Par contre ce qui est très net c’est cet étrange monde où tout est filme/enregistré/archivé.
Le règne de la délation.
Non pas toi Fabien ! Tu étais censé détruire les LR, pas devenir comme eux !
Mediapart tire toujours deux fois. Roussel devrait le savoir.
Il a de la “chance” qu’il y a l’Ukraine, ça risque de passer sous le tapis.
Mediapart a toujours deux coups dans son fusil.
Le premier pour blesser, le second pour achever la bestiole alors qu’elle tente maladroitement de se relever.
Oh bah ça alors. Mediapart qui ne porte pas Roussel dans son cœur vu que la rédaction préfère rouler pour Méluche et sa nouvelle clique de bras cassés, essaye de mettre des bâtons dans les roues du seul autre candidat sérieux de gauche pour assurer une fantastique 5ème place à Mechancon.
Mais comme c’est bizarre.
Mediapart strikes again
> L’ex-député Jean-Jacques Candelier, qui a rémunéré Fabien Roussel pendant cinq ans, a lui-même reconnu en 2018 que la situation était problématique, selon un enregistrement que révèle Mediapart. « On a bien fait d’arrêter », déclare-t-il notamment.
C’était déjà dans l’article original
Un enregistrement de 6 secondes qui était déjà cité mot pour mot dans l’article initial.
C’est tout ? Il est où le contexte ? C’est quoi les phrases d’avant ? Quelle est la question qui a mené à cette réponse ?
En plein dans l’dos !
F
**L’article en entier :**
Les jours passent, et les doutes sur la réalité du travail de Fabien Roussel pour le compte de l’Assemblée nationale se renforcent. Malgré ses promesses de transparence, le candidat communiste à l’élection présidentielle n’a toujours pas exhumé de documents matérialisant réellement ses cinq années de travail parlementaire de 2009 à 2014.
Le député du Nord qui l’employait, Jean-Jacques Candelier, a pour sa part vivement réagi à l’enquête de Mediapart, qui faisait état de plusieurs témoignages et documents tendant à démontrer que Fabien Roussel était payé par l’Assemblée pour travailler pour son parti.
« C’est hallucinant cette histoire ! », s’est ainsi écrié l’ancien parlementaire, qui soutient la candidature de Fabien Roussel à la présidentielle, dans les colonnes du quotidien communiste L’Humanité.
Face à ces dénégations, une source de notre enquête a autorisé Mediapart à diffuser l’enregistrement d’une conversation au cours de laquelle Jean-Jacques Candelier a lui-même reconnu que la situation de son ancien collaborateur était problématique.
Cet enregistrement est issu d’une conversation en 2018, un an après le départ de Jean-Jacques Candelier de l’Assemblée nationale, entre le député et une autre personne, dont nous avons modifié la voix (lire en Boîte noire).
Dans cette séquence, l’ancien député confirme que, « pour être honnête », la situation de Fabien Roussel à ses côtés n’était « pas trop nette ». « C’est pour ça qu’on a bien fait d’arrêter », ajoute le député.
Le contrat de travail de Fabien Roussel auprès de Jean-Jacques Candelier a été interrompu en juin 2014, six mois après que les lois sur la transparence nées de l’affaire Cahuzac ont obligé les parlementaires à rendre publique la liste de leurs collaborateurs.
La mission a aussi pris fin avant que n’éclatent au grand jour les affaires des assistants du Front national et du Modem, tous deux suspectés par la justice d’avoir utilisé des crédits du Parlement européen pour salarier des permanents du parti.
