Que s’est-il réellement passé dans la nuit du 15 au 16 août à Stains (Seine-Saint-Denis) ? Vers 1 h 30, boulevard Maxime-Gorki, un équipage de la brigade anticriminalité (BAC) ouvre le feu à plusieurs reprises sur un couple d’automobilistes dans des circonstances peu claires. Le conducteur, « défavorablement connu des services de police » , est grièvement blessé de plusieurs impacts au bras, au thorax et au pubis ; sa compagne, enceinte, est elle aussi touchée par plusieurs impacts et perd son enfant. Quelques heures plus tard, une vidéo tournée sur place est mise en ligne par L’Echo des banlieues, « média indépendant de quartier » . Elle ne tarde pas à devenir virale et suscite, en réaction, une prise de parole officielle de la Préfecture de police de Paris.
A 12 h 19, le 16 août, le compte Twitter de la Préfecture met en ligne sa propre vidéo de « décryptage », qui sera retweetée 783 fois. Face caméra, une commissaire de police dévide un argumentaire précis, circonstancié. Après avoir rappelé les circonstances de l’intervention des policiers, « suite à un refus d’obtempérer » , elle explique que les fonctionnaires de la BAC 93 « sont venus contrôler le conducteur d’un véhicule qui, après avoir coupé le contact, a remis le contact et brusquement fait marche arrière, percutant ainsi le fonctionnaire de police qui était en protection » . Après quoi, détaille encore la commissaire, « le deuxième policier, qui était au contact du conducteur du véhicule, a tenté d’immobiliser le véhicule et a été entraîné sur plusieurs mètres par le conducteur du véhicule qui a fait une marche avant » . Dès lors, « les deux policiers ont fait usage de leur arme administrative » .
Cinq coups de feu, puis trois
Une nouvelle vidéo d’une durée de cinquante-neuf secondes, tournée par un automobiliste témoin de la scène et que Le Monde a pu visionner, montre toutefois un déroulement des faits en contradiction avec cette version. Sur les images, tournées avec un téléphone portable alors que la voiture du vidéaste anonyme s’approche de la scène, on distingue d’abord deux voitures rangées sur le bas-côté : celle, banalisée, des policiers, positionnée légèrement de biais pour barrer le passage à la seconde, une Citroën C2. Un homme à la carrure massive, vêtu d’un ensemble noir et coiffé d’une casquette de la même couleur, se tient près de la portière avant gauche de la Citroën, tandis qu’un autre individu, en tee-shirt blanc, est juché sur le capot du véhicule.
Alors que la voiture banalisée des policiers, conduite par un troisième fonctionnaire, opère une marche avant pour dégager la chaussée, l’homme au tee-shirt blanc tente de s’introduire dans l’habitacle de la Citroën, qui engage aussitôt une marche arrière. Assis sur le rebord de la portière côté conducteur, les jambes glissées à l’intérieur de la Citroën, il essaie de s’emparer de ce qui semble être un sac ou une pièce d’étoffe de couleur vive en le tirant à lui.
Au même instant, son collègue vêtu de noir contourne la Citroën par l’arrière et gagne le trottoir. Parvenu à la hauteur de la portière côté passager, alors que la voiture enclenche la marche avant, il dégaine son arme de service et tire du côté passager, où est installée la compagne du conducteur. Cinq coups de feu claquent, une vitre vole en éclats.
L’homme au tee-shirt blanc saute du rebord de la portière et, après s’être rétabli, fait volte-face avant de tirer lui aussi, côté conducteur cette fois, imité par son collègue en noir qui l’a rejoint. A très courte distance, les policiers ouvrent le feu à trois reprises. A ce moment-là, la Citroën est totalement à l’arrêt.
« Pas grand-chose ne va sur les images »
Interrogé par Le Monde , un policier spécialisé dans ce type d’intervention estime que « pas grand-chose ne va sur les images » , à commencer par l’absence de signes distinctifs des fonctionnaires de police, qui ne portent pas leur brassard et n’ont pas davantage disposé de gyrophare sur leur véhicule. « Evidemment, continue le policier, ils ont certainement annoncé leur qualité de policiers mais ça ne suffit pas dans un cas comme ça, où il faut tout faire pour éviter une réaction trop vive de la personne contrôlée. » En particulier au beau milieu d’un secteur considéré comme « tendu », près d’une cité connue pour fournir un point d’approvisionnement en stupéfiants à bon nombre de dealers du département de Seine-Saint-Denis.
