Le même sujet traité par Le Parisien, titre et chapô :
> Quel nouveau gouvernement ? Pour l’eurodéputé Renaissance Pascal Canfin, c’est à la gauche de « chercher une majorité »
>
>L’élu macroniste estime que « c’est au Nouveau Front populaire de tendre la main » aux autres groupes politiques, mais il appelle aussi son parti à « créer des ponts » avec l’alliance de gauche.
Pascal, il va falloir que tu choisisses. Soit tu restes avec le groupe qui vote des lois sur la préférence nationale avec le RN, soit tu viens travailler avec les « immigrationistes » du NFP. Mais les deux « en même temps » c’est pas possible.
Ça va faire 1 mois qu’est agitée la possibilité d’un ralliement des macronistes de gauche au NFP (avec bien sûr une grande méfiance de LFI). Le problème, c’est que quand bien même les macronistes savent qu’ils risquent d’être cuits en 2027, il leur manque une figure autour de qui se rassembler pour former ce groupe informel.
Aux dernières nouvelles, les macronistes qui avaient annoncé vouloir se rapprocher de la gauche, comme les ministres ayant menacé de démissionner après la loi immigration, n’ont jamais agi sur leurs menaces (mis à part Aurélien Rousseau qui n’était pas là depuis longtemps et n’avait pas grand chose à perdre).
Demain à la une : Pascal Candin exclu de la majorité présidentielle.
L’idée, ça serait de promulguer des lois un peu plus à gauche si ce genre de coalition arrivait. C’est toujours mieux que d’aller vers plus de lois à droite si une coalition avec LR arrivait. Et toujours largement mieux que de laisser faire l’extrême droite proposer des lois pas oufs.
Ce sera de toute manière difficile de faire le programme du NFP en l’état actuel du parlement. Tant pis, on aura des compromis, on va s’allier avec le Centre, mais tant pis, ce sera toujours mieux. Au moins, on aura pas de motions de censure au bout de deux mois.
Pour le contexte : Canfin est un ancien eurodéputé EELV, Ministre du Développement sous Hollande, parti à la nomination de Valls. En 2019, il a rejoint LREM lors des européennes, ” en échange de garanties que la défense de l’environnement serait la priorité de la délégation LREM au Parlement européen”. Il a ensuite été nommé président de la Commission ENVI au Parlement européen, ou il a poussé pour de nombreux textes assez ambitieux sur le plan environnemental.
A noter aussi qu’au Parlement européen, Renew est généralement beaucoup plus à gauche qu’en France.
Pour faire lien avec le niveau national : certains députés EPR (ex Ensemble, ex Renaissance, ex LREM), ont tenté d’initier une scission au niveau du groupe Renew à l’Assemblée, et de porter une voix de gauche favorable à une alliance avec le NFP. Malheureusement la discipline de parti a été trop forte, et tout le monde s’est rallié derrière Gabriel Attal.
Les tensions internes ne sont néanmoins pas prêtes de s’arrêter : Darmanin considère qu’il faut aller à droite toute, et fait partie de ceux ont exprimé leur opposition à la ligne Attal.
Un délitement progressif de Renew est donc très probable dans les années à venir en l’absence de figure fédératrice, avec la reconstitution d’une bipolarisation assumée de l’espace politique.
Un jour il faudrait quand même discuter de cette grande schizophrénie politique, d’avoir des partis qui travaillent ensemble plutôt bien au Parlement Européen et qui veulent s’étriper à l’Assemblée Nationale. Ca pose quand même des questions sur la nature de nos institutions que les mêmes personnes dans deux contextes institutionels différents ont des comportements complétement opposés.
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Le même sujet traité par Le Parisien, titre et chapô :
> Quel nouveau gouvernement ? Pour l’eurodéputé Renaissance Pascal Canfin, c’est à la gauche de « chercher une majorité »
>
>L’élu macroniste estime que « c’est au Nouveau Front populaire de tendre la main » aux autres groupes politiques, mais il appelle aussi son parti à « créer des ponts » avec l’alliance de gauche.
https://www.leparisien.fr/politique/quel-nouveau-gouvernement-pour-leurodepute-renaissance-pascal-canfin-cest-a-la-gauche-de-chercher-une-majorite-29-07-2024-APJO2YBLMBH4DADTXNPDAHPLYY.php
je serai extrêmement surpris si ça arrivait
Pascal, il va falloir que tu choisisses. Soit tu restes avec le groupe qui vote des lois sur la préférence nationale avec le RN, soit tu viens travailler avec les « immigrationistes » du NFP. Mais les deux « en même temps » c’est pas possible.
Ça va faire 1 mois qu’est agitée la possibilité d’un ralliement des macronistes de gauche au NFP (avec bien sûr une grande méfiance de LFI). Le problème, c’est que quand bien même les macronistes savent qu’ils risquent d’être cuits en 2027, il leur manque une figure autour de qui se rassembler pour former ce groupe informel.
Aux dernières nouvelles, les macronistes qui avaient annoncé vouloir se rapprocher de la gauche, comme les ministres ayant menacé de démissionner après la loi immigration, n’ont jamais agi sur leurs menaces (mis à part Aurélien Rousseau qui n’était pas là depuis longtemps et n’avait pas grand chose à perdre).
Demain à la une : Pascal Candin exclu de la majorité présidentielle.
L’idée, ça serait de promulguer des lois un peu plus à gauche si ce genre de coalition arrivait. C’est toujours mieux que d’aller vers plus de lois à droite si une coalition avec LR arrivait. Et toujours largement mieux que de laisser faire l’extrême droite proposer des lois pas oufs.
Ce sera de toute manière difficile de faire le programme du NFP en l’état actuel du parlement. Tant pis, on aura des compromis, on va s’allier avec le Centre, mais tant pis, ce sera toujours mieux. Au moins, on aura pas de motions de censure au bout de deux mois.
Pour le contexte : Canfin est un ancien eurodéputé EELV, Ministre du Développement sous Hollande, parti à la nomination de Valls. En 2019, il a rejoint LREM lors des européennes, ” en échange de garanties que la défense de l’environnement serait la priorité de la délégation LREM au Parlement européen”. Il a ensuite été nommé président de la Commission ENVI au Parlement européen, ou il a poussé pour de nombreux textes assez ambitieux sur le plan environnemental.
A noter aussi qu’au Parlement européen, Renew est généralement beaucoup plus à gauche qu’en France.
Pour faire lien avec le niveau national : certains députés EPR (ex Ensemble, ex Renaissance, ex LREM), ont tenté d’initier une scission au niveau du groupe Renew à l’Assemblée, et de porter une voix de gauche favorable à une alliance avec le NFP. Malheureusement la discipline de parti a été trop forte, et tout le monde s’est rallié derrière Gabriel Attal.
Les tensions internes ne sont néanmoins pas prêtes de s’arrêter : Darmanin considère qu’il faut aller à droite toute, et fait partie de ceux ont exprimé leur opposition à la ligne Attal.
Un délitement progressif de Renew est donc très probable dans les années à venir en l’absence de figure fédératrice, avec la reconstitution d’une bipolarisation assumée de l’espace politique.
Un jour il faudrait quand même discuter de cette grande schizophrénie politique, d’avoir des partis qui travaillent ensemble plutôt bien au Parlement Européen et qui veulent s’étriper à l’Assemblée Nationale. Ca pose quand même des questions sur la nature de nos institutions que les mêmes personnes dans deux contextes institutionels différents ont des comportements complétement opposés.