Délinquance et immigration: le rapport choc sur Mayotte

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  1. Délinquance et immigration: le rapport choc sur Mayotte

    Une mission sénatoriale alarme sur la violence et la crise qui frappent ce département érigé en porte d’entrée béante des clandestins en France.

    Soixante pages de constat accablant, émaillées de seize propositions. La commission des lois du Sénat, présidée par le sénateur LR du Rhône, François-Noël Buffet, examinait ce mercredi le rapport de la mission d’information qu’elle a constituée sur la sécurité à Mayotte.

    Le Figaro a décortiqué ce document qui contient notamment une révélation de taille: la loi Collomb de 2018 pour une «immigration maîtrisée» ne dissuade pas les illégaux d’aller faire naître des enfants sur ce territoire pour que ceux-ci obtiennent la nationalité française et, plus tard, par ricochet, leurs parents. Cette réforme était pourtant l’une des clés censées faire sortir ce lointain département du piège migratoire dans lequel il se trouve enfermé, au point d’être devenu l’une des principales portes de l’immigration illégale en France. Mayotte serait-elle le miroir de ce qui menace dans certains quartiers de Métropole ?

    Rien n’arrête l’immigration clandestine

    Le PIB par habitant à Mayotte (9855 euros) demeure 8,5 fois supérieur à celui des Comores voisines (1142 euros). Selon les sénateurs, la préfecture de Mayotte reconnaît qu’une «nette hausse des arrivées est constatée à Mayotte depuis août 2020». Les traversées en «kwassas» (ces barques de pêche traditionnelles employées par les passeurs) ont augmenté de 30%. Il a été procédé de janvier à août 2021 à 16.027 éloignements (soit une moyenne de 2.000 expulsions par mois, contre 2.300 environ en 2019, année hors Covid).

    En clair : les éloignements ont baissé, alors que l’immigration illégale augmente, mais l’activité des services chargés de l’éloignement ne s’est pas effondrée comme cela a été le cas en Métropole, du fait de la crise sanitaire.

    Un habitant sur deux est étranger
    Selon l’Insee, l’île compterait désormais 48% d’étrangers, soit 123.000 personnes, sur un total officiel de 256.000 habitants. Parmi ces étrangers, environ 60.000, soit la moitié, seraient des illégaux. Les sénateurs insistent sur la difficulté à recenser les individus à Mayotte et considèrent donc ces valeurs comme des minima. Le nombre de mineurs nés à Mayotte de parents étrangers, s’établirait, quant à lui, à environ 40.000. La mission évoque aussi 4500 mineurs non accompagnés que les structures peinent à prendre en charge, vu le coût social d’un tel contingent. Selon les sénateurs, les femmes étrangères, principalement des Comoriennes, sont à l’origine de «trois quarts» des naissances dans l’île. Avec un taux de fécondité de «6 enfants par femme en 2017 contre 3,5 pour les femmes natives de Mayotte».

    Les déséquilibres se creusent
    La densité de la population mahoraise se renforce inexorablement, à mesure que croissent les bidonvilles. «Avec 690 habitants au km2, Mayotte n’est devancée que par Paris et cinq autres départements d’Île-de-France», assure la mission du Sénat. Se référant à l’Insee, elle ajoute : «la moitié de la population a moins de 18 ans, et trois Mahorais sur dix ont moins de dix ans». Elle décrit le contexte démographique comme «l’enjeu majeur» dans ce «département français qui dégage le moins de richesse», avec un taux de chômage record de 30,1% en 2019. Dix points au-dessus de Réunion, de la Guadeloupe ou de la Guyane.

    L’Éducation nationale submergée par la natalité
    «Multipliés par 10 en 30 ans, les effectifs d’élèves sont en constante progression», avec près de 97.000 enfants inscrits dans les établissements du premier et du second degré. Les ouvertures de classes ne suffisent pas. Et la mission met en garde : «La pratique des «rotations», qui consiste à diviser les classes du premier degré en deux et à segmenter leur accueil sur une demi-journée pour en doubler la capacité, ne saurait constituer une solution viable dans le long terme».

    Pour les sénateurs, il devient urgent de «favoriser le développement économique». Car «plusieurs interlocuteurs de la mission sur place ont souligné le risque de créer au sein de la jeunesse mahoraise une « génération de frustrés », y compris parmi les mineurs en situation irrégulière présents». La mission poursuit, s’agissant des mineurs clandestins : «ne pouvant être éloignés, ils bénéficient d’un enseignement au sein du système éducatif français qui ne se traduit néanmoins que rarement par de réelles opportunités économiques à leur majorité».

