En gros chercheur fait partie des boulots que les locaux ne veulent plus faire à cause des conditions de travail.
Le jour où le magreb ou les pays de l’est arrivent à garder leur population, plus un seul chercheurs en France.
Normal vu que les financements fondent comme neige au soleil.
> Une attraction qui se traduit par une sélection très efficace : «plus de la moitié des lauréats des bourses de l’European Research Council obtenues par des chercheurs travaillant en France l’ont été par des salariés du CNRS pour l’ensemble du programme H2020», précise t-il.
Le CNRS est “efficace” parce qu’ils arrivent à obtenir des financements. Pas parce qu’ils produisent des connaissances, font avancer la science, mais parce qu’ils ont un bon % d’acceptation de projets.
C’est ça l’information la plus importante de l’article, la cause et le symptôme de tous les maux de la recherche française (mais pas que).
Ça va coûter moins cher du coup
Avec un nombre fini de potes et de membre de leur réseau à embaucher, c’est normal que l’effectif ne pas croître indéfiniment
Pendant ce temps, le Sénat préfère faire des débats de séniles sur le “wokisme” comme menace pour l’avenir de l’université.
Si on clique sur l’article donné en lien au bout de celui-ci, concernant l’alternative à la reconduction d’Antoine Petit, on trouve ceci:
>Antoine Petit, l’actuel président du CNRS a fait acte de candidature, notamment par le biais d’un message envoyé à tous les personnels du CNRS. Il s’y présente comme porteur de la continuité de la politique suivie par le gouvernement et d’une gestion du CNRS qui l’a en particulier conduit à s’affronter avec les jurys de concours pour le recrutement des jeunes chercheurs et à défendre une vision soit disant «darwinienne», avec des scientifiques starisés et d’autres sacrifiés; des laboratoires « perdants » d’une compétition sévère pour l’accès aux crédits permettant la recherche.
Si c’est vraiment comme ça que ça fonctionne, qui peut s’étonner ?
Pour avoir travaillé au CNRS, l’idée maintenant c’est d’embaucher des CDD sur des postes de recherche et de technique pérennes, et de les virer au bout de trois ans pour prendre un nouveau CDD qui fera la même chose. Vu le statut de qualification de ces postes et la polyvalence demandées ça fait perdre une année complète de formation à chaque fois, tout ça pour des techniciens et des ingénieurs de recherche payés une misère.
Le déclassement de la recherche française est une réalité, et il est dramatique.
>Pourtant, malgré cela, le CNRS est encore très attractif en raison du statut de chercheur à temps plein et de fonctionnaire puisque «près d’un tiers», souligne Petit, de ses recrutements ne sont pas de nationalité française. Une attraction qui se traduit par une sélection très efficace : «plus de la moitié des lauréats des bourses de l’European Research Council obtenues par des chercheurs travaillant en France l’ont été par des salariés du CNRS pour l’ensemble du programme H2020», précise t-il.
Sauf que Macron veut à tout prix casser le seul truc qui nous permet d’avoir une recherche compétitive. On va transformer le CNRS en agence de moyens, tout fondre dans les universités avec des services d’enseignement obligatoire pour les nouvelles recrues (CPJ etc.) et ensuite avec la hausse des frais d’inscription à l’université, on perdra les éléments brillants (étrangers comme français) qui acceptaient jusque là un salaire modeste en échange de la liberté académique, parce que bon si ils et elles ne peuvent pas rembourser leurs prêts étudiants je les vois mal se lancer.
En bonus comme Blanquer a réussi à faire fuir toutes les filles des cours de maths au lycée on va se retrouver avec un déséquilibre encore plus fort en sciences d’ici 8-10 ans.
Marrant de lire ça le jours de mon départ du CNRS
Doctorant en physique des particules ici.
