# Jeux olympiques : deux journalistes passent dix heures en garde à vue pour avoir fait leur travail
Deux journalistes, qui s’apprêtaient à suivre une quarantaine d’activistes écologistes en Seine-Saint-Denis, ont subi, avec eux, une garde à vue ayant abouti à un classement sans suite. « Abusif et illégitime », s’indigne Reporters sans frontières.
Le dimanche 28 juillet, le collectif Saccage 2024 organisait un « toxic tour », une sorte de déambulation destinée à *« montrer différents lieux des Jeux olympiques afin d’en documenter les impacts néfastes »*, à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis.
Ce jour-là, il est aux alentours de 10 heures du matin lorsque Patricia Huchot-Boissier et Arnaud César Vilette, tous deux photojournalistes, retrouvent Noah, un militant du collectif opposé aux dégâts écologiques et sociaux des JO à Porte de Paris, quartier de Saint-Denis qui fait face au Stade de France.
Tous trois doivent rejoindre, de l’autre côté du boulevard Marcel-Sembat, le reste du groupe : militant·es et citoyen·nes qui doivent faire le tour des lieux impactés par l’événement dans la ville de Seine-Saint-Denis*.* Un tour comme Saccage 2024 affirme en avoir déjà organisé une vingtaine, depuis sa création en 2020. *« On a été suivi par la police plusieurs fois, mais jusque-là, il n’y avait pas eu d’interpellation »*, explique Noah.
Patricia Huchot-Boissier, Arnaud César Vilette et Noah ne pourront pas retrouver le reste du groupe. Avant même qu’ils aient pu traverser, plusieurs camions de CRS arrivent à vive allure et leur barrent la route. Ils se retrouvent alors encerclés par des agents de la police nationale, *« une trentaine »* d’après les trois interpellés. Arnaud César Vilette présente alors sa carte d’agence de presse, tandis que Patricia Huchot-Boissier sort sa carte de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), du Syndicat national des journalistes (SNJ), et son accréditation au Media Centre des Jeux olympiques.
*« Ils m’ont dit : ça peut être des faux »*, s’indigne la journaliste*.* S’ensuit une fouille de leurs affaires. *« Dans mes poches, ils ont trouvé quelques vieux tracts pour la manifestation à République du 25, qui était autorisée et s’est déroulée sans accroc. En plus de ça, j’avais des tracts et stickers anti-JO »*, retrace Noah. Il n’en fallait pas plus. Pour ces simples tracts et flyers, le militant et les deux journalistes sont interpellés et placés en garde à vue.
Patricia Huchot-Boissier n’en revient toujours pas : *« Ils n’ont rien trouvé sur nous. Je les ai entendus dire “ils ont des tracts, ils ont des flyers” mais non, on n’avait rien sur nous, on est journalistes et on fait juste notre travail »*, s’insurge la photographe.
Interrogée par Mediapart, la préfecture de police indique avoir interpellé trois individus qui *« procédai[ent] à une distribution de tracts sur la voie publique »*, ce que réfutent fermement les trois interpellés. Les deux journalistes assurent par ailleurs n’avoir été, à aucun moment, en possession de tracts ni de stickers. Et en effet, la préfecture précise ensuite que *« deux étaient porteurs d’un appareil photo, un troisième détenait des tracts et des autocollants “Saccage Paris 2024” »*, confirmant donc que les deux journalistes n’en détenaient pas. Les trois sont finalement mis en garde à vue pour *« participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradation »*.
C’est la Russie ? La Chine ? La Corée du Nord ? Ah non c’est notre bonne vieille république Française…
El classico : ACAB.
Journalistes ou non, que les flics français puissent interpeller des gens sans aucun motif valable m’est aussi inconcevable que dérangeant.
