
J'ai lu aujourd'hui un article du monde intitulé Dans le sport de compétition, les ressorts de la domination masculine (pastebin de l'article en entier). J'ai été interpellé par la vacuité des arguments et une sorte de déconnexion avec le réel que je ressent souvent en lisant des articles ou en regardant des vidéos autour de la sociologie. Je dois avouer que je n'ai pas lu de "vrai" ouvrage de socio et donc ne comprend probablement pas donc pas tous les ressorts de la discipline. Mais d'une part la majorité de la population est dans mon cas, et d'autre part je n'ai jamais eu la sensation d'être pris pour un idiot en consommant des contenus de vulgarisation d'autre discipline dont je ne suis pas plus spécialiste.
Cet article, donc, parle de la « bicatégorisation sexuée » dans le sport, soit la ségrégation presque étanche du sport de haut niveau entre hommes et femmes. Je vais pas passer l'article en revue entier, qui présente aussi des choses intéressantes comme le fait scandaleux et sexiste que les épreuves olympiques de tirs ne soient plus mixtes depuis la victoire de la tireuse chinoise Zhang Shan en 1992.
Mais certains extraits de semblent lunaires, comme celui-ci :
[Les institutions sportives] ne réfléchissent pas en fonction de la réalité des corps, mais d’un idéal, note Thierry Terret. Dans cet idéal, l’homme est supérieur musculairement, stratégiquement, tactiquement à la femme. La plupart des décisions réglementaires procèdent de cette essentialisation : il n’y a pas d’autre raison qui justifie, par exemple, que les haies soient plus hautes pour les hommes que pour les femmes, quand bien même ils ne concourent pas ensemble, sinon la conviction que les femmes sont plus faibles et plus fragiles. »
C'est quand même fou de penser qu'il n'y a pas de raison de mettre des haies plus hautes pour les hommes autre que de considérer que les femmes comme inférieure. Il suffit de se rappeler que les femmes sont plus petites de plus de 10cm en moyenne???? Enfin il faut développer pour se permettre de telles affirmations ! Ne pas différencier les tailles de haies rendrait le sport à toutes les femmes n'étant pas extrêmement grandes, et la population pouvant pratiquer ce sport serait infime.
Il y a beaucoup d'exemples similaires, par exemple une sociologue du sport qui dit que les différences de capacités entre hommes et femmes dépendent en grande partie de la socialisation. Alors qu'il y a quand même beaucoup de littérature sur le sujet.
Je fais ce billet car je pense que la socio devrait vraiment guider les réflexions sur les sujets sociétaux et être une voix au-dessus de la mêlée et des idioties des éditorialistes et autre plateaux CNews. Mais en l'état, il s'agit surtout d'un repoussoir pour beaucoup de monde.
ça m'a rappelé un autre exemple, une vidéo konbini d'il y a quelques années où un type de l'ENS nous dit que le racisme anti-blanc n'existe pas car ce n'est pas du racisme institutionnel sans plus développer. C'est un élément de langage qui circulait beaucoup à l'époque et qui me semblait surréaliste. En mode Bocuse qui affirme "La soupe à l'oignon n'est pas une soupe car ce n'est pas une soupe aux choux".
Tout ça pour dire que vu de l’extérieur de gros pans de la socio semblent vraiment peu crédible voire même agaçant et je pense que c'est très dommageable, surtout vu les prétentions de la discipline.
Je serais intéressé si vous avez d'autres points de vue sur la sociologie ou si vous avez le même sentiment que moi.
La bise
by Carnotte
20 comments
Je pense qu’il faut séparer les travaux de sociologie, et le (mauvais) travail de vulgarisation qui est fait dans les médias “de gauche”.
Je te rejoins sur la déconnexion avec le réel des articles de ce genre, même si on est pas forcément d’accord sur tout.
Pour moi, le principal problème, et c’est un problème que je retrouve un peu partout sur internet, c’est que des idées qui sont des pistes de réflexions sociologiques, sont tellement répétés en boucles dans certains milieu qu’elles se détachent des ouvrages dont elles sont tirés.
C’est empiré par le fait que les gens s’approprient et internalisent ces idées sans en connaître l’origine et sans en connaître les nuances.
Et cette absence de nuance créer des faiblesses dans ces arguments et ces théories, qui sont mieux recevable dans leur formes originelle.
Et puis les questions sociologiques sont plus intéressantes quand elles laissent une forme d’ouverture possible. Par exemple: la construction du genre dans la société est intéressante à étudier, mais les affirmation comme dans l’article sont pas hyper constructive.