« Au regard de ces images, estime Me Yassine Bouzrou, avocat de l’automobiliste blessé, et compte tenu du fait que les policiers ne se sont pas identifiés, que l’un d’entre eux ait tenté de s’emparer d’un sac dans le véhicule de mon client, la seule hypothèse que j’estime valable est celle d’une tentative de vol à main armée commise par ces fonctionnaires. »
La séquence met surtout à mal la communication de la Préfecture de police, qui, pour expliquer – sinon justifier – le recours aux armes létales, évoque des policiers confrontés à un risque immédiat et ne disposant d’autre moyen que l’ouverture de feu pour sauver leur vie. En effet, la vidéo permet de constater qu’aucun des deux policiers n’a été « percuté » par la Citroën au cours de l’intervention.
De même, à aucun moment l’un d’eux n’a été « entraîné sur plusieurs mètres » , une formulation qui peut laisser croire qu’un policier aurait été accroché par la Citroën et, ensuite, volontairement traîné sur une certaine distance. On distingue seulement, sur les images, l’homme au tee-shirt blanc se dégager de sa position acrobatique sur le rebord de la portière et sauter sur la chaussée avant de se rétablir et retourner vers la Citroën, sans blessure apparente. Enfin, difficile de faire valoir l’usage d’armes « en cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée », alors que le code de la sécurité intérieure impose en pareil cas que les membres de forces de l’ordre soient « revêtus d’un uniforme ou des insignes extérieurs et apparents de leur qualité » .
Une procédure ouverte pour « violences volontaires »
La Préfecture de police comme le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) n’ont pas souhaité s’exprimer sur un dossier « qui fait l’objet d’une instruction judiciaire » . Originaire du Val-d’Oise, l’automobiliste blessé au cours de l’intervention à Stains est visé par une enquête pour « refus d’obtempérer » et « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique » . Il a par ailleurs été placé en garde à vue pour des faits de violences sur sa compagne la semaine dernière.
Les policiers de la BAC 93 doivent être entendus par la juge d’instruction chargée du dossier dans le cadre d’une procédure ouverte pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » , après que la qualification de « tentative d’homicide volontaire » , un temps envisagée, a été écartée par le parquet de Bobigny.
Quelqu’un pour m’expliquer pourquoi en France les forces de l’ordre ne portent souvent pas d’uniforme distinctif? Et quand elles ont quelque chose il s’agit régulièrement d’un brassard difficilement visible.
Dans ces conditions, difficile de les différencier de simples voyous.
Personne ne s’y attendait à celle là !
Les faits ne me semblent pas vraiment clair, et pour travailler régulièrement avec la bac le déroulement de cette histoire ne correspond vraiment pas à leur professionnalisme.
Attendons l’enquête de l’IGPN pour tirer cette histoire au clair et voir si ces collègues méritent d’être sanctionnés.
Ah oui la fille a perdue son gosse. Le gosse d’une prolo flingué par un chien de garde alors qu’il était encore dans le ventre de sa mère. Tout un symbole.
C’était la vidéo ou 4 mecs avec des capuches , tout en noir sans rien pour les identifier ,pistolet a la main , arrête une voiture en ayant barré la route avec la leur en mode carjacking?
Et crible la voiture de balle de tout les côtes ( passager / conducteur ) parceque le conducteur a fait 20cm en marché arrière sans toucher personne ?
C’est énorme que le fait que ses enfoirés aient tué le bébé de la passagère ne fasse objet que d’une fin de phrase. C’est toutafay normal. La BAC est vraiment la pire unité de la police. Peu importe la ville, c’est toujours la même merde.
A quand la généralisation des caméras piéton sur TOUS les flics et des sanctions s’il apparaît qu’une dissimulation volontaire a été effectuée
Petite pensée à tous ceux qui disaient, dans un thread précédent, que si quelqu’un s’approche de vous de façon agressive (et dans un quartier qui craint) en criant “Police” mais ne porte ni brassard, ni uniforme, il faut tout de suite obtempérer.
