>Le leader de La France insoumise est certes très écouté et attendu par une partie de la gauche. Mais pour den ombreuses personnes, il est un épouvantail, et sa présence médiatique depuis deux semaines fait les affaires de Gabriel Attal et Jordan Bardella.
>
>Veut-il vraiment plomber la campagne du Nouveau Front populaire ? Jean-Luc Mélenchon multiplie depuis une semaine les rendez-vous télé (France 3, France 5…) ou les interviews dans la presse (20 minutes, le Figaro) pour rappeler notamment qu’il a «l’intention de gouverner ce pays». «Je ne m’élimine pas et je ne m’impose pas. Je pense que c’est une formule qui est assez respectueuse du collectif», a-t-il encore déclaré vendredi soir. Sauf que si des responsables du Nouveau Front populaire font savoir qu’ils en sont «capables» eux aussi, aucun autre leader de gauche ne se permet, aussi lourdement, de s’autosuggérer comme il le fait. Le sous-texte, conscient ou non, de cette phrase, c’est : «J’ai l’intention de faire foirer le NFP.» L’homme qui, dans toutes les enquêtes d’opinion, se dispute avec Eric Zemmour le plus fort taux de réprobation, est aussi présenté dans tous les discours de Gabriel Attal, patron de la campagne d’Ensemble (le mouvement canot de sauvetage du post-macronisme) ou Jordan Bardella, comme le favori pour Matignon à cette heure.
>
>Ils usent et abusent – c’est de bonne guerre – de ce nom devenu repoussoir. «Vous avez le choix entre un gouvernement Attal, Bardella ou Mélenchon», voilà ce que répètent à l’envi les deux grandes forces concurrentes du Nouveau Front populaire pour bien effrayer une partie des électeurs de gauche sincèrement convaincus qu’il faut sortir de cette ambiance de brutalisation permanente de la vie politique. Jean-Luc Mélenchon est à la tête d’un mouvement divisé, avec un noyau très dur regroupé autour de lui via une organisation verrouillée. Pourtant, c’est François Ruffin, devenu leader d’une opposition interne, informelle et de fait, qui est le vrai inspirateur du sursaut de cette gauche post-dissolution. C’est lui qui, le premier au soir des européennes du 9 juin, a eu l’idée lumineuse de proposer à toute la gauche de se regrouper en urgence sous la bannière du Front populaire. Si Mélenchon avait utilisé la formule en 2018, ces prises de parole qui ont suivi l’annonce de la dissolution ne faisaient pas référence à cette stratégie d’union de la gauche jusqu’au Parti socialiste. C’est donc Ruffin qui, en ressortant ce vieux drapeau, souligne efficacement la spécificité de la gauche dans ce moment grave que le pays traverse : la gauche seule peut s’appuyer sur son passé.
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>Le macronisme, n’ayant jamais su se définir, ne s’inscrit dans aucune lignée identifiable et le Rassemblement national ne peut décemment pas invoquer ses ancêtres vus leur pedigree collaborationniste ou Algérie française violemment antigaulliste. François Ruffin, qui ne transige pas sur la radicalité de ses propositions, tente utilement d’adopter une attitude de conciliation et d’ouverture. Où est-il ? Il fait campagne sur le terrain pendant que Jean-Luc Mélenchon, en épouvantail de la gauche, ruine la campagne sur les plateaux de télé.
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>Et que devient Raphaël Glucksmann ? L’homme qui a réveillé la gauche par sa campagne victorieuse lors des européennes et que les sondages placent largement en tête des Premiers ministres potentiels préférés des électeurs de gauche ? Lui aussi, très présent auprès des candidats, est éclipsé dans tous les discours des leaders macronistes ou d’extrême droite. Quand il est invité dans les médias, il refuse, en toute logique démocratique, de se proposer pour Matignon. Le refus (et surtout l’impossibilité) du Nouveau Front populaire d’afficher son candidat pour Matignon est politiquement, stratégiquement tout à fait compréhensible. Il est aussi dans la logique de ces élections destinées à fournir une majorité parlementaire qui ne se constate – au mieux – qu’au soir du scrutin. Il ne s’agit pas d’une sous-présidentielle destinée à élire l’occupant de Matignon.
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>Le Nouveau Front populaire, en ne désignant pas son candidat, respecte donc la logique institutionnelle de l’élection législative. Il s’évite aussi (et sans doute surtout) une cause de division inutile avant que le juge de paix, que constituera le nouveau rapport de force parlementaire, fasse son oeuvre. Mais, à l’inverse, rien ne l’empêche de désigner clairement (explicitement ou très implicitement) celui qui ne sera pas Premier ministre. Il serait de bonne politique, si toutefois les responsables du NFP veulent s’assurer de bons reports de voix entre les deux tours et empêcher le RN d’avoir la majorité absolue, de faire savoir que, en tout état de cause et sans exclure aucun parti pour Matignon, non, Jean-Luc Mélenchon, ne sera pas le Premier ministre le 8 juillet.
