Policiers ciblés dans le quartier de La Duchère à Lyon: les habitants dans la crainte

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  1. Policiers ciblés dans le quartier de La Duchère à Lyon: les habitants dans la crainte

    Après les échanges de tirs entre trafiquants et policiers, lundi, l’ambiance reste à la prudence dans le quartier, continuellement tendu malgré les efforts publics.

    La Duchère, «écoquartier modèle»… Et maudit? C’est dans cette zone du nord-ouest de Lyon que, lundi 25 octobre dans la soirée, une fusillade éclatait, des policiers de la BAC devant riposter par le feu lors d’une opération de surveillance d’un point de deal. Si aucun blessé n’était à déplorer, «les événements qui se sont déroulés […] sont graves puisqu’un ou plusieurs individus ont tiré délibérément sur des policiers nationaux», déclarait le préfet du Rhône Pascal Mailhos devant la presse. Une enquête a été ouverte, qui devra sans doute au préalable préciser le déroulement des événements ce soir-là, encore flou. Un violent incident qui pointe également tout un quartier, réputé parmi les plus violents de Lyon avec les banlieues de Vénissieux ou encore Rillieux-la-Pape.

    Ce mardi après-midi, la Duchère apparaît rapidement, après quelques minutes en voiture depuis le centre-ville. Après un tunnel, une colline, et la basilique de Fourvière qui apparaît puis s’éloigne. Et dès l’entrée, l’ensemble surprend par sa modernité et son ordre. Les routes sont propres, la signalétique en parfait état, les bus passent nombreux. Il n’a rien à voir avec l’image traditionnelle d’une cité décatie et à l’abandon. Et pour cause: depuis 2003, plus de 750 millions d’euros ont été investis dans la vieille cité HLM, dont 500 millions d’euros d’argent public venu des collectivités et de l’État. Un «Grand Projet de Ville», qui a abouti à la démolition de presque 2.000 logements sociaux, leur reconstruction, et la réhabilitation de centaines d’autres. Avec 75.000 euros dépensés pour chacun, la dizaine de milliers d’habitants a droit à de très nombreux équipements: écoles, crèches, locaux associatifs, cinq gymnases, deux stades, une halle d’athlétisme, une piscine olympique…

    Des investissements qui n’auront pas empêché la Duchère de faire partie des quinze premières Zones de Sécurité Prioritaires, créées en août 2012 par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. «Ce serait pire sans», estime une source policière : «c’est un quartier où il faut prendre des précautions, marqué depuis toujours par la délinquance et la criminalité». En mars dernier, un rodéo de jeunes en scooter, dans lequel la police était intervenue (pour secourir un jeune gravement blessé) avait dégénéré en violences urbaines pendant plusieurs jours. Ce mardi, après l’agression, une certaine tension diffuse reste présente sur l’avenue Andreï Sakharov, où ont eu lieu les échanges de tirs présumés. Celle-ci file le long d’une immense barre d’immeuble, dite «310» ou pour les anciens «SACVL» (prononcé sacvel) du nom de sa société de construction, en 1962. Elle est, avec la barre dite «du château», le point de crispation principal de La Duchère.
    Habitants mutiques

    Des camions de police quittent encore doucement les lieux. Un groupe de jeunes d’origine immigrée, en survêtements et casquettes, joue à se hurler dessus. Sur les parkings devant l’immeuble, une quasi-totalité de femmes voilées, certaines intégralement. Personne ne semble loquace. Une femme sort d’un hall, part faire son jogging mais dit ne pas habiter ici. Deux jeunes filles ne font que passer, ne savent pas ce qui s’est passé. Enfin, une mère, sa fille et ses petits-enfants évoquent le quartier en termes vagues : «on ne comprend pas vraiment… Oui il y a quelques problèmes. Mais on ne se fait pas agresser». Avant de partir, comme d’autres, silencieuses.