Mensonges, usage non justifié d’arme a feu, réaction disproportionnée ayant entraîné la mort d’un bébé…
Je m’attends à une mise à pied.
# Une nouvelle vidéo remet en cause la version officielle après une intervention de police à Stains en août
Par Antoine Albertini
Que s’est-il réellement passé dans la nuit du 15 au 16 août à Stains (Seine-Saint-Denis) ? Vers 1 h 30, boulevard Maxime-Gorki, un équipage de la brigade anticriminalité (BAC) ouvre le feu à plusieurs reprises sur un couple d’automobilistes dans des circonstances peu claires. Le conducteur, « *défavorablement connu des services de police* » , est grièvement blessé de plusieurs impacts au bras, au thorax et au pubis ; sa compagne, enceinte, est elle aussi touchée par plusieurs impacts et perd son enfant. Quelques heures plus tard, une vidéo tournée sur place est mise en ligne par L’Echo des banlieues, « *média indépendant de quartier* » . Elle ne tarde pas à devenir virale et suscite, en réaction, une prise de parole officielle de la Préfecture de police de Paris.
A 12 h 19, le 16 août, le compte Twitter de la Préfecture met en ligne sa propre vidéo de « * décryptage * », qui sera retweetée 783 fois. Face caméra, une commissaire de police dévide un argumentaire précis, circonstancié. Après avoir rappelé les circonstances de l’intervention des policiers, « *suite à un refus d’obtempérer* » , elle explique que les fonctionnaires de la BAC 93 « * sont venus contrôler le conducteur d’un véhicule qui, après avoir coupé le contact, a remis le contact et brusquement fait marche arrière, percutant ainsi le fonctionnaire de police qui était en protection * » . Après quoi, détaille encore la commissaire, « *le deuxième policier, qui était au contact du conducteur du véhicule, a tenté d’immobiliser le véhicule et a été entraîné sur plusieurs mètres par le conducteur du véhicule qui a fait une marche avant * » . Dès lors, « *les deux policiers ont fait usage de leur arme administrative* » .
## Cinq coups de feu, puis trois
Une nouvelle vidéo d’une durée de cinquante-neuf secondes, tournée par un automobiliste témoin de la scène et que *Le Monde* a pu visionner, montre toutefois un déroulement des faits en contradiction avec cette version. Sur les images, tournées avec un téléphone portable alors que la voiture du vidéaste anonyme s’approche de la scène, on distingue d’abord deux voitures rangées sur le bas-côté : celle, banalisée, des policiers, positionnée légèrement de biais pour barrer le passage à la seconde, une Citroën C2. Un homme à la carrure massive, vêtu d’un ensemble noir et coiffé d’une casquette de la même couleur, se tient près de la portière avant gauche de la Citroën, tandis qu’un autre individu, en tee-shirt blanc, est juché sur le capot du véhicule.
Alors que la voiture banalisée des policiers, conduite par un troisième fonctionnaire, opère une marche avant pour dégager la chaussée, l’homme au tee-shirt blanc tente de s’introduire dans l’habitacle de la Citroën, qui engage aussitôt une marche arrière. Assis sur le rebord de la portière côté conducteur, les jambes glissées à l’intérieur de la Citroën, il essaie de s’emparer de ce qui semble être un sac ou une pièce d’étoffe de couleur vive en le tirant à lui.
Au même instant, son collègue vêtu de noir contourne la Citroën par l’arrière et gagne le trottoir. Parvenu à la hauteur de la portière côté passager, alors que la voiture enclenche la marche avant, il dégaine son arme de service et tire du côté passager, où est installée la compagne du conducteur. Cinq coups de feu claquent, une vitre vole en éclats.
L’homme au tee-shirt blanc saute du rebord de la portière et, après s’être rétabli, fait volte-face avant de tirer lui aussi, côté conducteur cette fois, imité par son collègue en noir qui l’a rejoint. A très courte distance, les policiers ouvrent le feu à trois reprises. A ce moment-là, la Citroën est totalement à l’arrêt.