Thomas Legrand, Libération, dimanche 23 juin
Sur l’idée générale je suis d’accord : le NFP gagnerait (idéalement jusqu’à la majorité) si Mélenchon disait ouvertement qu’il renonce à être premier ministre. Il est brandit par tous les médias et autres partis comme le premier minsitre du NFP, il dit lui-même qu’il veut bien l’être, alors qu’il repousse. Je lui donne entièrement raison là-dessus. Mais ! Ca reste important, il faut conserver le gage que c’est toujours LFI qui propose le premier ministre.
Mélenchon, c’est pas une des bêtes noires de Thomas Legrand depuis longtemps ?
L’info est matraquée h24 dans tous les médias depuis l’annonce de la dissolution. Si une personne n’avait pas l’info, il faut la mettre dans un bocal et l’exposer dans un musée, c’est un spécimen rarissime.
Je suis pas sûr que le harceler pour qu’il renonce soit la meilleure stratégie non plus
Cette campagne n’était pas à propos de Lui, il aura tenu une semaine.
Quel putain de boulet ce mec. Insupportable, je comprends que des gens n’aient pas envie de voter NFP car ce type est toujours là
Il est devenu le tonton gênant qu on invite plus au réunion de famille
Fallait pas l’accuser d’antisémitisme, maintenant si il se retire ce serait un aveux de culpabilité. si tu prends 2 secondes son point de vue, c’est impensable.
C’est quand même marrant tous ces journalistes dits de gauche qui aboient avec le reste de la meute Bolloréenne. Ça m’interroge quand même.
Plus les journalistes des grands médias ont peur, plus c’est rassurant !
Je pense que même si Mélenchon renonce, la LFI restera un problème. Même si la LFI renonce, X sera un problème. Les médias ont déjà choisi que la NFP sera leur cible, et ce n’est pas à cause de Mélenchon ou LFI, mais du programme de la NFP en lui même qui mettra à mal les riches propriétaires de ces médias. Donc je pense que c’est de la naïveté de croire que si Mélenchon renonce à Matignon, ça améliorera la situation de la gauche.
L’antimélenchonisme à son paroxysme.
Je suis certain que c’est beaucoup mieux de voter macroniste ou fasciste parce que les médias matraquent leur campagne contre lui.
Moi je veux pas d’un sac à merde à la Glucksman comme.premier ministre, du coup je voterai pas NFP non plus … /s
On va allez loin contre l’ ED avec cette mentalité.
On t’as rien demandé Thomas
En soit j’ai l’espoir naïf et secret que la stratégie de Melenchon soit de laisser planner le doute jusqu’au dernier moment pour faire paratonnerre pendant toute la campagne et attirer toute les critiques sur lui et annoncer clairement qu’il ne sera pas PM au denier moment (1 ou 2 jours avant le vote?) Et la horizon, le RN et les journalistes se retrouveraient pris de cours avec plus d’homme de paille a taper.
Mais bon je suis surement juste naïf. On peut rêver…
Y’a pas un islamo-gauchistes qui veut se sacrifier et le planquer dans une cave jusqu’au 8 Juillet?
Conditions parfaite pour discuter de Marx en plus.
Vraiment cette histoire, plus je vois des gens être contre, plus je m’interroge et plus j’ai envie qu’il y aille. Parce qu’il faut pas se cacher, derrière le personnage il y a une question de ligne politique. Un Mélenchon face à Macron, ce sera pas un Hollande, un Glucksmann ou un Jadot. Ou même un Ruffin, qui encore une fois manque de cuir et de travail. Ce qui pose problème dans le fond c’est la ligne radicale du leader LFI.
Voir Legrand faire trois billets par semaine anti Mélenchon, Viktorovitch et Ruffin se dédire eux-mêmes (« il faut faire l’union à tout prix » puis chercher la petite bête semaine suivante), les médias de droite l’utiliser comme repoussoir, alors qu’il fait une bonne campagne jusqu’ici (suffit de l’écouter), les accusations ridicules d’antisémitisme, les deux « extrêmes » mis dos à dos, ça me sidère. Mais je pense que ça traduit une certaine peur car l’échéance se rapproche et la possibilité qu’il soit PM devient tangible.
J’ai plein de choses à lui reprocher à Jean-Luc (ses positions pro russe après l’annexion de la Crimée, les non votes de LFI sur le genocide des Ouighours ou sur le soutien à l’Ukraine, sa tribune qui nie l’antisemitisme croissant le mois dernier, etc.) mais c’est un des seuls à gauche qui a à la fois les épaules et la ligne politique qui tienne la route.
