> Laurent Wauquiez ne veut pas perdre de temps. Lundi matin, cinq jours après avoir pris la tête du groupe La Droite républicaine, le député de Haute-Loire a retrouvé ses collègues en visioconférence pour plancher sur le contenu d’un pacte législatif visant à répondre aux urgences du pays. «J’assume mes responsabilités : nous ne laisserons pas la France insoumise prendre le pouvoir», confie-t-il au Figaro.
>
> Ce projet LR, reposant sur une dizaine
> de textes jugés prioritaires, met l’exécutif sous pression : soit un chemin législatif s’ouvre pour permettre les réformes proposées par la droite, soit
> Emmanuel Macron devra les engager
> par voie référendaire. Le nouveau président du groupe souhaite aussi poursuivre ces travaux en coopération
> « étroite » avec le Sénat. La version finale sera actée conjointement par les
> députés et les sénateurs, lesquels ont
> prévu de s’y mettre dès jeudi. Il annonce aussi que « quatre propositions prioritaires» seront extraites de ce pacte législatif pour « débloquer la France dans
> les cent jours ». Une fois que cette offre
> sera posée sur la table de l’exécutif,
> peut-être dès la semaine prochaine, il
> s’agira de trouver les partenaires pour
> faire passer toutes les lois dont la France
> a « cruellement besoin».
>
>
> Laurent Wauquiez assume cette volonté de pousser le pouvoir à réagir face
> aux urgences. « Nous voulons poser les
> choses clairement et montrer que la majorité du pays est autour de ces idées,
> contrairement à ce que le Nouveau Front
> populaire voudrait faire croire sur la base
> d’une supercherie électorale, poursuit le
> patron des députés LR. La majorité de la
> France est pour la restauration de l’ordre,
> la défense des valeurs de la laïcité et pour
> la revalorisation du travail. »
>
>
> Le député de Haute-Loire part d’un constat critique : le spectacle offert par la
> politique française depuis les résultats
> des législatives n’est pas digne. « L’image
> projetée par les différents partis politiques
> est lamentable, aussi bien côté Renaissance que NFP ou RN. Alors même que les
> Français ont exprimé des choses fortes sur
> la dévalorisation du travail, l’insécurité,
> l’immigration ou le ras-le-bol des normes,
> les seules réponses apportées par les responsables politiques portent sur la manière
> d’échafauder des petits accords de partis
> pour prendre le pouvoir. Nous, notre
> conviction, c’est que l’Assemblée a besoin
> d’un pôle de responsabilité et de travail.
> C’est ce que nous voulons incarner.» C’est
> pourquoi le chef de file des députés LR
> préconise la recherche de « solutions sur
> le fond» pour répondre aux attentes des
> Français.
>
>
> Se disant «très préoccupé » par la situation actuelle des institutions, Laurent
> Wauquiez estime que le pays ne peut pas
> se payer le luxe de rester bloqué compte
> tenu de l’ampleur des difficultés. « Notre
> objectif, précise-t-il, est de mettre des
> propositions de bon sens sur la table qui
> correspondent aux valeurs qui sont les nôtres, en précisant que nous sommes prêts à
> travailler avec tous ceux qui seront capables de nous rejoindre pour faire avancer
> ces réformes législatives.» Pour la droite,
> les problèmes de la France sont le résultat d’une accumulation de difficultés
> non réglées. Au cœur de son pacte législatif, elle pose deux axes prioritaires.
>
> Le premier est la revalorisation du
> travail. En limitant les dérives de l’assistanat, les LR entendent revaloriser
> les salaires nets. «La première injustice
> est que ceux qui travaillent ne gagnent
> pas plus que ceux qui ne travaillent pas »,
> insiste Laurent Wauquiez. L’autre pilier
> du pacte est la restauration de l’autorité.
> « Ce sont les deux principaux problèmes
> du pays. »
> Les Républicains assument également
> deux lignes rouges « très importantes ».
