Les hommes du centre de lutte contre les criminalités numériques plongent dans les méandres du «dark web» à la recherche de «cibles intéressantes».
En quelques clics, l’écran aspire l’internaute dans un vertigineux vortex où tous les coups sont permis. Le chaos y règne en maître et les pires figures du crime organisé repoussent toutes les limites de la transgression. Posté devant son écran incurvé, le major de gendarmerie Yann, [chef du groupe «darknet» au sein du département enquêtes au Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N)](https://www.lefigaro.fr/actualite-france/spectaculaire-operation-au-coeur-du-darkweb-150-pirates-interpelles-20211026), avale une dernière gorgée de café et part en «cyberpatrouille» vers d’indicibles contrées.
Sur une page qui fait songer à jeu de casino, des boîtes de puissants hypnotiques côtoient les sachets de cocaïne ainsi que d’«audacieuses» herbes «pures à 90%» mises en vente pour une poignée de dollars. À côté, «Para», un ancien militaire se vantant d’avoir «parcouru le monde et combattu pendant de nombreuses années», propose un mercenariat tarifé : 1000 euros pour une «opération d’espionnage», 6000 euros pour un enlèvement et 10.000 euros pour un meurtre. Un vendeur d’armes, surnommé quant à lui «Lord of War», marchande des revolvers à prix cassés. Dans son «autoshop», un hacker caché derrière une bannière à l’effigie du héros «Albator» propose son expertise dans les domaines du «piratage des réseaux sociaux et des serveurs web», de «l’espionnage et la surveillance informatique» ou la «fabrication de faux diplômes». Tutoriels pour fabriquer une bombe à l’usage du parfait petit djihadiste, call-girls venues du froid, passeports russes, anglais ou encore américains à partir de 500 euros ou recettes de poisons mortels…
Les pages défilent à l’écran ad nauseam, jusqu’à en donner un vilain tournis. Le major Yann, professionnel, reste de marbre. «Ici, on trouve vraiment tout : il suffit de surfer sur les forums, là où la parole se libère, pour retrouver des chevaliers blancs, des gothiques, des détraqués, des extrémistes, des gens qui s’inventent une légende, lâche-t-il tout en balayant d’un œil expert un mur d’images pour dénicher un indice. Beaucoup d’annonces sont à prendre avec des pincettes car elles se révèlent souvent fantaisistes. Notre mission est de trouver dans tout ce maquis une cible intéressante qui vend des choses illicites depuis la France.» Habitué du réseau Tor où sévissent les criminels, ce «limier» hors pair connaît les secrets du «dark web».
Créé à l’origine dans les années 90 par l’US Naval pour protéger ses communications, cet espace est depuis lors transformé par les criminels en «bas-fond» du numérique pour y faire prospérer tous les trafics sans laisser de trace. Selon les experts, les vendeurs français y représentent désormais 12% des ventes annuelles, pour un montant estimé à plusieurs de dizaines de millions d’euros. Ayant la possibilité d’enquêter sous pseudo depuis le 1er juin 2019, le major Yann visite incognito les «markets» et va au contact des profils les plus venimeux. Avec méthode, il interagit avec eux jusqu’à les démasquer.
Avec ses collègues du C3N, il a été à la pointe de la traque mondiale menée dans le cadre de l’opération «Dark HunTOR», qui a permis d’intercepter 150 suspects impliqués dans ces trafics. Au terme d’une vraie montée en puissance, les cyberlimiers basés au pôle judiciaire de la gendarmerie à Pontoise ont été à l’origine d’affaires retentissantes. En 2019, le C3N a ainsi démantelé une cyberattaque mondiale menée par un réseau de robots («botnet») «zombie» connu sous le pseudo de Retadup. Selon nos informations, l’expertise des militaires a permis de «libérer», sans dommage collatéral, plus de 3,127 millions d’ordinateurs verrouillés à distance un logiciel malveillant.