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>Le leader de La France insoumise est certes très écouté et attendu par une partie de la gauche. Mais pour den ombreuses personnes, il est un épouvantail, et sa présence médiatique depuis deux semaines fait les affaires de Gabriel Attal et Jordan Bardella.
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>Veut-il vraiment plomber la campagne du Nouveau Front populaire ? Jean-Luc Mélenchon multiplie depuis une semaine les rendez-vous télé (France 3, France 5…) ou les interviews dans la presse (20 minutes, le Figaro) pour rappeler notamment qu’il a «l’intention de gouverner ce pays». «Je ne m’élimine pas et je ne m’impose pas. Je pense que c’est une formule qui est assez respectueuse du collectif», a-t-il encore déclaré vendredi soir. Sauf que si des responsables du Nouveau Front populaire font savoir qu’ils en sont «capables» eux aussi, aucun autre leader de gauche ne se permet, aussi lourdement, de s’autosuggérer comme il le fait. Le sous-texte, conscient ou non, de cette phrase, c’est : «J’ai l’intention de faire foirer le NFP.» L’homme qui, dans toutes les enquêtes d’opinion, se dispute avec Eric Zemmour le plus fort taux de réprobation, est aussi présenté dans tous les discours de Gabriel Attal, patron de la campagne d’Ensemble (le mouvement canot de sauvetage du post-macronisme) ou Jordan Bardella, comme le favori pour Matignon à cette heure.
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>Ils usent et abusent – c’est de bonne guerre – de ce nom devenu repoussoir. «Vous avez le choix entre un gouvernement Attal, Bardella ou Mélenchon», voilà ce que répètent à l’envi les deux grandes forces concurrentes du Nouveau Front populaire pour bien effrayer une partie des électeurs de gauche sincèrement convaincus qu’il faut sortir de cette ambiance de brutalisation permanente de la vie politique. Jean-Luc Mélenchon est à la tête d’un mouvement divisé, avec un noyau très dur regroupé autour de lui via une organisation verrouillée. Pourtant, c’est François Ruffin, devenu leader d’une opposition interne, informelle et de fait, qui est le vrai inspirateur du sursaut de cette gauche post-dissolution. C’est lui qui, le premier au soir des européennes du 9 juin, a eu l’idée lumineuse de proposer à toute la gauche de se regrouper en urgence sous la bannière du Front populaire. Si Mélenchon avait utilisé la formule en 2018, ces prises de parole qui ont suivi l’annonce de la dissolution ne faisaient pas référence à cette stratégie d’union de la gauche jusqu’au Parti socialiste. C’est donc Ruffin qui, en ressortant ce vieux drapeau, souligne efficacement la spécificité de la gauche dans ce moment grave que le pays traverse : la gauche seule peut s’appuyer sur son passé.
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>Le macronisme, n’ayant jamais su se définir, ne s’inscrit dans aucune lignée identifiable et le Rassemblement national ne peut décemment pas invoquer ses ancêtres vus leur pedigree collaborationniste ou Algérie française violemment antigaulliste. François Ruffin, qui ne transige pas sur la radicalité de ses propositions, tente utilement d’adopter une attitude de conciliation et d’ouverture. Où est-il ? Il fait campagne sur le terrain pendant que Jean-Luc Mélenchon, en épouvantail de la gauche, ruine la campagne sur les plateaux de télé.
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>Et que devient Raphaël Glucksmann ? L’homme qui a réveillé la gauche par sa campagne victorieuse lors des européennes et que les sondages placent largement en tête des Premiers ministres potentiels préférés des électeurs de gauche ? Lui aussi, très présent auprès des candidats, est éclipsé dans tous les discours des leaders macronistes ou d’extrême droite. Quand il est invité dans les médias, il refuse, en toute logique démocratique, de se proposer pour Matignon. Le refus (et surtout l’impossibilité) du Nouveau Front populaire d’afficher son candidat pour Matignon est politiquement, stratégiquement tout à fait compréhensible. Il est aussi dans la logique de ces élections destinées à fournir une majorité parlementaire qui ne se constate – au mieux – qu’au soir du scrutin. Il ne s’agit pas d’une sous-présidentielle destinée à élire l’occupant de Matignon.
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>Le Nouveau Front populaire, en ne désignant pas son candidat, respecte donc la logique institutionnelle de l’élection législative. Il s’évite aussi (et sans doute surtout) une cause de division inutile avant que le juge de paix, que constituera le nouveau rapport de force parlementaire, fasse son oeuvre. Mais, à l’inverse, rien ne l’empêche de désigner clairement (explicitement ou très implicitement) celui qui ne sera pas Premier ministre. Il serait de bonne politique, si toutefois les responsables du NFP veulent s’assurer de bons reports de voix entre les deux tours et empêcher le RN d’avoir la majorité absolue, de faire savoir que, en tout état de cause et sans exclure aucun parti pour Matignon, non, Jean-Luc Mélenchon, ne sera pas le Premier ministre le 8 juillet.