**Des courriels internes qui fragilisent la défense de Fabien Roussel**
Plus délicat encore pour le député comme pour le PCF, Jean-Jacques Candelier indique dans l’enregistrement avoir été sollicité, dès sa première élection à l’Assemblée en 2007, pour prendre en charge des salariés du parti sur son enveloppe parlementaire selon un découpage bien précis. « Quand je suis arrivé on me dit : un, un, un ! Un pour la fédé [la fédération du Nord – ndlr], un pour le central [l’échelon national – ndlr] et un pour toi [le député – ndlr]. »
L’ancien parlementaire déclare aussi, comme pour mieux s’en excuser, que cette pratique était courante dans la vie politique française. « Ça s’est toujours fait. Dans tous les partis. »
Mais l’ex-député communiste oublie que, de façon renforcée depuis trente ans et les lois encadrant le financement de la vie politique, les emplois d’attaché·es parlementaires, payé·es sur les fonds publics de l’Assemblée nationale ou du Sénat, sont destinés au seul travail des parlementaires, et ne sauraient être détournés au service de leurs partis. Or l’enregistrement confirme que, payé comme attaché parlementaire, Fabien Roussel était en fait un permanent politique, au service du PCF et de sa fédération du Nord.
Sollicité par Mediapart, Jean-Jacques Candelier n’a pas retourné nos demandes d’entretien au sujet de cette conversation.
Également questionné mi-février sur la teneur des déclarations de Jean-Jacques Candelier, Fabien Roussel n’avait pas souhaité « commenter une phrase dont [il] ignore l’origine et le contexte, et dont [il n’est] pas l’auteur ».
Le candidat à la présidentielle avait toutefois expliqué qu’il était « devenu le collaborateur parlementaire de Jean-Jacques Candelier un an avant d’être élu à la responsabilité de premier secrétaire de la fédération [en 2010 – ndlr] et non l’inverse ». Cela à une nuance près : avant de prendre la tête de la fédération du Nord, Fabien Roussel en était le « secrétaire à la vie du parti », quand il a été recruté dans l’équipe de Jean-Jacques Candelier.
Avec son salaire de 3 000 euros par mois – montant que Fabien Roussel a d’abord publiquement contesté sur Europe 1, avant de revenir dessus sur BFMTV, en comptant son treizième mois –, le collaborateur a mobilisé environ un tiers de l’enveloppe d’argent public dont disposait son député (aujourd’hui de 10 500 euros) pour payer son équipe. Il ne travaillait ni à la permanence de Somain, ni à l’Assemblée nationale, où Jean-Jacques Candelier ne comptait de toute façon pas d’assistant·e.
Les trois autres membres de l’équipe parlementaire du député – qui étaient, à la différence de Fabien Roussel, présentés sur le site du député (voir la capture d’écran ci-dessous en avril 2010) – étaient payés sur le reste de l’enveloppe parlementaire. Leurs tâches étaient clairement définies : un assistant s’occupait des dossiers en lien avec l’Assemblée nationale, les deux autres du secrétariat et des dossiers locaux.
C’est toute la différence avec les justifications vagues fournies par Fabien Roussel. Depuis les révélations de Mediapart, le candidat communiste a en effet multiplié les explications sur le périmètre de son poste auprès du député, en changeant même parfois de versions.
Interrogé sur la matinale d’Europe 1, lundi 21 février, Fabien Roussel déclare d’abord qu’il « étai[t] sur le terrain avec Jean-Jacques ». Pour preuve, « les pneus de ma voiture s’en souviennent tellement ». Au cours de la journée, il n’aura de cesse de ressasser trois lieux de combats sur lesquels il serait allé soutenir des salarié·es pour le compte de son député : « Arbel, la centrale d’Hornaing et le centre de triage de la gare fret de Somain. »
Problème : ces déclarations viennent contredire celles de son ancien député qui, dans le cadre de notre enquête, nous avait affirmé que Fabien Roussel était « un conseiller politique », et « travaillait sur les dossiers importants de l’Assemblée nationale ». D’ailleurs, ils se voyaient plutôt « le soir », selon Jean-Jacques Candelier qui nous précisait également : « C’était un peu la course, on se téléphonait souvent. »
Dans un communiqué de presse diffusé après notre publication, Jean-Jacques Candelier a ensuite ajusté son propos : il décrit, cette fois, Fabien Roussel comme « un collaborateur précieux et efficace, sur le terrain, constamment en relation avec de nombreux acteurs syndicaux, des élus, des habitants du Douaisis comme de tout le bassin minier et du Nord-Pas-de-Calais. »
Quelques heures après son passage sur Europe 1, en marge d’un grand oral organisé par le Medef, le candidat communiste précise à son tour que son travail « est d’abord dans tous les discours, les questions écrites, les lois menées par Jean-Jacques Candelier », dans « toutes les questions orales, toutes les interventions, les propositions de loi qu’il a pu mener ».
