Le chancelier allemand, Olaf Scholz, et le codirigeant du Parti social-démocrate (SPD), Lars Klingbeil, assistent à une réunion du conseil d’administration du SPD à Berlin, le 11 novembre 2024. Le chancelier allemand, Olaf Scholz, et le codirigeant du Parti social-démocrate (SPD), Lars Klingbeil, assistent à une réunion du conseil d’administration du SPD à Berlin, le 11 novembre 2024. LISI NIESNER / AFP

L’Allemagne prévoit d’organiser des élections législatives anticipées le 23 février 2025, après l’éclatement de la coalition d’Olaf Scholz il y a une semaine, selon des informations obtenues par l’Agence France-Presse auprès de sources proches du Parti social-démocrate (SPD) et par les principaux médias allemands, dont Der Spiegel et Bild.

Après plusieurs jours de bras de fer, la date a été conclue en accord avec le principal parti d’opposition, les conservateurs de la CDU/CSU, ont ajouté les sources proches du SPD, le parti du chancelier, Olaf Scholz. Les médias allemands précisent que la décision finale sur la date des élections devra être prise par le président fédéral, Frank-Walter Steinmeier.

Le chef du gouvernement, dont la coalition a volé en éclats il y a une semaine, « posera par écrit la question de confiance le 11 décembre », et les députés du Bundestag, la Chambre basse du Parlement, voteront lundi 16 décembre, ont déclaré Rolf Mützenich, chef du groupe parlementaire du SPD, et le chef des conservateurs de la CDU/CSU, Friedrich Merz, dans deux conférences de presse séparées.

Le chancelier allemand s’était dit prêt, dimanche, sous conditions, à se soumettre dès cette année à un vote de confiance des députés en vue d’accélérer l’organisation d’élections législatives anticipées, après l’éclatement de sa coalition tripartite mercredi 6 novembre.

Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a approuvé mardi ce calendrier. Le chef de l’Etat « salue l’accord trouvé par les groupes parlementaires pour une feuille de route en vue d’un vote de confiance » le 16 décembre et « considère que le 23 février 2025 est une date réaliste pour de nouvelles élections », a informé son cabinet dans un communiqué.

Scholz pressé d’accélérer la cadence

M. Scholz, désormais à la tête d’un gouvernement minoritaire avec les écologistes, avait dans un premier temps fixé le vote de confiance le 15 janvier, en vue d’un scrutin en mars. Mais pressé de toutes parts d’accélérer la cadence, l’impopulaire dirigeant avait alors fait marche arrière et confié le soin de fixer la date aux groupes parlementaires des conservateurs de la CDU/CSU et du SPD.

Le nouveau ministre des finances allemand, Jörg Kukies, a par ailleurs jugé mardi « pas réaliste » l’adoption d’un budget fédéral pour 2025 avant les élections anticipées, ce qui va contraindre l’Allemagne à fonctionner avec un budget minimal provisoire. « Toute personne qui (…) connaît un peu les procédures budgétaires sait qu’il n’est pas réaliste de s’attendre à l’adoption du nouveau budget fédéral 2025 », a déclaré, lors d’une conférence de presse, le ministre social-démocrate, entré en fonctions la semaine dernière.

Dans l’hypothèse où aucune loi de finances ne serait adoptée pour 2025, l’Allemagne fonctionnera avec « une gestion budgétaire provisoire », a expliqué M. Kukies, assurant que « cela n’a rien d’exceptionnel ni de techniquement problématique », selon un cas prévu dans la Loi fondamentale allemande.

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Une fois qu’Olaf Scholz aura perdu la confiance des députés du Bundestag – un scénario quasi inévitable étant donné qu’il ne dispose plus d’une majorité –, M. Steinmeier aura trois semaines jours pour dissoudre la Chambre basse.

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Puis, selon la procédure, de nouvelles élections doivent avoir lieu dans un délai de soixante jours. Le président a mené depuis lundi des consultations avec des responsables de partis pour trouver une date adéquate. La directrice fédérale des élections, Ruth Brand, a dit mardi ne pas s’opposer à une élection anticipée avant mars, jugeant la tenue d’un scrutin réalisable « en toute sécurité juridique », lors d’une audition devant la commission de contrôle des élections du Bundestag.

Le Monde avec AFP

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