    Une délinquance juvénile extrêmement préoccupante
    Déjà, «le niveau de délinquance ne permet pas aux habitants de l’île de mener une vie normale», confirme aux rapporteurs le patron local de la police nationale. Selon eux, «la délinquance est, à Mayotte, sous-estimée». Pour les seuls faits qui remontent aux autorités, l’évolution des violences pulvérise tous les records : «le nombre annuel de coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus est passé de 594 en 2008 à 1 506 en 2019, soit une hausse de 153,5%» ; «dans le même temps, le nombre de violences sexuelles est passé de 98 à 236, soit une hausse de 175,5%, et celui de vols violents a crû de 263,8%, pour atteindre 1.049 faits en 2019».

    Le taux d’homicides par habitant est «cinq fois supérieur au taux ayant cours en France métropolitaine», celui des agressions de rue est de plus du double de celui constaté dans l’Hexagone et le taux de vols violents est quatre fois supérieur. Une délinquance «avant tout juvénile», à l’origine de faits «particulièrement brutaux», soulignent les sénateurs. «Cette statistique est d’autant plus préoccupante qu’elle ne laisse pas présager d’amélioration», tranchent-ils. La hausse pour les 7 premiers mois de l’année est de «+31%».

    La Justice confrontée à une pénurie de moyens
    Selon le procureur local, «le faible niveau de plainte» et les difficultés à trouver une adresse où envoyer les actes de procédures «rendent les poursuites difficiles à conduire jusqu’à leur terme». «La délinquance n’est donc traitée que sur le haut du spectre», déclare-t-il. Traduction: la Justice ne peut s’investir que dans les affaires graves, en se concentrant sur les flagrants délits. Elle se montre sous un jour plus sévère : entre le premier semestre de 2019 et celui de 2021, les condamnations prononcées ont crû de 15,7%. Encore faut-il que ces peines soient toutes exécutées. La surpopulation carcérale du centre pénitentiaire insulaire se traduit par un taux d’occupation (au 8 septembre dernier) de 153%. Et même 238% s’agissant des détenus sous le régime de la maison d’arrêt (prévenus en attente de procès et courtes peines).

    Manque d’attractivité et fuite des forces vives
    La mission du Sénat le déplore: «La permanence d’un tel niveau d’insécurité diminue ainsi l’attractivité du territoire pour les agents de la fonction publique venus de l’Hexagone». Dans l’Éducation nationale, «le rectorat dénombrait en 2018, 41 % de demandes de départ parmi les enseignants titulaires. Afin de pallier le roulement des équipes qui en résulte, 35,9 % des enseignants au lycée à Mayotte étaient donc contractuels contre 6 % en France métropolitaine à la même date».

    Or, toutes les administrations, même la police, pâtissent de difficultés semblables. Par ailleurs, «ce niveau élevé de violence obère l’attractivité et l’activité économiques du territoire». Les sénateurs le disent: «La quasi-impossibilité de circuler sans rencontrer d’interminables blocages dans le trafic automobile aux environs de Mamoudzou, en raison des coupeurs de routes et des caillassages, pose des difficultés logistiques concrètes aux entreprises du territoire». Cette situation explique, selon eux, «le sentiment de «ras-le-bol» des Mahorais, qui s’est en particulier exprimé lors des grèves de 2018 et nourrit les flux migratoires de ceux-ci à destination de La Réunion ou de l’Hexagone». Triste état des lieux et surtout sombres perspectives.
    Seize propositions pour les Mahorais

    La mission sénatoriale sur la sécurité à Mayotte formule un nombre de propositions limité pour agir dans l’urgence. Elle veut d’abord redonner une valeur dissuasive aux dispositions de la loi Collomb de 2018. Celles-ci imposent pour l’enfant étranger qu’«à la date de sa naissance, l’un de ses parents au moins» réside déjà en France «de manière régulière, sous couvert d’un titre de séjour, et de manière ininterrompue depuis plus de trois mois». Les sénateurs veulent porter à un an cette obligation de séjour régulier, pour éviter les allers et retours, souvent périlleux, des mères qui cherchent à détourner «l’esprit de la loi».