L’année dernière, les gendarmes signer un vrai coup de maître avec le démantèlement d’un réseau téléphonique chiffré «EncroChat», très prisé par les voyous. Les appareils, vendus plus de 1000 euros pièce, étaient dépourvus de caméra, de microphone, de port USB ou de GPS pour garantir l’anonymat. «Grâce à un gros travail technique mené depuis 2017 pour comprendre la solution chiffrée, nos spécialistes ont trouvé la faille, démasqué les individus qui se cachaient derrière et mis au jour un vaste réseau lié à la criminalité organisée», explique le colonel Fabienne Lopez, commandant le C3N.
Selon un dernier bilan porté à la connaissance du Figaro, les opérations, sous l’égide d’Europol, ont permis de mener 7099 arrestations à travers le monde, de saisir 97 tonnes de cocaïne, 60 tonnes de cannabis ainsi que 513 millions d’euros en numéraires. En France, cette affaire hors norme a donné lieu à l’ouverture de 70 dossiers criminels. «Ce dossier a permis de renforcer la légitimité du C3N et de consolider ses liens avec les forces de l’ordre à l’échelle mondiale, où les cybercriminels ignorent les frontières», se félicite Fabienne Lopez. Le C3N devrait encore gagner en efficacité. Depuis le 1er août dernier, la structure a en effet intégré le commandement de la gendarmerie dans le cyberespace (Comcybergend), une force de frappe pyramidale de 7000 hommes allant de la protection de chaque internaute jusqu’à la neutralisation de pirates toujours plus actifs. Une attaque informatique est recensée dans le monde toutes les 39 secondes.
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**Par Christophe Cornevin**
**Publié il y a 14 minutes**
Article tout droit sorti de la fin des années 2000. Sensationnaliste, truffé d’approximations et d’erreurs (je passe l’orthographe et le style général). Merci pour la tranche de rire même si elle me laisse un goût amer. Franchement le traitement des sujets numériques par la presse grand public ça vole toujours bien bas, consternant.
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Les hommes du centre de lutte contre les criminalités numériques plongent dans les méandres du «dark web» à la recherche de «cibles intéressantes».
En quelques clics, l’écran aspire l’internaute dans un vertigineux vortex où tous les coups sont permis. Le chaos y règne en maître et les pires figures du crime organisé repoussent toutes les limites de la transgression. Posté devant son écran incurvé, le major de gendarmerie Yann, [chef du groupe «darknet» au sein du département enquêtes au Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N)](https://www.lefigaro.fr/actualite-france/spectaculaire-operation-au-coeur-du-darkweb-150-pirates-interpelles-20211026), avale une dernière gorgée de café et part en «cyberpatrouille» vers d’indicibles contrées.
Sur une page qui fait songer à jeu de casino, des boîtes de puissants hypnotiques côtoient les sachets de cocaïne ainsi que d’«audacieuses» herbes «pures à 90%» mises en vente pour une poignée de dollars. À côté, «Para», un ancien militaire se vantant d’avoir «parcouru le monde et combattu pendant de nombreuses années», propose un mercenariat tarifé : 1000 euros pour une «opération d’espionnage», 6000 euros pour un enlèvement et 10.000 euros pour un meurtre. Un vendeur d’armes, surnommé quant à lui «Lord of War», marchande des revolvers à prix cassés. Dans son «autoshop», un hacker caché derrière une bannière à l’effigie du héros «Albator» propose son expertise dans les domaines du «piratage des réseaux sociaux et des serveurs web», de «l’espionnage et la surveillance informatique» ou la «fabrication de faux diplômes». Tutoriels pour fabriquer une bombe à l’usage du parfait petit djihadiste, call-girls venues du froid, passeports russes, anglais ou encore américains à partir de 500 euros ou recettes de poisons mortels…
Les pages défilent à l’écran ad nauseam, jusqu’à en donner un vilain tournis. Le major Yann, professionnel, reste de marbre. «Ici, on trouve vraiment tout : il suffit de surfer sur les forums, là où la parole se libère, pour retrouver des chevaliers blancs, des gothiques, des détraqués, des extrémistes, des gens qui s’inventent une légende, lâche-t-il tout en balayant d’un œil expert un mur d’images pour dénicher un indice. Beaucoup d’annonces sont à prendre avec des pincettes car elles se révèlent souvent fantaisistes. Notre mission est de trouver dans tout ce maquis une cible intéressante qui vend des choses illicites depuis la France.» Habitué du réseau Tor où sévissent les criminels, ce «limier» hors pair connaît les secrets du «dark web».
