**Les lettres plafonds envoyées par Gabriel Attal, mardi, prévoient un budget similaire à celui de 2024, ce qui équivaut à 10 milliards d’euros d’économies, compte tenu de l’inflation. A charge pour le futur gouvernement d’imprimer sa marque sur ce projet.**
Etrange objet que les « lettres plafonds » envoyées, mardi 20 août, par Gabriel Attal, premier ministre démissionnaire, à tous ses ministres. Il leur y annonce un gel général des dépenses de l’Etat en 2025, à 492 milliards d’euros, et leur précise comment chaque ministère sera touché. Les budgets de la défense, de la culture et des sports seraient relativement privilégiés, au détriment, notamment, de celui du travail et de l’emploi, selon Matignon. Ebauche de budget ? Indispensable mesure technique ? Signal politique ? Brouillon voué à la poubelle ? Un peu tout cela, sans doute.
Sous la Ve République, c’est la première fois qu’un premier ministre démissionnaire fixe ainsi un cadre budgétaire à des ministres tout aussi démissionnaires, en indiquant d’emblée que ce cadre a vocation à être ajusté, voire remis en question, dès les prochaines semaines. Il s’agit d’un « budget réversible », selon l’étonnante formule inventée à Matignon : « Il pourra être modifié par le prochain gouvernement et le Parlement. » Une situation inédite de plus entraînée par la décision d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale, le 9 juin, puis par celle de ne pas nommer immédiatement de premier ministre après le second tour des élections législatives anticipées, le 7 juillet.
L’envoi des lettres plafonds, des textes sans valeur juridique, marque traditionnellement une étape-clé dans la préparation du budget de l’Etat. Elles sont en principe signées par le premier ministre entre la mi-juillet et le début d’août, à l’issue de tractations entre Bercy et les autres ministères. Cette année, le ministre délégué aux comptes publics, Thomas Cazenave, avait promis d’accélérer le calendrier, et commencé à discuter ligne à ligne avec ses collègues chargés de la fonction publique et des sports, quand la dissolution a tout stoppé.
**« Surréaliste »**
Thomas Cazenave et son ministre de tutelle, Bruno Le Maire, imaginaient alors laisser la main au futur exécutif, d’autant qu’un gouvernement démissionnaire est censé se limiter à expédier les affaires courantes. Mais, Emmanuel Macron tardant à nommer un premier ministre, les responsables de Bercy ont jugé indispensable de continuer à préparer un projet de loi de finances, donc des lettres plafonds, pour ne pas immobiliser la lourde mécanique budgétaire. Après avoir hésité, Gabriel Attal a choisi à son tour d’envoyer ces lettres, non sans les avoir revues et corrigées, et avec environ un mois de retard sur le calendrier classique.
« Il a souhaité assurer la continuité de l’Etat », explique-t-on à Matignon. L’envoi des lettres, qui fixent à chaque ministère ses futurs crédits de paiement par mission et par programme, ainsi que son plafond d’emplois, constitue « une étape nécessaire », plaide l’entourage du premier ministre. Sans cette base de travail, comment le futur gouvernement pourrait-il boucler un budget dans les temps ? Le projet de loi doit être transmis mi-septembre au Haut Conseil des finances publiques, pour que ce dernier ait le temps de donner son avis, puis être validé par le conseil des ministres fin septembre, et présenté au Parlement le 1er octobre. L’affaire devenait donc urgente. « Le premier ministre va au bout de son devoir en évitant le mur budgétaire », vante Matignon.
Comment tordre les institutions dans tous les sens pour rester aux manettes.
“Non non, je fais pas de politique, juste je cadre le budget….”
[deleted]
Je comprends les critiques et elles sont justifiées, mais à mon sens Attal a (mal, puisqu’avec 1 mois de retard et en prenant des décisions hasardeuses) fait son job. Il faut effectivement que tous les ministères aient une ligne de conduite, sinon ça va être un bordel sans nom l’année prochaine.
Un budget annuel d’un ministère ne peut pas être décliné en 2 mois, cela prend un temps fou.
Visiblement le souci fondamental c’est plus le caca boudin de Macron que les lettres d’Attal.
*Gabriel Attal, premier ministre démissionnaire, propose un poney pour tous les français.*
Sympa de lancer des grenades préemptives dans les jambes de la personne qui aura le job.
L’histoire se souviendra de la Macronie, et pas en bien. Ces gens détruisent notre pays sous nos yeux.
J’espère qu’ils pensent chaque nuit à ce qui est arrivé dans notre histoire à ceux qui ont essayé avant eux.
Gaby est parti, la fête est finie.
L’administration qui essaye d’avancer malgré l’absence de cadre politique légitime, compliqué.
C’est borderline… mais un bon moyen d’équilibrer serait que les partis donnent leurs avis, ministère par ministère, sur ces “lettres plafonds”.
A situation inédite, réponses inédites ?
C’est plutôt une bonne chose. Au plus les affaires courantes durent, au moins elles sont courantes. Un budget similaire à celui de 2024 (et, soulignons le, réversible par le prochain gouvernement de plein exercice) n’engage pas de réforme substantielle et ne fait pas de gages sur l’avenir.
Une loi budgétaire doit être votée (ou passée en 49.3). Il est donc nécessaire de proposer un début de solution.
Et comme il ne semble pas y avoir de gouvernement majoritaire à l’horizon, libre au Parlement de retoquer cette loi…
On risque pas de sauver l’ecole ni les hôpitaux.
Il semble de plus en plus clair qu’ils ont prévus de garder le gouvernement démissionnaire jusqu’à la prochaine dissolution.
On est dans une crise politique grave.
7.3% de chômage, 400,000 emplois vacants, entrée en vigueur récente de réformes qui réduisent les droits des chômeurs
Moui ça me paraît être le bon moment pour réduire le budget du ministère du travail (alors qu’il avait pourtant augmenté en 2024, mais bon la cohérence c’est optionnel).
S’ils attendent la réunion avec Macron le 23 aout + quelques jours pour un sprint final avant de tous proposer des trucs, leur mère explose ouuuu ?
Bon honnêtement je ne vois pas trop comment les choses pourraient être faites autrement là tout de suite
Macron a mis tout le monde dans la merde et Attal fait ce qu’il peut
La réduction des dépenses, c’est pas un projet politique comme disent certains mais simplement la conséquence de renouveler le budget 2024, alors qu’il aurait du être revu à la hausse avec l’inflation
Si le parlement était cohérent sur un projet politique on pourrait avancer
Mais là on patauge dans la merde avec un parlement sans majorité qui est prêt à bloquer tout et n’importe quoi
Un gouvernement démissionnaire qui est obligé de sauver les meubles
Et Macron qui est incapable d’accepter la merde qu’il a causé
Pensez bien à vous inscrire sur les listes électorales, on va voter en 2025
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**Les lettres plafonds envoyées par Gabriel Attal, mardi, prévoient un budget similaire à celui de 2024, ce qui équivaut à 10 milliards d’euros d’économies, compte tenu de l’inflation. A charge pour le futur gouvernement d’imprimer sa marque sur ce projet.**
Etrange objet que les « lettres plafonds » envoyées, mardi 20 août, par Gabriel Attal, premier ministre démissionnaire, à tous ses ministres. Il leur y annonce un gel général des dépenses de l’Etat en 2025, à 492 milliards d’euros, et leur précise comment chaque ministère sera touché. Les budgets de la défense, de la culture et des sports seraient relativement privilégiés, au détriment, notamment, de celui du travail et de l’emploi, selon Matignon. Ebauche de budget ? Indispensable mesure technique ? Signal politique ? Brouillon voué à la poubelle ? Un peu tout cela, sans doute.
Sous la Ve République, c’est la première fois qu’un premier ministre démissionnaire fixe ainsi un cadre budgétaire à des ministres tout aussi démissionnaires, en indiquant d’emblée que ce cadre a vocation à être ajusté, voire remis en question, dès les prochaines semaines. Il s’agit d’un « budget réversible », selon l’étonnante formule inventée à Matignon : « Il pourra être modifié par le prochain gouvernement et le Parlement. » Une situation inédite de plus entraînée par la décision d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale, le 9 juin, puis par celle de ne pas nommer immédiatement de premier ministre après le second tour des élections législatives anticipées, le 7 juillet.
L’envoi des lettres plafonds, des textes sans valeur juridique, marque traditionnellement une étape-clé dans la préparation du budget de l’Etat. Elles sont en principe signées par le premier ministre entre la mi-juillet et le début d’août, à l’issue de tractations entre Bercy et les autres ministères. Cette année, le ministre délégué aux comptes publics, Thomas Cazenave, avait promis d’accélérer le calendrier, et commencé à discuter ligne à ligne avec ses collègues chargés de la fonction publique et des sports, quand la dissolution a tout stoppé.