Problème, là aussi : ces déclarations ne collent pas avec les témoignages d’anciens collaborateurs ayant travaillé pour Jean-Jacques Candelier pendant la période d’embauche de Fabien Roussel. Toutes les personnes interrogées, même celles qui le soutiennent dans la course à la présidentielle, avaient en effet été formelles auprès de Mediapart sur le fait qu’il ne rédigeait pas les nombreuses questions du député.
**Un syndicaliste, candidat du PCF, contredit par des camarades**
Sur Europe 1, Fabien Roussel a aussi affirmé qu’il disposait d’éléments concrets de son travail. « J’ai les documents du travail que j’ai fait. […] Je les ai. Je les montrerai. » Il précise avoir des « documents des combats menés ensemble sur ce terrain dans le bassin minier ».
Il indiquera toutefois ensuite que Jean-Jacques Candelier « est quelqu’un qui a une méthode de travail très particulière, il ne travaille pas avec des mails. Lui qui travaille juste par des rencontres et des rendez-vous, des téléphones. » À Mediapart, l’ancien député avait pourtant affirmé qu’il était un homme d’écrit, ce qu’ont confirmé ses proches.
Après son passage sur Europe 1, Fabien Roussel se rend, l’après-midi même, sur le plateau de BFMTV. Il présente un premier « dossier », mais celui-ci n’est en réalité composé que de son « contrat de travail » et de « fiches de paie ».
Jeudi 24 février, il publie enfin des premiers éléments sur son site Internet, mais les documents ne démontrent, là encore, en rien qu’il n’était pas payé par l’Assemblée pour travailler pour son parti.
Le dossier est notamment composé de trois photographies de Fabien Roussel en compagnie de Jean-Jacques Candelier lors d’une manifestation pour le pouvoir d’achat à Lille en 2013, pour une réunion avec des élus et syndicalistes sur le fret ferroviaire en 2011, puis à l’occasion de la remise de la Légion d’honneur à un résistant communiste en 2010.
Fabien Roussel rend aussi public un « dossier énergie », composé d’un courriel – dont les adresses des destinataires sont noircies – qu’il a reçu d’un syndicaliste CGT en janvier 2011 sur la thématique du gaz de mine. Des tracts de la CGT figurent aussi dans ce « dossier » (voir ici l’ensemble des pièces).
Que le responsable communiste ait été interpellé par courriel par un syndicaliste au sujet du gaz de mine ne prouve rien de son travail parlementaire. D’autant que les archives du PCF dans le Nord montrent qu’il s’est à cette période personnellement impliqué, au sein de son parti, sur cette question. C’est par exemple le cas avec ce communiqué de presse sur le gaz de mine, signé de la main du « secrétaire fédéral Fabien Roussel » en février 2011, et qui reprend des arguments envoyés dans le courriel un mois plus tôt. Ou celui-ci, toujours signé du « secrétaire fédéral Fabien Roussel », en mai 2011.
Un des syndicalistes mentionnés dans les documents publiés par Fabien Roussel confirme à Mediapart que « le PC s’est toujours impliqué avec les salariés de l’énergie ».
Il aurait pas du tenter de nier, c’etait evident que ca allait lui peter a la gueule
Une retranscription vite fait de l’enregistrement.
Personne non-identifiée :
> A l’époque où en avait parlé, on avait dit “est-ce c’est normal et tout, est-ce que c’est régulier avec Fabien?”
Jean-Jacques Candelier (le député) :
> Bah pour être honnête c’était pas trop net, c’est pour ça qu’on on a bien fait d’arrêter. Mais ça c’est toujours fait je crois.
Personne non-identifiée :
> Je pense que tout le système était fait comme ça…
Jean-Jacques Candelier (le député) :
> Oui, ça s’est toujours fait. C’est pour ça quand je suis arrivé on m’a dit “1-1-1”. J’ai dit “Quoi 1-1-1 ?”. 1 pour la fédé, 1 pour le central, 1 pour toi. Non mais j’ai dit ” non mais ça va plus hein”. Mais ça s’est toujours fait. Il y a 20 ans ça se faisait, et dans tous les partis.