Thomas Legrand, Libération, dimanche 23 juin
Sur l’idée générale je suis d’accord : le NFP gagnerait (idéalement jusqu’à la majorité) si Mélenchon disait ouvertement qu’il renonce à être premier ministre. Il est brandit par tous les médias et autres partis comme le premier minsitre du NFP, il dit lui-même qu’il veut bien l’être, alors qu’il repousse. Je lui donne entièrement raison là-dessus. Mais ! Ca reste important, il faut conserver le gage que c’est toujours LFI qui propose le premier ministre.
Mélenchon, c’est pas une des bêtes noires de Thomas Legrand depuis longtemps ?
L’info est matraquée h24 dans tous les médias depuis l’annonce de la dissolution. Si une personne n’avait pas l’info, il faut la mettre dans un bocal et l’exposer dans un musée, c’est un spécimen rarissime.
Je suis pas sûr que le harceler pour qu’il renonce soit la meilleure stratégie non plus
Cette campagne n’était pas à propos de Lui, il aura tenu une semaine.
Quel putain de boulet ce mec. Insupportable, je comprends que des gens n’aient pas envie de voter NFP car ce type est toujours là
Il est devenu le tonton gênant qu on invite plus au réunion de famille
Fallait pas l’accuser d’antisémitisme, maintenant si il se retire ce serait un aveux de culpabilité. si tu prends 2 secondes son point de vue, c’est impensable.
C’est quand même marrant tous ces journalistes dits de gauche qui aboient avec le reste de la meute Bolloréenne. Ça m’interroge quand même.
Plus les journalistes des grands médias ont peur, plus c’est rassurant !
Je pense que même si Mélenchon renonce, la LFI restera un problème. Même si la LFI renonce, X sera un problème. Les médias ont déjà choisi que la NFP sera leur cible, et ce n’est pas à cause de Mélenchon ou LFI, mais du programme de la NFP en lui même qui mettra à mal les riches propriétaires de ces médias. Donc je pense que c’est de la naïveté de croire que si Mélenchon renonce à Matignon, ça améliorera la situation de la gauche.
L’antimélenchonisme à son paroxysme.
Je suis certain que c’est beaucoup mieux de voter macroniste ou fasciste parce que les médias matraquent leur campagne contre lui.
Moi je veux pas d’un sac à merde à la Glucksman comme.premier ministre, du coup je voterai pas NFP non plus … /s
On va allez loin contre l’ ED avec cette mentalité.
On t’as rien demandé Thomas
En soit j’ai l’espoir naïf et secret que la stratégie de Melenchon soit de laisser planner le doute jusqu’au dernier moment pour faire paratonnerre pendant toute la campagne et attirer toute les critiques sur lui et annoncer clairement qu’il ne sera pas PM au denier moment (1 ou 2 jours avant le vote?) Et la horizon, le RN et les journalistes se retrouveraient pris de cours avec plus d’homme de paille a taper.
Mais bon je suis surement juste naïf. On peut rêver…
Y’a pas un islamo-gauchistes qui veut se sacrifier et le planquer dans une cave jusqu’au 8 Juillet?
Conditions parfaite pour discuter de Marx en plus.
Vraiment cette histoire, plus je vois des gens être contre, plus je m’interroge et plus j’ai envie qu’il y aille. Parce qu’il faut pas se cacher, derrière le personnage il y a une question de ligne politique. Un Mélenchon face à Macron, ce sera pas un Hollande, un Glucksmann ou un Jadot. Ou même un Ruffin, qui encore une fois manque de cuir et de travail. Ce qui pose problème dans le fond c’est la ligne radicale du leader LFI.
Voir Legrand faire trois billets par semaine anti Mélenchon, Viktorovitch et Ruffin se dédire eux-mêmes (« il faut faire l’union à tout prix » puis chercher la petite bête semaine suivante), les médias de droite l’utiliser comme repoussoir, alors qu’il fait une bonne campagne jusqu’ici (suffit de l’écouter), les accusations ridicules d’antisémitisme, les deux « extrêmes » mis dos à dos, ça me sidère. Mais je pense que ça traduit une certaine peur car l’échéance se rapproche et la possibilité qu’il soit PM devient tangible.
J’ai plein de choses à lui reprocher à Jean-Luc (ses positions pro russe après l’annexion de la Crimée, les non votes de LFI sur le genocide des Ouighours ou sur le soutien à l’Ukraine, sa tribune qui nie l’antisemitisme croissant le mois dernier, etc.) mais c’est un des seuls à gauche qui a à la fois les épaules et la ligne politique qui tienne la route.