Face à Bourg-en-Bresse (victoire 29-26), le Racing Club Narbonnais a montré un bien meilleur visage qu’à Périgueux la semaine dernière (défaite 40-13). Mais après 70 minutes maîtrisées, les Audois ont sombré oubliant de défendre un précieux bonus offensif. Des enseignements à tirer avant le derby contre Carcassonne dans deux semaines.

Un visage éclairé, à la hauteur et plaisant 70 minutes durant, avant de laisser place à un visage endormi, passif et nonchalant. Le Racing Club Narbonnais a clairement vécu une soirée paradoxale. En ne laissant pas l’occasion à ses supporters d’être pleinement satisfaits au coup de sifflet final. Alors que durant la grande majorité de la rencontre, ils l’ont été. À juste titre d’ailleurs.

70 minutes de bonne facture

Parce que les orange et noir ont réalisé 70 minutes de bonne facture. Bien meilleures que depuis le début de la saison, et surtout de samedi dernier à Périgueux (40-13). En première mi-temps, les hommes de Julien Seron sont revenus à l’essence de ce sport. Aux bases permettant de réussir un bon match. C’est ainsi que les artilleurs narbonnais ont envoyé 20 jeux au pied d’occupation, repoussant sans cesse les Bressans dans leur camp. Et lorsque le ballon a été utilisé à la main, la première fois après 12 coups de pompe, il y a eu cette occasion d’essai sur cette percée de Parataiso Silafai-Lea’ana (7e). Ensuite, les avants du Racing ont fait le travail.

Lopeti Timani a sans arrêt été dans l’avancée, laissant les longues sautées dans le Périgord. Thibault Clauzade avait de l’appétit, Christopher Talakai a pris les devants, Leva Fifita a fait du Leva Fifita. Et que dire de Gabriel Atlan, véritable fer de lance de cette équipe.

Aucune touche n’a été perdue, mieux elle a permis à trois mauls d’aller à dame. La mêlée a récupéré une pénalité, sans en encaisser. “On a entendu, lu et vu des choses. On avait à cœur de se racheter par rapport à ce match de Périgueux. On a fait le boulot, mais on a encore des choses à prouver. Il ne faut pas s’endormir sur cette performance”, confiait Grégory Fichten à l’issue de la rencontre. Quand Brice Mach se satisfaisait d’avoir vu “une mêlée électrique, dynamique. Cette fois, j’ai eu ce que je voulais”.

On ne peut pas avoir des comportements pareils.

Sauf qu’ensuite, la machine va clairement s’enrayer. Il faudra attendre les dix dernières minutes pour voir le Racing s’éteindre. Petit à petit, les vieux démons vont pointer à nouveau le bout de leur nez. Des soutiens moins proches des zones de collisions, de l’indiscipline mal venue à l’image de ce plaquage de Timani (45e), ces occasions d’essais (66e, 77e) et sur cette défense importante (70e). Narbonne perd le fil. Pierre Nueno tente de jouer cette dernière pénalité dans la précipitation, contre le cours du jeu. Et au terme d’une erreur de communication entre l’arbitre et les orange et noir – entre eux surtout – Thibault Santoro, malgré lui, permettait à Bourg-en-Bresse d’enlever le bonus offensif à Narbonne.

Dans le cercle à l’issue de la rencontre, le manager Julien Seron haussait le ton : “Si on veut finir la saison en haut, on ne peut pas avoir des comportements pareils. Ce n’est pas possible de se faire remonter de cette façon pour une équipe qui prétend être un leader. On s’est égratigné à la fin. Le prochain match est un putain de derby à Carcassonne. Ce genre de match doit nous faire grandir”. Et Brice Mach d’expliquer ensuite : “Il faut maîtriser nos fins de match. Il faudra aussi revoir notre organisation sur cette dernière touche défensive. On reste aigris. On continue de chercher cette brindille qui enraye la machine”.

La machine narbonnaise va devoir être cohérente de la première à la 80e minute dans deux semaines contre Carcassonne. “Le derby se profile, il est dans la tête de tout le monde”, assurait l’entraîneur des avants. La révolte a été franche de la part du Racing, mais il en faudra une encore plus grande sur le pré de Domec.