Il aurait du assumer, je suis persuadé que tout le monde l’a fait. Pas employé pour ne rien faire comme Fillon et sa femme, mais employé pour son partie. Et ça me choque pas tant en vrai.
Je suis sûr que la plus part des personnes s’en foute et que juridiquement il ne risque pas grand chose.
Il reste qui comme candidat de gauche et pas anti-nucléaire ?
Bon bah je vais sûrement revoir mon vote pour Poutou ou Artaud, dommage Roussel 🙁
Je comprends pas la comparaison avec fillon.
Roussel (et en vrai tous les autres des verts au ps et au RN) bossaient pour le parti en se faisant payer par l’assemblée.
Fillon c’est Penelope qui prenait du fric pour le couple. L’un comme l’autre sont illégaux mais y’en a un c’est pas de l’enrichissement personnel.
Mélenchon qui se frotte les mains, s’il récupère 3% des 4% de Roussel il lui reste plus que 3% à trouver pour légitimement pouvoir être au second tour et faire de la pourriture argumentative sur l’Ukraine et Poutine face à Macron
Entre ça et ses positions au plan international, désolé mais je peux pas voter pour lui. C’est con, je m’étais inscrit pour la première fois depuis 2005! Retour à l’abstention.
Honnêtement, je pense sincèrement que c’était pratique courante à l’époque. Non pas que ça rende la chose bonne en soi, mais bon, qu’un mandat politique soit utilisé pour l’assemblée ou via le parti, au fond qu’est-ce que ça change ?
Cela dit, pour le moment ca renforce ma conviction que Mélenchon lui est clean, malgré la persistence de ses adversaires depuis 15 ans,il me semble qu’ils auraient trouvé quelque chose depuis le teps s’il y avait quoi que ce soit…
21 comments
Je n’ai pas accès à l’article, mais l’enregistrement est là : https://twitter.com/Mediapart/status/1497167252747128834
C’est pas trop net l’aveu non plus.
Par contre ce qui est très net c’est cet étrange monde où tout est filme/enregistré/archivé.
Le règne de la délation.
Non pas toi Fabien ! Tu étais censé détruire les LR, pas devenir comme eux !
Mediapart tire toujours deux fois. Roussel devrait le savoir.
Il a de la “chance” qu’il y a l’Ukraine, ça risque de passer sous le tapis.
Mediapart a toujours deux coups dans son fusil.
Le premier pour blesser, le second pour achever la bestiole alors qu’elle tente maladroitement de se relever.
Oh bah ça alors. Mediapart qui ne porte pas Roussel dans son cœur vu que la rédaction préfère rouler pour Méluche et sa nouvelle clique de bras cassés, essaye de mettre des bâtons dans les roues du seul autre candidat sérieux de gauche pour assurer une fantastique 5ème place à Mechancon.
Mais comme c’est bizarre.
Mediapart strikes again
> L’ex-député Jean-Jacques Candelier, qui a rémunéré Fabien Roussel pendant cinq ans, a lui-même reconnu en 2018 que la situation était problématique, selon un enregistrement que révèle Mediapart. « On a bien fait d’arrêter », déclare-t-il notamment.
C’était déjà dans l’article original
Un enregistrement de 6 secondes qui était déjà cité mot pour mot dans l’article initial.
C’est tout ? Il est où le contexte ? C’est quoi les phrases d’avant ? Quelle est la question qui a mené à cette réponse ?
En plein dans l’dos !
F
**L’article en entier :**
Les jours passent, et les doutes sur la réalité du travail de Fabien Roussel pour le compte de l’Assemblée nationale se renforcent. Malgré ses promesses de transparence, le candidat communiste à l’élection présidentielle n’a toujours pas exhumé de documents matérialisant réellement ses cinq années de travail parlementaire de 2009 à 2014.
