(00:00) Ces derniers temps, j’ai entendu dire à plusieurs reprises que le monde irait mieux si l’on savait distribuer quelques claques aux gamins. Du coup, je suis allé voir les études pour vérifier si c’est vrai. Tout d’abord, soyons clairs sur la question que l’on va poser et expliquons pourquoi il est difficile d’y répondre simplement. Dans les études, plus que la claque, on étudie ce qu’on appelle les châtiments corporels à visée éducative : claques, fessées et tapes sur les doigts. La définition exacte correspond à toute mesure physique visant à corriger le comportement de l’enfant sans le blesser.
(00:32) Il est donc important de préciser qu’ici, on ne parle pas simplement de claques données au hasard par un parent alcoolique, mais bien de châtiments corporels donnés dans l’intention d’éduquer. Pour te donner une idée, les études montrent que 75 % des sévices corporels infligés aux enfants ont pour objectif de les éduquer à se comporter correctement. Ici, il n’est donc pas question de rejeter les études en disant : “Non, mais ça ne vaut que pour les parents maltraitants, les claques données dans la bonne situation, avec amour, pour corriger un enfant, c’est différent.” On va donc canaliser l’influence des punitions corporelles et analyser l’impact d’un comportement éducatif sur quelqu’un.
(01:01) Eh bien, c’est extrêmement compliqué. Quand tu appliques une technique éducative sur un enfant, comment savoir si cette technique va, par exemple, lui permettre de respecter son prochain plus tard ? Tu pourrais dire : “Oui, c’est ça,” sauf que, si on essaie d’être un peu plus rigoureux et de suivre les études scientifiques qui prennent en compte la complexité du monde, on est obligé de constater que pendant les premières années d’un enfant, il y a la méthode éducative, certes, mais aussi les comportements de son frère et de sa sœur, de sa famille. Il aura aussi sa propre personnalité. Il se passera plein de choses dans sa vie. Il aura une génétique différente des autres, un environnement social qui l’influencera. Donc, pour déterminer ce qui influence quoi, c’est compliqué.
(01:55) En plus, peut-être que toi-même es influencé par ton gamin. Peut-être que tu as choisi cette méthode parce que ton gamin avait des tendances calmes et respectueuses. Pour comprendre un phénomène, il faut des centaines d’études qui analysent des centaines de milliers de familles. Est-ce qu’on les a, ces études ? Oui, on les a. On a même des méta-analyses, c’est-à-dire des études qui trient d’autres études en fonction de leur qualité pour distinguer les mauvaises des bonnes et pour connaître les résultats de ces études. Et là, tu as encore d’autres études où les chercheurs ont le luxe de pouvoir discuter en long et en large de toutes ces méta-analyses, tellement il y en a.
(02:22) Alors, comment les chercheurs font-ils pour connaître l’influence d’une méthode sur le comportement d’un gamin ? La première étape, c’est de déterminer s’il y a un lien entre les deux. Pour cela, on utilise des études corrélationnelles. On examine le lien et la force du lien entre une méthode éducative et une variable. Que montrent les études de qualité ? Est-ce qu’il y a un lien entre les punitions corporelles et certaines caractéristiques des enfants plus tard ? Évidemment, les conséquences sur les comportements positifs et négatifs des gamins ont été étudiées.
Merci de m’avoir fait découvrir cette chaine!
Excellent
Je spoil.
Non.
> (02:49) Du côté des liens négatifs, on trouve que plus les parents utilisent ce type de correction sur leurs enfants, plus ces enfants sont agressifs, plus ils sont antisociaux, plus ils ont des troubles de conduite, plus ils sont opposants, plus ils sont dépressifs, ils ont moins de morale par la suite, ils ont plus de mauvaises relations avec leurs parents, plus de problèmes mentaux enfants et adultes, plus de chances d’être un harceleur, mais aussi plus de chances d’être harcelé ou victime d’abus, plus de violence conjugale par la suite, moins d’estime de soi, plus de difficultés scolaires, plus d’isolement social, plus de tentatives de suicide, plus d’hyperactivité, plus de violence envers leurs propres enfants, plus de déficits cognitifs. Pour les parents, plus ils punissent corporellement, plus ils ont de chances de dériver vers des maltraitances graves avec blessures.
Est t-il possible de comparer entre enfants? Par exemple, j’imagine qu’un gosse “fouteur de merde” aura plus tendance à avoir des conduites antisociales à l’age adulte, ce qui fait qu’il faudrait également inclure des caractéristiques propres à l’enfant dans la comparaison (après tout, pour tester l’efficacité d’un anticancéreux, on le teste sur des cancéreux)
C’est non.
Vraiment je comprends pas la logique d’aller foutre des claques à ton gosse alors que c’est même pas un geste que tu aurais sur un inconnu ( donc quelq’un dont en théorie tu te fous)
6 comments
Du moment qu’on peut claquer ceux des autres.
