Plusieurs centaines de personnes se sont réunies dans les rues de Montréal, au Canada, vendredi 22 novembre, en marge de l’Assemblée parlementaire de l’Otan qui se tient jusqu’à lundi. Le collectif Désinvestir pour la Palestine et la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC), qui organisaient cette manifestation, avaient appelé à se mobiliser contre « le génocide palestinien » en cours et contre le soutien de l’Otan à Israël.
La manifestation a dégénéré : des voitures ont été incendiées et du mobilier urbain a été détruit, relaye La Presse. Le Palais des congrès de Montréal a également été attaqué et des manifestants ont mis le feu une effigie du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Des altercations entre manifestants et forces de l’ordre ont également éclaté, relate le quotidien québécois. Une gérante d’un café a fait un salut nazi, et son contrat a été résilié.
These aren’t protests, they’re riots.
A serious government would be working around the clock to bring an end to this chaos.
But as we’ve been shown time and time again, the Trudeau Government is anything but serious.#Cdnpoli #Montreal pic.twitter.com/AEoTkKV00i
— David Jacobs (@DrJacobsRad) November 23, 2024
Trois personnes ont été arrêtées pour « entrave au travail des policiers », a annoncé Véronique Dubuc, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), à La Presse. Mais d’autres arrestations devraient avoir lieu dans les jours à venir, a confirmé Fady Dagher, directeur du SPVM. « Sur les 800 manifestants, c’est un groupe d’environ 20 à 40 personnes qui ont décidé, à la dernière minute, de faire du grabuge », a-t-il indiqué.
À LIRE AUSSI Liban : Israël intensifie ses frappes, au moins 50 personnes tuéesAu total, quatre manifestants ont été hospitalisés et un policier a été blessé.
« La haine et l’antisémitisme inacceptables »
Les manifestants voulaient dénoncer le rôle de l’Otan, qu’ils accusent de « tout détruire », de répandre « la misère » et de favoriser « la multiplication de groupes armés » afin de « préserver les intérêts de ses États membres », peut-on lire dans un communiqué. Enfin, les deux collectifs reprochent à l’Otan de faire pression sur Ottawa pour que le Canada augmente son budget militaire à 2 % de son PIB.
De nombreux politiques se sont empressés de dénoncer le caractère antisémite de cette mobilisation. « Ce que nous avons vu, ce n’était pas une manifestation pacifique. Ce que nous avons vu, c’est la violence, la haine et l’antisémitisme », a déclaré Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères.
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Pour Bill Blair, ministre de la Défense, les manifestants « voulaient exprimer la haine et la violence ». « Ces comportements, particulièrement la haine et l’antisémitisme, sont inacceptables et nous les condamnons avec la plus grande fermeté », a-t-il déclaré. Sur X, Justin Trudeau, le Premier ministre, a dénoncé des scènes « épouvantables ». « Les actes d’antisémitisme, d’intimidation et de violence doivent être condamnés où qu’ils se produisent. »
« On a déjà vu des manifestations contre l’Otan, et ce n’était pas des manifestations antisémites », a tempéré Caroline Chèvrefils, porte-parole du SPVM, relayé par La Presse. De son côté, Benoît Allard, de Désinvestir pour la Palestine, a rejeté ces accusations, assurant que cette manifestation visait les actions de l’État d’Israël et non peuple juif, ajoutant que, plus tôt cette semaine, la Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité ».