**Le baromètre Voltaire-Ipsos, publié lundi, révèle que 76 % des employeurs sont confrontés quotidiennement aux lacunes de leurs équipes, et que la qualité du français l’emporte désormais sur la connaissance de l’anglais dans les critères de recrutement.**
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Ecrire « développeur » avec un seul « p » sur son CV quand on postule réduit sérieusement les chances d’être embauché, même en période de pénurie de compétences high-tech. « On fait en sorte que les algorithmes comprennent un CV ou une offre d’emploi même avec un seul “p” ou deux “l” à “développeur” », relativise Thomas Allaire, responsable des données chez Hellowork, mais, au moment du choix final, le responsable des ressources humaines est moins tolérant que l’algorithme.
Le baromètre Voltaire-Ipsos, publié lundi 25 octobre, révèle que, pour 86 % des recruteurs, la maîtrise de l’expression écrite et orale et de l’orthographe est devenue fondamentale, car les fautes des salariés coûtent trop cher à l’entreprise. « Soixante-seize pour cent des employeurs se trouvent confrontés quotidiennement aux lacunes de leurs équipes, avec des répercussions très importantes sur leur crédibilité et leur efficacité professionnelle et, par conséquent, sur la réputation, la productivité et même la performance financière des entreprises », fait valoir le baromètre Voltaire-Ipsos.
Le français est même devenu un critère de sélection prioritaire sur l’anglais. Quatre-vingts pour cent des recruteurs écartent les candidats ayant une mauvaise qualité d’expression écrite française, quand seuls 30 % rejettent ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare. Réalisé auprès de 2 500 décideurs (RH, recruteurs, manageurs), interrogés en deux vagues en mai et en septembre, le baromètre Voltaire-Ipsos reflète les pratiques des entreprise de taille intermédiaire (ETI), et des petites et moyennes entreprises (PME) de plus de 50 salariés de tous secteurs.
Les recruteurs ont toujours été attentifs au niveau de français. Dès 2011, une étude de Robert Half montrait que 82 % d’entre eux étaient sensibles à l’orthographe et que 35 % mettaient le CV à la corbeille à partir de trois fautes. Puis, en 2016, c’est dès la première faute d’orthographe dans le CV que le candidat était écarté, selon une étude de Christelle Martin-Lacroix, chercheuse de l’université de Toulon. Et, en 2021, l’évolution de carrière est menacée. « Pour plus de 80 % des employeurs, les fautes de grammaire ou de conjugaison sont rédhibitoires pour accorder une promotion », affirme le baromètre Voltaire-Ipsos.
**« Le niveau a fortement baissé »**
Et pourtant, les fautes se multiplient dans tous les documents. « Le niveau a fortement baissé ces dernières années, même à la sortie des meilleures écoles. Plus on progresse dans l’entreprise, plus la représentation est importante, et donc la forme. Beaucoup de dirigeants écrivent d’ailleurs plus souvent en anglais, non tant pour un lectorat non francophone que pour éviter des fautes », témoigne Emmanuel Dufour, responsable en recrutement de dirigeants chez Segalen & associés.
L’enjeu pour les entreprises a été renforcé par l’essor du télétravail. « On demande de plus en plus de rapports écrits aux manageurs, aux commerciaux comme aux techniciens. Le besoin est prégnant sur la partie relations clients. Savoir être précis, concis, maîtriser des formats d’expression très courts, et le tout sans fautes, est devenu primordial », explique Mélanie Viénot, la présidente du Projet Voltaire. Entre le travail à distance et la numérisation des procédures, on écrit davantage et plus souvent. Pour preuve : 1,4 milliard d’e-mails sont envoyés chaque jour en France.
Ce qui pose un problème de management pour corriger la situation entre les salariés qui s’inquiètent de ce que l’employeur sait de leurs faiblesses et ceux qui ne se sentent pas concernés, car ils pensent avoir une bonne maîtrise du français. « Quand vous niez une lacune, on ne peut pas l’améliorer », remarque Angélique Terreaux, responsable du développement RH et des relations sociales du laboratoire Aguettant.
Mais comment aborder le sujet ? « Je ne sais plus quoi faire. Il est plutôt brillant, mais, quand il envoie un mail aux clients, je m’inquiète pour notre image. Malgré un bac + 5, il ne peut pas écrire trois lignes sans faire de fautes. Je ne sais ni comment lui en parler ni comment régler le problème », confie la directrice des ressources humaines d’une PME de services, qui a voulu garder l’anonymat. En effet, comment expliquer à un haut potentiel qu’il manque de compétences de base.
**L’image de l’entreprise**
Le top 10 des fautes d’orthographe au travail n’a pas vraiment changé : l’oubli des accords de genre ou de nombre, l’accord du participe passé, l’accent du « a » quand ce n’est pas l’auxiliaire avoir, la confusion entre le futur et le conditionnel… Autant de règles normalement apprises durant les premières années de la scolarité. « Il y a moins de gêne que par le passé à reprendre des cours de fondamentaux tellement le niveau général a baissé », pondère Emmanuel Dufour. Au laboratoire Aguettant, Angélique Terreaux a décidé de proposer un accès libre à un programme d’entraînement en ligne à l’ensemble des collaborateurs pour ne stigmatiser ni oublier personne.
Car un mauvais français dégrade l’image de l’entreprise, mais potentiellement aussi la qualité des produits. Au laboratoire Aguettant, « on fabrique des médicaments ». « On écrit ce qu’on fait et on fait ce qu’on écrit. Dès lors qu’il y a un écart entre les procédures écrites et ce qui se passe réellement, on doit tout stopper et décrire ce qui s’est passé, afin de rectifier les procédures. De la clarté du message dépendra le résultat », décrit Angélique Terreaux.
Si le recours à la certification d’orthographe n’est pas encore courant sur les CV, la formation des salariés en poste pour l’obtenir se répand, en revanche, doucement dans les entreprises. Le nombre de certifiés du Projet Voltaire est ainsi passé de 16 000 en 2014 à 65 000 en 2020, pour un total de 25,2 millions de salariés en France.
La Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV), par exemple, qui avait constaté une certaine hétérogénéité de l’aisance rédactionnelle, a proposé aux 14 000 salariés de la CNAV et des Carsat de suivre le programme. « Il a remporté un franc succès auprès du tiers des salariés qui s’en sont volontairement emparés », assure Jérôme Friteau, qui l’a mis en place en tant que directeur des ressources humaines. La qualité du français écrit comme oral est désormais dans le top 5 des critères de recrutement, juste derrière la maîtrise des compétences techniques.
Si on laisse les RH filtrer les dev sur la grammaire, faut pas s’étonner qu’on n’arrive pas à embaucher.
Wesh, cé abuser.
Mon chef galère avec l’orthographe, et c’est pourtant lui le chef.
Quand je lis les mails que je reçois de certains fournisseurs, j’ai juste envie de hurler…
Le pire que j’ai eu à supporter était un capitaine de l’armée de l’air, qui était incapable d’écrire une ligne sans faire 3 fautes. Ça la foutait mal sur les courriers officiels.
>Et pourtant, les fautes se multiplient dans tous les documents. « Le niveau a fortement baissé ces dernières années, même à la sortie des meilleures écoles.
Mais pourquoi il baisse, le niveau ? Je ne comprends toujours pas. Trop de temps consacré aux autres apprentissages à l’école élémentaire ?
A quand une vraie réforme de l’orthographe sinon ?
Donc en gros le Projet Voltaire nous vend sa certification et se commande un article dans la presse parisienne pour nous expliquer que tout va plus mal, mais que grâce à eux, on peut se faire certifier sur un point ne concernant pas le coeur de métier ? Ça suinte tellement l’article de commande, surfant sur le sentiment rance “c’était mieux avant”…
C’est sur que pendant qu’on apprend le français à des développeurs en France, on ne leur permet pas de faire leur métier. Ça aide aussi à pas trop focaliser sur le produit qu’on vend. Tellement symptomatique du décalage complet entre les élites et l’opérationnel.
Je constate également une baisse de niveau choquante dans les articles de presse en accès libre chez les grands groupes de presse traditionnelle
J’ai la chance d’avoir un métier où tout le monde sait écrire, mais c’est fou à quel point les gens ne savent pas rédiger correctement, au-delà même des fautes d’orthographe. Les formules de politesse par exemple sont utilisées sans réflexion, ou certaines nuances des tournures de phrase leur passent au-dessus de la tête.
Parler de maîtrise du français en foutant un anglicisme dans le titre, magnifique.
mdr
Je me rappelle qu’au lycée, quand je commençais à m’inquiéter d’être un pur branleur allergique à l’effort, je me rassurais en me disant “de toute façon même en branlant rien, t’auras toujours moyen de trouver un travail juste en ayant trois neurones alignés et une bonne orthographe”
No mais, ses nimporte kwa, tnt que on c comprens ses bom kwa mdr 😂😂😂😂
Entre ceux qui ne sont pas capables d’aligner 3 mots sans faire 5 fautes, ceux qui se sentent obligés de caser des anglicismes et ceux qui veulent “révolutionner” la langue à coups “d’écriture inclusive”, on est mal barré…
Vive l’anglais pour le coup … même si je suis un amoureux de la France, je suis incapable à 28 ans (et malgré mon école d’ingénieur) d’écrire un texte sans faute …
Écrire sur les réseaux sociaux, ou sur son blog, des phrases de plus de 2 lignes, ça peut participer à l’entraînement.
Je me rappellerai toujours d’un spectacle magnifique: la faute de l’orthographe.
Avec quelques perles mémorable.
Comme Mézelay, chargé par l’Académie Française de définir des règles pour l’orthographe, déclarant que l’orthographe doit distinguer “les gens de Lettres d’avec les Ignorants et les simples femmes”.
Splendide.
Ou cette révélation, pourtant des plus simplistes: tout comme la carte n’est pas le territoire, l’orthographe *n’est pas* la langue. Simplement une manière, codifiée et artificielle, de la représenter graphiquement.
Ou, enfin, l’origine du pluriel en x. Sublime, superbe, désolante.
Du coup, le titre de l’article ne devrait-il pas être “La maîtrise du français, nouvel enjeu d’encadrement” ?
Culotté quand 99% des postes du numérique se vendent comme des postes dans le “Digital”
**Unpopular opinion**
En même temps on l’a bien cherché, le français est une langue imbitable. Ma compagne chinoise apprend le français et je suis incapable de lui expliquer le pourquoi du comment ceci prend un s ou pourquoi à tel endroit on doit utiliser tel ou tel temps, il faut absolument passer par le prof de FLE de l’alliance française pour lui expliquer des trucs.
C’est juste incompréhensible.
Sérieusement j’ai appris le PUTAIN de chinois et j’ai l’impression d’en avoir moins chié par rapport à l’apprentissage du français qui est ma langue maternelle. Le Mandarin c’est clair c’est net, il n’y a pas de grammaire à la con alambiquée, pas de genre (avouez que c’est le truc le plus pété ça !!! //Lol table c’est féminin//) les phrases se construisent comme des legos, il y a une logique. La prononciation demande de la pratique mais c’est jouable et les hanzi c’est de la répétition.
Pour sortir des conneries du style « oui on va mettre des points médians pour que personne ne soit exclu•e•s », il y en a du monde !! Mais pour pondre une réforme de simplification de cette langue à la con, là, il n’y a plus personne.
Surtout se serait (putain voila, j’ai encore perdu 5sec à me demander: serai ou serait ??) intéressant de savoir quel sont les répercussions en terme d’exclusion sociale etc… parce que forcément avec une telle langue à la con, il doit y avoir un phénomène de reproduction des élites assez ouf…
Voilà, j’ai fini mon rant… merde !
Enfin en pratique, toutes les fautes répertoriées sont inaudibles… Il peut y avoir des situations où il peut y avoir confusion sur le sens, mais généralement c’est purement de la forme.
Pour faire moins de fautes d’orthographe, il suffit d’écrire plus lentement, et de se relire. C’est à dire une perte de productivité.
Puis, on demande aussi au gens d’être quasi bilingue. Sauf que l’anglais c’est très confusiogène, parce que developer, et développeur, c’est quasiment le même son. On a aussi les claviers de téléphone portable, où il est parfois compliqué de trouver les accents, dont on les omet souvent par convenance.
Je cherche un dev web et je prend les dyslexiques.
Il y a différentes manières d’apprendre à maîtriser l’orthographe mais la maîtrise du français ne s’acquiert que par la lecture.
Je trouve le nombre de gens qui ne lisent pas déprimant et effrayant.
Deux choses:
– j’écris 20 à 30 mails par jours minimum, je n’ai pas l’attention (et le niveau d’orthographe suffisant, et l’énergie) me permettant de répondre vite et juste. Je change également de langue aussi très rapidement (je réponds en français et anglais). Ma boîte paie pour grammarly pour l’anglais, je paie 90 euros de ma poche par an pour Antidote. C’est le seul moyen sûr que j’ai trouvé pour ne plus faire des fautes basiques.
– depuis que j’ai vu cette vidéo, j’ai changé ma vision sur l’orthographe : https://www.youtube.com/watch?v=5YO7Vg1ByA8
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**Le baromètre Voltaire-Ipsos, publié lundi, révèle que 76 % des employeurs sont confrontés quotidiennement aux lacunes de leurs équipes, et que la qualité du français l’emporte désormais sur la connaissance de l’anglais dans les critères de recrutement.**
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Ecrire « développeur » avec un seul « p » sur son CV quand on postule réduit sérieusement les chances d’être embauché, même en période de pénurie de compétences high-tech. « On fait en sorte que les algorithmes comprennent un CV ou une offre d’emploi même avec un seul “p” ou deux “l” à “développeur” », relativise Thomas Allaire, responsable des données chez Hellowork, mais, au moment du choix final, le responsable des ressources humaines est moins tolérant que l’algorithme.
Le baromètre Voltaire-Ipsos, publié lundi 25 octobre, révèle que, pour 86 % des recruteurs, la maîtrise de l’expression écrite et orale et de l’orthographe est devenue fondamentale, car les fautes des salariés coûtent trop cher à l’entreprise. « Soixante-seize pour cent des employeurs se trouvent confrontés quotidiennement aux lacunes de leurs équipes, avec des répercussions très importantes sur leur crédibilité et leur efficacité professionnelle et, par conséquent, sur la réputation, la productivité et même la performance financière des entreprises », fait valoir le baromètre Voltaire-Ipsos.
Le français est même devenu un critère de sélection prioritaire sur l’anglais. Quatre-vingts pour cent des recruteurs écartent les candidats ayant une mauvaise qualité d’expression écrite française, quand seuls 30 % rejettent ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare. Réalisé auprès de 2 500 décideurs (RH, recruteurs, manageurs), interrogés en deux vagues en mai et en septembre, le baromètre Voltaire-Ipsos reflète les pratiques des entreprise de taille intermédiaire (ETI), et des petites et moyennes entreprises (PME) de plus de 50 salariés de tous secteurs.
Les recruteurs ont toujours été attentifs au niveau de français. Dès 2011, une étude de Robert Half montrait que 82 % d’entre eux étaient sensibles à l’orthographe et que 35 % mettaient le CV à la corbeille à partir de trois fautes. Puis, en 2016, c’est dès la première faute d’orthographe dans le CV que le candidat était écarté, selon une étude de Christelle Martin-Lacroix, chercheuse de l’université de Toulon. Et, en 2021, l’évolution de carrière est menacée. « Pour plus de 80 % des employeurs, les fautes de grammaire ou de conjugaison sont rédhibitoires pour accorder une promotion », affirme le baromètre Voltaire-Ipsos.
**« Le niveau a fortement baissé »**
Et pourtant, les fautes se multiplient dans tous les documents. « Le niveau a fortement baissé ces dernières années, même à la sortie des meilleures écoles. Plus on progresse dans l’entreprise, plus la représentation est importante, et donc la forme. Beaucoup de dirigeants écrivent d’ailleurs plus souvent en anglais, non tant pour un lectorat non francophone que pour éviter des fautes », témoigne Emmanuel Dufour, responsable en recrutement de dirigeants chez Segalen & associés.
L’enjeu pour les entreprises a été renforcé par l’essor du télétravail. « On demande de plus en plus de rapports écrits aux manageurs, aux commerciaux comme aux techniciens. Le besoin est prégnant sur la partie relations clients. Savoir être précis, concis, maîtriser des formats d’expression très courts, et le tout sans fautes, est devenu primordial », explique Mélanie Viénot, la présidente du Projet Voltaire. Entre le travail à distance et la numérisation des procédures, on écrit davantage et plus souvent. Pour preuve : 1,4 milliard d’e-mails sont envoyés chaque jour en France.
Ce qui pose un problème de management pour corriger la situation entre les salariés qui s’inquiètent de ce que l’employeur sait de leurs faiblesses et ceux qui ne se sentent pas concernés, car ils pensent avoir une bonne maîtrise du français. « Quand vous niez une lacune, on ne peut pas l’améliorer », remarque Angélique Terreaux, responsable du développement RH et des relations sociales du laboratoire Aguettant.
Mais comment aborder le sujet ? « Je ne sais plus quoi faire. Il est plutôt brillant, mais, quand il envoie un mail aux clients, je m’inquiète pour notre image. Malgré un bac + 5, il ne peut pas écrire trois lignes sans faire de fautes. Je ne sais ni comment lui en parler ni comment régler le problème », confie la directrice des ressources humaines d’une PME de services, qui a voulu garder l’anonymat. En effet, comment expliquer à un haut potentiel qu’il manque de compétences de base.
**L’image de l’entreprise**
Le top 10 des fautes d’orthographe au travail n’a pas vraiment changé : l’oubli des accords de genre ou de nombre, l’accord du participe passé, l’accent du « a » quand ce n’est pas l’auxiliaire avoir, la confusion entre le futur et le conditionnel… Autant de règles normalement apprises durant les premières années de la scolarité. « Il y a moins de gêne que par le passé à reprendre des cours de fondamentaux tellement le niveau général a baissé », pondère Emmanuel Dufour. Au laboratoire Aguettant, Angélique Terreaux a décidé de proposer un accès libre à un programme d’entraînement en ligne à l’ensemble des collaborateurs pour ne stigmatiser ni oublier personne.
Car un mauvais français dégrade l’image de l’entreprise, mais potentiellement aussi la qualité des produits. Au laboratoire Aguettant, « on fabrique des médicaments ». « On écrit ce qu’on fait et on fait ce qu’on écrit. Dès lors qu’il y a un écart entre les procédures écrites et ce qui se passe réellement, on doit tout stopper et décrire ce qui s’est passé, afin de rectifier les procédures. De la clarté du message dépendra le résultat », décrit Angélique Terreaux.
Si le recours à la certification d’orthographe n’est pas encore courant sur les CV, la formation des salariés en poste pour l’obtenir se répand, en revanche, doucement dans les entreprises. Le nombre de certifiés du Projet Voltaire est ainsi passé de 16 000 en 2014 à 65 000 en 2020, pour un total de 25,2 millions de salariés en France.
La Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV), par exemple, qui avait constaté une certaine hétérogénéité de l’aisance rédactionnelle, a proposé aux 14 000 salariés de la CNAV et des Carsat de suivre le programme. « Il a remporté un franc succès auprès du tiers des salariés qui s’en sont volontairement emparés », assure Jérôme Friteau, qui l’a mis en place en tant que directeur des ressources humaines. La qualité du français écrit comme oral est désormais dans le top 5 des critères de recrutement, juste derrière la maîtrise des compétences techniques.
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***Par Anne RodierPublié aujourd’hui à 03h00***
[Abonnement :](https://abo.lemonde.fr/#xtor=CS3-567-%5Bla_maitrise_du_francais_nouvel_enjeu_de_management%5D-%5B3244646%5D-%5B51%5D-%5BHEADER%5D)
Si on laisse les RH filtrer les dev sur la grammaire, faut pas s’étonner qu’on n’arrive pas à embaucher.
Wesh, cé abuser.
Mon chef galère avec l’orthographe, et c’est pourtant lui le chef.
Quand je lis les mails que je reçois de certains fournisseurs, j’ai juste envie de hurler…
Le pire que j’ai eu à supporter était un capitaine de l’armée de l’air, qui était incapable d’écrire une ligne sans faire 3 fautes. Ça la foutait mal sur les courriers officiels.
>Et pourtant, les fautes se multiplient dans tous les documents. « Le niveau a fortement baissé ces dernières années, même à la sortie des meilleures écoles.
Mais pourquoi il baisse, le niveau ? Je ne comprends toujours pas. Trop de temps consacré aux autres apprentissages à l’école élémentaire ?
A quand une vraie réforme de l’orthographe sinon ?
Donc en gros le Projet Voltaire nous vend sa certification et se commande un article dans la presse parisienne pour nous expliquer que tout va plus mal, mais que grâce à eux, on peut se faire certifier sur un point ne concernant pas le coeur de métier ? Ça suinte tellement l’article de commande, surfant sur le sentiment rance “c’était mieux avant”…
C’est sur que pendant qu’on apprend le français à des développeurs en France, on ne leur permet pas de faire leur métier. Ça aide aussi à pas trop focaliser sur le produit qu’on vend. Tellement symptomatique du décalage complet entre les élites et l’opérationnel.
Je constate également une baisse de niveau choquante dans les articles de presse en accès libre chez les grands groupes de presse traditionnelle
J’ai la chance d’avoir un métier où tout le monde sait écrire, mais c’est fou à quel point les gens ne savent pas rédiger correctement, au-delà même des fautes d’orthographe. Les formules de politesse par exemple sont utilisées sans réflexion, ou certaines nuances des tournures de phrase leur passent au-dessus de la tête.
Parler de maîtrise du français en foutant un anglicisme dans le titre, magnifique.
mdr
Je me rappelle qu’au lycée, quand je commençais à m’inquiéter d’être un pur branleur allergique à l’effort, je me rassurais en me disant “de toute façon même en branlant rien, t’auras toujours moyen de trouver un travail juste en ayant trois neurones alignés et une bonne orthographe”
No mais, ses nimporte kwa, tnt que on c comprens ses bom kwa mdr 😂😂😂😂
Entre ceux qui ne sont pas capables d’aligner 3 mots sans faire 5 fautes, ceux qui se sentent obligés de caser des anglicismes et ceux qui veulent “révolutionner” la langue à coups “d’écriture inclusive”, on est mal barré…
Vive l’anglais pour le coup … même si je suis un amoureux de la France, je suis incapable à 28 ans (et malgré mon école d’ingénieur) d’écrire un texte sans faute …
Écrire sur les réseaux sociaux, ou sur son blog, des phrases de plus de 2 lignes, ça peut participer à l’entraînement.
Je me rappellerai toujours d’un spectacle magnifique: la faute de l’orthographe.