## « Pas grand-chose ne va sur les images »
Interrogé par *Le Monde* , un policier spécialisé dans ce type d’intervention estime que « *pas grand-chose ne va sur les images* » , à commencer par l’absence de signes distinctifs des fonctionnaires de police, qui ne portent pas leur brassard et n’ont pas davantage disposé de gyrophare sur leur véhicule. « *Evidemment, continue le policier, ils ont certainement annoncé leur qualité de policiers mais ça ne suffit pas dans un cas comme ça, où il faut tout faire pour éviter une réaction trop vive de la personne contrôlée.* » En particulier au beau milieu d’un secteur considéré comme « *tendu* », près d’une cité connue pour fournir un point d’approvisionnement en stupéfiants à bon nombre de dealers du département de Seine-Saint-Denis.
« *Au regard de ces images*, estime Me Yassine Bouzrou, avocat de l’automobiliste blessé, *et compte tenu du fait que les policiers ne se sont pas identifiés, que l’un d’entre eux ait tenté de s’emparer d’un sac dans le véhicule de mon client, la seule hypothèse que j’estime valable est celle d’une tentative de vol à main armée commise par ces fonctionnaires.* »
La séquence met surtout à mal la communication de la Préfecture de police, qui, pour expliquer – sinon justifier – le recours aux armes létales, évoque des policiers confrontés à un risque immédiat et ne disposant d’autre moyen que l’ouverture de feu pour sauver leur vie. En effet, la vidéo permet de constater qu’aucun des deux policiers n’a été « *percuté* » par la Citroën au cours de l’intervention.
De même, à aucun moment l’un d’eux n’a été « *entraîné sur plusieurs mètres* » , une formulation qui peut laisser croire qu’un policier aurait été accroché par la Citroën et, ensuite, volontairement traîné sur une certaine distance. On distingue seulement, sur les images, l’homme au tee-shirt blanc se dégager de sa position acrobatique sur le rebord de la portière et sauter sur la chaussée avant de se rétablir et retourner vers la Citroën, sans blessure apparente. Enfin, difficile de faire valoir l’usage d’armes « en cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée », alors que le code de la sécurité intérieure impose en pareil cas que les membres de forces de l’ordre soient « revêtus d’un uniforme ou des insignes extérieurs et apparents de leur qualité » .
## Une procédure ouverte pour « violences volontaires »
La Préfecture de police comme le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) n’ont pas souhaité s’exprimer sur un dossier « qui fait l’objet d’une instruction judiciaire » . Originaire du Val-d’Oise, l’automobiliste blessé au cours de l’intervention à Stains est visé par une enquête pour « *refus d’obtempérer* » et « *tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique* » . Il a par ailleurs été placé en garde à vue pour des faits de violences sur sa compagne la semaine dernière.
Les policiers de la BAC 93 doivent être entendus par la juge d’instruction chargée du dossier dans le cadre d’une procédure ouverte pour « *violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique* » , après que la qualification de « *tentative d’homicide volontaire* » , un temps envisagée, a été écartée par le parquet de Bobigny.
La police vous ment, épisode 8493729
La police tue.
Déjà vu
Ça alors !
Salut, pourquoi ne pas équiper tous les policiers qui sont sur le terrain régulièrement avec des GoPro ? Sa ne doit pas être plus cher qu’un pistolet et sa permettrait de faire disparaitre les suspicions de violence policière et de renouer la confiance avec les citoyens. Si un policier fait une bêtise on regarde la vidéo il est condamné, si il a rien fait on regarde la vidéo il est jugé innocent et on l’a met en ligne pour “apaiser”/”prouver” à la population. Sa aurait été bien pratique pour beaucoup d’affaires.
EDIT: Après je comprends qu’on ne puisse peut être pas la mettre en ligne pour des raisons légales mais sa sera toujours une preuve “irréfutable” et je vois quand même beaucoup de “bodycam” de policiers américains sur le net.
Oups j’aurais dû chercher avant. Dommage qu’il n’y est pas d’obligation d’avoir la caméra tout le temps allumé, comment peut on être ministre et ne pas voir les problèmes que cela va poser dans le futur.