Le député du Nord qui l’employait, Jean-Jacques Candelier, a pour sa part vivement réagi à l’enquête de Mediapart, qui faisait état de plusieurs témoignages et documents tendant à démontrer que Fabien Roussel était payé par l’Assemblée pour travailler pour son parti.
« C’est hallucinant cette histoire ! », s’est ainsi écrié l’ancien parlementaire, qui soutient la candidature de Fabien Roussel à la présidentielle, dans les colonnes du quotidien communiste L’Humanité.
Face à ces dénégations, une source de notre enquête a autorisé Mediapart à diffuser l’enregistrement d’une conversation au cours de laquelle Jean-Jacques Candelier a lui-même reconnu que la situation de son ancien collaborateur était problématique.
Cet enregistrement est issu d’une conversation en 2018, un an après le départ de Jean-Jacques Candelier de l’Assemblée nationale, entre le député et une autre personne, dont nous avons modifié la voix (lire en Boîte noire).
Dans cette séquence, l’ancien député confirme que, « pour être honnête », la situation de Fabien Roussel à ses côtés n’était « pas trop nette ». « C’est pour ça qu’on a bien fait d’arrêter », ajoute le député.
Le contrat de travail de Fabien Roussel auprès de Jean-Jacques Candelier a été interrompu en juin 2014, six mois après que les lois sur la transparence nées de l’affaire Cahuzac ont obligé les parlementaires à rendre publique la liste de leurs collaborateurs.
La mission a aussi pris fin avant que n’éclatent au grand jour les affaires des assistants du Front national et du Modem, tous deux suspectés par la justice d’avoir utilisé des crédits du Parlement européen pour salarier des permanents du parti.
**Des courriels internes qui fragilisent la défense de Fabien Roussel**
Plus délicat encore pour le député comme pour le PCF, Jean-Jacques Candelier indique dans l’enregistrement avoir été sollicité, dès sa première élection à l’Assemblée en 2007, pour prendre en charge des salariés du parti sur son enveloppe parlementaire selon un découpage bien précis. « Quand je suis arrivé on me dit : un, un, un ! Un pour la fédé [la fédération du Nord – ndlr], un pour le central [l’échelon national – ndlr] et un pour toi [le député – ndlr]. »
L’ancien parlementaire déclare aussi, comme pour mieux s’en excuser, que cette pratique était courante dans la vie politique française. « Ça s’est toujours fait. Dans tous les partis. »
Mais l’ex-député communiste oublie que, de façon renforcée depuis trente ans et les lois encadrant le financement de la vie politique, les emplois d’attaché·es parlementaires, payé·es sur les fonds publics de l’Assemblée nationale ou du Sénat, sont destinés au seul travail des parlementaires, et ne sauraient être détournés au service de leurs partis. Or l’enregistrement confirme que, payé comme attaché parlementaire, Fabien Roussel était en fait un permanent politique, au service du PCF et de sa fédération du Nord.
Sollicité par Mediapart, Jean-Jacques Candelier n’a pas retourné nos demandes d’entretien au sujet de cette conversation.
Également questionné mi-février sur la teneur des déclarations de Jean-Jacques Candelier, Fabien Roussel n’avait pas souhaité « commenter une phrase dont [il] ignore l’origine et le contexte, et dont [il n’est] pas l’auteur ».
Le candidat à la présidentielle avait toutefois expliqué qu’il était « devenu le collaborateur parlementaire de Jean-Jacques Candelier un an avant d’être élu à la responsabilité de premier secrétaire de la fédération [en 2010 – ndlr] et non l’inverse ». Cela à une nuance près : avant de prendre la tête de la fédération du Nord, Fabien Roussel en était le « secrétaire à la vie du parti », quand il a été recruté dans l’équipe de Jean-Jacques Candelier.
Avec son salaire de 3 000 euros par mois – montant que Fabien Roussel a d’abord publiquement contesté sur Europe 1, avant de revenir dessus sur BFMTV, en comptant son treizième mois –, le collaborateur a mobilisé environ un tiers de l’enveloppe d’argent public dont disposait son député (aujourd’hui de 10 500 euros) pour payer son équipe. Il ne travaillait ni à la permanence de Somain, ni à l’Assemblée nationale, où Jean-Jacques Candelier ne comptait de toute façon pas d’assistant·e.