Moralité: Si la sociologie ça vous intéresse, lisez des livres.
Je ne vais pas m’exprimer sur le cas de cet article car je n’y connais rien en sociologie du sport, mais vu que ton post traite de la discipline toute entière, je me sens légitime à m’exprimer sur quelques aspects, ayant fait 8 ans d’études de sciences politiques, avec certains enseignements en socio donc.
La socio semble pseudo-scientifique pour beaucoup de gens car elle remet en question des construits sociaux. Ces construits sont essentialisés par les structures sociales ( Les différentes sous-composantes de la société, qui sont elles mêmes déterminées par la société dans son ensemble. Exemple : une famille, une entreprise, l’Etat français, etc), de sorte à ce qu’ils nous apparaissent comme “allant de soi”.
Une notion comme celle de “mérite”, par exemple, a longtemps été considérée comme consensuelle, avec l’idée qu’un enfant qui a une bonne note à l’école est un enfant qui a beaucoup travaillé, et donc qui a mérité cette bonne note. En réalité, énormément de facteurs vont jouer dans le fait qu’un enfant ait ou non une bonne note, mais également dans le simple fait qu’il soit amener à travailler pour un devoir ou un contrôle. La sociologie a ainsi démontré que les parents qui occupaient une position dominante dans la hiérarchie sociale avaient connaissance des codes liés à l’institution scolaire. De ce fait, ils sont plus enclins à vérifier que leurs enfants aient fait ou non leurs devoirs, à en parler à table, à leur mettre la pression s’ils ramènent de mauvaises notes, en les privant de sortie par exemple. De l’autre côté, les parents issus des milieux sociaux les plus dominés dans la hiérarchie sociale ont généralement peu connaissance des codes scolaires, et pensent que le simple fait que l’enfant se rende à l’école est déjà la plus grosse partie du boulot. Si on reprend l’exemple de la note, des parents peu au vent des codes scolaires auront tendance à penser que 10/20 est une note suffisante, puisqu’elle permet de passer à l’année suivante. Les parents disposant des codes, eux, savent que la notion de classement est très importante, et qu’un 10/20 sera sanctionné au moment d’un changement de lycée / de l’orientation dans les filières / du passage à l’enseignement supérieur.
Sur la question du racisme : il y a [plusieurs dimensions dans le racisme.](https://www.schulich.uwo.ca/edid/img/4-dimensions-of-racism-600×594.png) Le racisme n’est pas juste un comportement entre individus, c’est un mode de représentations à l’égard de groupes, qui se traduit par la suite par des codes, des attitudes et des comportements. En ce sens, il y a une différence entre le racisme interindividuel, et le racisme systémique, qui est nourri par des discours et des représentations très répandues.
Je ne vais pas m’exprimer sur le cas de cet article car je n’y connais rien en sociologie du sport, mais vu que ton post traite de la discipline toute entière, je me sens légitime à m’exprimer sur quelques aspects, ayant fait 8 ans d’études de sciences politiques, avec certains enseignements en socio donc.
La socio semble pseudo-scientifique pour beaucoup de gens car elle remet en question des construits sociaux. Ces construits sont essentialisés par les structures sociales ( Les différentes sous-composantes de la société, qui sont elles mêmes déterminées par la société dans son ensemble. Exemple : une famille, une entreprise, l’Etat français, etc), de sorte à ce qu’ils nous apparaissent comme “allant de soi”.
Une notion comme celle de “mérite”, par exemple, a longtemps été considérée comme consensuelle, avec l’idée qu’un enfant qui a une bonne note à l’école est un enfant qui a beaucoup travaillé, et donc qui a mérité cette bonne note. En réalité, énormément de facteurs vont jouer dans le fait qu’un enfant ait ou non une bonne note, mais également dans le simple fait qu’il soit amener à travailler pour un devoir ou un contrôle. La sociologie a ainsi démontré que les parents qui occupaient une position dominante dans la hiérarchie sociale avaient connaissance des codes liés à l’institution scolaire. De ce fait, ils sont plus enclins à vérifier que leurs enfants aient fait ou non leurs devoirs, à en parler à table, à leur mettre la pression s’ils ramènent de mauvaises notes, en les privant de sortie par exemple. De l’autre côté, les parents issus des milieux sociaux les plus dominés dans la hiérarchie sociale ont généralement peu connaissance des codes scolaires, et pensent que le simple fait que l’enfant se rende à l’école est déjà la plus grosse partie du boulot. Si on reprend l’exemple de la note, des parents peu au vent des codes scolaires auront tendance à penser que 10/20 est une note suffisante, puisqu’elle permet de passer à l’année suivante. Les parents disposant des codes, eux, savent que la notion de classement est très importante, et qu’un 10/20 sera sanctionné au moment d’un changement de lycée / de l’orientation dans les filières / du passage à l’enseignement supérieur.