Créé à l’origine dans les années 90 par l’US Naval pour protéger ses communications, cet espace est depuis lors transformé par les criminels en «bas-fond» du numérique pour y faire prospérer tous les trafics sans laisser de trace. Selon les experts, les vendeurs français y représentent désormais 12% des ventes annuelles, pour un montant estimé à plusieurs de dizaines de millions d’euros. Ayant la possibilité d’enquêter sous pseudo depuis le 1er juin 2019, le major Yann visite incognito les «markets» et va au contact des profils les plus venimeux. Avec méthode, il interagit avec eux jusqu’à les démasquer.
Avec ses collègues du C3N, il a été à la pointe de la traque mondiale menée dans le cadre de l’opération «Dark HunTOR», qui a permis d’intercepter 150 suspects impliqués dans ces trafics. Au terme d’une vraie montée en puissance, les cyberlimiers basés au pôle judiciaire de la gendarmerie à Pontoise ont été à l’origine d’affaires retentissantes. En 2019, le C3N a ainsi démantelé une cyberattaque mondiale menée par un réseau de robots («botnet») «zombie» connu sous le pseudo de Retadup. Selon nos informations, l’expertise des militaires a permis de «libérer», sans dommage collatéral, plus de 3,127 millions d’ordinateurs verrouillés à distance un logiciel malveillant.
L’année dernière, les gendarmes signer un vrai coup de maître avec le démantèlement d’un réseau téléphonique chiffré «EncroChat», très prisé par les voyous. Les appareils, vendus plus de 1000 euros pièce, étaient dépourvus de caméra, de microphone, de port USB ou de GPS pour garantir l’anonymat. «Grâce à un gros travail technique mené depuis 2017 pour comprendre la solution chiffrée, nos spécialistes ont trouvé la faille, démasqué les individus qui se cachaient derrière et mis au jour un vaste réseau lié à la criminalité organisée», explique le colonel Fabienne Lopez, commandant le C3N.
Selon un dernier bilan porté à la connaissance du Figaro, les opérations, sous l’égide d’Europol, ont permis de mener 7099 arrestations à travers le monde, de saisir 97 tonnes de cocaïne, 60 tonnes de cannabis ainsi que 513 millions d’euros en numéraires. En France, cette affaire hors norme a donné lieu à l’ouverture de 70 dossiers criminels. «Ce dossier a permis de renforcer la légitimité du C3N et de consolider ses liens avec les forces de l’ordre à l’échelle mondiale, où les cybercriminels ignorent les frontières», se félicite Fabienne Lopez. Le C3N devrait encore gagner en efficacité. Depuis le 1er août dernier, la structure a en effet intégré le commandement de la gendarmerie dans le cyberespace (Comcybergend), une force de frappe pyramidale de 7000 hommes allant de la protection de chaque internaute jusqu’à la neutralisation de pirates toujours plus actifs. Une attaque informatique est recensée dans le monde toutes les 39 secondes.
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**Par Christophe Cornevin**
**Publié il y a 14 minutes**
Article tout droit sorti de la fin des années 2000. Sensationnaliste, truffé d’approximations et d’erreurs (je passe l’orthographe et le style général). Merci pour la tranche de rire même si elle me laisse un goût amer. Franchement le traitement des sujets numériques par la presse grand public ça vole toujours bien bas, consternant.