Je n’ai pas le souvenir d’une chronique de P. Robert-Diard mettant aussi directement en cause la probité des intervenants à un procès pénal (qu’ils soient magistrats ou avocats). D’ordinaire, elle le suggère, plutôt, lorsqu’il y a lieu.
En même temps, je n’ai pas le souvenir non plus d’une affaire ou le Président et l’Avocat Général étaient à ce point à la masse :
>Etait-ce bien un magistrat, un président de cour qui venait spontanément de qualifier de « *victimes* » celles qui, à ce jour et jusqu’à ce que le verdict soit rendu, sont seulement des plaignantes ? Etait-ce bien le même qui évoquait « *vingt-quatre plaignantes* » pour désigner les vingt-quatre femmes entendues en qualité de témoins pendant l’enquête ou à la barre et qui, justement, avaient expliqué les diverses raisons pour lesquelles elles avaient décidé de ne pas porter plainte ? (…)
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>Etait-ce bien un avocat général, dont le rôle est de rapporter la preuve de ses accusations, qui demandait à l’accusé : « *Vous, vous pourriez faire l’amour avec n’importe quelle femme ? C’est important, le critère physique, non ?* » Qui n’écoutait pas sa réponse et poursuivait du haut de son pupitre : « *Combien de femmes auraient envie de faire l’amour avec vous en vous voyant ? Moi, j’ai ma petite idée : proche de zéro*. » Et qui lui a demandé encore : « *Avez-vous joui ? Ont-elles joui ?* » (…)
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>En droit, les mots ont un sens et les deux lapsus du président Paul Baudoin suscitent le malaise. L’impartialité de celui ou celle qui conduit les débats est la condition nécessaire du procès pénal. Comme le sont le respect de la présomption d’innocence, l’écoute et le respect tout court que l’on doit à chaque partie afin de lui permettre de s’expliquer et de se défendre. Quant au représentant de l’accusation, Robert Bartoletti, ni son ton ni les termes qu’il a employés ne sauraient être ceux d’un avocat général s’exprimant au nom de la société, donc de chacun d’entre nous. (…)
>devant la cour criminelle de l’Hérault, cette **juridiction expérimentale** devant laquelle comparaissent les personnes majeures accusées d’un **crime puni jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.**
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Je n’ai pas le souvenir d’une chronique de P. Robert-Diard mettant aussi directement en cause la probité des intervenants à un procès pénal (qu’ils soient magistrats ou avocats). D’ordinaire, elle le suggère, plutôt, lorsqu’il y a lieu.
En même temps, je n’ai pas le souvenir non plus d’une affaire ou le Président et l’Avocat Général étaient à ce point à la masse :
>Etait-ce bien un magistrat, un président de cour qui venait spontanément de qualifier de « *victimes* » celles qui, à ce jour et jusqu’à ce que le verdict soit rendu, sont seulement des plaignantes ? Etait-ce bien le même qui évoquait « *vingt-quatre plaignantes* » pour désigner les vingt-quatre femmes entendues en qualité de témoins pendant l’enquête ou à la barre et qui, justement, avaient expliqué les diverses raisons pour lesquelles elles avaient décidé de ne pas porter plainte ? (…)
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>Etait-ce bien un avocat général, dont le rôle est de rapporter la preuve de ses accusations, qui demandait à l’accusé : « *Vous, vous pourriez faire l’amour avec n’importe quelle femme ? C’est important, le critère physique, non ?* » Qui n’écoutait pas sa réponse et poursuivait du haut de son pupitre : « *Combien de femmes auraient envie de faire l’amour avec vous en vous voyant ? Moi, j’ai ma petite idée : proche de zéro*. » Et qui lui a demandé encore : « *Avez-vous joui ? Ont-elles joui ?* » (…)
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>En droit, les mots ont un sens et les deux lapsus du président Paul Baudoin suscitent le malaise. L’impartialité de celui ou celle qui conduit les débats est la condition nécessaire du procès pénal. Comme le sont le respect de la présomption d’innocence, l’écoute et le respect tout court que l’on doit à chaque partie afin de lui permettre de s’expliquer et de se défendre. Quant au représentant de l’accusation, Robert Bartoletti, ni son ton ni les termes qu’il a employés ne sauraient être ceux d’un avocat général s’exprimant au nom de la société, donc de chacun d’entre nous. (…)
Edith : [8 ans de prison ferme](https://www.leparisien.fr/faits-divers/proces-pour-viols-du-faux-playboy-jack-sion-condamne-a-huit-ans-de-prison-29-10-2021-FTZ4NZMEBND6VGK2UZX22O3E5Q.php#xtor=AD-1481423552).
>devant la cour criminelle de l’Hérault, cette **juridiction expérimentale** devant laquelle comparaissent les personnes majeures accusées d’un **crime puni jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.**
Heureusement qu’on expérimente hein.