Je trouve que l’article présente vraiment mal la gravité de la situation. Étant en dernière année, j’ai dû postuler récemment pour un poste après ma thèse, et j’ai plutôt bien exploré le sujet. Je pense pouvoir identifier ce qui décourage les gens :
* Le nombre de postes proposés est ridicule. En France il y avait 5 offres de postdoc cette année dans mon domaine (physique des particules, aspects théoriques). Le poste à l’IPhT Saclay a reçu 600 candidature. Globalement il n’y a pas le choix, les jeunes chercheurs doivent s’exiler s’ils veulent continuer leur carrière. Pour les postes permanents ce n’est pas beaucoup mieux. L’année dernière mon labo a embauché pour la première fois en 5 ans. Les départs à le retraite ne sont plus remplacés. En extrapolant linéairement le nombre de chercheurs au labo, on peut même prédire que celui-ci aura totalement disparu d’ici 20-30 ans. (effectifs divisés par 2 en 20 ans).
* Le salaire est presque insultant. Je ne sais pas d’où l’article tire son “2 smics à bac+13”, le nouveau chercheur de mon labo est payé 2200€ net par mois. C’est encore une autre raison de partir à l’étranger. En Allemagne même les doctorants sont payés 3000€ net. Pour ma part j’ai trouvé une offre en Italie de 2 ans payée 2700€ net par mois (et juste pour info, ils proposaient une trentaine de postes).
Même les vieux ermites aux commandes sont déconnectés de la réalité de la recherche pour les jeune. Dans les années 70 les postdocs n’existaient pas, ils étaient directement embauché après la thèse confortablement dans leur labo. Je ne parle pas non plus de leurs salaires, qui sont plutôt corrects en fin de carrière.
Tous ces problèmes sont bien sûr liés au manque de financement, il n’y a pas de secret. On cherche à faire des économies partout, même aux dépends de la qualité du travail. On nous a récemment supprimé les deux secrétaire de notre “pôle” en fusionnant notre laboratoire avec d’autres. Je ne vous raconte pas l’angoisse quand il faut changer le toner de l’imprimante, le nouveau contractant ne passant qu’une fois par semaine…
14 comments
Va falloir les chercher.
Ils avaient qu’a m embaucher tsss
En gros chercheur fait partie des boulots que les locaux ne veulent plus faire à cause des conditions de travail.
Le jour où le magreb ou les pays de l’est arrivent à garder leur population, plus un seul chercheurs en France.
Normal vu que les financements fondent comme neige au soleil.
> Une attraction qui se traduit par une sélection très efficace : «plus de la moitié des lauréats des bourses de l’European Research Council obtenues par des chercheurs travaillant en France l’ont été par des salariés du CNRS pour l’ensemble du programme H2020», précise t-il.
Le CNRS est “efficace” parce qu’ils arrivent à obtenir des financements. Pas parce qu’ils produisent des connaissances, font avancer la science, mais parce qu’ils ont un bon % d’acceptation de projets.
C’est ça l’information la plus importante de l’article, la cause et le symptôme de tous les maux de la recherche française (mais pas que).
Ça va coûter moins cher du coup
Avec un nombre fini de potes et de membre de leur réseau à embaucher, c’est normal que l’effectif ne pas croître indéfiniment
Pendant ce temps, le Sénat préfère faire des débats de séniles sur le “wokisme” comme menace pour l’avenir de l’université.
Si on clique sur l’article donné en lien au bout de celui-ci, concernant l’alternative à la reconduction d’Antoine Petit, on trouve ceci:
>Antoine Petit, l’actuel président du CNRS a fait acte de candidature, notamment par le biais d’un message envoyé à tous les personnels du CNRS. Il s’y présente comme porteur de la continuité de la politique suivie par le gouvernement et d’une gestion du CNRS qui l’a en particulier conduit à s’affronter avec les jurys de concours pour le recrutement des jeunes chercheurs et à défendre une vision soit disant «darwinienne», avec des scientifiques starisés et d’autres sacrifiés; des laboratoires « perdants » d’une compétition sévère pour l’accès aux crédits permettant la recherche.
Si c’est vraiment comme ça que ça fonctionne, qui peut s’étonner ?
Pour avoir travaillé au CNRS, l’idée maintenant c’est d’embaucher des CDD sur des postes de recherche et de technique pérennes, et de les virer au bout de trois ans pour prendre un nouveau CDD qui fera la même chose. Vu le statut de qualification de ces postes et la polyvalence demandées ça fait perdre une année complète de formation à chaque fois, tout ça pour des techniciens et des ingénieurs de recherche payés une misère.
