Plus de 270 000 signalements de violences conjugales ont été enregistrés en 2023 par les services de sécurité partout en France. Un chiffre en hausse de 10% par rapport à l’année précédente. 85% de ces victimes sont des femmes. Comment sont-elles accompagnées en Meurthe-et-Moselle ?

En cette journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, France Bleu Sud Lorraine consacre un dossier sur l’accompagnement des victimes de violences conjugales. En Meurthe-et-Moselle, il y a plusieurs associations qui leur viennent en aide : Arélia, le CIDFF ou encore France Victimes 54. Cette dernière a d’ailleurs accompagné 1124 femmes depuis le début de l’année.

Dans le département, le 3919, numéro d’urgence pour alerter sur des cas de violences conjugales bascule bien souvent sur l’association Arélia. Elle propose 15 places d’hébergement d’urgence de type collectif, et 17 places d’hébergement en diffus, sans oublier l’accueil de jour. “Soit il permet aux femmes de verbaliser ce qu’elles vivent, soit parce qu’elles sont demandeuses de renseignements, soit parce qu’elles ont besoin qu’on les aide à s’extraire du domicile, soit pour travailler avec elles au long cours et les orienter un maximum vers les différents partenaires des différents réseaux de lutte contre les violences faites aux femmes”, détaille Mélanie Mathey la cheffe de service du pôle accueil, hébergement, insertion.

Cet accueil de jour est composé d’une équipe de quatre travailleurs sociaux, formés à l’écoute des victimes de violences conjugales. Il s’agit pour leur grande majorité de femmes, de plus en plus disposées à se livrer. “En tout cas, elles le nomment plus facilement, rectifie Estelle Poterlot, coordinatrice à Arélia. “Sur d’autres services de l’association, parfois la porte d’entrée ne sont pas les violences conjugales. Du coup, avec notre oeil un peu plus aiguisé et la façon aussi d’aborder les choses de manière un petit peu plus normale. En fait, les personnes viennent en parler plus facilement.”

Mais le dépôt de plainte reste marginal. “Sur les femmes qui sont victimes de viol, par exemple, seulement 6 % des femmes vont porter plainte, rapporte Valérie Jurin, la présidente du CIDFF 54. Parce qu’elles sont parfois en situation de fragilité et de défiance par rapport à ce qui va leur arriver, par rapport à l’accueil qui s’est fortement amélioré dans les commissariats. Et puis aussi une forme de défiance par rapport au système judiciaire. La justice travaille, on voit qu’elle évolue, mais c’est pas encore gagné.”