Au Bangladesh, le gouvernement intérimaire de Muhammad Yunus préoccupé par les attaques contre les minorités religieuses

by SowetoNecklace

4 comments
  1. Je partage cet article parce qu’il est sans paywall. Mais de manière plus générale, voilà où on en est :

    Muhammad Yunus, c’est le fondateur de la Grameen Bank, la première banque à faire du microcrédit. On l’a surnommé “Banquier des pauvres”, il a eu le Nobel de la Paix pour son travail en 2006. Il avait déjà été conseiller-en-chef d’un gouvernement d’intérim en 1996, après le renversement du général Mohammad Ershad. Au Bangladesh, quand un gouvernement intérimaire est formé (ce qui est fréquent vu le nombre de coups d’Etat et de renversements
    qu’il y a eus), le conseiller-en-chef est le chef du gouvernement, donc il a en réalité déjà été Premier ministre par intérim.

    En 2007, il avait pensé créer son parti politique “Nagorik Shakti”, disant publiquement “Les politiciens bangladais ne sont là que pour l’argent” (ce qui est extrêmement vrai). Il s’est attiré la colère du vieil establishment politique bangladais, dont Khaleda Zia (du BNP) et Sheik Hasina (de la Ligue Awami). Ça avait foiré, selon certains politologues banglas, à cause de son manque de “charisme physique”. Toujours est-il que Hasina l’a pris en grippe et a tourné l’appareil d’Etat contre lui à partir de 2011.

    D’autres disent que Hasina lui en a voulu d’avoir remporté le prix Nobel en 2006, parce qu’elle estimait que le prix lui revenait à elle, pour avoir signé le traité de paix avec les milices tribales de Chittagong en 1997 qui a mis fin à leur insurrection dans la région. Bref, une histoire d’égo.

    Condamné en janvier 2024 pour des infractions au droit du travail (il aurait refusé des avantages sociaux obligatoires à ses salariés), acquitté le 6 août, immédiatement sollicité pour devenir le nouveau conseiller-en-chef. Narendra Modi semble le soutenir, il lui a adressé ses “meilleurs voeux” immédiatement après son serment.

    Pour ce qui est des Hindous, ça part toujours en cacahuète. Le sentiment général dans la communauté hindoue du Bangladesh est que ça n’est pas forcément lié à la chute de Hasina (dans le sens où on n’accuse sans doute pas les Hindous d’être des opposants), mais plutôt par opportunisme : Les policiers ont repris leurs fonctions lundi, donc personne n’était là pour protéger les minorités, et au Bangladesh les hindous sont toujours les premiers à prendre quand le pays se déstabilise. La maison d’un grand musicien hindou, Rahul Ananda, a été brûlée à Dhaka, et le temple Dhakeshwari dans la même ville est constamment surveillé par une milice de volontaires de toutes les religions. Dans les campagnes, malheureusement, pas autant de sécurité…

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