Sur la question du racisme : il y a [plusieurs dimensions dans le racisme.](https://www.schulich.uwo.ca/edid/img/4-dimensions-of-racism-600×594.png) Le racisme n’est pas juste un comportement entre individus, c’est un mode de représentations à l’égard de groupes, qui se traduit par la suite par des codes, des attitudes et des comportements. En ce sens, il y a une différence entre le racisme interindividuel, et le racisme systémique, qui est nourri par des discours et des représentations très répandues.
Pour le racisme anit-blanc, il prend la définition systémique du racisme. Sur aucun continent à ma connaissance, les Caucasiens n’ont une position de dominé vis-à-vis d’autres cultures. Leurs capitaux économiques, sociaux et culturels y sont toujours plus hauts et valorisés en tant que groupe.
On ne parle pas de remarques essentialisantes et blessantes telles: white men can’t jump! Qui sont d’ailleurs dans la masse, les occurrences les plus faibles en statistiques de propos racistes récurrents prononces dans la sphère publique.
Sans vouloir paraître hautain, il me semble que tu n’as pas beaucoup réfléchi sur le sujet.
Prenons l’exemple du 110 mètres haies. Tu aurais pu aller chercher quand fut codifié ce sport ma fois fort étrange, et tu aurais trouvé que ce fut en 1864 à Oxford. Or quelle était la taille des français (on peut raisonnablement penser que c’était sensiblement la même que celle des anglais) en 1864 ? 1,649 m. Et aujourd’hui ? 1,75m. Soit… 10 centimètres d’écart presque tout pile ! Mais comment donc les hommes à l’époque arrivaient-ils à sauter ces haies visiblement beaucoup trop hautes ?
Autre exemple : “les différences de capacités entre hommes et femmes dépendent en grande partie de la socialisation”. C’est un phénomène effectivement admis. C’est ce qui explique que des disciplines compétitives demandant peu d’activités musculaires peuvent présenter de très grands écarts de performances entre hommes et femmes. Les échecs en est un exemple flagrant.
“Tout ça pour dire que vu de l’extérieur de gros pans de la socio semblent vraiment peu crédible voire même agaçant et je pense que c’est très dommageable, surtout vu les prétentions de la discipline.” C’est justement le pourquoi de l’avènement de la sociologie : apporter des éléments concrets pour confirmer/infirmer des idées qui nous semblerait “logiquement” vraie.
Par contre il faut un petit peu de remise en question 🙂
Le soucis de ce genre de papier c’est que tu es face à des gens qui n’ont fait que des études.
Un.homme c’est un esprit et un corps et j’ai l’impression que pour certain de nos intellectuels nous ne sommes que pur esprit.
La c’est typique n’importe quel médecin le dit un corps masculin et un corps féminin ce n’est pas pareil comme chez une grande partie des mammifères d’ailleurs.
Donc malgré une évidence pour 90% de la population des milliers de chiffre et même des témoignages d’athlètes femmes qui ont affrontées des athlètes homme tu as un sociologue qui par pur réflexions explique que c’est une un fait social.
Pour un sociologue tout est fait social comme pour un marteau tout est un clou
Prof de SES ici, (donc de socio, économie, sciences politiques).
Je comprends ce que tu veux dire, le problème dans les articles de presse grand public en général contrairement aux bouquins c’est que les auteurs doivent se concentrer sur la conclusion de leurs travaux et pas forcément sur la méthodologie et la construction de l’enquête, quantitative ou qualitative, en elle-même.
D’ailleurs en tant qu’enseignant je trouve ça toujours beaucoup plus formateur de montrer aux élèves des extraits d’enquêtes (que cela soit des extraits d’entretiens, d’observations, ou de questionnaires) que des articles de presse sur le sujet.
Un des écueils que je rencontre fréquemment chez les élèves c’est qu’ils disent « La socio ça nous apprend rien c’est évident ». Car pour eux c’est évident que les enfants de milieux favorisés réussissent mieux à l’école en moyenne, c’est évident que les femmes sont pénalisées dans leur pratique professionnelle, que l’engagement politique est différencié selon les catégories sociales.