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Que s’est-il réellement passé dans la nuit du 15 au 16 août à Stains (Seine-Saint-Denis) ? Vers 1 h 30, boulevard Maxime-Gorki, un équipage de la brigade anticriminalité (BAC) ouvre le feu à plusieurs reprises sur un couple d’automobilistes dans des circonstances peu claires. Le conducteur, « défavorablement connu des services de police » , est grièvement blessé de plusieurs impacts au bras, au thorax et au pubis ; sa compagne, enceinte, est elle aussi touchée par plusieurs impacts et perd son enfant. Quelques heures plus tard, une vidéo tournée sur place est mise en ligne par L’Echo des banlieues, « média indépendant de quartier » . Elle ne tarde pas à devenir virale et suscite, en réaction, une prise de parole officielle de la Préfecture de police de Paris.
A 12 h 19, le 16 août, le compte Twitter de la Préfecture met en ligne sa propre vidéo de « décryptage », qui sera retweetée 783 fois. Face caméra, une commissaire de police dévide un argumentaire précis, circonstancié. Après avoir rappelé les circonstances de l’intervention des policiers, « suite à un refus d’obtempérer » , elle explique que les fonctionnaires de la BAC 93 « sont venus contrôler le conducteur d’un véhicule qui, après avoir coupé le contact, a remis le contact et brusquement fait marche arrière, percutant ainsi le fonctionnaire de police qui était en protection » . Après quoi, détaille encore la commissaire, « le deuxième policier, qui était au contact du conducteur du véhicule, a tenté d’immobiliser le véhicule et a été entraîné sur plusieurs mètres par le conducteur du véhicule qui a fait une marche avant » . Dès lors, « les deux policiers ont fait usage de leur arme administrative » .
Cinq coups de feu, puis trois
Une nouvelle vidéo d’une durée de cinquante-neuf secondes, tournée par un automobiliste témoin de la scène et que Le Monde a pu visionner, montre toutefois un déroulement des faits en contradiction avec cette version. Sur les images, tournées avec un téléphone portable alors que la voiture du vidéaste anonyme s’approche de la scène, on distingue d’abord deux voitures rangées sur le bas-côté : celle, banalisée, des policiers, positionnée légèrement de biais pour barrer le passage à la seconde, une Citroën C2. Un homme à la carrure massive, vêtu d’un ensemble noir et coiffé d’une casquette de la même couleur, se tient près de la portière avant gauche de la Citroën, tandis qu’un autre individu, en tee-shirt blanc, est juché sur le capot du véhicule.
Alors que la voiture banalisée des policiers, conduite par un troisième fonctionnaire, opère une marche avant pour dégager la chaussée, l’homme au tee-shirt blanc tente de s’introduire dans l’habitacle de la Citroën, qui engage aussitôt une marche arrière. Assis sur le rebord de la portière côté conducteur, les jambes glissées à l’intérieur de la Citroën, il essaie de s’emparer de ce qui semble être un sac ou une pièce d’étoffe de couleur vive en le tirant à lui.
Au même instant, son collègue vêtu de noir contourne la Citroën par l’arrière et gagne le trottoir. Parvenu à la hauteur de la portière côté passager, alors que la voiture enclenche la marche avant, il dégaine son arme de service et tire du côté passager, où est installée la compagne du conducteur. Cinq coups de feu claquent, une vitre vole en éclats.
L’homme au tee-shirt blanc saute du rebord de la portière et, après s’être rétabli, fait volte-face avant de tirer lui aussi, côté conducteur cette fois, imité par son collègue en noir qui l’a rejoint. A très courte distance, les policiers ouvrent le feu à trois reprises. A ce moment-là, la Citroën est totalement à l’arrêt.
« Pas grand-chose ne va sur les images »
Interrogé par Le Monde , un policier spécialisé dans ce type d’intervention estime que « pas grand-chose ne va sur les images » , à commencer par l’absence de signes distinctifs des fonctionnaires de police, qui ne portent pas leur brassard et n’ont pas davantage disposé de gyrophare sur leur véhicule. « Evidemment, continue le policier, ils ont certainement annoncé leur qualité de policiers mais ça ne suffit pas dans un cas comme ça, où il faut tout faire pour éviter une réaction trop vive de la personne contrôlée. » En particulier au beau milieu d’un secteur considéré comme « tendu », près d’une cité connue pour fournir un point d’approvisionnement en stupéfiants à bon nombre de dealers du département de Seine-Saint-Denis.