Le déclassement de la recherche française est une réalité, et il est dramatique.
>Pourtant, malgré cela, le CNRS est encore très attractif en raison du statut de chercheur à temps plein et de fonctionnaire puisque «près d’un tiers», souligne Petit, de ses recrutements ne sont pas de nationalité française. Une attraction qui se traduit par une sélection très efficace : «plus de la moitié des lauréats des bourses de l’European Research Council obtenues par des chercheurs travaillant en France l’ont été par des salariés du CNRS pour l’ensemble du programme H2020», précise t-il.
Sauf que Macron veut à tout prix casser le seul truc qui nous permet d’avoir une recherche compétitive. On va transformer le CNRS en agence de moyens, tout fondre dans les universités avec des services d’enseignement obligatoire pour les nouvelles recrues (CPJ etc.) et ensuite avec la hausse des frais d’inscription à l’université, on perdra les éléments brillants (étrangers comme français) qui acceptaient jusque là un salaire modeste en échange de la liberté académique, parce que bon si ils et elles ne peuvent pas rembourser leurs prêts étudiants je les vois mal se lancer.
En bonus comme Blanquer a réussi à faire fuir toutes les filles des cours de maths au lycée on va se retrouver avec un déséquilibre encore plus fort en sciences d’ici 8-10 ans.
Marrant de lire ça le jours de mon départ du CNRS
Doctorant en physique des particules ici.
Je trouve que l’article présente vraiment mal la gravité de la situation. Étant en dernière année, j’ai dû postuler récemment pour un poste après ma thèse, et j’ai plutôt bien exploré le sujet. Je pense pouvoir identifier ce qui décourage les gens :
* Le nombre de postes proposés est ridicule. En France il y avait 5 offres de postdoc cette année dans mon domaine (physique des particules, aspects théoriques). Le poste à l’IPhT Saclay a reçu 600 candidature. Globalement il n’y a pas le choix, les jeunes chercheurs doivent s’exiler s’ils veulent continuer leur carrière. Pour les postes permanents ce n’est pas beaucoup mieux. L’année dernière mon labo a embauché pour la première fois en 5 ans. Les départs à le retraite ne sont plus remplacés. En extrapolant linéairement le nombre de chercheurs au labo, on peut même prédire que celui-ci aura totalement disparu d’ici 20-30 ans. (effectifs divisés par 2 en 20 ans).
* Le salaire est presque insultant. Je ne sais pas d’où l’article tire son “2 smics à bac+13”, le nouveau chercheur de mon labo est payé 2200€ net par mois. C’est encore une autre raison de partir à l’étranger. En Allemagne même les doctorants sont payés 3000€ net. Pour ma part j’ai trouvé une offre en Italie de 2 ans payée 2700€ net par mois (et juste pour info, ils proposaient une trentaine de postes).
Même les vieux ermites aux commandes sont déconnectés de la réalité de la recherche pour les jeune. Dans les années 70 les postdocs n’existaient pas, ils étaient directement embauché après la thèse confortablement dans leur labo. Je ne parle pas non plus de leurs salaires, qui sont plutôt corrects en fin de carrière.
Tous ces problèmes sont bien sûr liés au manque de financement, il n’y a pas de secret. On cherche à faire des économies partout, même aux dépends de la qualité du travail. On nous a récemment supprimé les deux secrétaire de notre “pôle” en fusionnant notre laboratoire avec d’autres. Je ne vous raconte pas l’angoisse quand il faut changer le toner de l’imprimante, le nouveau contractant ne passant qu’une fois par semaine…
Bon histoire de, je mets le lien vers l’audition d’Antoine Petit. A écouter car le blog fait parfois de quelques raccourcis … [https://videos.assemblee-nationale.fr/video.11819475_61fa55ccbe3b8.commission-des-affaires-culturelles–m-antoine-petit-dont-la-nomination-a-la-presidence-du-centre-2-fevrier-2022](https://videos.assemblee-nationale.fr/video.11819475_61fa55ccbe3b8.commission-des-affaires-culturelles–m-antoine-petit-dont-la-nomination-a-la-presidence-du-centre-2-fevrier-2022)