**« Surréaliste »**
Thomas Cazenave et son ministre de tutelle, Bruno Le Maire, imaginaient alors laisser la main au futur exécutif, d’autant qu’un gouvernement démissionnaire est censé se limiter à expédier les affaires courantes. Mais, Emmanuel Macron tardant à nommer un premier ministre, les responsables de Bercy ont jugé indispensable de continuer à préparer un projet de loi de finances, donc des lettres plafonds, pour ne pas immobiliser la lourde mécanique budgétaire. Après avoir hésité, Gabriel Attal a choisi à son tour d’envoyer ces lettres, non sans les avoir revues et corrigées, et avec environ un mois de retard sur le calendrier classique.
« Il a souhaité assurer la continuité de l’Etat », explique-t-on à Matignon. L’envoi des lettres, qui fixent à chaque ministère ses futurs crédits de paiement par mission et par programme, ainsi que son plafond d’emplois, constitue « une étape nécessaire », plaide l’entourage du premier ministre. Sans cette base de travail, comment le futur gouvernement pourrait-il boucler un budget dans les temps ? Le projet de loi doit être transmis mi-septembre au Haut Conseil des finances publiques, pour que ce dernier ait le temps de donner son avis, puis être validé par le conseil des ministres fin septembre, et présenté au Parlement le 1er octobre. L’affaire devenait donc urgente. « Le premier ministre va au bout de son devoir en évitant le mur budgétaire », vante Matignon.
Comment tordre les institutions dans tous les sens pour rester aux manettes.
“Non non, je fais pas de politique, juste je cadre le budget….”
[deleted]
Je comprends les critiques et elles sont justifiées, mais à mon sens Attal a (mal, puisqu’avec 1 mois de retard et en prenant des décisions hasardeuses) fait son job. Il faut effectivement que tous les ministères aient une ligne de conduite, sinon ça va être un bordel sans nom l’année prochaine.
Un budget annuel d’un ministère ne peut pas être décliné en 2 mois, cela prend un temps fou.
Visiblement le souci fondamental c’est plus le caca boudin de Macron que les lettres d’Attal.
*Gabriel Attal, premier ministre démissionnaire, propose un poney pour tous les français.*
Sympa de lancer des grenades préemptives dans les jambes de la personne qui aura le job.
L’histoire se souviendra de la Macronie, et pas en bien. Ces gens détruisent notre pays sous nos yeux.
J’espère qu’ils pensent chaque nuit à ce qui est arrivé dans notre histoire à ceux qui ont essayé avant eux.
Gaby est parti, la fête est finie.
L’administration qui essaye d’avancer malgré l’absence de cadre politique légitime, compliqué.
C’est borderline… mais un bon moyen d’équilibrer serait que les partis donnent leurs avis, ministère par ministère, sur ces “lettres plafonds”.
A situation inédite, réponses inédites ?
C’est plutôt une bonne chose. Au plus les affaires courantes durent, au moins elles sont courantes. Un budget similaire à celui de 2024 (et, soulignons le, réversible par le prochain gouvernement de plein exercice) n’engage pas de réforme substantielle et ne fait pas de gages sur l’avenir.
Une loi budgétaire doit être votée (ou passée en 49.3). Il est donc nécessaire de proposer un début de solution.
Et comme il ne semble pas y avoir de gouvernement majoritaire à l’horizon, libre au Parlement de retoquer cette loi…
On risque pas de sauver l’ecole ni les hôpitaux.
Il semble de plus en plus clair qu’ils ont prévus de garder le gouvernement démissionnaire jusqu’à la prochaine dissolution.
On est dans une crise politique grave.
7.3% de chômage, 400,000 emplois vacants, entrée en vigueur récente de réformes qui réduisent les droits des chômeurs
Moui ça me paraît être le bon moment pour réduire le budget du ministère du travail (alors qu’il avait pourtant augmenté en 2024, mais bon la cohérence c’est optionnel).
S’ils attendent la réunion avec Macron le 23 aout + quelques jours pour un sprint final avant de tous proposer des trucs, leur mère explose ouuuu ?
Bon honnêtement je ne vois pas trop comment les choses pourraient être faites autrement là tout de suite
Macron a mis tout le monde dans la merde et Attal fait ce qu’il peut
La réduction des dépenses, c’est pas un projet politique comme disent certains mais simplement la conséquence de renouveler le budget 2024, alors qu’il aurait du être revu à la hausse avec l’inflation
Si le parlement était cohérent sur un projet politique on pourrait avancer
Mais là on patauge dans la merde avec un parlement sans majorité qui est prêt à bloquer tout et n’importe quoi
Un gouvernement démissionnaire qui est obligé de sauver les meubles
Et Macron qui est incapable d’accepter la merde qu’il a causé
Pensez bien à vous inscrire sur les listes électorales, on va voter en 2025