Brûler des granulés de bois n’a rien d’écologique | Slate.fr

10 comments
  1. Des avis sur le sujet ? J’ai des amis qui se chauffent aux granulés et semble content de la solution (également d’un point de vue écologique), est-ce qu’ils se voilent la face ?

  2. TDLR: il faut que les arbres replantés poussent assez vite pour compenser ceux qu’on brûle. Un arbre replanté par arbre brûlé ne suffit pas forcement si globalement ta forêt perd en masse végétale (cette différence par en CO2 dans l’atmosphère).

  3. Cet article m’a l’air quand même très puteaclic. Un arbre ça prend du temps à pousser, grande nouvelle.

    Si tu replante le même type de chose que ce que tu coupe c’est bel et bien neutre. Et le coup du bois bois plus émetteur de CO2 que le charbon j’y crois pas trop.

    Après c’est sûr que renouvelable ne veut pas dire bon pour les écosystèmes. La sylviculture est très mauvaise pour une forêt, y compris quand c’est soit-disant “raisonnable”. Perso j’ai hâte que les scolytes détruisent tous les épicéas, ils penseront enfin à mettre des arbres indigènes.

  4. *Nature* a fait [une communication](https://www.nature.com/articles/s41467-018-06175-4) sur le sujet en 2018.
    Elle en quoi la décision d’utiliser le bois pour générer de l’énergie, même en remplacement de ressources fossiles, a un effet très négatif sur les émissions de gaz à effet de serre (GES).

    L’incinération du bois est une stratégie valide lorsqu’il s’agit de consommer des déchets (comme les connexes de scierie) : ceux-ci relâcheraient de toute façon leur carbone à court terme en se décomposant. Mais c’est bien différent lorsqu’il s’agit de bois récolté spécifiquement pour produire de l’énergie.

    Brûler du bois génère 1,5 fois plus de CO2 que de brûler du charbon (au kWh produit), 3 fois plus que du gaz naturel. La logique courante est que, le bois étant une ressource renouvelable, ce CO2 émis est capturé par la croissance de la forêt : on atteindrait alors une forme de neutralité carbone.

    Mais c’est valable (toujours selon l’article) uniquement à long terme ; à court et moyen termes, brûler du bois génère une « dette » de CO2.

    Remplacer tout le fossile par du bois signifirait tripler les émissions de GES/GJ d’énergie finale en 2050. En complément de production éolienne et photovoltaïque, le bois pourrait transformer une diminution des émission de 5 % (grâce au solaire/PV) en augmentation de 5 à 10 %.

    Ce carbone rejeté dans l’atmosphère à court et moyen termes, même s’il sera compensé à long terme, contribue aux boucles de rétroaction climatiques comme n’importe quel autre carbone : cela veut dire encore plus de fonte du permafrost et des glaciers, encore plus de hausse de la température et de l’acidité dans les océans, etc., ce qui conduit à encore plus de CO2 rejeté dans l’atmosphère. Il ne s’agit donc pas simplement d’émettre X tonnes aujourd’hui pour en récupérer X plus tard ; car dans ce laps de temps, ces X tonnes auront contribué à l’émission de Y tonnes de CO2 via des boucles de rétroaction.

    L’effet à prévoir sur les forêt est important : les objectifs de la Commission européennes exigeront entre 55 et 85 % de la récolte de bois de l’UE uniquement pour fournir de la biomasse aux centrales.

    Il est d’autant plus important que les industriels sont encouragés à utiliser la biomasse, car son « coût carbone » est fortement sous-estimé, justifiant ainsi des incitations fortes de la part des gouvernement. De la même manière les propriétaires de forêts sont encouragés à exploiter leur bois pour la biomasse.

    [Article de Sciences et Vie.](https://i.imgur.com/4E8vney.png)

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