> Plaidant d’abord pour le retour du sérieux budgétaire, Laurent Wauquiez
> prévient : « On ne cautionnera pas un
> gouvernement qui continue dans le “quoi
> qu’il en coûte” et le laxisme budgétaire.
> Et l’on ne cautionnera pas un gouvernement qui achètera la restauration des finances publiques par l’augmentation des
> impôts. Il faut sortir de cette spirale.»
> Ensuite, les LR s’opposeront aussi au
> « sacrifice des retraités ». « C’est la
> France qui a travaillé toute sa vie », juge
> Laurent Wauquiez.
>
>
> Alors que certains, à droite, plaident
> pour diverses formes de participation
> gouvernementale, le nouveau patron du
> groupe LR assure que la ligne est tranchée. «Cette question ne fait pas débat.
> Elle fait partie de la constitution initiale de
> notre groupe. Nous voulons offrir aux
> Français la parole d’une droite républicaine et indépendante. C’est tout ce que nous
> cherchons à construire. C’est le début de la
> reconstruction du discours de la droite que
> nous faisons. Il y a eu trop d’ambiguïtés
> par le passé. Ce pacte exprime les valeurs
> d’une famille politique au clair avec ce
> qu’elle veut proposer au pays. Et cela ne se
> construit pas dans le “en même temps”.
> Les petits accords partisans ne sont pas à
> la hauteur du sujet. Nous ne sommes pas là
> pour négocier des postes. »
>
>
> Le cap est donc de travailler, proposer, ne pas bloquer, assumer ses responsabilités, empêcher LFI d’arriver aux affaires et dire à toutes les bonnes volontés
> qu’elles seront bienvenues si elles sont
> en accord avec les solutions législatives
> portées par la droite. «La méthode Wauquiez a calmé les tentations de certains»,
> glisse un cadre, en référence aux quelques députés LR réticents. «Objectivement, on a tous fait un pas l’un envers
> l’autre », reconnaît Philippe Juvin, l’un
> de ceux qui prônent depuis longtemps
> un « contrat de gouvernement » avec
> Emmanuel Macron – une position «minoritaire », assume le député des Hauts-de-Seine. « L’idée d’un pacte parlementaire va dans le bon sens. »
>
>
> Cette première réunion de groupe, à
> entendre les députés, est la bienvenue.
> « Nos échanges sont très constructifs et
> l’ambiance, excellente », jure Annie Genevard (Doubs). Véronique Louwagie
> (Orne) juge « important d’apporter des
> réponses aux préoccupations des Français
> de manière collégiale. Et nous sommes tous
> d’accord pour faire barrage à l’extrême
> gauche. » Les députés LR veulent aussi
> répondre aux attentes des électeurs qui,
> dans leurs circonscriptions, leur demandent de « tout faire pour éviter un gouvernement Nouveau Front populaire ».
> Conscients de ne pas avoir plus de majorité que leurs rivaux à l’Assemblée, ils
> veulent être perçus comme une force de
> « proposition », tout en défendant leur
> « colonne vertébrale ».
>
>
> Un parlementaire, pas franchement
> wauquiéziste, ajoute : «Franchement, ça
> fait du bien. Laurent sait y faire, il faut
> bien lui reconnaître cette intelligence : il
> veille à ce que chacun prenne la parole,
> que personne ne puisse le soupçonner de
> vouloir brider le groupe. Certains ont peur
> que ce groupe devienne une écurie présidentielle mais je ne vois aucun “red flag”…
> pour l’instant.» Vincent Jeanbrun (Val-de-Marne) ajoute : « La team Wauquiez
> est très efficace, il y a un côté machine de
> guerre, on n’est pas dans le bla-bla.
