Donald Trump et la représentante républicaine à la Chambre Elise Stefanik, lors de la deuxième journée de la convention nationale républicaine, à Milwaukee (Wisconsin), le 16 juillet 2024. ANGELA WEISS / AFP
Cette fois, pas question de tâtonner dans les couloirs de l’Etat fédéral, ni de respecter les circuits traditionnels de décision. Moins d’une semaine après sa victoire à l’élection présidentielle, le 5 novembre, Donald Trump veut aller vite sur tous les fronts : les premières nominations, la mise au pas du Congrès, les contacts avec les dirigeants étrangers, comme si Joe Biden était déjà effacé. « La loyauté, c’est tout », a résumé Steve Bannon, ex-conseiller spécial du président, sorti de prison peu avant le scrutin et redevenu l’animateur incendiaire du très influent podcast « The War Room ».
Après la désignation attendue de Susie Wiles, sa directrice de campagne, comme cheffe de son futur cabinet à la Maison Blanche, Donald Trump aurait choisi le représentant Mike Waltz (Floride), vétéran de la garde nationale, comme conseiller à la sécurité nationale, selon la presse américaine. Il s’apprêterait aussi à désigner le sénateur Marco Rubio, également de Floride, comme secrétaire d’Etat. Ces deux profils ne représentent guère une rupture avec les vues traditionnelles du Parti républicain.
Mais la priorité de Donald Trump est pour l’heure de mettre en œuvre sa promesse : « La plus large opération d’expulsions de l’histoire. » Le président élu pense ainsi inverser la désastreuse pression migratoire subie sous l’ère Biden, longtemps sous-estimée par le démocrate, soit un total de 8,7 millions d’interpellations à la frontière mexicaine depuis 2021 (une même personne pouvant être contrôlée plusieurs fois).
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Dans un message sur son réseau Truth Social, dimanche 10 novembre, Donald Trump a confirmé la désignation de Tom Homan comme responsable des frontières. Ancien directeur de l’agence fédérale de contrôle de l’immigration (ICE), il n’aura pas besoin de confirmation au Sénat pour occuper ce poste rattaché à l’exécutif, ce qui confirme la hâte de Donald Trump dans ce dossier symbolique et son mépris pour les procédures classiques.
On estime à environ 12 millions le nombre de clandestins aux Etats-Unis, contribuant largement à l’économie du pays. L’équipe Trump envisage cette question comme une pyramide, avec différents niveaux d’urgence. Selon les chiffres officiels de ICE, en juillet 2024, près de 425 000 personnes sans papier avec une condamnation pénale étaient comptabilisées, dont 13 000 pour homicide. Ils seront les premiers ciblés. Pendant la campagne, Donald Trump a prétendu qu’ils étaient entrés sur le territoire américain sous l’administration Biden. Ce qui est faux. Ce chiffre concerne une très longue période (plusieurs décennies), donc également sa propre présidence.
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