Le réaménagement du site de la tour Eiffel obtient le feu vert. Le Conseil de Paris a donné son accord, mardi 8 février, à ce vaste chantier, malgré l’opposition de la droite.

7 comments
  1. Le grand chantier peut maintenant commencer. Après plusieurs années de préparation, de débats et de polémiques, le réaménagement des abords de la tour Eiffel, le monument le plus célèbre de Paris, devrait commencer au cours des prochains mois. Le conseil municipal y a donné son ultime feu vert, mardi 8 février, en dépit de l’opposition résolue de la droite. C’est le lancement d’un programme dont une bonne partie doit être réalisée avant les Jeux olympiques de l’été 2024, mais qui ne sera entièrement achevé, au mieux, qu’en 2026. Et, au niveau politique, une nouvelle preuve du poids des écologistes, lesquels ont négocié dans la dernière ligne droite plusieurs concessions notables.

    Pour la Mairie de Paris, l’enjeu est majeur. Il s’agit d’abord de mieux accueillir les 7 millions de touristes qui visitent la tour chaque année (du moins avant la crise due au Covid-19), et les 20 millions de personnes qui viennent jusqu’à ses pieds pour l’admirer. Dans l’immédiat, il s’agit également de donner un cadre adéquat aux épreuves des Jeux olympiques prévues dans le périmètre (beach-volley, triathlon, marathon, natation en eau libre).

    Au-delà, le projet vise à adapter au changement climatique et aux nouvelles attentes des Parisiens toute une zone allant du Trocadéro au Champ-de-Mars, en la transformant en une grande promenade piétonne et végétalisée. Enfin, en période de disette financière pour Paris, tout doit être effectué sans faire exploser le budget, qui a déjà gonflé de 50 % et atteint désormais 107 millions d’euros, selon l’évaluation conduite en 2020. Autant d’exigences parfois contradictoires, ne serait-ce que parce que les plans les plus ambitieux sur le plan écologique ou esthétique sont souvent ceux qui coûtent le plus cher.

    **Craintes d’une détérioration du site historique**

    Seule certitude : sur cet épineux dossier, qui touche un monument connu de toute la planète, la Mairie n’a guère le droit à l’erreur. D’autant que les trois arrondissements (7e, 15e, 16e) concernés ont tous voté à droite lors des municipales de 2020. Leurs maires respectifs dénoncent déjà « une catastrophe urbaine » et demandent un report de ces « dépenses somptuaires ».

    Les militants du mouvement #saccageparis, quant à eux, redoutent que l’embellissement annoncé sur le papier ne se traduise en pratique par une détérioration du site historique. « On va couper 21 arbres plus vieux que la tour Eiffel et bousiller l’écrin actuel du monument », s’alarme, de son côté, Christine Nedelec, de France Nature Environnement. « Pour le même prix, mieux vaudrait acquérir et préserver certains jardins convoités par les promoteurs », ajoute Julien Lacaze, de l’association Sites et monuments.

    LES ÉCOLOGISTES ONT OBTENU IN EXTREMIS QUE LE RÉAMÉNAGEMENT DU CHAMP-DE-MARS, LA PARTIE LA PLUS CONTESTÉE DU PROJET, SOIT GELÉ JUSQU’EN 2024, LE TEMPS DE REVOIR LES PLANS INITIAUX

    Faute de pouvoir compter sur la droite, la maire socialiste a choisi de faire passer son programme en s’appuyant sur ses alliés communistes et, surtout, écologistes. Pour tenir compte de leurs demandes, les plans dessinés par l’architecte paysagiste franco-américaine Kathryn Gustafson pour ces 22 hectares ont sensiblement évolué. La part des espaces végétalisés a été accrue. « Plus de 17 000 mètres carrés de surfaces actuellement imperméabilisées seront végétalisés », promet la Mairie. C’est 40 % d’augmentation, assure-t-elle, ce que contestent les associations. Le tracé des pistes cyclables a été revu afin de permettre aux vélos de circuler sans rupture. Les 32 places initialement envisagées pour des cars de tourisme ont disparu.

    Pour éviter la dérive marchande ou festive que dénoncent les riverains, les socialistes ont, par ailleurs, accepté de respecter deux cent cinquante jours de relâche totale où aucun événement comme ceux organisés au Grand Palais éphémère n’aura lieu sur l’ensemble du site. Enfin, lundi soir, les écologistes ont obtenu in extremis que le réaménagement du Champ-de-Mars, la partie la plus contestée du projet, soit gelé jusqu’en 2024, le temps de revoir les plans initiaux. « Nous ne renonçons pas aux grands principes, mais nous avons écouté les inquiétudes des uns et des autres », se justifie Emmanuel Grégoire, le premier adjoint d’Anne Hidalgo.

    **« Un projet tout sauf écologique »**

    Résultat : les Verts soutiennent désormais le projet, malgré les réticences qu’ils nourrissent à l’égard du tourisme de masse. « On doit accepter que bien des gens, sur cette planète, rêvent de voir un jour la tour Eiffel », concède Fatoumata Koné, la patronne des élus écologistes parisiens.

    Nonobstant les efforts consentis par la municipalité, le chantier reste loin de faire l’unanimité. « C’est un projet tout sauf écologique, plutôt un aménagement commercial », juge ainsi Maud Gatel, du MoDem. Les maires Les Républicains (LR) concernés y sont aussi farouchement hostiles et s’inquiètent en particulier des embouteillages que risquent de susciter la fermeture du pont d’Iéna aux automobiles et la transformation d’une bonne partie de la place du Trocadéro en « un amphithéâtre végétalisé ».

    « Au bout du compte, il risque d’y avoir davantage de pollution et de bruit », redoute l’élue macroniste Catherine Ibled. Le maire LR du 16e, Francis Szpiner, a même écrit à la ministre de la culture, Roselyne Bachelot, pour demander le classement comme monument historique de la place du Trocadéro, en vue de bloquer le projet.

    La droite se réjouit d’ores et déjà d’un point : confrontée aux contraintes techniques, la Mairie a abandonné son rêve de métamorphoser le pont d’Iéna en « un jardin extraordinaire où l’on va réentendre le chant des oiseaux ». Même les pots envisagés en guise de substitution ne semblent plus d’actualité. « La présence de bacs végétalisés sur le pont d’Iéna a soulevé de fortes interrogations, les contributeurs doutant de leur intérêt écologique et craignant mésusages, malpropreté et difficultés d’entretien », reconnaît la Mairie à la suite de la concertation menée fin 2021.

    Si elle ne veut pas renoncer à ce corridor vert qui doit signer la perspective entre le Trocadéro et le Champ-de-Mars, il lui faudra trouver un autre moyen de « verdir » le pont. Il lui reste un peu de temps, puisque cette partie du chantier ne doit être réalisée qu’après les Jeux olympiques.

    ​

    ***Par Emeline Cazi et Denis Cosnard Publié le 08 février 2022 à 17h36***

  2. Faudrait surtout virer les centaines de schlagues qui squattent le chemin entre le Troca et la Tour Eiffel parce que franchement, on a plus l’impression d’être dans un pays du tiers monde qu’à Paris !

Leave a Reply