> Quand d’autres, au NFP, cherchent des
> postes, nous, on travaille et on refuse de
> bloquer le pays. » Julien Dive, député de
> l’Aisne, renchérit : « On est les seuls à
> mettre les mains dans le cambouis. » ■
>
>
2 comments
> Laurent Wauquiez ne veut pas perdre de temps. Lundi matin, cinq jours après avoir pris la tête du groupe La Droite républicaine, le député de Haute-Loire a retrouvé ses collègues en visioconférence pour plancher sur le contenu d’un pacte législatif visant à répondre aux urgences du pays. «J’assume mes responsabilités : nous ne laisserons pas la France insoumise prendre le pouvoir», confie-t-il au Figaro.
>
> Ce projet LR, reposant sur une dizaine
> de textes jugés prioritaires, met l’exécutif sous pression : soit un chemin législatif s’ouvre pour permettre les réformes proposées par la droite, soit
> Emmanuel Macron devra les engager
> par voie référendaire. Le nouveau président du groupe souhaite aussi poursuivre ces travaux en coopération
> « étroite » avec le Sénat. La version finale sera actée conjointement par les
> députés et les sénateurs, lesquels ont
> prévu de s’y mettre dès jeudi. Il annonce aussi que « quatre propositions prioritaires» seront extraites de ce pacte législatif pour « débloquer la France dans
> les cent jours ». Une fois que cette offre
> sera posée sur la table de l’exécutif,
> peut-être dès la semaine prochaine, il
> s’agira de trouver les partenaires pour
> faire passer toutes les lois dont la France
> a « cruellement besoin».
>
>
> Laurent Wauquiez assume cette volonté de pousser le pouvoir à réagir face
> aux urgences. « Nous voulons poser les
> choses clairement et montrer que la majorité du pays est autour de ces idées,
> contrairement à ce que le Nouveau Front
> populaire voudrait faire croire sur la base
> d’une supercherie électorale, poursuit le
> patron des députés LR. La majorité de la
> France est pour la restauration de l’ordre,
> la défense des valeurs de la laïcité et pour
> la revalorisation du travail. »
>
>
> Le député de Haute-Loire part d’un constat critique : le spectacle offert par la
> politique française depuis les résultats
> des législatives n’est pas digne. « L’image
> projetée par les différents partis politiques
> est lamentable, aussi bien côté Renaissance que NFP ou RN. Alors même que les
> Français ont exprimé des choses fortes sur
> la dévalorisation du travail, l’insécurité,
> l’immigration ou le ras-le-bol des normes,
> les seules réponses apportées par les responsables politiques portent sur la manière
> d’échafauder des petits accords de partis
> pour prendre le pouvoir. Nous, notre
> conviction, c’est que l’Assemblée a besoin
> d’un pôle de responsabilité et de travail.
> C’est ce que nous voulons incarner.» C’est
> pourquoi le chef de file des députés LR
> préconise la recherche de « solutions sur
> le fond» pour répondre aux attentes des
> Français.
>
>
> Se disant «très préoccupé » par la situation actuelle des institutions, Laurent
> Wauquiez estime que le pays ne peut pas
> se payer le luxe de rester bloqué compte
> tenu de l’ampleur des difficultés. « Notre
> objectif, précise-t-il, est de mettre des
> propositions de bon sens sur la table qui
> correspondent aux valeurs qui sont les nôtres, en précisant que nous sommes prêts à
> travailler avec tous ceux qui seront capables de nous rejoindre pour faire avancer
> ces réformes législatives.» Pour la droite,
> les problèmes de la France sont le résultat d’une accumulation de difficultés
> non réglées. Au cœur de son pacte législatif, elle pose deux axes prioritaires.
>
> Le premier est la revalorisation du
> travail. En limitant les dérives de l’assistanat, les LR entendent revaloriser
> les salaires nets. «La première injustice
> est que ceux qui travaillent ne gagnent
> pas plus que ceux qui ne travaillent pas »,
> insiste Laurent Wauquiez. L’autre pilier
> du pacte est la restauration de l’autorité.
> « Ce sont les deux principaux problèmes
> du pays. »
> Les Républicains assument également
> deux lignes rouges « très importantes ».