Et les flics vont avoir… Ou une tappe sur les doigts soit une mutation avec promotion… Youpi…
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# Jeux olympiques : deux journalistes passent dix heures en garde à vue pour avoir fait leur travail
Deux journalistes, qui s’apprêtaient à suivre une quarantaine d’activistes écologistes en Seine-Saint-Denis, ont subi, avec eux, une garde à vue ayant abouti à un classement sans suite. « Abusif et illégitime », s’indigne Reporters sans frontières.
[Névil Gagnepain](https://www.mediapart.fr/biographie/nevil-gagnepain), 6 août 2024 à 08h12
Le dimanche 28 juillet, le collectif Saccage 2024 organisait un « toxic tour », une sorte de déambulation destinée à *« montrer différents lieux des Jeux olympiques afin d’en documenter les impacts néfastes »*, à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis.
Ce jour-là, il est aux alentours de 10 heures du matin lorsque Patricia Huchot-Boissier et Arnaud César Vilette, tous deux photojournalistes, retrouvent Noah, un militant du collectif opposé aux dégâts écologiques et sociaux des JO à Porte de Paris, quartier de Saint-Denis qui fait face au Stade de France.
Tous trois doivent rejoindre, de l’autre côté du boulevard Marcel-Sembat, le reste du groupe : militant·es et citoyen·nes qui doivent faire le tour des lieux impactés par l’événement dans la ville de Seine-Saint-Denis*.* Un tour comme Saccage 2024 affirme en avoir déjà organisé une vingtaine, depuis sa création en 2020. *« On a été suivi par la police plusieurs fois, mais jusque-là, il n’y avait pas eu d’interpellation »*, explique Noah.
Patricia Huchot-Boissier, Arnaud César Vilette et Noah ne pourront pas retrouver le reste du groupe. Avant même qu’ils aient pu traverser, plusieurs camions de CRS arrivent à vive allure et leur barrent la route. Ils se retrouvent alors encerclés par des agents de la police nationale, *« une trentaine »* d’après les trois interpellés. Arnaud César Vilette présente alors sa carte d’agence de presse, tandis que Patricia Huchot-Boissier sort sa carte de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), du Syndicat national des journalistes (SNJ), et son accréditation au Media Centre des Jeux olympiques.
*« Ils m’ont dit : ça peut être des faux »*, s’indigne la journaliste*.* S’ensuit une fouille de leurs affaires. *« Dans mes poches, ils ont trouvé quelques vieux tracts pour la manifestation à République du 25, qui était autorisée et s’est déroulée sans accroc. En plus de ça, j’avais des tracts et stickers anti-JO »*, retrace Noah. Il n’en fallait pas plus. Pour ces simples tracts et flyers, le militant et les deux journalistes sont interpellés et placés en garde à vue.
Patricia Huchot-Boissier n’en revient toujours pas : *« Ils n’ont rien trouvé sur nous. Je les ai entendus dire “ils ont des tracts, ils ont des flyers” mais non, on n’avait rien sur nous, on est journalistes et on fait juste notre travail »*, s’insurge la photographe.
Interrogée par Mediapart, la préfecture de police indique avoir interpellé trois individus qui *« procédai[ent] à une distribution de tracts sur la voie publique »*, ce que réfutent fermement les trois interpellés. Les deux journalistes assurent par ailleurs n’avoir été, à aucun moment, en possession de tracts ni de stickers. Et en effet, la préfecture précise ensuite que *« deux étaient porteurs d’un appareil photo, un troisième détenait des tracts et des autocollants “Saccage Paris 2024” »*, confirmant donc que les deux journalistes n’en détenaient pas. Les trois sont finalement mis en garde à vue pour *« participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradation »*.
C’est la Russie ? La Chine ? La Corée du Nord ? Ah non c’est notre bonne vieille république Française…
El classico : ACAB.
Journalistes ou non, que les flics français puissent interpeller des gens sans aucun motif valable m’est aussi inconcevable que dérangeant.
Et les flics vont avoir… Ou une tappe sur les doigts soit une mutation avec promotion… Youpi…