    Autres pistes : renforcer les moyens alloués à la lutte contre les filières de reconnaissance frauduleuse de filiation, en constituant un fichier d’état civil unique à l’échelle du département. Mais aussi : prendre des initiatives en matière de prévention de la délinquance, pour «ne pas laisser cette prévention à des groupes d’autodéfense». Car Mayotte en est à ce stade… La mission suggère de créer une unité de choc de la gendarmerie dans le sud de l’île pour faire face aux bandes les plus violentes, mais aussi de renforcer les équipes de magistrats, de créer une Cour d’appel sur place (elle est, pour l’instant installée à La Réunion), de faire émerger un centre de détention au sud également, et de transformer l’actuel en maison d’arrêt. Mayotte nécessiterait, de surcroît, selon eux, un Centre éducatif fermé et un centre de semi-liberté pour varier la réponse pénale, face à la forte délinquance juvénile. Manqueraient enfin des moyens de vidéosurveillance et de l’éclairage public dans les communes. Mayotte reste un département jeune manifestement sous-administré.

  2. >Mayotte serait-elle le miroir de ce qui menace dans certains quartiers de Métropole ?

    Aaaaah le figaro ….

    >La quasi-impossibilité de circuler sans rencontrer d’interminablesblocages dans le trafic automobile aux environs de Mamoudzou, en raisondes coupeurs de routes et des caillassages

    Non, les blocages à Mamoudzou sont dûs à 99% au problème d’une route unique et d’un fort traffic dans le poumon économique. Sérieux, ils ont vu comment est fichu le carrefour SFR ?

    ​

    Ceci étant, il est indéniable que Mayotte est “sous-administrée” et sous-équipée face à une délinquance très importante. Les gendarmes en PI qui tournent à Mayotte sont bien occupés … A voir ce qui sera fait sur ce rapport.

    (edit et merci OP pour l’article, en passant)

  3. J’ai plusieurs amies qui travaillent sur l’insertion à Mayotte et la question de la migration. Effectivement, rendre difficile l’immigration ne l’a pas stoppé, les jeunes y viennent clandestinement des 14 ans (voir moins pour certain) car la misère des Comores les pousse inévitablement vers Mayotte. De plus l’état a toujours délaissé ces territoires d’outre mer par rapport à la métropole et les bidon villes étaient et sont encore fréquents sur Mayotte. À côté de personnes qui ont un smic de 400€, se côtoient les métropolitains qui même avec 1200€ deviennent une source d’envie, d’où des vols ou des agressions. La pauvreté amène son lot de misère, drogue, violence mais ça l’article en parle déjà.

  4. Et puis maintenant que c’est un département français aucune possibilité de leur donner l’indépendance pour se débarrasser du boulet et enfin respecter la résolution des nations-unies.

    Merci les hauts fonctionnaires qui sont à l’initiative de cette départementalisation que personne ne demandait et dont personne n’avait rien à foutre….

  5. Une mesure qui pourrait soulager pas mal de gens, ce serait d’arrêter ces titres de séjour bâtards qui donnent la permission aux Comoriens de rester à Mayotte uniquement, sans pouvoir bouger.

    C’est quand même un comble d’être en situation régulière en France et d’être limité à un département. Je ne crois pas que les titres de séjours donnés en métropole aient ce genre de limitations.

    C’est juste une anecdote, mais je connais un mec qui avait ce genre de titre de séjour. Il a eu une offre de boulot en métropole et il a du revenir aux Comores puis traverser l’Afrique pour atterrir en métropole. Alors qu’il était en situation légale à Mayotte !

    Il y en a beaucoup qui veulent partir de Mayotte, mais qui restent parce que leur seul choix c’est ça ou revenir aux Comores.

    Il faut arrêter de retenir les Comoriens légaux à Mayotte, ça n’a pas de sens vu la surpopulation ici. Alors qu’en métropole, quelques milliers de personne (déjà en situation légale) ça ne changerait pas grand chose.

  6. Cette île c’est vraiment la vitrine des résultats de politique des sans-frontièriste, On remarque qu’a aucun moment le gouvernement n’as suggéré d’expulser tout ces gens. Parce qu’on est là vraiment, a part donné Mayotte aux Comores y’a pas d’autre solutions où on se fera pas baisé d’une manière ou d’une autre par les Comoriens.

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