A l’inverse certains vont dire « Ah non je suis pas d’accord je connais quelqu’un qui est enfant d’ouvrier qui est ingénieur donc c’est possible de réussir sans être issu de milieu favorisé ».
Ce que j’essaie de leur apprendre dans les deux cas c’est que que cela soit de l’évidence ou de la contestation tout cela est basé sur un ressenti très individuel et qu’il est donc difficile de monter en généralité.
Or c’est cela la sociologie. C’est tirer des généralités qui peuvent être caricaturales certes mais qui sont vérifiées statistiquement. Lorsque l’on dit que les enfants de cadres réussissent mieux en moyenne que les enfants d’ouvriers à l’école cela ne veut pas dire que tous les enfants de cadres réussissent mieux que tous les enfants d’ouvriers. Évidemment qu’il y a des contres exemples, mais ceux-ci ne sont pas statistiquement représentatifs de la population.
A mon avis c’est pour cela que la sociologie peut être mal vue. Parce qu’elle revient à nuancer et invalider une forme de discours dominant dans notre société basée sur le mérite. « Quand on veut on peut » « Je connais une femme qui gagne 7000€ par mois donc c’est possible » « Pour être au chômage il faut ne pas vouloir travailler » etc.
Tous ces discours bien ancrés dans notre société se cassent la figure face au mur impitoyable des statistiques. Et pourtant comme chacun connaît dans son entourage un cas particulier qui déjoue les statistiques va remettre en question tout le discours porté derrière par les enquêtes sociologiques, qui cherchent à mettre à jour une tendance sociale générale.
Il y a une très grosse hétérogénéité dans les travaux sociologiques.
Beaucoup de sociologues sont très sérieux et offrent des travaux interessant à lire.
Et il y a des sociologues qui n’ont pas cette rigueur académique, qui vont déformer des résultats et qui se faire citer par le sociologue d’à-coté pour donner un vernis illusoire de rigueur scientifique.
De façon peu surprenante (hélas), les journaux sont plus susceptibles de citer ces derniers, car leurs trouvailles sont médiatiquement plus tape-à-l’oeil (ce qui n’est pas compliqué, vu que les travaux sont orientés pour y aboutir).
T’as aussi une différence entre les méthodes sociologies quantitatives (qui, en général, comprend pas mal de statistiques) et les méthodes sociologies qualitative (qui s’appuie plutôt sur quelques cas individuels).
En soi, les méthodes qualitatives, ça a du sens : les statistiques ne donnent qu’un aspect de la réalité. Mais quand ça devient l’outil d’investigation principal (et quand on ne comprend pas les stats), ça permet de dire à peu près n’importe quoi.
Il ne faut pas confondre sociologie académique (recherche en fac), et travaux originaux de personnes n’ayant rien à voir avec le sujet.
La journaliste (Marion Dupont) n’est pas sociologue. Elle a fait un Master en histoire de l’art quoi. Je doute fort qu’elle ait fait une revue de littérature complète sur le “sport et les femmes”. Les opinions émises sont es opinions personnelles de la journaliste en question et ne doivent pas être prises au sérieux.
Sinon, la socio est une science, mais assez jeune, et dont épistémologie est en constante évolution. En particulier la socio quantitative a énormément progressé ces dernières années (surtout aux US), ce qui est très bien.
Tu as peut-être lu l’article un peu vite, mais on ne va pas se mentir, le ton n’est pas très adapté à la présentation de ce qui est une hypothèse : c’est un article de presse, pas un article scientifique. Donc, l’hypothèse, grossomodo, c’est que les différences de performance entre hommes et femmes ne sont peut-être pas essentiellement biologiques, mais peut-être plus du ressort d’une construction sociale et historique en corrélation avec les stéréotypes de genre et une forme de sexisme systémique ; au-delà de la bicatégorisation sexuée, la sélection des épreuves et de leurs critères pour les femmes serait arbitraire et proprement sexiste. En somme il se formerait un cercle vicieux ayant un effet délétère sur les sportives de haut niveau et l’image du corps féminin en général, et, au final, sur la société.
Ça ne me semble pas déconnant du tout. Les exemples abondent, et au-delà du ton parfois un peu hâtif (encore une fois, c’est un article de presse, pas un machin d’une centaine de pages qui prend le temps), la démonstration est efficace. Mais j’ai l’habitude de lire des articles de sciences humaines, notamment de sociologie et d’étude des genres, je sais personnellement que ça demande un peu plus de recul et de remise en question, étant un homme.
