passer les bons messages. De peser sur le programme économique et de le réécrire, en fermant les yeux sur tout le reste. *« Ils pensaient avoir trois ans pour sensibiliser le RN aux questions économiques et aux intérêts des entreprises, ils n’ont que trois semaines »*, constate un observateur, qui, comme toutes les personnes interrogées, a requis l’anonymat.
*« Bien sûr que les patrons du CAC 40 discutent avec le RN. Il est aux portes du pouvoir. Les groupes ont besoin de discuter avec le gouvernement, quel qu’il soit »*, confie un conseiller. *« Nous avons à veiller sur l’intérêt social de nos entreprises. Nous ne pouvons pas les ignorer »*, poursuit un dirigeant d’un grand groupe. *« Je ne pensais dire cela un jour, mais nous n’avons pas le choix »*, poursuit un autre.
Si des contacts anciens existent avec la Confédération des petites et moyennes entreprises (CGPME), ou avec les commerçants, sensibles aux discours « nationalistes », voire poujadistes du RN, le débat a déchiré pendant un certain temps les responsables du Medef.
D’un côté, il y avait ceux qui, emmenés par Pierre Gattaz (patron du Medef entre 2013 et 2018), soutenaient qu’il fallait parler avec le RN, de l’autre, une majorité qui refusait tout contact. Le débat s’est installé au sein même des groupes, comme chez Safran, où Olivier Andriès, directeur général du groupe aéronautique, prônait la discussion avec le RN, tandis que Ross McInnes, président du conseil, s’y opposait.
« Depuis l’automne, le veto est tombé, des passerelles ont été instituées », raconte un familier du monde patronal. C’est à cette époque que Marine Le Pen fait une entrée remarquée chez Laurent, un des restaurants du CAC 40, pour s’installer à la table d’Henri Proglio, ancien PDG de Veolia puis d’EDF. Ce déjeuner, raconté par Le Nouvel Obs, est vu comme un des marqueurs symboliques du basculement patronal à l’égard du RN.
Noooon ? Le patronat serait compatible avec les fachos ? Coloriez moi surpris
Ils le font déjà .
Au delà du titre putaclic typique de Mediapart, l’article est vraiment intéressant avec de bons témoignages.
Petit reminder que le bullshit RSE, l’humain d’abord, ensemble pour un monde meilleur ne vaut que pour ceux qui y croient.
La seule raison d’exister d’une entreprise à but lucratif est de générer de l’argent, et seule la loi permet de fixer des lignes rouges.
Je trouve qu’il y a beaucoup de parallèle avec la république de Weimar (malheureusement)
Le grand patronnat et la bourgeoisie prêt à vendre la france au RN pour pouvoir continuer de s’engraisser sur le dos des francais tel les gros porcs qu’ils sont. Rien de surprenant. Des parasites.
Pour eux, partager c’est pas possible. Ils feraient n’importe quoi pour y échapper.
Mais pourtant, on m’a dit sur airfrance que le rapprochement entre bourgeoisie et fascisme, c’est une analyse marxiste erronée.
Y’a un moment où va falloir que le patronat perde cette habitude de collaborer avec les fachos, je pense qu’ils ont pas compris quand on leur a collé la sécu et deux trois nationalisations, je pense qu’il faudrait recommencer.
« Nous avons à veiller sur l’intérêt social de nos entreprises ». Drôle de façon de dire : « on va pas lâcher une thune parce qu’on est des gros rats alors plutôt collaborer avec les fascistes que de faire baisser les dividendes. »
N’oubliez jamais les enfants : si un patron pouvait faire travailler gratuitement un nouveau né il le ferait.
Les patrons c’est comme les cochons.
Les patrons préfère les fachos a la gauche qui veux plus d’égalité.
Pikachu_surpris.jpg
Marion Marechal nous voilà !
“Plutôt Jordan que le Front Populaire” citeront les historiens dans les livres d’histoire pour expliquer cette période.
Qui aurait pu prévoir ?
La collaboration peut commencer