Paul Vannier, négoce féroce

by Lecultivateur

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  1. Extraits choisis :

    >C’est là, au siège insoumis, entre les affiches «Mélenchon Premier ministre», que la petite légende de Paul Vannier s’est construite. Celle d’un dur, pas du genre à sourire ou à mettre une tape dans le dos. Si la vie politique était une fiction, le méchant, ce serait lui. *«Si vous êtes dans le collimateur de Paul Vannier, c’est terminé…»*, raconte un ancien de La France insoumise. *«C’est un vrai dur, sur le fond et sur la forme,* affirme le socialiste Pierre Jouvet, qui a négocié avec lui. *Il a un côté militant, déterminé, acharné. C’était avec lui que c’était le plus violent pendant les négociations. C’est un vrai violent politiquement, froid, brutal, cassant, méthodique. Il ne cherche jamais le compromis et fait du rapport de force une vertu politique centrale. Mais c’est aussi son job. De la même manière que Manon Aubry est la fille sympa, il est dans son rôle.»*

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    Le jeune homme grandit dans le Val-de-Marne, dans une famille où la politique est déjà là. Sa mère enseigne la musique dans des écoles primaires, son père est ouvrier à EDF, syndicaliste à FO et militant lambertiste, un courant trotskiste dans lequel Jean-Luc Mélenchon lui-même s’est formé. «*C’est son engagement à lui. Le mien est différent. Ma culture, c’est le mélenchonisme»*, appuie-t-il.

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    Avec lui, il a appris l’essentiel : l’agenda. *«La politique, c’est des fichiers et des calendriers»,* a répété l’ancien sénateur à des générations de militants. *«En le regardant faire, j’ai vu comment il utilisait le temps,* raconte Vannier. *Il sait rythmer une campagne en séquence. En le voyant façonner le temps, j’ai compris qu’on pouvait construire des situations, créer des points de bascule, et pas seulement s’adapter aux circonstances.»* Dans le monde insoumis, on parle parfois plus de stratégie que d’idées. On sait muer, passant du populisme à l’union de la gauche, d’un culte voué à l’universalisme républicain à l’ouverture aux revendications identitaires. *«La stratégie, c’est essentiel si on veut gagner»,* revendique Paul Vannier.

    >Paul Vannier est un lieutenant insoumis, prototype du militant appliqué, dévoué, dur s’il le faut, jusque dans la posture, bien droite. Le style, sans fioritures, a pour seule marque distinctive le petit triangle rouge que Mélenchon épingle aussi sur ses vestes, symbole de résistance aux idées d’extrême droite. *«Lieutenant, c’est une expression bizarre parce que s’il y a une chose que j’ai apprise avec Jean-Luc Mélenchon, c’est la liberté. Bien sûr qu’on est des gens disciplinés, groupés, et on considère que ça fait partie de notre force, mais Jean-Luc n’est pas du tout un esprit dogmatique.»* Lorsque le trentenaire, qui vit à Paris, a pris la tête du groupe insoumis au conseil régional d’Ile-de-France, en 2021, l’ancien socialiste l’a invité à l’imiter : *«Je sais entrer dans une réunion en me disant que je vais changer d’avis.»* Assis à la terrasse d’un café près de l’Assemblée, Paul Vannier insiste : *«C’est consenti tout ça, il n’y a pas de contrainte. On fonctionne par adhésion.»*

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