Unpopular opinion: la sociologie c’est intéressant mais c’est une voie poubelle qui ne mène à rien. On forme trop de sociologues qui s’engagent là par défaut. 90% des filières devraient fermer, et seule une poignée devrait subsister, formant des gens aptes à produire autre chose que de la vacuité idéologique.
>Mais certains extraits de semblent lunaires
extrait d’un commentaire d’historien, pas d’un sociologue. Et de fait, je doute que la différence de taille ait une quelconque base scientifique (la taille précise des haies étant de toute facon largement arbitraire)
>dépendent en grande partie de la socialisation. Alors qu’il y a quand même beaucoup de littérature sur le sujet.
la citation en question souligne que la physiologie peut bien être différente, c’est loin d’être la seule explication, et en effet il est évident que si tu prends deux population par ailleurs identiques de taille égales, et que tu fais concourir 5% aléatoire d’un côté et 25% de l’autre, t’as de bien meilleures chances d’avoir des résultats exceptionnellement élevés dans ceux dont tu prends 25%. Et ironiquement tu tombes précisément dans le biais dénoncé à tout de suite revenir sur la différence physiologique, alors que le propos est que se concentrer uniquement sur cet aspect et le considérer comme étant nécessairement le plus important est un biais non prouvé issu de constructions sociales.
Après le coeur du problème c’est la présentation des sujets, sa vulgarisation par la presse. Mais en réalité, si tu t’intéresses aux sciences, c’est quelque chose de présent dans à peu près tous les domaines, c’est juste que en socio comme c’est en plus des sujets à la fois beaucoup plus politiques et sur lesquels tout le monde à un avis dû à son expérience personelle, ca attire beaucoup plus vite la critique.
Mais honnêtement, je n’ai jamais trouvé les gens critiques de la sociologie très pertinents, parce que justement ils s’arrêtent généralement à des approximations de la presse et des pensées convenues, et quand tu approfondi le sujet c’est bien rare de conclure que les sociologues disent de la merde plutôt que leur détracteurs.
Déjà, si je voulais en apprendre plus sur la sociologie, je ne commencerais pas forcément par un article sur le monde. Là tu nous as fait plus de révélations sur ta manière de t’informer que sur la sociologie elle même.
Dire “La Sociologie” en général me parait abusif. Sans être expert, j’ai le sentiment que la sociologie est très diverse. Elle va de Raymond Boudon, plutôt à droite , partisan du libéralisme économique à Pierre Bourdieu (Très à gauche). Raymond Aron était un sociologue et de droite, Tocqueville est considéré comme un sociologue, et est plutôt conservateur, etc… La méthodologie des sociologues est assez diverse. Un sociologue comme Mark Granovetter va s’intéresser par exemple aux réseaux sociaux (“Getting a job”), d’autre vont se baser sur des statistiques (Durkheim, “Le suicide”), d’autre vont “s’infiltrer” dans un milieu ( Philippe Bourgois, va jusqu’à se faire accepeter par des dealers de drogue pour “In Search of Respect: Selling Crack in El Barrio”)…etc.
Concernant le sport, il y a le cas de Loïc Wacquant , disciple de Bourdieu, qui va étudier la boxe et qui lui-même pratique la boxe.
Donc, vous toujours trouver un sociologue plus “convaincant”, et plus proche de vous et vos idées, et il est faux de penser que sociologue = gauchiste. Et si vous vous vous intéressez sérieusement au sujet, je suis sûr que vous trouverez votre bonheur.
>Ne pas différencier les tailles de haies rendrait le sport à toutes les femmes n’étant pas extrêmement grandes,
Tu feras gaffe il manque un mot ici je pense. Sinon bon argumentaire.
S’il y a une discipline qui crie “sauveur bourgeois des masses” c’est la sociologie.
Ces gens sont tellement deconnecté de la réalité des gens, tellement en train de balayer toute issue pour essayer de trouver un angle pour en parler et decrier une injustice, bref des gens priviligiés qui ont fait des “sciences” humaines et qui ont plein de temps libre pour ecrire des theories.
La prochaine fois qu’un sociologue dans le sport emet de telles theories il faudrait juste lui demander combien de records sportifs ont ete battus par des femmes trans et combiens par des hommes trans.