Les trois autres membres de l’équipe parlementaire du député – qui étaient, à la différence de Fabien Roussel, présentés sur le site du député (voir la capture d’écran ci-dessous en avril 2010) – étaient payés sur le reste de l’enveloppe parlementaire. Leurs tâches étaient clairement définies : un assistant s’occupait des dossiers en lien avec l’Assemblée nationale, les deux autres du secrétariat et des dossiers locaux.
C’est toute la différence avec les justifications vagues fournies par Fabien Roussel. Depuis les révélations de Mediapart, le candidat communiste a en effet multiplié les explications sur le périmètre de son poste auprès du député, en changeant même parfois de versions.
Interrogé sur la matinale d’Europe 1, lundi 21 février, Fabien Roussel déclare d’abord qu’il « étai[t] sur le terrain avec Jean-Jacques ». Pour preuve, « les pneus de ma voiture s’en souviennent tellement ». Au cours de la journée, il n’aura de cesse de ressasser trois lieux de combats sur lesquels il serait allé soutenir des salarié·es pour le compte de son député : « Arbel, la centrale d’Hornaing et le centre de triage de la gare fret de Somain. »
Problème : ces déclarations viennent contredire celles de son ancien député qui, dans le cadre de notre enquête, nous avait affirmé que Fabien Roussel était « un conseiller politique », et « travaillait sur les dossiers importants de l’Assemblée nationale ». D’ailleurs, ils se voyaient plutôt « le soir », selon Jean-Jacques Candelier qui nous précisait également : « C’était un peu la course, on se téléphonait souvent. »
Dans un communiqué de presse diffusé après notre publication, Jean-Jacques Candelier a ensuite ajusté son propos : il décrit, cette fois, Fabien Roussel comme « un collaborateur précieux et efficace, sur le terrain, constamment en relation avec de nombreux acteurs syndicaux, des élus, des habitants du Douaisis comme de tout le bassin minier et du Nord-Pas-de-Calais. »
Quelques heures après son passage sur Europe 1, en marge d’un grand oral organisé par le Medef, le candidat communiste précise à son tour que son travail « est d’abord dans tous les discours, les questions écrites, les lois menées par Jean-Jacques Candelier », dans « toutes les questions orales, toutes les interventions, les propositions de loi qu’il a pu mener ».
Problème, là aussi : ces déclarations ne collent pas avec les témoignages d’anciens collaborateurs ayant travaillé pour Jean-Jacques Candelier pendant la période d’embauche de Fabien Roussel. Toutes les personnes interrogées, même celles qui le soutiennent dans la course à la présidentielle, avaient en effet été formelles auprès de Mediapart sur le fait qu’il ne rédigeait pas les nombreuses questions du député.
**Un syndicaliste, candidat du PCF, contredit par des camarades**
Sur Europe 1, Fabien Roussel a aussi affirmé qu’il disposait d’éléments concrets de son travail. « J’ai les documents du travail que j’ai fait. […] Je les ai. Je les montrerai. » Il précise avoir des « documents des combats menés ensemble sur ce terrain dans le bassin minier ».
Il indiquera toutefois ensuite que Jean-Jacques Candelier « est quelqu’un qui a une méthode de travail très particulière, il ne travaille pas avec des mails. Lui qui travaille juste par des rencontres et des rendez-vous, des téléphones. » À Mediapart, l’ancien député avait pourtant affirmé qu’il était un homme d’écrit, ce qu’ont confirmé ses proches.
Après son passage sur Europe 1, Fabien Roussel se rend, l’après-midi même, sur le plateau de BFMTV. Il présente un premier « dossier », mais celui-ci n’est en réalité composé que de son « contrat de travail » et de « fiches de paie ».
Jeudi 24 février, il publie enfin des premiers éléments sur son site Internet, mais les documents ne démontrent, là encore, en rien qu’il n’était pas payé par l’Assemblée pour travailler pour son parti.