Version retranscrite :
(00:00) Ces derniers temps, j’ai entendu dire à plusieurs reprises que le monde irait mieux si l’on savait distribuer quelques claques aux gamins. Du coup, je suis allé voir les études pour vérifier si c’est vrai. Tout d’abord, soyons clairs sur la question que l’on va poser et expliquons pourquoi il est difficile d’y répondre simplement. Dans les études, plus que la claque, on étudie ce qu’on appelle les châtiments corporels à visée éducative : claques, fessées et tapes sur les doigts. La définition exacte correspond à toute mesure physique visant à corriger le comportement de l’enfant sans le blesser.
(00:32) Il est donc important de préciser qu’ici, on ne parle pas simplement de claques données au hasard par un parent alcoolique, mais bien de châtiments corporels donnés dans l’intention d’éduquer. Pour te donner une idée, les études montrent que 75 % des sévices corporels infligés aux enfants ont pour objectif de les éduquer à se comporter correctement. Ici, il n’est donc pas question de rejeter les études en disant : “Non, mais ça ne vaut que pour les parents maltraitants, les claques données dans la bonne situation, avec amour, pour corriger un enfant, c’est différent.” On va donc canaliser l’influence des punitions corporelles et analyser l’impact d’un comportement éducatif sur quelqu’un.
(01:01) Eh bien, c’est extrêmement compliqué. Quand tu appliques une technique éducative sur un enfant, comment savoir si cette technique va, par exemple, lui permettre de respecter son prochain plus tard ? Tu pourrais dire : “Oui, c’est ça,” sauf que, si on essaie d’être un peu plus rigoureux et de suivre les études scientifiques qui prennent en compte la complexité du monde, on est obligé de constater que pendant les premières années d’un enfant, il y a la méthode éducative, certes, mais aussi les comportements de son frère et de sa sœur, de sa famille. Il aura aussi sa propre personnalité. Il se passera plein de choses dans sa vie. Il aura une génétique différente des autres, un environnement social qui l’influencera. Donc, pour déterminer ce qui influence quoi, c’est compliqué.
(01:55) En plus, peut-être que toi-même es influencé par ton gamin. Peut-être que tu as choisi cette méthode parce que ton gamin avait des tendances calmes et respectueuses. Pour comprendre un phénomène, il faut des centaines d’études qui analysent des centaines de milliers de familles. Est-ce qu’on les a, ces études ? Oui, on les a. On a même des méta-analyses, c’est-à-dire des études qui trient d’autres études en fonction de leur qualité pour distinguer les mauvaises des bonnes et pour connaître les résultats de ces études. Et là, tu as encore d’autres études où les chercheurs ont le luxe de pouvoir discuter en long et en large de toutes ces méta-analyses, tellement il y en a.
(02:22) Alors, comment les chercheurs font-ils pour connaître l’influence d’une méthode sur le comportement d’un gamin ? La première étape, c’est de déterminer s’il y a un lien entre les deux. Pour cela, on utilise des études corrélationnelles. On examine le lien et la force du lien entre une méthode éducative et une variable. Que montrent les études de qualité ? Est-ce qu’il y a un lien entre les punitions corporelles et certaines caractéristiques des enfants plus tard ? Évidemment, les conséquences sur les comportements positifs et négatifs des gamins ont été étudiées.
Merci de m’avoir fait découvrir cette chaine!
Excellent
Je spoil.
Non.
> (02:49) Du côté des liens négatifs, on trouve que plus les parents utilisent ce type de correction sur leurs enfants, plus ces enfants sont agressifs, plus ils sont antisociaux, plus ils ont des troubles de conduite, plus ils sont opposants, plus ils sont dépressifs, ils ont moins de morale par la suite, ils ont plus de mauvaises relations avec leurs parents, plus de problèmes mentaux enfants et adultes, plus de chances d’être un harceleur, mais aussi plus de chances d’être harcelé ou victime d’abus, plus de violence conjugale par la suite, moins d’estime de soi, plus de difficultés scolaires, plus d’isolement social, plus de tentatives de suicide, plus d’hyperactivité, plus de violence envers leurs propres enfants, plus de déficits cognitifs. Pour les parents, plus ils punissent corporellement, plus ils ont de chances de dériver vers des maltraitances graves avec blessures.
Est t-il possible de comparer entre enfants? Par exemple, j’imagine qu’un gosse “fouteur de merde” aura plus tendance à avoir des conduites antisociales à l’age adulte, ce qui fait qu’il faudrait également inclure des caractéristiques propres à l’enfant dans la comparaison (après tout, pour tester l’efficacité d’un anticancéreux, on le teste sur des cancéreux)
C’est non.
Vraiment je comprends pas la logique d’aller foutre des claques à ton gosse alors que c’est même pas un geste que tu aurais sur un inconnu ( donc quelq’un dont en théorie tu te fous)