    De temps en temps, une voiture de sport modifiée ou un gros scooter «tape» une accélération et interdit la discussion quelques instants, puis le calme relatif revient. Un vieil homme balade son chien et rompt avec les murmures. Il nous prend à témoin en revenant sur l’agression : «Le problème c’est bien les caméras de sécurité. Regardez ! Il n’y a qu’une caméra ici, et devant un arrêt de bus. Là devant l’immeuble SACVL, il n’y a pas tout ce que dit le maire !». Juste avant, Gregory Doucet (EELV) affirmait en effet que soixante caméras, «toutes en fonction» étaient réparties sur les 120 hectares du quartier (qui compte 40% d’espaces verts), sans entrer dans le détail de leur positionnement. Une réponse aux critiques du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui n’avait pas caché son agacement, ayant «évoqué trois fois le problème de la vidéosurveillance avec le maire en un an et demi». Cependant, le préfet rectifiait rapidement les dires de l’élu écologiste, les «soixante caméras» étant celles de l’ensemble du 9ème arrondissement de la ville, beaucoup plus vaste…

    > C’est un bon quartier, bien desservi, bien équipé… Et pourtant ça ne suffit pas à calmer les choses. S’il y a de la délinquance, des crimes, c’est parce que ces gens ne risquent jamais rien.
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    > Une passante

    Sur les trottoirs, retour au mutisme. Il faut marcher un peu le long des ruines de l’ancien fort du XIXe siècle, pour reprendre un bavardage. Deux adolescents marchent tranquillement, sans but avouent-ils : «On se balade simplement. Ici c’est tranquille». Pas de deal ni de trafics ? «Ah non, rien, enfin nous, on peut pas vous parler là-dessus». Ils échangent un rapide message en arabe avec une passante. Puis reprennent : «Le seul problème c’est la police en fait. Ils viennent toujours voir…». L’explication n’ira pas plus loin.
    La police, justement, est venue voir, sur la place de l’Abbé Pierre, l’animation de la fin d’après-midi est le petit marché qui s’y est installé. Plusieurs camions de CRS sont stationnés, des agents contrôlant l’identité de certains passants. En quelques minutes se forme un groupe d’une vingtaine d’adolescents, également tous en survêtements, massés de l’autre côté de la route, attendant on ne sait quoi au bord du carrefour. Un retraité, ancien animateur social, explique qu’il différencie certains jeunes adultes «encore capables d’écouter», et ces mineurs «qui ne respectent plus rien, qui sont fous». Si aucun débordement n’est à signaler, l’attitude du groupe en face est effectivement empreinte d’une certaine morgue.

    À quelques centaines de mètres de la barre SACVL, les langues se délient un peu, tout comme les cheveux se découvrent. Une dernière passante atteste que «le quartier a beaucoup changé». «Du deal ? Mais il y en a partout ici !» rit-elle, avant de commenter les nombreux investissements réalisés ici. «C’est un bon quartier, bien desservi, bien équipé… Et pourtant ça ne suffit pas à calmer les choses. S’il y a de la délinquance, des crimes, c’est parce que ces gens ne risquent jamais rien». Un constat partagé par plusieurs représentants policiers témoignant auprès du Figaro. Alain Barberis, secrétaire départemental pour Alliance Police, semble encore atterré par l’expérience vécue par ses collègues la veille : «Franchement, quand vous voyez que des gens organisent tranquillement leur trafic dans la rue, cagoulés, armés, c’est parce qu’ils n’ont même plus un simple sentiment d’impunité: ils sont dans l’impunité».

  2. Il est pas là ton pote ce matin ? Tu sais celui qui lance le petit “toujours les même” quand tu poste un sujet qui vise les noirs et les arabes.

  3. Quel article ridicule. Ils ont rien réussi à avoir comme témoignages intéressants, donc ils décrivent que “y’a des femmes voilées et des jeunes arabes en survêtements” (ils font rien hein, mais ils ont l’air plein de morgue).

    Et pleins de sous entendus. Les passants marchent en silence ! Les jeunes se baladent sans but ! Ils disent qu’ils ne savent rien du deal mais ils échangent un “message” en arabe à une passante !

    Au final, on a rien appris dans cet article, à part qu’Alliance dit que c’est la faute de la justice laxiste. Comme toujours, donc.

  4. Je ne savais pas du tout qu’ils modifiaient tant la Duchere. Pour moi c’etzit la même cité pas belle de quand j’y passais en voiture gamin, mais en plus moche, vieillie par le temps.

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