Mais en fait qui a le temps de soucier de ca mdr
Mouais, déjà la sociologie, repose sur des méthodologies peu solides comparées aux autres sciences.
L’étude, c’est la plupart du temps un sondage. Ce qui rend quand même important le risque d’un biais de sélection.
La conclusion, ça devrait être avec des grosses pincettes : “Dans la population proche de l’université, chez des étudiants, qui ont bien voulu remplir le sondage, en espérant que la majorité ne se soit pas amusé à mettre n’importe quoi, on constate que …” sauf que ça devient rapidement dans les médias “Dans l’ensemble du monde, on constate que …”.
Dans toute science, peu importe la qualité des statistiques, si tu as un biais d’échantillonnage, la conclusion sera fausse.
Le biais de généralisation est assez important, même avec une bonne méthodologie, ça suppute vite que le résultat vrai aux USA est valable dans l’ensemble du monde occidental. Sans compter les problèmes de non reproductibilité d’une étude (enfin c’est pas spécifique à la socio, c’est aussi très présent en bio/médecine).
Puis, c’est un milieu très politisé, et très à gauche. Si le chercheur fait une étude sur les femmes et le sport, la conclusion est pas déjà écrite ? “c’est la faute au patriarcat “, pourquoi cette étude recevrait un financement, si on n’avait pas dans ce milieu un intérêt à sortir des papiers dans ce sens ? D’ailleurs est-ce que le chercheur donne vraiment autant de chance à toutes les hypothèses ?
Es-ce qu’un chercher peut réellement, dans ce milieu publier une conclusion, qui ne serait pas politiquement correct : “On montre que, même en ayant corrigé les facteurs éducatifs et environnementaux, dans une discipline qui ne nécessite pas de force physique, on note une sous performance des filles par rapport aux garçons”.
Une telle étude serait conspuée par la profession et les pairs, déclarait, pas éthique, “dangereuse” parce qu’elle donnerait du grain à moudre à l’extrême droite, etc…
La science est très influencé par le monde anglo-saxon, par la domination de ses revues scientifiques, avec sa définition de l’éthique, et du progressisme. Es-ce que n’importe quel chercheur va pouvoir publier, peu importe sa conclusion ou seul les conclusions “US compatible” seront retenus ?
Au vu de nombreux faits divers de licenciement de prof d’université américaine, et la fameuse cancel culture, il est assez évident que la politique joue un rôle important dans la sociologie, et que la liberté du scientifique, qui devrait pouvoir chercher sans a priori, est mise à mal. Et que le chercheur qui irait dans le sens du courant aurait beaucoup plus de chance de faire carrière que celui qui irait à rebours.
La socio, c’est probablement la science la plus molle, pas dans le sens que les chercheurs soient nécessairement plus mauvais, mais qu’il est plus facile d’étudier scientifiquement, un phénomène physique qu’un phénomène sociologique, parce qu’ils aient bien plus facile de contrôler des variables qui interféraient dans le premier cas.
A cause de ces lacunes, c’est très facile pour des militants ou des politiciens de faire dire ce qu’ils veulent à la sociologie; quand les chercheurs en sociologie sont pas eux même des militants/politiciens qui orientent la sociologie vers ce qu’ils veulent.
Bravo, tu as correctement détecté que la sociologie est une pseudo-science pleine de charlatans, et que beaucoup de ceux qui prétendent la pratiquer ne font que donner des apparences de rationalité à leurs préjugés idéologiques plutôt que d’avoir une démarche proprement scientifique
Effectivement cette réflexion sur la hauteur des haies qui se veut très intelligente et progressiste est juste d’une bêtise sans nom. Rien de très surprenant malheureusement
Même chose pour les réflexion débiles sur le racisme, importées directement des sociologues wokes américains qui ne disent que des conneries sur les races, se prenant très au sérieux mais il n’y a pas à chercher plus loin que “blanc = très méchant” pour comprendre la profondeur de leur pensée.
La mode du racisme anti-blanc nous vient des États-Unis, où le racisme vis à vis certaines minorités a été institutionnel, il reste dans certains états des reliquats de cette époque, donc cette idée est justifiée chez eux.
On prend une tendance américaine et trumpiste (blanc souffrant un racisme intolérable!) et on la transpose directement dans notre pays en oublions que nous n’avons pas exactement la même histoire.
Donc t’as un problème avec un champ tout en reconnaître en avoir jamais lu. C’est pas un chouia un problème, déjà ?