Le dossier est notamment composé de trois photographies de Fabien Roussel en compagnie de Jean-Jacques Candelier lors d’une manifestation pour le pouvoir d’achat à Lille en 2013, pour une réunion avec des élus et syndicalistes sur le fret ferroviaire en 2011, puis à l’occasion de la remise de la Légion d’honneur à un résistant communiste en 2010.
Fabien Roussel rend aussi public un « dossier énergie », composé d’un courriel – dont les adresses des destinataires sont noircies – qu’il a reçu d’un syndicaliste CGT en janvier 2011 sur la thématique du gaz de mine. Des tracts de la CGT figurent aussi dans ce « dossier » (voir ici l’ensemble des pièces).
Que le responsable communiste ait été interpellé par courriel par un syndicaliste au sujet du gaz de mine ne prouve rien de son travail parlementaire. D’autant que les archives du PCF dans le Nord montrent qu’il s’est à cette période personnellement impliqué, au sein de son parti, sur cette question. C’est par exemple le cas avec ce communiqué de presse sur le gaz de mine, signé de la main du « secrétaire fédéral Fabien Roussel » en février 2011, et qui reprend des arguments envoyés dans le courriel un mois plus tôt. Ou celui-ci, toujours signé du « secrétaire fédéral Fabien Roussel », en mai 2011.
Un des syndicalistes mentionnés dans les documents publiés par Fabien Roussel confirme à Mediapart que « le PC s’est toujours impliqué avec les salariés de l’énergie ».
Il aurait pas du tenter de nier, c’etait evident que ca allait lui peter a la gueule
Une retranscription vite fait de l’enregistrement.
Personne non-identifiée :
> A l’époque où en avait parlé, on avait dit “est-ce c’est normal et tout, est-ce que c’est régulier avec Fabien?”
Jean-Jacques Candelier (le député) :
> Bah pour être honnête c’était pas trop net, c’est pour ça qu’on on a bien fait d’arrêter. Mais ça c’est toujours fait je crois.
Personne non-identifiée :
> Je pense que tout le système était fait comme ça…
Jean-Jacques Candelier (le député) :
> Oui, ça s’est toujours fait. C’est pour ça quand je suis arrivé on m’a dit “1-1-1”. J’ai dit “Quoi 1-1-1 ?”. 1 pour la fédé, 1 pour le central, 1 pour toi. Non mais j’ai dit ” non mais ça va plus hein”. Mais ça s’est toujours fait. Il y a 20 ans ça se faisait, et dans tous les partis.
Il aurait du assumer, je suis persuadé que tout le monde l’a fait. Pas employé pour ne rien faire comme Fillon et sa femme, mais employé pour son partie. Et ça me choque pas tant en vrai.
Je suis sûr que la plus part des personnes s’en foute et que juridiquement il ne risque pas grand chose.
Il reste qui comme candidat de gauche et pas anti-nucléaire ?
Bon bah je vais sûrement revoir mon vote pour Poutou ou Artaud, dommage Roussel 🙁
Je comprends pas la comparaison avec fillon.
Roussel (et en vrai tous les autres des verts au ps et au RN) bossaient pour le parti en se faisant payer par l’assemblée.
Fillon c’est Penelope qui prenait du fric pour le couple. L’un comme l’autre sont illégaux mais y’en a un c’est pas de l’enrichissement personnel.
Mélenchon qui se frotte les mains, s’il récupère 3% des 4% de Roussel il lui reste plus que 3% à trouver pour légitimement pouvoir être au second tour et faire de la pourriture argumentative sur l’Ukraine et Poutine face à Macron
Entre ça et ses positions au plan international, désolé mais je peux pas voter pour lui. C’est con, je m’étais inscrit pour la première fois depuis 2005! Retour à l’abstention.
Honnêtement, je pense sincèrement que c’était pratique courante à l’époque. Non pas que ça rende la chose bonne en soi, mais bon, qu’un mandat politique soit utilisé pour l’assemblée ou via le parti, au fond qu’est-ce que ça change ?
Cela dit, pour le moment ca renforce ma conviction que Mélenchon lui est clean, malgré la persistence de ses adversaires depuis 15 ans,il me semble qu’ils auraient trouvé quelque chose depuis le teps s’il y avait quoi que ce soit…