« Au regard de ces images, estime Me Yassine Bouzrou, avocat de l’automobiliste blessé, et compte tenu du fait que les policiers ne se sont pas identifiés, que l’un d’entre eux ait tenté de s’emparer d’un sac dans le véhicule de mon client, la seule hypothèse que j’estime valable est celle d’une tentative de vol à main armée commise par ces fonctionnaires. »
La séquence met surtout à mal la communication de la Préfecture de police, qui, pour expliquer – sinon justifier – le recours aux armes létales, évoque des policiers confrontés à un risque immédiat et ne disposant d’autre moyen que l’ouverture de feu pour sauver leur vie. En effet, la vidéo permet de constater qu’aucun des deux policiers n’a été « percuté » par la Citroën au cours de l’intervention.
De même, à aucun moment l’un d’eux n’a été « entraîné sur plusieurs mètres » , une formulation qui peut laisser croire qu’un policier aurait été accroché par la Citroën et, ensuite, volontairement traîné sur une certaine distance. On distingue seulement, sur les images, l’homme au tee-shirt blanc se dégager de sa position acrobatique sur le rebord de la portière et sauter sur la chaussée avant de se rétablir et retourner vers la Citroën, sans blessure apparente. Enfin, difficile de faire valoir l’usage d’armes « en cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée », alors que le code de la sécurité intérieure impose en pareil cas que les membres de forces de l’ordre soient « revêtus d’un uniforme ou des insignes extérieurs et apparents de leur qualité » .
Une procédure ouverte pour « violences volontaires »
La Préfecture de police comme le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) n’ont pas souhaité s’exprimer sur un dossier « qui fait l’objet d’une instruction judiciaire » . Originaire du Val-d’Oise, l’automobiliste blessé au cours de l’intervention à Stains est visé par une enquête pour « refus d’obtempérer » et « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique » . Il a par ailleurs été placé en garde à vue pour des faits de violences sur sa compagne la semaine dernière.
Les policiers de la BAC 93 doivent être entendus par la juge d’instruction chargée du dossier dans le cadre d’une procédure ouverte pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » , après que la qualification de « tentative d’homicide volontaire » , un temps envisagée, a été écartée par le parquet de Bobigny.
Quelqu’un pour m’expliquer pourquoi en France les forces de l’ordre ne portent souvent pas d’uniforme distinctif? Et quand elles ont quelque chose il s’agit régulièrement d’un brassard difficilement visible.
Dans ces conditions, difficile de les différencier de simples voyous.
Personne ne s’y attendait à celle là !
Les faits ne me semblent pas vraiment clair, et pour travailler régulièrement avec la bac le déroulement de cette histoire ne correspond vraiment pas à leur professionnalisme.
Attendons l’enquête de l’IGPN pour tirer cette histoire au clair et voir si ces collègues méritent d’être sanctionnés.
Ah oui la fille a perdue son gosse. Le gosse d’une prolo flingué par un chien de garde alors qu’il était encore dans le ventre de sa mère. Tout un symbole.
C’était la vidéo ou 4 mecs avec des capuches , tout en noir sans rien pour les identifier ,pistolet a la main , arrête une voiture en ayant barré la route avec la leur en mode carjacking?
Et crible la voiture de balle de tout les côtes ( passager / conducteur ) parceque le conducteur a fait 20cm en marché arrière sans toucher personne ?
C’est énorme que le fait que ses enfoirés aient tué le bébé de la passagère ne fasse objet que d’une fin de phrase. C’est toutafay normal. La BAC est vraiment la pire unité de la police. Peu importe la ville, c’est toujours la même merde.
A quand la généralisation des caméras piéton sur TOUS les flics et des sanctions s’il apparaît qu’une dissimulation volontaire a été effectuée
Ben mince, c’est super étonnant !
C’est peut-être juste une bavure comme [certains le disaient](https://www.reddit.com/r/france/comments/ppkcub/tirs_policiers_%C3%A0_stains_je_me_suis_vu_mourir/).
Petite pensée à tous ceux qui disaient, dans un thread précédent, que si quelqu’un s’approche de vous de façon agressive (et dans un quartier qui craint) en criant “Police” mais ne porte ni brassard, ni uniforme, il faut tout de suite obtempérer.
Mensonges, usage non justifié d’arme a feu, réaction disproportionnée ayant entraîné la mort d’un bébé…
Je m’attends à une mise à pied.