> Plaidant d’abord pour le retour du sérieux budgétaire, Laurent Wauquiez
> prévient : « On ne cautionnera pas un
> gouvernement qui continue dans le “quoi
> qu’il en coûte” et le laxisme budgétaire.
> Et l’on ne cautionnera pas un gouvernement qui achètera la restauration des finances publiques par l’augmentation des
> impôts. Il faut sortir de cette spirale.»
> Ensuite, les LR s’opposeront aussi au
> « sacrifice des retraités ». « C’est la
> France qui a travaillé toute sa vie », juge
> Laurent Wauquiez.
>
>
> Alors que certains, à droite, plaident
> pour diverses formes de participation
> gouvernementale, le nouveau patron du
> groupe LR assure que la ligne est tranchée. «Cette question ne fait pas débat.
> Elle fait partie de la constitution initiale de
> notre groupe. Nous voulons offrir aux
> Français la parole d’une droite républicaine et indépendante. C’est tout ce que nous
> cherchons à construire. C’est le début de la
> reconstruction du discours de la droite que
> nous faisons. Il y a eu trop d’ambiguïtés
> par le passé. Ce pacte exprime les valeurs
> d’une famille politique au clair avec ce
> qu’elle veut proposer au pays. Et cela ne se
> construit pas dans le “en même temps”.
> Les petits accords partisans ne sont pas à
> la hauteur du sujet. Nous ne sommes pas là
> pour négocier des postes. »
>
>
> Le cap est donc de travailler, proposer, ne pas bloquer, assumer ses responsabilités, empêcher LFI d’arriver aux affaires et dire à toutes les bonnes volontés
> qu’elles seront bienvenues si elles sont
> en accord avec les solutions législatives
> portées par la droite. «La méthode Wauquiez a calmé les tentations de certains»,
> glisse un cadre, en référence aux quelques députés LR réticents. «Objectivement, on a tous fait un pas l’un envers
> l’autre », reconnaît Philippe Juvin, l’un
> de ceux qui prônent depuis longtemps
> un « contrat de gouvernement » avec
> Emmanuel Macron – une position «minoritaire », assume le député des Hauts-de-Seine. « L’idée d’un pacte parlementaire va dans le bon sens. »
>
>
> Cette première réunion de groupe, à
> entendre les députés, est la bienvenue.
> « Nos échanges sont très constructifs et
> l’ambiance, excellente », jure Annie Genevard (Doubs). Véronique Louwagie
> (Orne) juge « important d’apporter des
> réponses aux préoccupations des Français
> de manière collégiale. Et nous sommes tous
> d’accord pour faire barrage à l’extrême
> gauche. » Les députés LR veulent aussi
> répondre aux attentes des électeurs qui,
> dans leurs circonscriptions, leur demandent de « tout faire pour éviter un gouvernement Nouveau Front populaire ».
> Conscients de ne pas avoir plus de majorité que leurs rivaux à l’Assemblée, ils
> veulent être perçus comme une force de
> « proposition », tout en défendant leur
> « colonne vertébrale ».
>
>
> Un parlementaire, pas franchement
> wauquiéziste, ajoute : «Franchement, ça
> fait du bien. Laurent sait y faire, il faut
> bien lui reconnaître cette intelligence : il
> veille à ce que chacun prenne la parole,
> que personne ne puisse le soupçonner de
> vouloir brider le groupe. Certains ont peur
> que ce groupe devienne une écurie présidentielle mais je ne vois aucun “red flag”…
> pour l’instant.» Vincent Jeanbrun (Val-de-Marne) ajoute : « La team Wauquiez
> est très efficace, il y a un côté machine de
> guerre, on n’est pas dans le bla-bla.
> Quand d’autres, au NFP, cherchent des
> postes, nous, on travaille et on refuse de
> bloquer le pays. » Julien Dive, député de
> l’Aisne, renchérit : « On est les seuls à
> mettre les mains dans le cambouis. » ■
>
>
Wauquiez? Républicain?