Avec quelques perles mémorable.
Comme Mézelay, chargé par l’Académie Française de définir des règles pour l’orthographe, déclarant que l’orthographe doit distinguer “les gens de Lettres d’avec les Ignorants et les simples femmes”.
Splendide.
Ou cette révélation, pourtant des plus simplistes: tout comme la carte n’est pas le territoire, l’orthographe *n’est pas* la langue. Simplement une manière, codifiée et artificielle, de la représenter graphiquement.
Ou, enfin, l’origine du pluriel en x. Sublime, superbe, désolante.
Du coup, le titre de l’article ne devrait-il pas être “La maîtrise du français, nouvel enjeu d’encadrement” ?
Culotté quand 99% des postes du numérique se vendent comme des postes dans le “Digital”
**Unpopular opinion**
En même temps on l’a bien cherché, le français est une langue imbitable. Ma compagne chinoise apprend le français et je suis incapable de lui expliquer le pourquoi du comment ceci prend un s ou pourquoi à tel endroit on doit utiliser tel ou tel temps, il faut absolument passer par le prof de FLE de l’alliance française pour lui expliquer des trucs.
C’est juste incompréhensible.
Sérieusement j’ai appris le PUTAIN de chinois et j’ai l’impression d’en avoir moins chié par rapport à l’apprentissage du français qui est ma langue maternelle. Le Mandarin c’est clair c’est net, il n’y a pas de grammaire à la con alambiquée, pas de genre (avouez que c’est le truc le plus pété ça !!! //Lol table c’est féminin//) les phrases se construisent comme des legos, il y a une logique. La prononciation demande de la pratique mais c’est jouable et les hanzi c’est de la répétition.
Pour sortir des conneries du style « oui on va mettre des points médians pour que personne ne soit exclu•e•s », il y en a du monde !! Mais pour pondre une réforme de simplification de cette langue à la con, là, il n’y a plus personne.
Surtout se serait (putain voila, j’ai encore perdu 5sec à me demander: serai ou serait ??) intéressant de savoir quel sont les répercussions en terme d’exclusion sociale etc… parce que forcément avec une telle langue à la con, il doit y avoir un phénomène de reproduction des élites assez ouf…
Voilà, j’ai fini mon rant… merde !
Enfin en pratique, toutes les fautes répertoriées sont inaudibles… Il peut y avoir des situations où il peut y avoir confusion sur le sens, mais généralement c’est purement de la forme.
Pour faire moins de fautes d’orthographe, il suffit d’écrire plus lentement, et de se relire. C’est à dire une perte de productivité.
Puis, on demande aussi au gens d’être quasi bilingue. Sauf que l’anglais c’est très confusiogène, parce que developer, et développeur, c’est quasiment le même son. On a aussi les claviers de téléphone portable, où il est parfois compliqué de trouver les accents, dont on les omet souvent par convenance.
Parfait fil pour repartager ce lien https://www.ted.com/talks/arnaud_hoedt_jerome_piron_la_faute_de_l_orthographe/up-next?language=fr
Je cherche un dev web et je prend les dyslexiques.
Il y a différentes manières d’apprendre à maîtriser l’orthographe mais la maîtrise du français ne s’acquiert que par la lecture.
Je trouve le nombre de gens qui ne lisent pas déprimant et effrayant.
Deux choses:
– j’écris 20 à 30 mails par jours minimum, je n’ai pas l’attention (et le niveau d’orthographe suffisant, et l’énergie) me permettant de répondre vite et juste. Je change également de langue aussi très rapidement (je réponds en français et anglais). Ma boîte paie pour grammarly pour l’anglais, je paie 90 euros de ma poche par an pour Antidote. C’est le seul moyen sûr que j’ai trouvé pour ne plus faire des fautes basiques.
– depuis que j’ai vu cette vidéo, j’ai changé ma vision sur l’orthographe : https://www.youtube.com/watch?v=5YO7Vg1ByA8