# Une nouvelle vidéo remet en cause la version officielle après une intervention de police à Stains en août
Par Antoine Albertini
Que s’est-il réellement passé dans la nuit du 15 au 16 août à Stains (Seine-Saint-Denis) ? Vers 1 h 30, boulevard Maxime-Gorki, un équipage de la brigade anticriminalité (BAC) ouvre le feu à plusieurs reprises sur un couple d’automobilistes dans des circonstances peu claires. Le conducteur, « *défavorablement connu des services de police* » , est grièvement blessé de plusieurs impacts au bras, au thorax et au pubis ; sa compagne, enceinte, est elle aussi touchée par plusieurs impacts et perd son enfant. Quelques heures plus tard, une vidéo tournée sur place est mise en ligne par L’Echo des banlieues, « *média indépendant de quartier* » . Elle ne tarde pas à devenir virale et suscite, en réaction, une prise de parole officielle de la Préfecture de police de Paris.
A 12 h 19, le 16 août, le compte Twitter de la Préfecture met en ligne sa propre vidéo de « * décryptage * », qui sera retweetée 783 fois. Face caméra, une commissaire de police dévide un argumentaire précis, circonstancié. Après avoir rappelé les circonstances de l’intervention des policiers, « *suite à un refus d’obtempérer* » , elle explique que les fonctionnaires de la BAC 93 « * sont venus contrôler le conducteur d’un véhicule qui, après avoir coupé le contact, a remis le contact et brusquement fait marche arrière, percutant ainsi le fonctionnaire de police qui était en protection * » . Après quoi, détaille encore la commissaire, « *le deuxième policier, qui était au contact du conducteur du véhicule, a tenté d’immobiliser le véhicule et a été entraîné sur plusieurs mètres par le conducteur du véhicule qui a fait une marche avant * » . Dès lors, « *les deux policiers ont fait usage de leur arme administrative* » .
## Cinq coups de feu, puis trois
Une nouvelle vidéo d’une durée de cinquante-neuf secondes, tournée par un automobiliste témoin de la scène et que *Le Monde* a pu visionner, montre toutefois un déroulement des faits en contradiction avec cette version. Sur les images, tournées avec un téléphone portable alors que la voiture du vidéaste anonyme s’approche de la scène, on distingue d’abord deux voitures rangées sur le bas-côté : celle, banalisée, des policiers, positionnée légèrement de biais pour barrer le passage à la seconde, une Citroën C2. Un homme à la carrure massive, vêtu d’un ensemble noir et coiffé d’une casquette de la même couleur, se tient près de la portière avant gauche de la Citroën, tandis qu’un autre individu, en tee-shirt blanc, est juché sur le capot du véhicule.
Alors que la voiture banalisée des policiers, conduite par un troisième fonctionnaire, opère une marche avant pour dégager la chaussée, l’homme au tee-shirt blanc tente de s’introduire dans l’habitacle de la Citroën, qui engage aussitôt une marche arrière. Assis sur le rebord de la portière côté conducteur, les jambes glissées à l’intérieur de la Citroën, il essaie de s’emparer de ce qui semble être un sac ou une pièce d’étoffe de couleur vive en le tirant à lui.
Au même instant, son collègue vêtu de noir contourne la Citroën par l’arrière et gagne le trottoir. Parvenu à la hauteur de la portière côté passager, alors que la voiture enclenche la marche avant, il dégaine son arme de service et tire du côté passager, où est installée la compagne du conducteur. Cinq coups de feu claquent, une vitre vole en éclats.
L’homme au tee-shirt blanc saute du rebord de la portière et, après s’être rétabli, fait volte-face avant de tirer lui aussi, côté conducteur cette fois, imité par son collègue en noir qui l’a rejoint. A très courte distance, les policiers ouvrent le feu à trois reprises. A ce moment-là, la Citroën est totalement à l’arrêt.
## « Pas grand-chose ne va sur les images »
Interrogé par *Le Monde* , un policier spécialisé dans ce type d’intervention estime que « *pas grand-chose ne va sur les images* » , à commencer par l’absence de signes distinctifs des fonctionnaires de police, qui ne portent pas leur brassard et n’ont pas davantage disposé de gyrophare sur leur véhicule. « *Evidemment, continue le policier, ils ont certainement annoncé leur qualité de policiers mais ça ne suffit pas dans un cas comme ça, où il faut tout faire pour éviter une réaction trop vive de la personne contrôlée.* » En particulier au beau milieu d’un secteur considéré comme « *tendu* », près d’une cité connue pour fournir un point d’approvisionnement en stupéfiants à bon nombre de dealers du département de Seine-Saint-Denis.
« *Au regard de ces images*, estime Me Yassine Bouzrou, avocat de l’automobiliste blessé, *et compte tenu du fait que les policiers ne se sont pas identifiés, que l’un d’entre eux ait tenté de s’emparer d’un sac dans le véhicule de mon client, la seule hypothèse que j’estime valable est celle d’une tentative de vol à main armée commise par ces fonctionnaires.* »
La séquence met surtout à mal la communication de la Préfecture de police, qui, pour expliquer – sinon justifier – le recours aux armes létales, évoque des policiers confrontés à un risque immédiat et ne disposant d’autre moyen que l’ouverture de feu pour sauver leur vie. En effet, la vidéo permet de constater qu’aucun des deux policiers n’a été « *percuté* » par la Citroën au cours de l’intervention.
De même, à aucun moment l’un d’eux n’a été « *entraîné sur plusieurs mètres* » , une formulation qui peut laisser croire qu’un policier aurait été accroché par la Citroën et, ensuite, volontairement traîné sur une certaine distance. On distingue seulement, sur les images, l’homme au tee-shirt blanc se dégager de sa position acrobatique sur le rebord de la portière et sauter sur la chaussée avant de se rétablir et retourner vers la Citroën, sans blessure apparente. Enfin, difficile de faire valoir l’usage d’armes « en cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée », alors que le code de la sécurité intérieure impose en pareil cas que les membres de forces de l’ordre soient « revêtus d’un uniforme ou des insignes extérieurs et apparents de leur qualité » .
## Une procédure ouverte pour « violences volontaires »
La Préfecture de police comme le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) n’ont pas souhaité s’exprimer sur un dossier « qui fait l’objet d’une instruction judiciaire » . Originaire du Val-d’Oise, l’automobiliste blessé au cours de l’intervention à Stains est visé par une enquête pour « *refus d’obtempérer* » et « *tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique* » . Il a par ailleurs été placé en garde à vue pour des faits de violences sur sa compagne la semaine dernière.
Les policiers de la BAC 93 doivent être entendus par la juge d’instruction chargée du dossier dans le cadre d’une procédure ouverte pour « *violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique* » , après que la qualification de « *tentative d’homicide volontaire* » , un temps envisagée, a été écartée par le parquet de Bobigny.
La police vous ment, épisode 8493729
La police tue.
Déjà vu
Ça alors !
Salut, pourquoi ne pas équiper tous les policiers qui sont sur le terrain régulièrement avec des GoPro ? Sa ne doit pas être plus cher qu’un pistolet et sa permettrait de faire disparaitre les suspicions de violence policière et de renouer la confiance avec les citoyens. Si un policier fait une bêtise on regarde la vidéo il est condamné, si il a rien fait on regarde la vidéo il est jugé innocent et on l’a met en ligne pour “apaiser”/”prouver” à la population. Sa aurait été bien pratique pour beaucoup d’affaires.
EDIT: Après je comprends qu’on ne puisse peut être pas la mettre en ligne pour des raisons légales mais sa sera toujours une preuve “irréfutable” et je vois quand même beaucoup de “bodycam” de policiers américains sur le net.
EDIT:
https://www.ladepeche.fr/2020/09/14/tous-les-policiers-seront-equipes-de-cameras-pietons-le-1er-juillet-2021-9070060.php
Oups j’aurais dû chercher avant. Dommage qu’il n’y est pas d’obligation d’avoir la caméra tout le temps allumé, comment peut on être ministre et ne pas voir les problèmes que cela va poser dans le futur.
La police tue, c’est pas nouveau.
[Pour rappel les commentaires à l’époque](https://www.reddit.com/r/france/comments/p5juo4/info_tf1lci_stains_les_deux_policiers_qui_ont/)
Certains doivent être en sueur